COMME UN EFFET DE LA GONORRHBE
C'est à Swëdiaur qu'on doit d'avoir bien reconnu les rapports de eause à effet , entre la blennorrhagie urétrale et la variété da rhumatisme articulaire, dont nous allons nous occuper ; c'est à cet auteur, en un mot, qu'on doit d'avoir institué l'arthro* pathie blemorrhagique, le rhumatisme blennorrhagique , l'ar* throcèle, la tumeur blennorrhagique du genou ou le gonocèkf comme il l'appelait.
Dqiuis Swédiaur, tous les auteurs qui ont écrit sur les ma» ladies vénériennes ont parlé du rhumatisme blennorrhagique, et nous avons du , sous ce rapport , ajouter ce qui manquait à Hunter.
On est effectivement étonné comme Swédiaur, qu'avant lui les auteurs n'aient rien dit du rhumatisme blennorrhagique , qui est cependant un accident assez fréquent de l'urétrite blennorrhagique. Cela a dû probablement tenir à la difficulté de le différencier du rhumatisme vulgaire, et à ce que les observateurs l'ont pris , alors qu'il survenait pendant le cours d'une blennorriiagie , pour une simple coïncidence , comme cela peut en effet souvent arriver.
Cependant, si Ton cherche les rapports réels qui existent entre la blennorrhagie et le rhumatisme articulaire, on trouve, comme l'avait déjà fait Hunter, des malades qui n'ont de rhumatismes articulaires que chaque fois qu'ils sont affectés de blennorrhagies urétrales, et cela fréquemment en dehors de toute autre cause appréciable de rhumatisme. Comme preuve encore d'une liaison incontestable entre les deux affections , on rencontre assez souvent, en même temps que l'arthropathie, ou alternant avec elle, la forme d'ophthalmie blennorrhagique dite sympa* thique, dont j'ai parlé.
n existe donc un rhumatisme blennorrhagique , où , si l'on aime mieux , la blennorrhagie peut être considérée comme une cause spéciale du rhumatisme , auquel elle imprime alors un certain cachet , une certaine physionomie » bien qu'elle ne le signe pas toujours. Quoi qu'il en soit, l'arthrite dite blennorrhagique ne se montre, comme rophthalroie sympathique, qu'avec la blennorrhagie urétrale. La tentative récemment faite par M. Jaijavay, pour l'attribuer aussi à la balano-posthite, n'a pas été heureuse , et malgré le secours de la plume de M. le
89S BjiiyimBs nu S'imt consiorriw
observations qui sont paâsties sous mes yeux , tant à mon hôpital que dans ina pratiiiue privée, j'ai pu n>' assurer que pas une articulation nYcbappait à la maladie, grande ou petite, et cela toujours daus les circonstances ou l'on avait le ploa le droit de rattacher l' affection articulaire ii l'urétrite. Pour dire donc oii le rhumatisme articulaire peut siéger, il faudrait énumërer toutes les articulations, excepté cependant celle du la- /dndont parle unsyphiliographe.maisquelesanatomistes n'ont pas encore décrite ! Il est vrai que ^wédiaur a insisté sur la douleur du talon, qui est hîen plus rare qu'il ne ledit, et que ne semble le croire l'auteur moderne auquel je faisais tout à l'heure allusion. Le plus ordinairement la douleur et le gonflement de Cette région tiennent à l'arthropathietibio- tarsienne. La maladie a eu quelquefois pour siège la bourse synoviale du tendon d'Achille, ainsi que j'en ai montré des exemples à ma clinique.
J'ai aussi rencontre, chez quelques malades , des douleurs plantaires très vives, paraissant avoir les tissus aponévrotiques pour siège, comme chez un jeune homme que je soigne en ce moment à la maison de santé de la rue de Lourcine , et qui est en même teni]JS atTecté d'une double ophlhalmie blennorrhagtque de la forme sympathique, avec iritis séreuse.
Le plus ordinairement l'arthrite blennorrhagiqae est numoarticulaire, mais elle sévit aussi trës fréquemment sur deux ou plusieurs articulations à la fois ou successivement. Il est vrai de dire que dans un grand nombre de circonstances , pluaieura articulations peuvent être douloureuses , mais qu'une seule se prendréellement, pour constituerl'arthrite, et que même, lorsque la maladie a pris un certain degré de développement dons plusieurs articulations, il en est une sur laquelle elle reste plua longtemps, ou définitivement, quand elle doit donner lien à d'autres accidents.
L' arthrite blennorrhagique détermine des douleurs qui peuvent être trës vives , mais qui sont moins souvent aussi airocet que l'a dit Swédiaur, et, toutes choses égales d'ailleurs, bien moins fortes que celles du rhumatisme articulaire aigu ordinaire, La douleur rend les mouvements de l'articulation moins faciles, impossibles même, et le toucher les accroît aussi jmaù tout cela, dans la très grande majorité des cas , n'est pas à comparer à