UL POISON VÉNÉRIEN
Le mode d'affection local comprend ce que j'appelle les effets immédiali du pus vénérien , ou effets qui résultent de Tappli* cation directe de ce pus. Cette classe de maladies renferme deux espèces , en apparence très différentes Tune de l'autre. Dans la première , il y a formation de pus sans perte de substance, c'est ce qu*on appelle une gonorrhèe ; dans la seconde» il y a une perte de substance qu'on appelle un chancre. La différence qui existe entre ces deux modes de manifestation de la maladie est due, non à une différence de nature dans le poison appliqué , mais à la différence de structure des parties infec« tées (1).
Dans cette espèce d'inflammation , les parties affectées deviennent plus ou moins facilement le siège d'une action violente suivant leur nature particulière, ce qui ne dépend probablement point d'une différence spécifique entre elles , mais plutôt de la dose de sensibilité et d'irritabilité qui leur a été dévolue. Ainsi^ chez la femme , le vagin a moins de tendance à s'enflammçr dans cette maladie que l'urètre (2), parce qu'il est moins sensible que ce dernier canal. Cependant il est possible queches l'homme l'urètre soit doué d'une disposition spécifique pour l'irritation et pour l'inflammation ; ce qui me porte à le croire, c'e:»t que ce canal est plus souvent affecté qu'aucun autre, et se montre le siège de symptômes très variés.
De$ nuances diverses que présente la maladie vénérienne dans les différentes constitutions,
La maladie vénérienne , soit sous forme de gonorrhèe , soit sous celle de chancre , varie beaucoup sous le rapport de la violence des symptômes chez les différents sujets. Chez les uns, elle est très bénigne ; chez les autres, elle offre une grande intensité. Quand elle est peu violente, elle est ordinairement simple dans ses symptômes , qui sont peu nombreux , ne prennent pas
f4] Voyez l* Addition placée à la page 39. 1) Celte proposilion de Hunier n esl pas rigoureuse. On sait que , contre Tavis deSwédiaur. j'ai soutenu, avec Bell el autres, que la bleonorrliagie urélrale. chez la femme, est plus commune qu'on ne le croit généralement; mais rexpériencede tous les jours prouve que la vaginite esl encore bien plus fréquente. P. Ricois.
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une grande extension, et se renferment dans leurs limites spéeifiques ; mais y qoand elle est grave, ses symptômes sont plus compliqua, plus varies , et s'étendent au delà de la distance spécifique. Cette dîiTérence dans les phénomènes morbides ne dépend nnlleroent d'une difTérence correspondante dans la prorriétë spécifique du poison, mais bien d'une différence dans la disposition et dans le mode d'action du corps ou des parties affectées. Tantôt , en effet , le virus agit sur des sujets ou sur des parties qm n ont presque aucune susceptibilité pour cette irritation et pour toute autre ; tantôt la susceptibilité pour l'irritation vénérienne et pour toutes les irritations est si forte, qa*ane action morbide intense se manifeste avec la plus grande facilité.
Toutefois l'irritation vénérienne ne suit pas toujours la même loi que les autres irritations. Ainsi» j'ai vu des jeunes gens chez qui une plaie ordinaire se guérissait rapidement , et chez lesquels cependant l'irritation produite par la gonorrhée prenait un haut degré d'intensité , ou bien un chancre s'enflammait, s'étendait avec rapidité, et même déterminait la gangrène. D'un autre côté , chez de jeunes sujets chez lesquels tme plaie causée par une violence extérieure s'était guérie avec la plus grande peine, j'ai vu la gonorrhée ou les chancres se montrer bénins et faciles à guérir.
Chez chaque malade en particulier, l'affection vénérienne est douce ou violente, d'une manière uniforme. Cependant, lorsque la disposition naturelle du sujet est pour la bénignité , il n'en est pas toujours ainsi invariablement ; mais, dans les cas excep» tbmiels , je crois que l'intensité des symptômes dépend de la présence accidentelle de quelque disposition morbide. Ainsi , j*ai connu des sujets dont les gonorrhées étaient habituellement si Itères qu'elles se guérissaient souvent d'elles-mêmes. Or il arrivait quelquefois qu'une gonorrhée'se montrait chez eux extrêmement violente , et qu'ils étaient forcés de réclamer les secours de la médecine. Eh bien , dans ces derniers cas, ils ne tardaient pas à être pris des symptômes d'une affection fébrile, et, lorsque la fièvre était dissipée, les symptômes de la gonorrhée reprenaient immédiatement leur bénignité ordinaire.
Je ferai encore remarquer ici que lorsque la maladie vénér
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rieiine eidste sous la forme de syphilis constitutionnelle, les différentes constitutions en sont affectées d une manière très difiérente. Tantôt ses progrès sont r^>ides, tant&t ils smt extrêmement lents.