AFFECTION SPASMODIQUE
II y a très peu de rétrécissements qui ne s'accompagnent plus OU moins de spasme. Mais dans certains cas, le spasme est beaucoup plus intense que dans d'autres ; quelquefois même, il constitue la maladie plutôt que le rétrécissement lui-même. Les véritables rétrécissements peuvent se compliquer parfois de contractions spasmodiques qui font qu'à certaines époques le passage de Turine devient beaucoup plus difficile. Dans tous les cas de cette espèce que j*ai observés, la maladie était peu inquiétante lorsqu'il n'y avait point de spasme; mais lorsque les parties se trouvaient en proie à un état spasmodique, les sym-
COMMB t'N EKKET D£ L.\ UONORnUÉE. 263
ptomes étaient aussi violenls que lorsque robstniction est Teffet ■eiletnent d'un rétrécissement organique. Ces cas étant mixtes présentent tous les caractères des rétrécissements permanents et des rétrécissements spasmodiques réunis. En effet, le canal de l'urètre est dans un état semblable à celui qu*il présente dans les cas de rétrécissement spasmodique pur. Il est irritable, et très douloureux dans Tintroductioti de la bougie, que souvent il ne peut supporter, ainsi que j'aurai occasion de le dire en traitant de cette dernière maladie.
L'examen du sujet nous mène à cette conclusion , qu'il est difficile de croire que le spasme ait son siège dans le rotrécissement m&me, qu'on ne peut guère supposer capable de contraction. On pourrait donc naturellement le rapporter î\ In partie saine derurètre,en admettant qu'il est déterminé par l'obstacle que rencontre l'écoulement de Vurinc. Si cette manière de voir est juste, on doit supposer que la contraction s'effectue dans la partie qui est située derrière le rétrérissement, puisque c'est la seule partie qui soit dilatée par Turine. Uurètre étant alors très irritable, cette partie peut se contracter assez pour arrêter complètement le jet d'urine. Mais quelques circonstances qui se présentent dans la pratique fournissent des raisons de croire que les rétrécissements eux-mêmes sont susceptibles de se contracter. On trouve, en effet, c|ue les bougies ont été serrées par le rétrécissement lorsqu'elles sont restées quelque temps dans l'urètre, et ce qui prouve encore cette aaserlion, c'est que le rétrécissement tantôt s'oppose au passage de la bougie , et tantôt la laisse pénétrer.
Les cas qui nous occupent présentent quelquefois une circonstance singulière ; c'est que lorsqu'il survient une gonorrhée ott tout autre écoulement de pus par l'urètre, ou qu'un suintement habituel ancien augmente d'intensité, le canal devient libre et laisse passer l'urine comme à l'état normal. Mais une telle amélioration est incertaine et seulement temporaire , car toutes les fois que l'écoulement cesse\ les symptômes spasmodiques se reproduisent. Il est probable que c'est le spasme seulement ( t non le rétrécissement réel, qui est modifié par l'écoulement. Voici deux cas remarquables de cette espèce , qui se sont présentés à mon observation :
&04 n.^iw« QUI SONT comiûialkt
Un homme était affeeté depuis longtemps d'une maladie de Farëtre compliquée d'un rétréoîssement auquel on supposait pour origine une affection vénérienne. Il se manifestait souvent j^ écoulement dont le début s'accompagnait toujours d'une fibvre légère. Tant que l'écoulement durait, la difiGeulté de l'é* yacualion de l'urine était diminuée, et cela , en proportion de l'abondance de Técoulem^t. Le même résultat fut produit toutes les fois que le malade contracta une nouvelle gonorrhée.
Un autre homme éprouvait une diflSculté d'uriner que Toii attribuait à un rétrécissement. Cet obstacle à l'énûsaion de l'urine s'accompagnait le plus souvent d'un écoulement sembfad>le à celui qui existe ordinairement dans les cas de rétrécissement. Mais quand l'écoulement augmentait beaucoup, le rétrécissement diminuait; il y avait une proportion constante entre ces deux phénoménal Pendant la duras de cette maladie, il contracta deux gonorrhées qui toutes d^ix s'accompagnèrrat temporairement d'une diminution dans les symptômes de rétrécissement*
' La maladie qui nous occupe étant une maladie mixte , elle doit être traitée par l'emploi des bougies pour le rétrécissement réel, et par les moyens qui seront recommandés plus loin, à roccasion des affections spasmodiques de l'urètre , pour ce qu'elle a de spasmodique.
Dans ces cas mixtes , il arrive quelquefois que la bougie ne pénètre pas immédiatement et qu elle est rejetée par le spasme. Mais on parvient souvent à la faire passer, en la laissant séjourner dans l'urètre presque en contact avec le rétrécissement, pendant dix, quinze ou vingt minutes ; la bougie s'insinue furtivement, si l'on peut ainsi dire. Souvent alors l'urine s'écoule, lors même qu'on n'a point essayé de franchir l'obstacle. Les rétrécissements compliqués de spasme s'amendent souvent sous l'influence d'injections légèrement irritantes (1).
(I) On lit dans rédition de Home: « Une gonorrhée ou un suintement accidente! fait cesser !o spasme d'un rétrécissement en vertu du même principe pathologique que l'introduction d'une bougie à la profondeur de quelques pouces dans l'urètre : l'irritation qui a son siège auprès du gland enlève sympalhiqnemenl le spasme d'une autre partie du canal, r.
COMMB UN EFFET DE LA GONORRUXE. 265