‹ Traité de la maladie vénérienneChapitre 47 sur 84 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

M l'Aooulbment du mucus naturel des glandes de h'wktïïB.

Les glandules de l'urètre et les glandes de Cowper sécrètent un mucus glaireux qui ressemble à du blanc d'œuf non coagulé. Ce mucus se montre rarement au dehors et ne s'écoule de l'urètre en quantité notable que lorsqu'on se livre à des pent^ \wi^

: SONT coNsttrjirin ws; son écoulement n'attire guère l'attention <|Ufl des hommes qui, éprouvant la crainte de voir se manifestemne çonorrhfefiO «'imaginant que leur dernière maladie n'est pas entibrement dissipée . sont tenus dans une frayeur constante par cet écoutainent naturel. Quelquefois il se montreen assez grande quantîU pQor former des taches sur !a chemise, mais cea tache» sont incolores ; souvent, après certains jeux qui ont excita des d^îrs, les lèvres de rorifice urétral sont comme agglutinées ensemble par ce mucDtt dessécha, et cetnspect fait naître des alarmes qoi ne BODt point fondées. Bien que la production de ce mucus ne irait qu'un phénomène naturel , et qu'il soit sécrété , dans tons les lias, sous ta même influence qui le produit normalement, on doit reconnaître qu'il est formé en quantité beaucoup plus toijsidérable dans certains cas de di^bilité qui dépendent de l'imagination; c'est une chose qu'il n'est pas facile de s'expliquer. Il sembleque la lutte entre l'imagination et le corps en rende la sécrétion plus active, car on ne peut pas voir, dan» cetawmiasemeiit de sécrétion, une maladie des parties sécrétantee.

De l'écoulement des (iijuides sècréfés par la prostate et par let véticulea séminait».

Qn OQniidère cette affection comme la conséqseDce d'one 4p«l»die Ténérieone de l'urètre ; maia on ne saurait dire jnsqt)'^ quel point cette opinion est vraie , et il est très probable qu'il QH e«t rien. Cette affection est caractérisée par l'écoulement d'un mucus qui sort de l'urètre et qui , en général , s'éch^ipe avec les dernières gouttes d'urine , principalement lorsque la vessie est dans un état d'irritabilité, mais plus aboudammept encore au moment des garde-robes , surtout quand il y a de la constipation ; alors, ei\ «ffe^ 1^ efforts ou les actions des muscles qui Bvoisinent les parties génitales sont plus énergiques. (a matière de cet écoulement a été regardée généFa(em«ii|t comme du sperme, et la maladie a été appelée une/ai6/»se s^suao/c ; maia il résulted'un grand nombre d'expérieocea et d' observations que cette matière n'est certainement point de la ^«otence. C'est tout simplement du mucus qui est sécr4t^ 4oit . .fWC-la 9M«t«ta. «oit par le» pocfees qu'oBa impro^wmitlWW

UN Bï'FBT DB LA OONOBBIliE. 35i

luëM vésioules aéminales, ou qui vient de ces deux' sources à la fois. U 06 sera point sans utilité d'indiquer ici les caractërss disitinctifs de ces deux liquides. La matière de récoulement en (juestion n'est point de la m^ine couleur que le sperme ; sa coloration est exactement la même que celle du mucus de la prostate et des vésicules dites séminales ; elle n'a point non plus la nkèm^ odeur, et même elle est presque complètement inodora; la quantité qui en est évacuée en une seule fois est souvent beaK^ coup plus considérable que les plus abondantes émissions posai* blea de sperme, et son évacuation se reproduit plus souventqnt cela ne pourrait avoir lieu, si c'était du liquide spermatiqua. Cette maladie attaque souvent les vieillards, chez qui on ne pan! guère supposer qu'il se fasse une abondante sécrétion de sperrea } et l'on remarque que les sujets qui en sont atteints sécrétant et évacuent naturellement la semence aussi bien qu'auparavant^ Lorsque l'esprit est dans une condition favorable , cet écoulement peut se produire immédiatement après une évacuation da semence aussi bien qu'auparavant , ce qui ne pourrait avoir lieu si l'écoulement morbide était un écoulement séminal. Jb^ outre , si les sujets qui sont atteints de cette maladie n'ont pas de relations sexuelles, ils sont sujets à des pollutions noetumsa causées par l'imagination, comme les hommes qui sont dans m. état de santé parfaite ; et la plupartdes malades, lorsqu'ils sont informés de ces circonstances, reconnaissent eux*mêmea qva la liquide qu'ils perdent n'est point du sperme (1).

L*état morbide d'où dépend cet écoulement est fort obscur : y a-t-il simplement sécrétion plus abondante qu'à l'ordinaiia de ce mucus , ou bien l'écoulement est-il dû entièrement à une action anormale et insolite des organes t Si cette dernière ma-^ niëre de voir doit âtre adoptée , il n'est pas facile d'expliquer pourquoi ces organes sont mis en action quand les muscles alK dominaux , la vessie et le rectum, agissent pour Texpulsion dsa matières contenues dans la cavité de ces deux derniers viscères. Il eiît évident que les actions les plus violentes des partiea qui

(1) Od lit dans l'édition de Home : a Un homme est atteiat d'QO écoulement de mucus qui se reproduit souvent; le mucus s'échappe de rnrèlre, soit avec les dernières goolles d'urine . soil pendant les gardarabas; BMiis est éesuIsMat n'a peint lieu afirès las ralstMasa«iiisttai.«

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viennent d'être nommées sont nécessaires pour la production de cet écoulement 5 car il ne survient point nxec les premiers jels d'urine , ni ordinairement avec les garde-robes faciles.

L'écoulement qui nous occupe étant considéré comme une perte séminale , on a pensé qu'il provenait d'une faiblesse des organes de la génération ; et comme des émissions naturelles de semence fréquemment répétées affaiblissent ordinairement , on a admis, en conséquence, quecet écoulement devait aussi aifai- Wir beaucoup; et l'imagination agissait si fortement sur les malades, qu'ils se croyaient réellement affaiblis. Je ne prétends point décider ei la cause de cet écoulement est capable d'affaiblir ; mats je crois que l'écoulement en lui-même ne peut point produire un tel effet. La crainte et l'anxiété de l'esprit peuvent débiliter réellement un malade, Dans tous lescasdecetteeepèce que j'ai observés, l'esprit était plus affecté que le corps.

D'après ma propre expérience, il n'est guère de médicament ni de régime de vie que je puisse recommander pour le traitement de cette maladie. Dans un cas, j'ai retiré de grands avantages de l'usage interne de la ciguë.

L'idée qu'on s'est faite de cette affection a amené la pratique qui est généralement recommandée, et qui consiste & foire prendre des médicaments fortifiants de toute espèce ; mais je D'ai jamais vu ces moyens produire aucun bon effet, et je serais phitôt forié à prescrire un traitement adoucissant, afin de prévenir toute action violente. On peut modérer l'écoulement, et probablement amener à la Sn la guérison au moyen de légères porgations.

AoomoNOBP. RicoHD. — Sans partager les idées de Hmiter snr les fonctions des vésicules séminales qui sont bien les résn*voirs du sperme , ainsi que l'ont prouvé d'une manière incontestable toutes les recherches qui ont été faites depuis lai, j'adopte presque complètement sa manière de voir sur les pertes séminales. L'observation journalière m'a prouvé que les cas de qpermatorrhée réelle sont moins fréquents qu'on n'a bien voulu le dire dans ces derniers temps. La plupart des malades ou des hypochondrioquee que j'ai eu l'occasion de voir en si grand nomhte ne rendaient que du mucus absolument privé d'animalcules ' et des Botree cantctiras du sperme. Je sais que dans beaucoap

COMME IN EFFET DE LA GONORRhAe. 361

de dicoDfltances le contraire a pu être observé ; mais n'y a-t-il pas eu un peu d'exagération ?

Sans doute il est des hommes qui perdent le sperme avec une très grande facilité ; une idée lascive , le moindre contact , la timidité unie à de vifs désirs près d'une femme , les premioa rapports sexuels, amènent des éjaculations sans que l'union des sexes ait été nécessaire ou même possible ; comme aussi la continence prolongée, le décubitus dorsal, quelques excitations des voies digestives , etc. , sont la cause des pollutions nocturnes chez beaucoup de sujets. Mais de là au tableau un peu trop chargé qu on nous a fait récemment , il y a une immense distance; et les écrits sur la spermatorrhée n*ont fait que confirmer ce qu a dit Montesquieu, que <« si les médecins effrayent par la description qu'ils donnent des maladies, ils rassurent bientôt en proclamant un remède certain. »

Quoi qu'il en soit, ceci ne s'applique qu'à l'exagération d'une idée qui, mise à la connaissance du public, a créé, dans ces derniers temps , une véritable épidémie de spermatophobes , hommes tourmentés, hypochondriaques sombres, vétilleux, et chez lesquels la cautérisation du col de la vessie ne parvient pas toujours à guérir le cerveau.

En résumé , sans le grand nom de M. Lallemand , et , pardessus tout , sans les observations remarquables qu'il a publiées sur les pertes séminales (1), je me serais demandé avec Hunter, si de semblables écrits ne sont pas plus nuisibles qu'utiles. Mais je le répète , afin qu'on ne me prête pas des idées que je n'ai point, si je défends la lecture de ces écrits aux gens du monde, je ne saurais trop la recommander à l'attention des praticiens.

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