‹ Traité de la maladie vénérienneChapitre 39 sur 84 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

DE LA TUMEFACTION DR LA PROSTATK.

Parmi les maladies des organes qui environnent Turètre, il en est une qui est souvent formidable, c'est la tuméfaction de la prostate. Cette affection a des conséquences plus graves que toutes les autres causes d'obstruction qui viennentd'être décrites, parce que les moyens de guérison que nous pouvons diriger con* tre elle sont bien moins nombreux. En effet, on ne peut détruire cet obstacle comme on détruit un rétrécissement , et la nature ne peut se soulager en formant un nouveau passage pour l'urine. Cependant nous avons souvent en notre pouvoir les moyens de procurer un soulagement temporaire , ce qui n'a pas lieu dans les cas de rétrécissement, car le plus souvent lorsque la pros-

(4) Les v^élatîODS de l'urètre sont plus communes chez la femme qw chat l1ioininê.(¥o3rflK les pages 908, 934. 951 et 958.) P. RiroRo.

SULADIES aVl SONT OONSIDÉRÉB*

taie est tuméfiée , on peut évacuer l'urine nu moyen du cathétérisnic.

La tuméfaction de la prostate est très commune chez les sujets avancés en âge. Les usages de cette glande ne sont pas assez connus pour quonpuisse juger des conséquences fâcheuses (|uî peuvent dépendre de son état morbide , abstraction faite de l'eflet mécanique de sa tuméfaction. Sa situation est telle, que Ira effets funestes de sa tuméfaction doivent être évidents pour tout le monde. On peut dire qu'elle forme une partie du canal de l'urètre, et par conséquent, lorsqu'elle est morbidement développée , de manière à altérer la forme et la capacité de ce canal, elle doit apporter un obstacle au passage de l'urine. Quand la prostate se tuméfie , la surface de la portion correspondante de l'urètre ne diminue point d'étendue comme dans les cas de rétrécissement; cette surface s'étend plutôt, au contraire. Mais les deux parois opposées du canal sont comprimées l'une contre l'autre, et c'est ainsi que le passage de l'urine se trouve interrompu. Cette obstruction irrite la vessie et détermine la production de tous les syn^ptômes que fait naître ordiiiaireinent dans ce visc^^o un rotrôcisiiseinont ou la ])ri'sonoc d'une pierre. La pro>tate e>t située i>rincipalenient do diaiiue coté du canal do l'urètn^ elle lU' ciMTopond ipie très pru o\i mènie point du tout à >a partie aiitciicure, et très peu l'iialeuuni à sa partie postérieure ; il ré^ulll* de là ipie sa tmuéra*. lion i.e jeut atrir ijue sur les parties latérales de l'urètre , it qu'elle presse les deux cotés de lurèlre l'un contre l'autre, e\\ niOaie temps qu'elle met les parois latérales de ce canal , «1 a\ant lU arrière, dans un état de. tension ijui fait qu'au lieu d'èlre arrouili, il est aplati et n'oiVro plus qu une fente elroiie. Qiielqui ù'is la prostate se tuniéùeplus iruncôlé que de laulre; a':or> la iiortîon de canal qui la tra\erso dcMUit oblique.

indéponJaniment de la tunietactioii îles n)a^M^ latérales de la prostate, une peine poruon de * riu ciauiii- , qui est située derrière la naissance n.èii.e de iurètn-, se uiiiuiie à arrière en avant, on représentant ur.eispèci diii"»:.e q;ii>\i!îonieraiidau3 la vessie, tt i^^'-r Ii' rè'.o il'u:.! \.:'.\.;"r .'; . :.:;.,■ n/arne Je l'urètre. On prul \o:r cati- tu:i.v.;i >..r .i v.;.:.i\ri', ii-rs nième qu'elle n'est pns consi-iéialM* . en i njs» ; .^.m î » MÛre ipl»rne de

COMM8 VK KKKKT Ut: LA GOhOBaUKii. 3^

l'iKètro par la cavité de la vessie. Cette portion de la prostate n-dévdcqppe quelquefois au point de former une tumeur qui Uà dans la vessie une saillie de qudques pouces (PI. 6 et 7). CSstta «aiilie rend l'urètre concave en avant , et apporte un ob* slade à l'introduction des sondes, des bougies et des autres instramoits. Souvent elle est cause que la sonde passe par -dessus «ne petite pierre située dans la vessie , et qui par là échappe & l'csplorateur. La sonde devrait alors présenter pour cette partia da eanal une courbure plus forte que celle qui est nécessaire pour les autres. Dans de tels cas, il m'est arrivé souvent d'introduire d abord une sonde élastique creuse jusqu'à la portion prostatique du canal , et de faire passer ensuite dans la cavité de la sonde un stylet ou un fil de laiton auqud j'avais donné une courbure convenable pour qu'il pût passer par-dessus k prostate. Les avantages de ce procédé sont les suivants : Si la sonde élastique passe, il n'y a plus rien à faire. Sinon , le fil da laitoR recourbé passe dans la cavité de la sonde beaucoup plus commodément pour le chirurgien et pour le malade que s'il eût été introduit tout d'abord avec la sonde. En effet, il aurait fait effort contre l'urètre pour adapter ce canal à sa courbaie, tandis qu'étant introduit après la sonde , il ne porte que ceaitre la surface interne de celle-ci , et le malade le seiil à peine.

Un homme avait été sondé souvent sans qu'on eût jamais eenstaté qu'il existât un calcul dans sa vessie. On reconnut ensuite que sa mort avait été causée par la présence d'une pierre eompliqoée de gonflement de la prostate.

John Doby, pauvre pensionnaire de la Chartreuse, après avoir éprouvé pendant plusieurs années tous les symptômes d'une affection calculeuse, en fut délivré par suite de l'hypertrophie de la portion moyenne de la glande prostate, parce que la tumeur empêchait que les pierres qui étaient dans sa vessie ae vinssent heurter contre le col de cet organe et n'irritassent oette partie. Une année après la cessation des symptômes de la pierre, le malade fut pris d'une strangurie que l'on essaya en vain de faire cesser par ^l'introduction des bougies et des soades, et qui fut bientôt suivie de la mort. A l'examen des paitica sur le cadavre, on trouva que la prostate avait acquis

«àJMAlAAMflii Mft ' •'

MWfiêr ^i 7^ ■ k.^

: friM»6èiMtt«lMtè8l«(biitejèJlkè«<M MÉter wMtMdbitlttiQit ijifèi ^pM-Ift tfonds ft pbftM ditttffvWM^ wK y j SDnnvQ von psvuiun en n pooNmi tis BRmcm ^00 sm %Bû sHèigiio Id fond dé là vêMMi et Je fAuta cdtMslniMHIk PMir i|^ rMtfudouliulli dj^l instfËiflttW Mil phii icMud ^ W^Mt Wê 4i0ivii d'taM loiidÉ qn m Mifr wkiblo ^ A éMi cMMÉuMlk^ 4élM dÉoé- PMlBlidil6' S^kÉ fottto€ étifiran { tté'Mlw ^(CijpMMÉii èWlëoaildMfa*oMa mtaaiàtft ft>m qtwliiqa'qllg<lHtjdMê duM tonte ta loDgwilr^

^' «foM fttttjiWédrpMlitiÉiaee ttiie boogie, fl flwt ki hit» éàÊtd- WÊtf *iéi^§/ÊttMt QM omtriNifè trèi piMonoëê i ton èitt^iÉitt Ife* taMitilt Miitérte reTniidif fttee tette cofitimf». HkÉta^l "hni te fur» pÉttè» ri|rfdettènt, la toatiTHé tooMé «tf biti, ÉnfÉîft ^ Mit éil ptfdu ta Muriiurt dant toil paimigèt - Vatt m toifiaiie MknpHi pat Tindieation atm bien que te toi^ ifUt Ma ^tationt telMalet de te glande toinéfiée Ée iappiueniMt de nouTean dèt qn'on te retire. J'ai vu des cat où l'nrme t'éeev^ lait avec ptet de facilite en suintant le long des côtés de la boiH gie pendant que celle-ci était en place , que lorsque te bougie était retirée du canal , parce que la présence de oet instrument donnait ft te portion rétréde de Turëtre une rectitude qa'dlé n'a plus dès que la bougie en est retirée.

L'observation suivante est un exemple frappant des dangett qui accompagnent la tuméfaction de la prostate.

Un bomme fut atteint de suppression d'urine; une tonde n'ayant pu passer, on eut recours à une bougie, et l'emploi de oet instrument le soulagea. Il continua à être bien pendant (ânq an* nées. Mais alors , te même maladie s'étant reproduite , il ne fut plus possible de faire pénétrer une bougie , et la maladie fut considérée comme un rétrécissement. Cependant une Sonde pé^ nétra, bien qu'avec beaucoup de difficulté, et la bougie, ayant été présentée un grand nombre de fois , ne put passer qu'une seule fois , immédiatement après qu'on venait d'introduire te tonde. Ayant été appelé auprès du malade, j'essayai avec aussi peu de succès à faire pénétrer la bougie, et je fus obligé d'avoir ImMrt i une algalte. J'introduisis cet instrument itvec \k

Page 1