CHAPITRE XIV
OfHTIlAtMIB BLEKNORBHA'îiQVE, PAH P. ftICOKD.
Hunter, comme on a pu le voir, ne dît rien fie l'nphthalmte hlmnorrhagique , qui eqiendant est un Rcciiîent trfea grave et fessez Traquent à la suite de la bleniiorrhag'ie uri^trale.
L'ophthalniie blennorrhag-ique se montre dans deux circotifttances diff^rentt's, que l'observation rigoureuse force d'admettre et qu'ont tour à tour niées les ophlhalmologistes qui ont voulu n'en admettre qu'une à l'exclusion de l'autre.
1' L'oplilhalmie blennorrhagique peut être la conséquence d'une contagion, d'un contact, c'est-ft-dire, le résultat de l'application sur un œil sain du inuco-pus provenant d'une ur^trite blennorrhagique, ou d'un autre œil affecté d'ophthalmie blen-
dou'eur dans l'aine, du cûl^ gauche, el le lesficule droit Tut pris d'in- (Iflmmalion i>l do gnntlfmenl. O^anil ce i;Of!(lpnien[ se dissipa, le tc»lioule s'atropliia de pluaeo plut au poiatde ne préunter que la voluia d'un pois ; soii tissu resU très dur.
Obt. 7. — tin jeune homme de dix-huit ans Tut pris de gonflement d'un des leslicales pour avoir couché sur l'herbe humide. Ce testicule diminui ontnite de volume, et se réduisit au quart de m grossear naturelle.
Obs. 8. — Un jeune bonime de vingt ans a éprouvé à diverees reprises, depuis huit an^, une vive douleur qui avait son siège dans le lesticule et dans le cordon spermatique du cAté droit, et qui s'accompagnait de tuméfaction de ces organes. Ces accidenls s'étaient diesipéa eutieremeul; mais il y a deui ans, li^ se mDntrërenl avec plus de violence qu'auparavant : pendant huit heures la douleur fui intolérable ; la tuméfaction devint énorme ; le malade fut obligé de garder la chambre pmdant sii semaines. Depuis ce temps, le lesticule a constamment diminué de volume eu acquérant plus de dureté. Uainlenant il ait gros comme une fève de marais, et le cordon spermatique est contracté. Le testicule gauche s'est tuméfié quelquefois, mais il a toujours recouvré ion volume naturel. Pendant la durée de ces altaque», le malade ressentait par intervallea vue douleur qui avait son siège vers le col de la vessie; celte douleur se manireslait principalement quand il uriaait, mais elle n'atteignait point un haut degré de violence ; il percevait M' quemment lusef , pendant ces attaques, une sensation semblaUe I cella qM prodalrait wi Hq«fde m circulalion dans les lestieulee. *
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Dorrfaagique. La contagion peut s'effectuer sur le malade luimêBi«9 de son urétrite A son œil. ou d*un premier oril malade à Taatre œil ; ou bien avec la matière fournie par l'urètre ou par l'œil d'une autre personne.
Je n'ai jamais vu cette première espèce d'ophthalmie biennorrbagique, qui se rattache à lopbthalmie purulente grare» survenir à la suite, ou pendant le cours de la balano-posthite, de la vaginite, ou des écoulements utérins. A part les cas très rares oii elle a été produite par du muco-pus blennorrhagîque fourni par une autre personne, c'est toujours avec la blennorrbagie urétrale qu'on la rencontre. Aussi elle est incontesta» blement plus fréquente chez l'homme que chez la femme, ce qui est aussi en rapport avec la fréquence bien plus grande de la blennorrhagie urétrale chez le premier.
L'opbthalmie des nouveaux-nés semblerait être une exception a cette règle, si elle n'était le plus ordinairement due à d'autres causes. Cependant il n'est pas impossible qu'en traversant les organes génitaux de la mère , les yeux de l'enfant ne soient souillés par des matières irritantes capables de les enflammer. Un professeur habile , mais probablement distrait , a dit que cela n'était pas possible, parce que les enfants naissaient avec les yeux fermés ! On comprendrait cela, si les paupières étaient soudées, ou si, dans le trajet difficile que les enfants ont à parcourir, leurs paupières ne couraient pas la chance d'être souvent écartées et leurs yeux ouverts.
La source à laquelle a été puisée Yuréiriie n'entraîne aucune différence. J'ai vu des ophtbalmies très graves déterminées par des urétrites survenues à la suite de rapports sexuels avec une femme simplement affectée de catarrhe utérin purulent, ou pendant le cours des menstrues ; ou encore dans des circcmstances où Ton ne trouvait rien chez la femme pour justifier l'écoulement urétral de l'homme , comme cela arrive assez souvent.
Dès que l'écoulement urétral est purulent^ mucoso- purulent, et tant qu'il reste dans ces conditions , il peut agir sur les yeux.
L'écoulement urétral , dans cette forme , n'est pas influencé par la maladie de l'œil ; on ne le voit pas céder pour faire place
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à rophthaimie, et s'il diminue quelquefois, au inotnonl de 1b plus grande iuteiiiiilé de la conjonclivite , c'est par un effet de révulsion , mais le plus ordinairement sous l'inâuence d'autres causes.
Toutes les causes des ophthalmies purulentes graves peuvent venir en aide à la cause plus spéciale à laquelle on rapporte rophthaimie qu'on pourrait appeler uréirale. Ces causes pourraient même agir seules, chez un sujet affecté d'urétrite blennorrbagique , et produire une opblhalmie purulente concomitante et indépendante de l'urétriie. Cela expliquerait commeat il se fait qu'à certaines L^poques , on rencontre tout à coup un plus grand nombre d'ophthalmies réputées blennorrhagîques bien quelenombredesblennorrhagies urétrales reste le même.
L'observation journalière dans un grand hôpital , dans une pratique privée très étendue, ne me permet pas d'admettre que l'ophthalmie blennorrhagique puisse être produite par les vapeurs de la blennorrbagie urétrale, dont l'air serait le véhicule.
Les autres sécrétions morbides réputées vénériennes ont été considérées comme pouvant être cause de l'ophlhalmie blen- Dorrhagique. Il existe même une observation célèbre d'une ophthalmie produite par le pus d'un bubon qui jaillit dans l'œil du chirurgien , au moment où celui-ci lui donnait issue. Mais si le pua du bubon, du chancre, etc., pouvait donner lieu à l'affection oculaire dont nous nous occupons ici, ne devrait-on pas en voir de plus fréquents exemples! Les malades qui ont des bubons ulcérés, des chancres à suppuration abondante, soutilsplus propres, plus soigneux que ceux qui ont des écoulements urétraux 1
Il n'est pas vrai que l'ophlbalmie blennorrhagique soit liée à la cophose, au coryza , à la bronchite blennorrhagîques oa à la blennorrbagie buccale, accidents qu'on n'a jamais vus, du reste, que dans les livres. La blennorrhagie urétrale n'empêche pas d'avoir un coryza ou une bronchite, mais elle ne les produit pas. On peut aussi avoir une ophthalmie catarrhale en même temps qu'une chaudepisse.
L'ophlhalmie blennorrhagique qu'on peut considérer oomme le rétjultat d'une contagion n'affecte très généralement qu'on
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■euloeil. Elle a pour siëge la conjonctive palpébrale et oculaire.
Le malade commence quelquefois par éprouver un peu de chaleur , un léger sentiment de prurit , et comme s'il avait un corps étranger, une poussière dans l'œil. Les paupières sont souvent d'abord agglutinées par un peu de mucus desséché et formant croûte. La conjonctive s'injecte et rougit dans une pins ou moins grande étendue de sa portion palpébrale et surtout de la paupière inférieure ; mais l'injection , la rougeur et le gonflement qui ne tardent pas à venir, se propagent très vite à la conjonctive oculaire, si la maladie n*a pas commencé là en même temps. Il m'est bien souvent arrivé de m'apercevoir du début de la maladie , avant que les malades en eussent été prévenus autrement.
Dans quelques cas, la fluxion n'est pas immédiatement sui* vie de sécrétion morbide ; mais le plus ordinairement celle-ci arrive avec une grande rapidité et constitue un des premiers symptômes. J'ai vu des malades se coucher, le soir, sans s'être aperçu d'aucun changement dans leurs yeux et qui s'éveillaient le matin avec un écoulement oculaire déjà très prononcé. C'est d'abord du muco-pus formant des stries , des traînées dans le sillon palpébro-oculaire, mais il survient bientôt, et fréquemment avec une extrême rapidité , une suppuration des plus abondantes. L'écoulement est alors parfois clair , séreux , blanc, jaunâtre, pâle, rarement incolore. Il ruisselle sur la joue , surtout quand on écarte les paupières, et excorie souvent la peau qu'il touche. Ordinairement une partie plus épaisse, presque pseudo- membraneuse, reste appliquée sur l'œil ou sur les paupières, et ne peut en être détachée qu'au moyen d'un jet d'eau lancé sur l'œil, à l'aided'une petite seringue. La conjonctive, de plus en plus injectée, se gonfle dans toute son étendue palpébrale et oculaire ; il semble même qu'elle soit ramollie. Le tissu cellulaire sous-conjonctival s'infiltre; la muqueuse oculaire est alors soulevée en forme d'anneau autour de la cornée transparente et donne lieu à un chémosis séreux ou œdémateux. Du côté des paupières, la tuméfaction survient de la même manière et prend souvent des proportions considérables. La paupière supérieure, surtout, rouge, tendue, luisante, ne peut plut se mouvoir ; son bord libre passe par-dessus la paupière
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brémure, dont uUa incaruisre et rami-ne souvent les cils du GÔlé de l'oeil. Quelquefois les paupiiTes se renversent, d'où peut résulter un ectropion aigu, nvec une sorte d'étrangleinent de la muqueui^e produit par l'orbiculairc des paapières , étranglement que M. Desniarres compare, dans son excellent Traité des maladies des yeux, à ce qui arrive dans les renversemenla du rei:tum. Dans ce cas, la muqueuse saigne souvent, ou bien l'écoulement devient sanguinolent, Béro-sanguinoleikt , ou saniâux. On voit aussi se développer des granulations plus ou moins prononcées, plus parlieulièrement sur la conjonctive palpélirale et ayant pour fliége lea follicules muqueux, comme cela a, lieu dans d'autres variét^^ de l'ophthalniie purulente. L'écoulement prend alors une consistance plus grande ; il est purulent (.1 présente une cuuleur de plus en plus jaune, verdâlre.
Si la maladie devient plus intende, qu'elle a'accrotaae, s l'œdème aigu des paupières peut succéder une véritable in* flammation plilegmoncuse, Le cbémodis, d'abord œilt^iiiateux, peut aussi devenir hétnatique, et surtout phlegmoneux, formant alors une espèce de cercle dur, rharnu, qui i^treint et tos U cornée transparente.
. Cependant la cornée a pu encore rester intacte ; mais âuw certains cas, au bout de quarante-huit heures, quelquefois plu tard, dans le cours des sept ou huit premiers jours, cette tatm* brane se trouble, un nuage se répand uniformément i sa wface; bientôt elle se ramollit, s'épaissit, et il survient une opa* cité plus ou moins générale, due à une infiltration purulente interlamellaire. Le ramollissement, qui donne lieu k plus ou moins de conicilé, est quelquefois partiel , et la cornée, alors, n'a plus la même largeur dans tousses diamètres. A cela succèdent, plus ou moins rapidement, de petits abcès qui s'ouvrent, Isis' sent échapper du pus, et sont suivis d'ulcères souvent trit larges. D'autres fois la cornée semble se détruire couche par couche et d'avant en arrière. Dans le cas de chëmosis phleginoneux surtout, on voit souvent un cercle opaque, jaunâtre, plui ou moins éloigné de la circonférence de la cornée, et au miliev duquel existe encore une partie transparente, qui ne tarde pat i se troubler. C'est i ce cercle que succède souvent l'atobr» m
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eompi^miglB. Mais, loitqae des ulcérations perforent la cornée, Boîtqiie» mortifiée, elle se détache d'un seul coap, l'humeur aqueuse s'échappe avec le cristallin, et l'iris Tient faire hernie.
Enfin, après avoir atteint son summum d'intensité, ou s'être arrêtée à un degré sioins grave, l'ophthalmie blennorrhogique pcnt rester stationnaire, ou commencer à décliner. Alors l'écou* lemeot diminue de quantité et de consistance, et tend à redevenir séreux comme au début. On a observé quelquefois, que o*estan moment où l'écoulement redevient presque séreux, que la cornée transparente, qui avait pu jusque-là échapper à la maladie , tombe en suppuration , ou qu'il survient des recru* descences qui peuvent se répéter plusieurs fois et à des inter* valles variés.
L'ophthalmie blennorrhagique est peu douloureuse au début ; la douleur nn commence à paraître que lorsque le gonflement des parties est devenu considérable, qu'il existe un chémosis phlegmoneux, ou des ulcérations de la cornée. La douleur peut s'étendre au front, aux tempes et quelquefois aux dents ; dans quelques cas elle est pulsative. La photophobie peut manquer, ou ne se montrer qu'un instant chez quelques malades. Le contact des larmes, augmentées et plus acres, détermine parfois une douleur vive et brûlante, qui est l'analogue de ce que l'urine produit sur l'urètre aiflainmé. Le plus ordinairement il n'y a pas de rt'ïaction générale au début , et celle-ci ne survient que lorsque des parties plus profondes se prennent, ou que le globe de l'œil tout entier est envahi par l'inflammation.
La marche de l'ophthalmie blennorrhagique est très rapide ; en quelques heures elle peut avoir détruit l'œil. Dans quelques cas elle panût bénigne , reste quelques jours stationnaire, et prend tout à coup une grande intensité.
Cette ophthalmie si grave peut cependant se terminer par une résolution franche. Si la cornée transparente n'a pas été trop compromise, elle revient à l'état normal. Des taches plus ou moins épaisses, plus ou moins considérables se dissipent ; des ulcérations, même très étendues , se cicatrisent souvent sans trop laisser de traces, ou sans beaucoup gêner la vision. Mais aussi, quand lu conu^e a été plus profondément altérée, détruite, elle peut présenter des taches, des dcatricea il
iHe», de* aUphylÔBCs, des adWraKxa, dei hernies de l'iris. Enfin des gnmlRtioDs qnetqBcCon (ot^neuts. végrtuUes, penTent peraistef sur la conjcndire.
h n'existe «noui signe di&gnostiqiie pathognoiuuBÏqie de l'opbthalmie blennorrbagique, à paii lacanseà Uqnrileonenît devoirlarappoTler. La oonleonle la conjonetnc enflammée, qne qoelqaea auteurs cmoplaisants avaient croe oarrée, la natara, lacooleor de l'écoulement, rintenshé de la maladie et sa marche le plus ordinaireaieDt très aigoê, on soraignë, n'imt nen de tmrttctémtiqne et qu'on ne pnis^ troarer dans d'astres ophthalmies purulentes. J'en dirai autant des bubons auricnlairei qw M. HairioD,de LouTain, a jusqu'à présent vus seul.
Le pronostic e«t ^énérslemait grave, et cela d'autaot pies qu'on arrive phis lard et que la cornée est déjà plus ou moins oompromise.
Traiiemeni. — Le traitement de l'ophthalmie blennortlisgiqoe est local et g^éral.
C'est par le traitement local qu'il faut commencer. De tontes les médications, celle qui m'a le mieux réussi, c'est la cautérisation de tonte la conjonctive enflammée, à l'aide du nitrate d'aigent. On se sert, pour cela, d'un crayon de nitrate d'argent bien taillé et mousse ^ on renverse les paupières, la supérieure d'abord ; on passe la pierre infernale sur la muqueuse dont od blanchit la surface ; on essuie ensuite, ou on lave avec de l'eaa fraîche, pour ne pas laisser de caustique libre, qui puisse atteindre la cornée ; on replace la paupière ; on renverse à son tour la paupière inférieure, qu'on touche de la même manière, avec les mêmes précautions, ainsi que tout ce qu'on peut attendre de la conjonctive oculaire, toujours en ménageant lacoméet qu'on peut encore mieux garantir en passant sur elle une cott* che d'huile d'amandes douces.
S'il existe un chémosis œdémateux, il faut d'abord en faire l'excision. On le scarifie, comme le voulait Scarpa, s'il est pUegmonenx et si les ciseaux courbes ne peuvent pas l'cnlerer : c'est une des conditions les plus impartantes du traitement.
Cela fait, l'œil doit être couvert de compresses fines et légères, imbibées d'une décoction de graine de coing et de têtes de pavot. Mais il faut surtout que tontes les heures, tontes les
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demi-lieurea même, et plus souvent, si la suppuration est très abondante, on fasse des injections, des irrigations, afin de ne pas laisser séjourner le pus dans l'œil, devenu en quelque sorte un véritable abcès, qui doit être incessamment évacué pour éviter la macération de la cornée, et tout le mal qui peut résulter de la rétention du pus.
Je fais ordinairement pratiquer des frictions avec l'extrait de belladone autour de l'orbite et dans la narine du côté malade.
La tête doit être tenue élevée, et les yeux soustraits à Taclion de la lumière.
Mais si c'est là ce qu'il y a de plus pressé à faire, s'il faut revenir, à plusieurs reprises, à la cautérisation, quelquefois dans la même journée, ou bien les jours suivants , tant qu'on n'a pas obtenu une modification favorable, un arrêt dans la marche de la maladie, il est encore nécessaire de recourir en même temps à d'autres moyens énergiques. On doit pratiquer uneou plusieurs saignées du bras, selon la force du malade,et le développement du pouls, surtout s'il y a de la fièvre. Des sangsues en grand nombre doivent être appliquées sur le trajet de la jugulaire et au pli naso^labial. Des purgatifs, et des purgatib salins, depréférence aucalômel, doivent être administrés. On doit aussi donner des bains de pieds avec du gros sel, ou faire des applications chaudes sur les pieds.
Dès que les cautérisations ne sont plus nécessaires, on leur substitue un collyre composé d une solution de 30 centigrammes d'azotate d'argent pour 100 grammes d'eau distillée ; ce collyre est injecté trois fois par jour entre les paupières et alterné, tant que la suppuration persiste, que la résolution n'est pas franchoi avec le collyre mucilagineux,^sédatif, indiqué plus haut.
Plus tard, on peut avoir à réprimer des granulations persistantes et encore par la éautérisation avec le nitrate d'argent, ou, comme le veut M. Thiry, avec le nitrate acide de mercure, dans les cas qui résistent à la pierre infernale.
Il n'est jamais nécessaire , et il pourrait être dangereux de chercher à exciter ou à rappeler l'ocoulement urétral ; c'est un traitement purement théorique et spéculatif, que la saine pratique doit proscrire.
Le copahu , le cubèbe et les mercuriaux , ({uels que soient
ass MAwmitB an sont cossméaia
Iciira mmles d'emploi, flont tuujoars plus nniiililn qu'otiles.
2° Pendant le cours d'une blennorrhagie urétrale , on voit sorveoir quelquefois une ophtholmie qui n'est plus la consé* iguence d'une contagion, de l'application de la matière blennorrhagiquesur l'œil, comme dans la forme que jt> viens de décrire.
C'est l'ophthaîniiemétaatatique indiquée par Saint- Yves, c'est ioplithalmie aynnpalhique de la plupart des opbtbalmologistes, qui veulent que la blennorrhagie oculaire ne soit jamais le résultat d'une contagion.
Elle ne se montre aussi qu'avec la blennorrhagie urétrale. Hftns aucune exception, pendant le cours du premier septénaire, mois souvent après le second, ou plus tard et quelquefbia vers le déclin.
Elle est encore plus fréquente chez les hommes que chez les femmes, partes raisons que j'ai données. Les jeunes gens, les sujets lymphatiques y sont plus disposés. Les causes communes de» ophtbalmies catarrliales la favorisent beaucoup. Les prédispositions rhumatismales et les causes du rhumatisme lui viennent aussi en aide, ainsi qu'à l'arthrite blennorrbagique , avec laquelle on la rencontre assez souvent. Jai vu un grand nombre de malades qui, chaque fois qu'ils avaisot ttM blennorrhagie urétrKle,aT&ientauaBi une ophthalmieblennotrb*» gique. J'ai donné des soins à un avocat qui a eu trois feis, A Ift suite de trois blennorrhagies urétrales, contractées danafeapsce de deux ans, une double ophthalmie ^ j'ai également soigné on riche Américain , habitant Paris , très sujet à de fréqumt* accès de goutte , et qui chaque fois qu'il contracta une blanKVrhagie urétrale , et cela lui est déjà arrivé quatre fois , fut pris d'une double ophthalmie blennorrbagique.
Cette variété de rophthahnie blennorrhagiqne a étâ ooaaîdérée comme le résultat d'une médication intempestive , at dne à l'arrêtbrusque, à la répercussion d'une blennorrhagie orétral* par des antiblennorrhagiques trop tôt administrés. C'est ont grave erreur; leplua grand nombre des malades n'ont ordinairement pas encore fait de traitement quand arrive la maladie des yeux. Il est très rare que l'ophthalmie survienne quand l'écoulement a cessé , le plus ordinairement celui-ci eontiniM ■ans modification ; dans quelques casi,. cependant, il semble ré-
cOMMfi VN KKFRT l>K I.^ UONORRHKK. S67
vulsé^ et peut-être un peu plus souvent que dana Toptithalinie par contagion.
L'ophthalmieblennorrhagique, qu on peut considérer comme sympathique, peut n affecter qu*un seul œil, mais le plus ordi* nairement les deux yeux sont pris à la fois, ou l'un après l'autre. Passant d'un oeil à l'autre œil, elle revient souvent au premier œil affecté, repasse de nouveau au second, et ainsi de suite plusieurs f(Hs.
La maladie commence ordinairement par le globe oculaire* Non seulement les vaisseaux de la conjonctive s'injectent, mais aussi les vaisseaux sclérotidiens ; l'œil paraît plus tendu, plus bhllant ; la cornée souvent est un peu plus saillante ; l'iris un pea plus éloigné; on peut constater, dans quelques cas, que l'humeiir aqueuse est augmentée. Il y aparfois des symptômes d*iritis, avec changement de couleur de l'iris, diminution de la pupille , qui est rarement déformée, et de la photophobie plus ou moiiie prononcée. L'humeur aqueuse peut être troublée, lactescente, floconneuse, oe qui tient à l'inilammation de la membrane do Decemet , d'où résultent parfois des fausses membranes qui peuvent donner lieu à des adhérences ou à des pseudocataractes; mais jamais, comme dans l'iritis syphilitique, on ne voit des papules , des pustules sur l'iris, ou ce qu'on a appelé des condylomes de l'iris ; c'est une iritis séreuse, et non parenchymateuse : il se passe ici dans Tœil quelque chose d'analogue à ce qu'on rencontre dans les synoviales, dans leo cas d'arthropathies blennorrhagiques qui accompagnent quelquefois , comme je l'ai dit, cette ophthalmie, ou alternent avec elle.
Quant à la conjonctivite, qui cependant domine presque toujours la scène, qui parfois est très aiguë , et empêche souvent d'apprécier les autres symptômes dont je viens de parler , elle est peut-être plutôt catarrhale que purulente , et a moins de tendance aux granulations.
L'ophthalmie blennorrhagique sympathique est, toutes choses égales d'ailleurs, plus irrégulière dans sa marche, plus sujette aux recrudescences, aux rechutes, aux récidives, que l'autre forme, et se déplace souvent , ce qui n'arrive pas dans l'autre cas.
369 MAtAorea «rr sont c<>V3Ii>!!biλ
Toutefois cette variété de l'ophthalinie blennorrhagvqu«, à part les difftireiices que je viens de signaler, peut présenter tous les autres symptfiinesde la blennorrhagie oculaire par contagion ; avoir la même marche, donner lieu aux mêmes désordres, entramer les mêmes conséquences, et avoir les mêmes terminaisons. Le diagnostic diSerenliel peut donc présenter de grandes difficultés, et il n'est pas étonnant qu'on ait confondu cette forme avec ta précédente. Il reste à savoir, dans les cas bien déterminés, si la matière de l'écoulement est légalement contagieuse dans les deux formes.
Dans tous les cas, les auteurs qui, comme moi, admettent ees deux espèces d'ophtlidlmiesblennorrhagiques, reconnaissent qae cette dernière, plus fréquente que l'autre, est, touteschoses égales d'ailleurs, beaucoup moins grave.
I-e traitement est te même que pour la première espèce. Iiorsque l'état catarrhal ou purulent est peu prononcé, on a moins besoin de recourir à la cautérisation ; on peut plus souvent s'en passer que dans l'oplithiilmie de contagion. Ici, et surtout quand il existe en même temps des artliropathies , l'usage intérieur de la teinture de colchique (3, 4, 5 et même 6 grammea par jour) , donnée avec de l'azotate de potasse, i la dose de 6 à 12 grammes , dans de la tisane de bourrache, m'a procuré de bons résultats. 11 est bien entendu que cette médication doit être employée concurremment avec les antres moyens sur lesquels j'ai déjà insisté, et sans, pour cela, négliger les différentes indications qui peuvent se présenter.
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