‹ Traité de la maladie vénérienneChapitre 38 sur 84 · COMME UN EFFET DE LA GONORRH^E · texte numérisé non relu

COMME UN EFFET DE LA GONORRH^E

Un sioiple spasme n'étant point une altération de texture, seulement une action morbide on anormale y on peut le £ûre cesser subitement. Quelle que soit la partie de Turètre ou le spasme a son siège, il faut, si Ton en a le temps, essayer des moyens internes et des applications externes pour le faire cesser. Les médicaments internes dont on peut dire que l'action est immédiate sont les opiacés et les térébenthines (1), administrés par la bouche ou par l'anus : leurs effets , et surtout ceux de l'opium, sont plus prompts quand ils sont donnés sous forme de lavements. Le quinquina est souvent employé dans les affections spasmodiques , et Ton croit qu'il est avantageux dans ces affections; mais dans celles de l'urètre, je crois l'avoir vu souvent produire des effets nuisibles.

Les applications extérieures sont la vapeur de l'eau chaude mêlée avec l'alcool , les pédiluves , le bain chaud , des vessies remplies d'eau chaude qu'on place sur le périnée , et autres applications semblables. On a procuré du soulagement en appliquant sur le périnée la mie d'un pain tout chaud et sortant du four. J'ai vu un vésicatoire placé sur la région lombaire dissiper en grande partie le spasme de l'urètre : le même moyen appliqué sur le périnée est également efficace. Mais dans la plupart des cas ces agents thérapeutiques sont trop lents dans leur action; aussi , lorsque les accidents existent depuis quelque temps et qu'un soulagement immédiat est nécessaire, il faut avoir recours sans délai aux sondes d'argent ùa aux bougies.

Si la contraction a son siège près de la vessie, une sonde d'argent convient mieux qu'une bougie; mais dans la plupart

ment avec la peaa du pérÎDée, car on fait souvent des applicalioos sur celte région dans les cas de réleution d'urine.

Un homme, qui n'avait ascnne maladie de ces organes, était atteint d'une petite fistule située à c6té du rectum, pour laquelle il s'était eiposé souvent à la vapeur d'un mélange d'eau et de vinaigre. Cette fumigation, qui agissait sur le périnée, n'avait jamais manqué de provoquer la sortie de l'urine. J. Honter.

(4) Le docteur Home , dans ses expériences sur la térébenthine , a reconnu que ce médicament, donné à hautes doses, détermine la strangurie chez les femmes. L*usage de l'essence de térébenthine prolongé pendant quelque temps produit souvent la strangurie. J. Hmmnu

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des cas une bougie suffit, et elle offre beaucoup plus de sécurité. Dans beaucoup de mains, en effet, la sonde d*argent est un instrument très dangereux : son emploi exige une dextérité que Ton n'acquiert que par une connaissance précise du trajet de lurfetre et par l'habitude de l'introduire. La bougie a aussi cet avantage que I dans beaucoup de cas où le canal affecté de spasme n'en permet pas Tintroduction , on peut la laisser en contact avec le rétrécissement, car il n'est pas toujours nécessaire que la bougie traverse la partie contractée. On a vu quelquefois une bougie qui n'avait été enfoncée qu'à une petite profondeur dans l'urètre, devenir efficace lorsqu'on l'avait laissée en place jusqu'à ce que le besoin d'uriner se fût fait sentir.

Lors même que la bougie pénètre dans la vessie , il est nécessaire de la laisser séjourner dans 1 urètre jusqu'à ce que le besoin d'uriner se fasse sentir. Si Turine ne suit pas la bougie à une première tentative, il faut en faire une autre ; si la bougie n'est suivie que d'une partie de l'urine, il est nécessaire de l'introduire une seconde fois. Cette circonstance, savoir, que l'urine suit le retrait de la bougie plus sûrement lorsque la bougie est restée en place jusqu'à ce que le malade éprouve le besoin d'uriner, prouve que la disposition de la vessie à se contracter tend à dissiper dans l'urètre la disposition à la contraction.

L'emploi des bougies exige beaucoup d'attention dans les cas qui nous occupent, car l'urètre, tHant plus [irritable qu'à l'ordinaire, s'oppose souvent à l'introduction de la bougie avant qu'elle ait atteint la partie qui est le véritable siège du spasme. Quand il en est ainsi, loin d'employer la force, il faut attendre avec patience, et faire ensuite une autre tentative pour faire passer une bougie.

Quelquefois l'immersion de Textrémité diî la verge dans de l'eau très froide fuit cesser le spasme, et l'urine s'écoule immédiatement et avec facilité .

Dans la plupart des cas, le malade |)i'r<,*()it à l'extrémité de la verge une sensation Jé•^agréable qui le porte à exercer des frictions sur cette partie ; qu«'l([uef(us, <iuoi(jue rarement, l'urine s'écoule sous l'inlluence de ces frictions. Des injections légèrement irritantes, poussées seulement à une petite distance, produisent souvent du soulacfement. On peut supposer qtie ces

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ÎBJidHma «giesent à peu près comme une bougie qui ne tmftny pai l'obstacle, et qu elles produisent la relaxation d une" partie de l'urètre » en irritant une autre partie de ce canal. Dana qoelques cas i elles agissent comme moyen prophylao*

$ m. ]>e la paralysie de l'arètre.

Une affectiotl qui est opposée à la précédente , est celle qui dans un défaut de puissance de contraction da l'urètre ;

lia celte dernière est moins fréquente. Elle se manifeste par des symptômes qui sont contraires à ceux de la maladie qui vient d'être décrite : la vessie ne se remplissant point assez potr que la malade perçoive le stimulas de réplétion « l'urine s'écoule goutta à goutte et insensiblement à mesure qu'elle est sfo'étée par lea reins \ ou si la vessie se remplit assea pour recevoir le stimulus qui la porte à opérer l'expulsion de l'unnoi cette expulsion a lieu immédiatement, et l'urine s'écoule « si lea muscles accélérateurs n'agissent pas ; or, quelquefois, dans ces caSf ces muscles eux-mêmes ont perdu leur puissance de contraction, et alors l'urine est expulsée bon gré, mal gré, car le malade n'a conservé que peu ou point de pouvoir pour la retenir. Cette maladie varie beaucoup quant à l'intensité (2).

S fT. Vraitetnent de la paralysie de l'nrèlre.

U faut traiter cette affection par l'emploi des stimulants» tels qu'un vésicatoire sur la région lombaire ou sur le périnée. Il peut être utile de plonger les pieds dans de l'eau froide. Dans quel* quescaStOn emploie avec beaucoup de succès la teinture de can« tharides prise à Tintérieur , à la dose de quinze à vingt gouttes une ou deux fois par jour, suivant l'effet produit.

Un homme entra à l'hôpital Saint-George pour cette maladie. Je prescrivis la teinture de cantharides ; ce médicament produisit un tel effet, qu'il en résulta l'affection contraire a celle pour laquelle le malade était en traitement, c'est-à-dire, une

I) Voyez pages 208 et 250.

(2) Ce que Hunter rapporte ici à rurètre, il faut rattribaerà des lésions vitales ou organiques de col de la vessie. P. Ricor».

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affection qpaamodiqae de riirfctre, de sorte qu'il ne pouvait plus uriner quand il en éprouvait le besoin. Une injection opiacée dissipa cette nouvelle maladie, et tout alla bien. Dans ce cas, il est probable que si Ton eût donné quelques gouttes de moins de la teinture cantharidée , on aurait déterminé la gaérison sans causer aucun accident.

$ ▼. ]>ef eanioiitéf ou «MffoÎMftBOM àt Pvrtee.

Les rétrécissements ne sont pas considérés comme les seules causes d'obstacle au passage de Turine dans le canal de lurètre ; les auteurs citent également les excroissances ou camosités de ce canal comme des productions fréquentes. A la manière dont ils en parlent, comme de choses qui leur sont familières, et à la rareté des cas où ces excroissances existent réellement , on est tenté de croire que cette cause d'obstruction a été primitivement admise par théorie et non par Tobservation , et qu'ensuite cette manière de voir a été transmise comme l'expression d'un fait. Si ces camosités avaient été décrites d'abord d'après Texamen même des faits , ce qu'on en a dit se trouverait d'accord avec les résultats de l'observation, et on les aurait considérées comme des causes rares d'obstruction en comparaison des rétrécissements. Cependant, quoique rares, elles s'observent quelquefois : dans toutes mes autopsies cadavériques je n'en ai vu que deux fois , et c'était dans des cas de rétrécissements très anciens où l'urètre avait souffert considérablement. C'étaient des corps qui naissaient de la surface de l'urètre comme des granulations, et qu'on aurait appelés des polypes dans d'autres parties du corps. Il est possible que ce soit une espèce de poireau interne , car j'ai vu des poireaux qui s'étendaient un peu dans le commencement du canal de l'urètre et qui avaient beaucoup de ressemblance avec les granulations. Il est très probable qu'il n'est pas possible de distinguer sur le vivant les camosités, ou excroissances de l'urètre , des rétrécissements ; car on ne peut guère admettre que ces productions puissent déterminer des symptômes nouveaux ou communiquer une sensation particulière à l'exploration des parties.

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S ▼!. VnûUoMBl def caoroifMaeef on oanonléf .

Je ne pense pas que cette maladie doive être traitée par les bougies*, au moins ne doit-on pas essayer la dilatation, car il n'existe aucune contraction du canal. Si donc les bougies sont de quelque utilité, c'est en déterminant par leur pression l'ulcération des carnosités ; or cet effet doit être obtenu par l'emploi d'une grosse bougie exerçant une pression extrêmement forte. Lorsque cette méthode ne produit point l'effet qu'on en attend, il ne faut point hésiter a recourir à la cautérisation si les camo« sites sont situées de telle sorte que l'application du caustique soit possible , et je ne doute point que ce moyen n'amène la guérison. Mais la difficulté consiste à distinguer la maladie qui nous occupe du véritable rétrécissement; car, bien que les au* teurs parlent des carnosités de Turètre comme d'une chose commune et qu'ils nous indiquent la manière de les traiter, ils ne nous ont point appris comment on peut les diagnostiquer.

Je n'ai jamais rencontré ces carnosités chez les femmes (1).

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