‹ Traité de la maladie vénérienneChapitre 26 sur 84 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

mtênAMJLvmà qui sont corniDÛKÊB» coums un effet coNsÉcutir

DB l'iNFLAMBIATION véNÉRIENNE DE l'uRÈTRE CHEZ l' HOMME.

Outre les symptômes qui ont été décrits ci-dessus, la gonorrbëe produit, ou du moins est supposée produire plusieurs autres phénomènes morbides qui différent complètement de lu maladie primitive. Jusqu'à quel point peut-on affirmer que tous ces phénomènes morbides, ou quelques uns d entre eux, sont une conséquence de la gonorrhéet C'est un problème dont la •ohitio& n'est pas bien claire ; mais comme ils constituent des maladies du canal de l'urètre, et qu'ils sont à la fois nombreux et importants , je me propose d'en traiter ici avec détail. Si quelques unes de ces maladies ont pour point de départ la gonorrbée, il est très probable qu'elles ne sont la conséquence d'aucune propriété spécifique du poison vénérien, mais qu'elles sont de tdle nature qu'elles auraient pu être produites par l'inflammation commune des mêmes parties, ainsi que je l'ai fait remarquer pour les S3rmptômes qui survivent à la gonorrhée.

Dans cette étude, nous verrons quelquefois ces maladies nidtre les misa des autres et s'enchaîner dans une véritable succesnon. Ainsi t un rétrécissement de l'urètre produit l'irritabilité de la vessie, des besoins fréquents d'uriner, l'accroissement de Ténergîe musculaire de la vessie, la dilatation de la portion de l'urètre comprise entre la vessie et le rétrécissement, l'ulcération de ce crâal, des fistules du périnée, la dilatation des uretères et du bassinet des reins, sans compter d'autres maladies qui sont sympathiques, telles que la tuméfaction du testicule et des glandes de l'aine.

Je décrirai les maladies en question dans Tordre suivant lequd elles se montrent le plus communément.

Uest à remarquer que la plupart de ces maladies» prindpa-

M6 MALADIES QUI BONT COHÊiDi^ém

iMient la dimination de 1 extensibilité de la veeaie , attaywnt les hommes qui ont dépassé Tâge moyen de la vie. Cependant plusieurs d'entre elles, ënon tontOBi a'elMervint quelquefois chez des sujets moins avancés en âge , et cela dépend sans doute, en grande partie , de la longue habitude d'un genre de vie contraire à la nature, genre de vie qui fait naître plusieurs maladies , comme la goutte ; car certainement ces affections li^orbides sont moins fréquentes cheales nations moins avancéw dans la civilisation.

La maladie la plus fréquente de Turètre est celle qui consiste dans un obstacle au passage de l'urine ^ on Tobserve chex les jeunes gens et chez les vieillards, mais plus fréquemment abez ces derniers. Avant de commencer ce sujet, je crois devoir, pour en faciliter Tintelligence, me livrer i quelques coiisidératkms sur les usages de Furètre dans son état naturel.

Observons d'abord que l'urètre, chez l'homme, est destiné i l'accomplissement de deux fonctions. A cette occasion, qi'îl ane soit permis de faire la remarque générale suivante, eaveir, que la nature n'a pu approprier avec avantage une seule et même partie à deux usages différents , ainsi qu'on en voit des exemples frappants chez divers animaux. Les animaux dont les jambes sont conformées à la fois pour nager et pour marcher ne s'acquittent bien ni de l'un ni de l'autre de ces deux exercices :tels sont le veau marin, la loutre, le canard et l'oie; ceux dont les mêmes membres sont destinés à la marche et au vol ne sont qu'imparfaitement organisés pour l'une et pom* l'autre : telle est la chauve-souris. Les mêmes considérations s'appliquent également aux poissons , car le poisson volant n'est habile ni à nager, ni a voler. Toutes les fois que des parties qui ont ainsi une double fonction sont malades, les deux fonctions •'accomplissent imparfaitement. C'est ce qui a lieu pour l'urètre, qui est destiné adonner passage et àl'uriDe et au sperme. Le passage de l'urine n'exige qu'un canal extrêmement simple, et dont la longueur n'a pas' besoin d'être plus considérable que la distance qui sépare la vessie de la surface externe du corps, ainsi qu'on l'observe pour l'urètre des femmes, des oiseaux, des amphibies et des poissons; niais le passage de la semenoa exige dans les quadrupèdes un canal eempliqié , dont

COMm ItN «TFKT DF LA OONOIIIlMtB. 907

l« longaetir mrit suffisante ponr porter le liquide fécondant dans les organes de la femelle, et qui soit pourvu de plusieurs par* ties additionnelles et nécessaires, telles que le corps spongieux de l'urMre, les muscles accélérateurs (bulbo-cavemeux) , les glandes de Cowper, la prostate et les vésicules séminales. Coaime toutes ces parties sont destinées à servir à la génération, et queles maladies du canal de l'urètre y ont principalement lev siège, on voit du premier coup d*œi1 combien les organes urinaires doivent souffrir de leur connexion avec des parties si nombreuses et si sujettes à être malades ; et ce qui rend ces ineonvénients plus graves, c'est que les actions des organes urinaires sont eonstantes et indispensables au bien-être de tonte la machine, tandis que l'évacuation du sperme n'a lieu que pendant une certaine période de la vie, et même, pendant cette période, ne s'accomplit qu'occasionnellement et n*est jamais essentielle à Texistence de l'individu. Il est facile de comprendre toute la force de cette remarque en étudiant compara* tivement, ches l'homme et chez la femme, les troubles morbidea qui peuvent intéresser Texpulsion de lurine.

Le canal de l'urètre est sujet à des maladies qui ont pour effet de s'opposer en partie au passage de l'urine , et , dans quelques unes de ces maladies, le conduit s'oblitère à la fin eom* plétement. Dans tous les cas, il y a une diminution de l'aire du c-anal , mais cette diminution peut exister de diverses manières. Il y a cinq modes d'obstruction du canal, dont quatre dépendent d'une maladie du canal lui-même, et dont le cinquième est produit par des maladies des parties environnantes. Parmi les quatre premiers, trois consistent dans une diminution du diamètre du canal ; le quatrième a pour cause une excroissance qui se développe à la surface des parois de l'urètre ; le cinquième eil l'effet de la compression de l'urètre, soit par une tumeur tttuée extérieurement et qui lui est contiguë , soit par la prostate tuméfiée.

AsDinoN DB P. RicoiD. — Quelquefois simplement spasmodiques, les rétrécissements de l'urètre sont le plus sou?ent ÛÊÊ à mie altération organique du canal , ou dépendent , dam ihceiistaneei m pe« moins communes , de maladies dce

â06 MALADIES Qir SONT CONSIDÉlltifid

parties environnanteB, ou de diverses combinaisons des états précédents.

1* Spasbos. C'est avec raison que Hnnter, ainsi que tous les bons observateurs, admet des rétrécissements sans altérations de tissus. En effet, 1* expérience journalière en présente des exemples non seulement au col de la vessie et dans la région membraneuse ou musculeuse de l'urètre, mais encore dans tous les autres points de l'étendue du canal, et ici par une sorte de tonicité.

Irréguliers dans les époques de leur manifestation, dans leur marche, leur durée, leur siège particulier, leur terminaison définitive , ou leur réapparition , on ne saisit pas dans tous les cas , avec facilité, les causes immédiates et les causes plus ou moins éloignées des rétrécissements spasmodiques; mais si l'on n'ai trouvait pas Texplication plausible dans l'irritabilité générale et locale de certains individus et dans la structure musculeuse de certaines régions, ils n'en resteraient pas moins prouvés par l'expérience, que les plus ingénieuses réfutations théoriques ne sauraient dé* truire.

2^ Altérations organiques. Le plus grand nombre des rétrécissements est incontestablement dû, soit à une altération de la surface de l'urètre, soit à une altération dans l'épaisseur de ses parois.

Première variété. Altération de surface. Des ulcérations h bords plus ou moins saillants, ainsi que j'en ai montré des exemples à ma clinique, et à surface plus ou moins fongueuse, peuvent être cause de rétrécissements, comme Brunner et Merv l'avaient déjà signalé.

Dans quelques circonstances, plus communes que ne semblent le croire quelques écrivains modernes , le calibre de l'urètre est obstrué et son aire rétrécie par de véritables végétations (caroncules, carnosités des anciens), niées à tort par Morgagni, Desault et autres, mais que Hunter, Bell, André et Baillie, ont admises avec raison. Ces végétations, comme le font observer Wegelin d'après Lobstein, et Sœmmerring lui-même, peuvent siéger dans toute l'étendue de l'urètre, même en arrière du vérumontanum. J'en ai rencontré de bien organisées au méat urinaire, où elles sont très communes dans l'un et l'autre

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sexe} dans la £osse naviculaire, ainsi que j'en ai récemment montré un exemple à ma clinique ; dans la région membraneuse et dans la région prostatique, sur un même sujet mort à Thopi* tal des Vénériens. Chez les femmes , ces végétations sont encore plus fréquentes. M. Amussat en cite un exemple ; et, parmi un irhs grand nombre que j'aurais pu rapporter, j'en ai signalé ailleurs un fort remarquable (1).

Laennec pensait qu*il pouvait se former sur la muqueuse urétnde des exsudations plastiques, qui, en s'organisant ensuite, pouvaient donner lieu à de fausses membranes, susceptibles d'oblitérer plus ou moins le canal.

Depuis les travaux de Brunner et de Mery, les nombreuses observations qui viennent à l'appui de l'opinion de Littre, ont mis hors de doute l'existence fréquente des cicatrices dans les différentes régions de l'urètre. Des ulcérations de différente nature et de siège divers ; des déchirures , telles que celles qui arrivent dans la blennorrhagie cordée ; d'autres solutions de continuité produites par différentes causes, par une sonde , une violence extérieure, etc.; des destructions par gangrène, sont fréquemment suivies de cicatrices, qui rétrécissent l'urètre, le raccourcissent dans quelques cas , ou produisent à sa surface des saillies, des brides, des arêtes, des valvules, des diaphragmes plus ou moins complets, de forme, de nombre et d'étendue variiU>les.

L'hypertrophie et l'engorgement des rides ou replis de l'u^ rètre et surtout du col de la vessie peuvent bien aussi concourir à la formation de saillies plus ou moins analogues à celles qui dépendent des cicatrices ; mais tandis que celles-ci sont définitives et qu'elles restent stationnaires , les autres , qui peuvent toujours s'accroître par la continuation de l'état morbide auquel elles sont dues, sont aussi susceptibles de résolution quand celui-ci vient à cesser.

On trouve aussi sur la muqueuse de l'urètre des développements vasculaires plus ou moins considérables, et qui, jusqu'à un certain point, en diminuent le calibre. Cette vascularité variqueuse, quelles que soient les explications qu'on adopte avec

(4) Traité pratique dei maladies vénériennes. Paris, 4838, p. 694.

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SamaMRÎiiff.lAriMad et antitt. Mi nliit ooauBnB dHiln MCtîMt uMi^Eienm diifiaiial.ctà l*fliiilioiicliiiiB^diLtt]ldB]AVMHB.

ob Âa npiéMali vie cnèn d'état MModioidal* Oki 1% ra^ conte «neimaMi tMfeiit à la paitie antfckiro da iMrédaaaBanta, ait par aoîta de Uj^ qoe caoMi nant i la ciioalatîoa an ratoar.

nest dea nudadea. daaa oaa conditiflaa* ooL aorta avoir prouvé dea diffimlMa dana réaiiaawi de l'anie « voiank le jet ee létaUir apièa une parte de aang apontaaéti qa àU aitftede eePe qa'a eoUieitée le paaaage d'une aonda.

Deonème variété. AUirmiùmM dam$ TifoùiÊwr dbf.lùnit. L'angorgement de toate l'^iaaeor dea paraîa niétnlea fà daa fibrea ma^eidairBa qoi doabkDt eertainea t^giena* oonune aria a Uea aaooi delaveaaie, eat encore une eaoaebkn fréqiMnteda réfaréoiaaanienta. Maie cet engorgement ne ee préaente paa taaîiMin <^^«^ lea mjfitifla oonditiona : ciioonaciit ou diffoa* il ftffflnitt aint on point dea paroia« aoit toute la ciiooiaftcence de Yvi^Ênp et, comme dana toua lea entrée tîaaoa« il asiate avec ramnlliaae ment on induration. De véritablea dégénéreaoencee fbngnenaaa en sont quelquefois les conséquences, tandis que dans de nombreuses circonstances, surviennent des callosités plus ou moins voisines de l'état fibreux.

Mais il est une altération à laquelle les théories en vogue ont empêché d'accorder toute rattention nécessaire ; je veux parler des engorgements, plus fréquents qu'on ne le pense, qui dépendent de Yinduraiion spécifique qui accompagne souvent le chancre de l'urètre, comme celui des autres régions. Ces indurations, qui constituent un grand nombre de rétrécissements, résistent le plus ordinairement aux traitements directs ordinaires, ou s'aggravent sous l'influence des moyens mécaniques, tandis qu'on les voit céder, dans quelques cas, avec une étonnante facilité à un traitement antisyphilitique bien dirigé.

Le cancer, les scrofules, peuvent donner lieu à des engorgements de l'urètre et produire des rétrécissements.

3* Maladies extâribures du canal. Les affections les plue communes qui, provenant des parties extérieures à l'urtear peuvent le déprimer ou l'étrcindre, sont les inflamm* tissu cellulaire voisin, qui se tenninent par laa^

COmffi m BPPfiT DB LA QOVOMBÉS. 211

tntnent des pertes de substance et produisent des cicatrices , ou à la suite desquelles restent des indurations sous forme de nodosités ou de véritables viroles qui font dévier le canal, le boasellrat en soulevant ses parois , ou finissent par l'étrangler oomplétement. Viennent ensuite les engorgements et les maladies de la prostate, qui, de l'avis commun, rendent le plus souvent compte des changements apparents ou réels du calibre et de la direction des régions profondes de l'urfetre ; et enfin , les fétraetions des fibres musculaires qui doublent ce qu'on a appelé la valvule pylorique du col de la vessie. Cette disposition particulière de la muqueuse et des plans musculaires de cette région a surtout été étudiée par M. Mercier, dans un ouvrage publié en 1841, et ne doit pas être confondue avec les saillies valvulaires de la prostate, que M. Guthrie iq)pelle barre iransvene et que M. Leroy d'EtioUes nomme bourrelet prostatique»

On conçoit de la même manière que tout ce qui peut agir sur l'eitérieur du canal, ou s'arrêter dans sa cavité, soit, jusqu'à un certain point, une cause de rétrédssement.

4^ CoNDinoMS mxTBS. Les états morbides que je viens de signaler existent seuls, ou bien, en se combinant de différentes manières, ils donnent lieu à des rétrécissements mixtes.

S X »M réltiiiiumuto da muuI dm Tarflr^.

Je vais m*occuper maintenant des trois premiers modes d'obstruction de l'urètre : le premier est le rétrécissement proprement dit, rétrécissement permanent qui dépend d'une altération dans la structure d'une partie de TurèCre ; le second est un rétrécissement mixte dans lequel il y a i la fois rétrécisse* ment permanent et spasme ; le troisième est un véritable rétré* cissement spasmodique.

La plupart des obstacles au passage de l'urine, sinon tous, font naître à peu près les mêmes symptômes ; de sorte que c'est à peine si l'on possède des signes suffisants à l'aide desquels on puisse distinguer entre elles les différentes causes de ces JiàÊkuimn II est peu de malades qui fassent attention aux pre-

l*«i rétrécissement avant qu'ils aient acqû s qu'ils aient entraîné d*autres accidents.

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