CHAPITRE XIH
DE l'atrophie DBS TESTICIXES.
Il résulte de plusieurs faits que les parties de la gënératioa doivent être considérées, non comme des parties indispensables de la machine animale, mais seulement comme des parties •nrajoutiSes pour remplir des fonctions spéciales, et qui, pftf conséquent, ne sont nécessaires que lorsque ces fonctions spéciales doivent être remplies. En effet , de toutes les parties du corps ce sont elles qui arrivent les dernières à maturité et qoi sont les plus sujettes à se détruire. Sous ces rapports, elles diffèrent par leurs propriétés naturelles de la plupart des autres parties du corps, à l'exception des dents qui leur ressemblent dus quelques unes de ces circonstances.
i<es testicules sont plus sujets aux maladies spontanées que toates les autres parties du corps ; mais ce qui est te plus singatier, c'est la destruction spontanée de ces organes. Un tetticnle ou les deux peuvent disparaître entièremait , comme chei
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l'enfant le thymus, ou la membrane pupillaire, etc. On n'ob- ■erve rien de semblable dans aucune des parties du corps qui sont essentielles à son économie , excepté pour celles qui ne sont plus d'aucun usage et qui pourraient être nuisibles, comme la membrane pupiUaire. Mais ce changement dans les testi* cules ne se présente point comme la conséquence d'une pro* priété qui leur aurait été imprimée primitivement , ainsi que cela a lieu pour le thymus, et qui produirait son effet à l'âge od ces organes sont devenus inutiles ; il peut s'effectuer à tout fige. La disposition est donc dans les testicules eux-mêmes , indépendamment de toute connexion avec l'économie animale. Un bras ou une jambe peut perdre son action et s'atrophier en par* tie, mais jamais complètement.
On a vu les testicules s'atrophier chez des sujets atteints de hernie, probablement par suite de la pression constante du paquet intestinal. Pott a fait connaître des cas de cette espèce. J'ai vu, dans des cas d'hydrocèle, le testicule réduit presque à rien, sans doute par suite de la compression exercée par le liquide. Mais dans tous ces cas , les causes de l'atrophie sont évidentes, et elles auraient produit sans aucun doute des effets semblables sur d'autres parties du corps placées dans les mê« mes conditions ; tandis qu'un testicule peut disparaître entièrement sans aucune maladie antécédente; ou bien il s'enflamme» soit spontanément, soit par sympathie avec l'urbtre, se tuméfie, puis commence à diminuer de volume, comme dans la résolution de l'inflammation commune de toute autre partie , mais il ne s'arrête pas à son volume naturel, et il continue à s'amoindrir jusqu'à ce qu'il ait entièrement disparu. Les observations suivantes en offrent des exemples.
Observation /'*. — Un homme a eu, il y a neuf ans, une gonorrhée accompagnée d'un bubon qui a suppuré. Un des testicules fut pris de tuméfaction, et cet accident fut traité, en apparence avec succès, par les moyens résolutift employés ordinairement. Tous les autres symptômes étant dissipés, le malade se considéra comme entièrement guéri. Cependaoït, quelque temps après, il remarqua que le testicule qui avmt été engorgé était un peu plus petit que l'autre , ce qui le porta à diriger son attention sur cet objet. Le testicule continua à diminuer
dt volume jyiMfuà ne qu'il fôl complétctDerit cUlniit. DcjmiB plnsieiir* atméeat. il ne reste aucune tntoe de ce tmienle. Cet homme n'a rien perdu de >es désira vénénens et de ses tacalté* pour les satiElaire.
Oiterratiem i/,e*>mmunit}uè«farM.jy9a/an. — • Dnjmn» boiDin« d'enTÎron dix-huit ans, qui n'avait jomaia ea aoeans tnakdie vénérienne , a perdu ses deux testicules de la nanîfere snivante: I^e 3 février 1776, aprêsavoir patiné pendant quelqnea heumt, sans avoir, à aa connaiaaance , reçu aucune lésion , il éprouva une violente douleur dans le testicule ^auc^, qniamfiamma, et qui en peu de jours acquit un volume considérable. Un diinirgien, qui fut appelé auprès du malade, implora Im moyens de traitement ordinairement usil^ en p&retl ras. L'inflammation et le gonflement se dissipèrent graduellement dans l'i-space d'environ six semaines, et il ne resta plus qu'un pev d'induration. On appliqua al»rs un emplâtre mercunel qui fat abandonné après avoir été porté pendant quelque temps. Depuis cette époque le testicule a continué à décroître graduellement, et maintenant il n'est pa& plus gro« qu'une l%ve de marais ; le corps du testicule est enti- rement détruit . et ce qui reste liaratt n'être autre choee qu'une partie de l'épidittyme. Cette portion n'est le uégfl d'aucune douleur, à moins qu'on ne la com- 4)rime ; elle e«t trto dure et inégale à sa surface. Le cordon ipermatique n'est pas le moins du inonde altéré. Le 20 octobre 1777, le malade fut pris des mêmes symptômes dans le -testicule droit, sans cause appréciable, et je fus appelé i hii donner des soins. 11 fut saigné immédiatement , prit une mixtare lasative, pois une mixture saline avec le tartre elibîé ; on fit des fomentations et des embrocations sur le testicule avec l'esprit de Mindererus et l'alcool. X^ 37, on appliqua on cataplasme de farine de graine de lin arrosé d'eau végéto-minérale. ^Ce traitement fut continué jusque vers le milieu du mois de no- .T*mbre. L'inflammation se dissipa , et le testicule parut être daBistm état naUuel. Le 19 décembre, on m'sppela de nouveau. Le testicule paraissait s'îndurer et diminuer de volume : de la même manière que l'autre, ce qui atTectait vivement le naïade. Je prescrivis quelques pilules decalomel etd'émétiqM, dan» l'espoir d'accroître la téerétion des glandes en féaénl t\
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de déterminer quelque modification dans le testicule. Ce traitement parut d'abord produire un bon effet, mais il ne tarda pat à devenir inefficace, et le testicule commença à s'atrophier comme avait fait Vautre. •*
Je fus appelé en consultation avec Adair et Pott, mais nous ne trouvâmes rien qui pût offrir quelques chances de succès. Je conseillai au malade de faire fonctionner l'organe autant que ses penchants naturels pourraient l'y porter, mais tout fut sans résultat. Le testicule continua à décroître jusqu'à ce qu'enfin il n'en restât plus aucun vestige.
Observafion ITFy communiquée par le docteur Cothom^ de Worcester, — « Un jeune homme de seize ans fut pris subitement d*un froid intense, accompagné d'un tremblement et de frissons qui se reproduisirent à plusieurs reprises. Pendant cet accès, qui dura trois heures, le pouls était petit et serré, et si fréquent qu'il était très difficile de compter les battements de l'artère. A cette période de froid succéda une chaleur très vive avec pouls fort, dur et plein, ce qui engagea à pratiquer une saignée abondante. Immédiatement après, on administra au malade un purgatif salin, puis un lavement pour en hâter l'effet. Le soir, la saignée fut répétée. Pendant toute la journée, le malade accusa une douleur atroce qui avait son siège dans la région lombaire et dans la partie latérale de l'abdomen, et qui descendait jusque dans le scrotum. A l'examen des parties douloureuses, je reconnus des traces d'inflammation dans l'aine du côté gauche, une grande tension au niveau de Tanneau inguinal et une augmentation du volume du testicule gauche. J'ordonnai de faire sur ces parties des fomentations avec des compresses fortement imprégnées de sel ammoniac cru, et de les bassiner avec de l'esprit de Mindererus et de l'esprit volatil aromatique avant chaque fomentation. Je prescrivis en outre six grains de poudre antimoniale, avec quinze grains de nitre, à prendre toutes les trois heures. La nourriture se composa de gruau léger, de fruits et de suc de citron ; la boisson fut de l'orge sucrée et nitrée. Malgré ce traitement antiphlogistique , dans la composition duquel entrèrent en outre les purgatifs fréquemment répétés , les anodins, trois vomitifs, et treize saignées, la fièvre continua, et )a douleur ainsi -que l'inflammation et le gonflement augmenté*
âÏ6 IULAOUS aL'l SONT coNaiitÈBàu
rent jusqu'au huitième jour, y compris lejourdufriGson. N'espérant plus résoudre la tumeur, et le testicule étant presque aussi gros que la tête d'un enfant, j'essayai d'amener la suppuration au moyen de fomentations émoUientes et de cataplastnes maturatifs. Le 10, un sentit de la fluctuation; le 12, la fluctuation était encore plus évidente, et le scrotum avait une coloration livide. J'employai tous les arguments possibles pour décider le malade à me laisser ouvrir l'abcëaj mais comme U ne souiTrait plus, il ne voulut pas y consentir. Le 15, il fut pris de nouveau de frissons, suivis d'une chaleur fébrile très intense, qui se termina promptement par une sueur abondante; cependant cet accès ne fut accompagné d'aucune douleur. Dans la soirée, la tumeur formait une saillie telle, que je pensai qu'elle s'ouvrirait spontanément avant la matinée du lendemain, et j'espéiaiâ qu'alors le malade me permettrait de dilater la ploie. Mois l'ouverture spontanée ne s' étant point faite, et tous les eGTortâ que je Gs pour démontrer ta nécessité d'une incision 4tant restés sans succès, je me bornai à prescrire du quinquina et de l'élixirde vitriol. A pailir de cette époque, après chaque accès de fièvre, on remarqua que le testicule perdait de son volome. N'ayant pas la permission de faire une incision, et le ma> lade conservant ses forces et son appétit, je commençai à espérer de réussir sans cette opération, et je conseillai au malade de persévérer dans l'emploi des médicaments toniques et antiseptiques, et de maintenir appliquées constamment des compresses imbibées de décoction de quinquina. Sous l'inâuence de ces moyens, le pus se trouva entièrement absorbé un mois après le premier frisson. Le testicule avait alors le volume d'un œof de poule, et présentait la dureté du squirrhe. Je prescrivis, malin et soir, des frictions avec l'onguent mercurïel et le liniment volatil camphré à parties égales, et je &s prendre à l 'intérieur quelques mercuriaux, à titre d'altérants, aveu la décoction de quinquina. Pendant l'emploi de ces moyens, les sueurs nocturnes et tous les autres symptômes pénibles se dissipèrent graduellement. Le malade acquit promptement de la force, de l'embonpoint et de la gaieté, et le testicule malade diminua lentement, mais d'une manière constante pendant près d'une année. Au bout de ce temps, il n'en restait plus d'aotre trace
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qa*un amas confus de fibres lâches qu'on sentait facilement dans la partie supérieure du scrotum. ••
Le malade m'a permis de l'examiner il y a un mois. Il n'y avait pas le moindre vestige de testicule ; je ne pus reconnaître la tunique vaginale dans l'aine de ce côté ; mais sur Tos pubis et un peu au-dessous de lui, je pus saisir le cordon spermatique entre les doigts et le pouce» et distinguer les vaisseaux qui le composent et qui n'offraient pas la moindre induration ; lorsque je comprimais un des vaisseaux, je déterminais une douleur momentanée, mais très vive. La santé de cet homme est parfaite, sa constitution est robuste ; il a de beaux enfants qui se portent très bien. Le seul changement qu'il ait remarqué dans sa constitution , c'est une tendance à engraisser, que ni la sobriété, ni l'exercice violent qu'il prend à cheval chaque jour, ni enfin le soin avec lequel il évite le repos , ne peuvent fiEiire cesser (1).
ÀDomoN DE P. RicoRD. — Le sarcocële syphilitiquej^/ot/tque, l'albuginite, accident syphilitique tertiaire que Hunter ne connaissait pas, est aussi une cause fréquente d'atrophie des testicules. On peut même dire que l'atrophie est le terme fatal de cet accident, quand l'art n'intervient pas à temps.
Il faut encore ajouter à ces causes le varicocële, maladie autrefois réputée incurable, ou qu'on n'osait pas attaquer, et qu'on guérit aujourd'hui, grâce à mon procédé opératoire de ligature sous -cutanée, enregistré dans la science au nombre des opérations les plus simples, les plus inoffensives et les plus certaines dans leurs résultats.
(4) On lit en outre dans l'édition de Home : « Obi, i. — Un homme avait un rétrécissement qu'il combattait par I*emploi des bougies. Un des testicules s'enQamma et se tuméûa L'inOammation fut guérie et le gonflement se dissipa. Le testicule continua ensuite à s'atrophier jusqu'à ce qu'il eût été réduit à un volume extrêmement petit.
Ote. 5. — Un homme se froissa un testicule en montant à cheval ; ce testicule s'enflamma et se tuméfia énormément. Les symptômes se dissipèrent et le malade se crut guéri. Cependant le testicule ne resta point à son volume naturel , mais il diminua graduellement jusqu'à ce qu'il eût disparu entièrement.
Ohs, 6. — Un homme qui était couché sur la terre fut enlevé par les mains avec une violente secousse. 11 sentit immédiatement une vive