‹ Traité de la maladie vénérienneChapitre 11 sur 84 · DU POISON VÉN^IEN. 4T · texte numérisé non relu

DU POISON VÉN^IEN. 4T

4* La distance spécifique dans laquelle se limite rinflammation vénériennes accorde mieux avec l'idée d'une irritation spé* cifique qu'avec celle d'une fermentation. '

5* Ce qui vient encore à l'appui de mon opinion, c'est que les symptômes apparents de la maladie peuvent se transporter d'une partie du corps à une autre, comme on le voit dans les cas de testicules vénériens, où l'écoulement est souvent arrêté ou modifié d'une autre manière.

6* Souvent il arrive que Técoulement s'arrête lorsque l'économie devient le siège d'une fièvre, et qu'il se reproduit au bout de quelques jours ou au bout de quelques semaines, ou qu'il ne se reproduit pas du tout, suivant que la fièvre cesse ou continue. Or on voit évidemment pourquoi la fièvre suspend l'écoulement gonorrhéique. En effet , la disposition qu'elle fait ndtre dans les parties est très-différente de celle eu vertu de laquelle le pus a été produit. On voit aussi pourquoi la même disposi* tion v«)nérienne se rétablit dans beaucoup de cas , tandis que dans la théorie de la fermentation, il est impossible de concevoir comment cette disposition pourrait se reproduire vénérienne.

7' Une irritation non spécifique produite artificiellement fait disparaître l'irritation spécifique. Or , une irritation ordinaire peut bien détruire une irritation vénérienne, mais elle ne saurait empêcher la fermentation de continuer.

8* La différence de disposition que manifestent les diverses parties du corps à être irritées par le poison vénérien, quand il infecte la constitution , est une nouvelle preuve qu'il provient d'une irritation , et que cette irritation est d'une nature particulière (1).

(4) Pour bien comprendre les idées de Hunier, il ne ftiol pas perdre de vue qu'il emploie souvent le mot imtcuion dans un sens qui diiére beaucoup de celui qu'où lui accorde presque généralement aujourd'hui. Sottd sa plume, ce mot exprime T influence immédUitê de la cause excitaole de toute action vitale, morbide ou non morbide ; en d'autres termes, la oKXlitication des parties qui se trouve immédUUement interposée entre Fappiication de la cause et raccompliâsement de l'action. Par exemple, qu un homme, après avoir été exposé à l'influence de certains miasmes, soit pris de lièvre, Uunter exprime ce fait en disant que les miasmes introduits dans la constitution y déterminent une irritation qui produit une action, laquelle action est une fièvre. Uirritaiian causée par les iniasmes n*est antre cbose que la modification organique, quelle qn'elle soit , qui

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9^ On ne connaît aucun autre animal que l'homme qui soit susceptible de Tinritation vénérienne, car des essais répétés ont démontré qu'il est impossible de la communiquer k un chien, à une chienne et à un âne (1). II est beaucoup plus naturel de supposer qu'un chien ou un âne n'a point de susceptibilité pour certaines irritations dont le corps humain est susceptible, comme on l'observe en effet dans toutes les autres maladies spécifiques, et pour la plupart des poisons morbides , que d'admettre que le pus sécrété par le corps humain peut subir une altération que ne pourrait pas subir celui qui est sécrété par un chien ou par un âne (2).

réBoUe immédiatement de Inapplication deTagcnt morbide, et qui est suivie de Taction morbide appelée fièvre. Autre exemple : Hunter admet que le pus vénérien est absurbé et qu'il se mêle à la circulation générale; alors, dit-il. til irritâtes to action, 9 il irrite à l'action, il ttimuleàune aetion; en d'autres termes, il produit une irritation ou une ttimulation qui a pour conséquence une action morbide. Ainsi, Vétat qui précède immédiatement toute action dans l'organisme et qui est produit par rioduence directe delà cause excitante de cette action, voilà Virritation de Hunier. J'ai cru devoir donner ces explications, dans la crainte qu'on n'accordftt à certaines phrases de Hunter une importance théorique qu'elles n'ont point en réalité. G. Richelot.

(1) Il m'est arrivé souvent de treniper de la charpie dans le pus d'une gonorrliée, d'un chancre ou d'un bubon, et de l'introduire dans le vagin d'une chienne, sans produire aucun effet. J'ai fait la même expérience sur des ânesses sans plus de résultat. J'ai placé inutilement aussi de la charpie imbibée du môme pus sous le prépuce chez des chiens ; j'ai même pratiqué des incisions, afin de porter le pus au-dessous de la peau , et il n'en est résulté qu'une plaie ordinaire. J'ai fait aussi cette dernière expérience sur des ânes, et je n'ai rien pu obtenir. J. IIuntei.

(2) 11 est bien certain qu'on neconnatt pas la nature intrinsèque du virus vénérien, ni la modification intime qu'il fait subir aux tissus qu'il affecte et qui le reproduisent. Ce qui est incontestable, c'est qu'il ne doit pas sa naissance à une altération subie par le pus sécrété, mais bien à un état particulier des tissus. C'est ainsi que si l'on enlève un chancre avec l'instrument tranchant , et qu'on emporte toute la surface ulcérée , on voit quelquefois un nouveau chancre succéder au premier, bien qu'on ait coupé dans des tissus non suppures, pourvu, toutefois, que cette section ne porte pas à une trop grande distance de la partie d'abord contaminée.

Comme Hunter, j'ai vu des surfaces de vésicaloire en suppuration , baignées par du pus virulent venu d'un chancre voisin, sans qu'il en résultait toujours une infection de ces surfaces et un changement dans la nature de leur sécrétion. P. Ricoao.

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Ce dernier argament emprunte une nouvelle force de la cornnaon da poison vénérien avec les autres poisons morbides. ^poisott animal qui donne naissance à Thydrophobie parait !tre produit par une irritation particulière qui affecte certaines «rties, d'où il résulte que si lé corps, ou une partie quelconque la corps est irritée par ce poison , il s'y développe une dispo- Rtioin i agir d*une manière particulière, et que ce nouveau mode raeâon a pour effet la sécrétion d'un liquide qui a la propriété Se dèvânpper la même action morbide chez un autre individu. Duis llijdrophobie, ce sont la gorge et les glandes qui avoisi* Dent cette région qui sont spécialement affectées ; et il n'est pas Sicile de s'expliquer comment la salive peut contracter de telles propriétés, soit par suite de l'introduction du poison dans l'ensemble de la constitution, soit par la sympathie générale de la constitution avec une infection locale, et plus particulier ranent avec celle des parties qui sont situées près de la gorge, si l'on n'admet ou que le poison qui a été absorbé et qui est emporté dans le torrent circulatoire peut déterminer une action constitutionnelle spécifique capable d'affecter la gorge et les glandes voisines , de la même manière que le poison de la petite vérole affecte la peau, ou que ce poison mêlé à la circulation générale a la propriété d'affecter ou d'irriter les glandes de la bouche seulement, ou bien que ces parties seules ont la faculté de sympathiser immédiatement avec la partie irritée , comme il arrive pour les muscles delà mâchoire inférieure dans les cas de trismus.

Si cette théorie est exacte, elle explique comment des maladies épidémiques qui ont leur source dans certaines saisons , dans certaines constitutions atmosphériques, etc., irritent de manière à produire une fièvre, dont les effluves ont la propriété de communiquer le même mode d'irritation. Peu importe, en effet, de quelle manière l'irritation primitive prend naissance ; il suffit que le corps vivant soit doué de la faculté d'agir conformément an stimulus qu'il reçoit de cette irritation.

M DU POISON viminEN.

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