COMME UN EFFET DE LA GONORRHEE
ce qui a lieu dans l'arthrite inflammatoire de la fièvre rhuma« tismale proprement dite.
L'articulation malade se tuméfie , et cela quelquefois beaueoup ; mais si Ton cherche à se rendre compte de la cause de cette augmentation de volume de Tarticle, au genou surtout où cela est plus facile , et qui survient assez souvent tout à coup , on ne tarde pas à se convaincre que ce n'est pas d'abord un gonflement soit des extrémités articulaires , soit des ligaments de l'articulation, soit des parties molles qui l'entourent, mais bien mi épanchement qui s'est fait dans la synoviale, une hydarthrose enfin. On n'a pas heureusement eu à fiedre l'anatomie pathologique de l'affection dont nous nous occupons, à cette première période ; mais les nombreux faits que j'ai observés » et ce que disent la plupart des auteurs de la fréquence de l'épanchement synovial, me donnent la conviction que l'arthrite blennorrfaagique est d'abord une hydarthrose subaiguë. Comme je le disais tout à l'heure , c'est au genou qu'on peut le mieux constater le siège de début et la forme de la maladie : la rotule se soulève, elle s'éloigne de la surface articulaire du fémur; ses dépressions latérales disparaissent et font place à des saillies plus ou moins considérables dans lesquelles on reconnaît la fluctuation, la mohiViié fluctuante et le choc de cet os caractéristiques de l'hydropisie du genou. L' épanchement synovial se trouve aussi dans les autres articulations, mais plus ou moins facile à constater, selon l'articulation malade.
Jusque-là le gonflement articulaire n'est pas ordinairement accompagné d'augmentation de chaleur, et la peau conserve sa couleur normale. Cela est si fréquent, quoi qu'en aient dit quel* ques observateurs, qu'on ne peut pas s'empêcher de reconnaître que Swédiaur avait raison, lorsqu'il croyait devoir considérer ce qu'il appelle le gonocèle comme constituant le white twel^ /tii$r,bien que les Anglais donnent ce nom à toutes les maladies qu'on réunissait autrefois sous la dénomination vulgaire de tumeurs blanches. Cette absence de rougeur et de caractères extérieurs d'inflammation est si ordinaire, si caractéristique , qu'on est souvent en droit de se demander, quand les choses se passent autrement, si c'est bien et toujours à l'arthrite blennorihsgîqiie qu'on a afiaire, et à rien de plus. Cependant, soit par
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les progrès naturels de la maJadJo, soit en vertu d'autres prédispositions, ou pat le développement de complications, comme on voit quelquefois survenir l' inflammation du testicule à la suite de répididymite blennorrhngique, on voit aussi d'autres parties constitutives des articulations se prendre successivement et présentpr des signes <)' inflammation : il survient «lors de l'engorgement et de la chaleur; la peau devient plus on moins rouge, et, comme dans le rliumatisme nigu , on peut y rencontrer des veinules plus ou moins dessinées, plu» on inoina injectées de sang.
A mesure que le rhumatisme articulaire prcigreaae, qu'il s'accroît, et qu'il acquiert un grand degré d'inlcnsit*' ; alors qn'il prend la forme inflammatoire, qu'il est, pour ninsi dire, sorti de ses limites naturelles , on peut voir diminuer, se tarir même l'i^coulement, par un véritable mt!caniâme de révulsion ; mais, le plus ordinairement, comme je l'ai déjil dît, surtout dans lea CBS où In maladie reste dans son véritable cadre, la sécrétion morbide urétrnle ne change ni de nature ni de quantité.
L'arthropathie blennorrhagique est ordinairement npyréliqDe: pas de fifevK initiale, pasdefifevresympathiqueconcomia tante. Cependant on trouve quelquefois un appareil fébrile plus m moins prononcé, mais rarement comparable à ce qui a lieu dans la flèvre rhumatismale proprement dite, que rien n'empfieherait. que je sache, de se développer pendant le coura d'une urétrite.
Je l'ai déjà dit, l'arthrite blennorrhagique est une affection subaigué, dont la marche est parfois d'emblée celle des maladies chroniques des articulations, mais qui pourtant peut pvendre l'allure des inflammations les plus aiguës (1).
La durée de l'arthropathie blennorrhagique dans les eap Mnplea est peut-être de trois à six septénaires ; maia il n'est pM rare de la voir se prolonger pendant des mois, ou au moins
(4) J'ai pu eonataier, dans des cas de rhumatismes blennorrhagiques mmt eoMplali qw pouiblt, des aymplAmes d'endocardite at daa Apsa- «Iteiiieoli dans le péricarde. J'en s> montré dei eiemples remRrqiwblst à ma clinique.
J'ai vu ausai survenir, pendant le cours d'une blennorrhagleurétralc, •l ODBGurreinBieiil avrc l'arthropathie, des accidents de cempreiëei d«
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de voir persister longtemps les épanchements synoviaux , les bydarthroses.
Dans la ti'ës 'grande majorité des cas, le rhumatisme blenmurrhagique se termine d'une manière franche ; quelquefois, oomme dans les autres formes rhumatismales , il se déplace d'une articulation aune autre, ou fait place à Tophthalmie. La sappuration, contestée dans le rhumatisme aigu vulgaire, est peut-être un peu moins contestable dans cette variété ; mais il faut dire cependant qu'elle ne parait pas être inhérente à la maladie, que c'est une exception qui semble due à des conditions inflammatoires accessoires ; c'est aussi rare, ou peut-être plua rare que la véritable vaginalite, que la suppuration de la tunique vaginale dans Tépididymite , si souvent accompagnée d*hydrocèle, ou d'épanchement simple de sérosité. Sans doute Tarthrite blennorrhagique peut devenir dans certaines circonstances! toujours selon certaines prédispositions, certaines complications, le point de départ de maladies graves des articulations et de toutes leurs conséquences ; mais ce n'est plup alors l'arthrite blennorrhagique qui en est seule cause, pas plus que la chaudepisse tombée dans les bourses n'est la c^use spécifique du sarcocèle cancéreux, ou tuberculeux.
Au point de vue du diagnostic, on s'est demandé si l'artlirite blennorrhagique était une conséquence du virus syphilitique, partant de la blennorrhagie virulente, identique avec le chancre t Quelques auteurs n'ont pas craint de répondre d'une manière affirmative, et M. Baumes, de Lyon, a penché à moitié vers cette opinion ; mais n'y eût-il que cet accident pour différencier la blennorrhagie du chancre, que cela suffirait déjà pour conclure que ce sont deux maladies par^faitement distinctes. Est-il quelqu'un aujourd'hui qui con« fonde un instant les douleurs rhumatoïdes secondaires, siégeant au voisinage des articulations, intermittentes, noctume9, s'exaspérant par la chaleur, diminuant ou cessant sous Tin-
•6léde la moelle ou du cerveau, donDanl lieu à des symptômes de pi* ralysia (paraplégie ou hémiplégie), qui semblaient suivre la marcha des épanchemeuts articulaires, se faire par le même mécanisme, etsaos qu on pût les rattacher par leur symplomatologie . soit à Tapoplexie, soit à des méningites oïdinaires.
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fiuence du froid et du mouvement , n'augmentant pas pu* la pression, qui même le plus souvent les éteint, avec la maladie articulaire que je viens de décrire ! Non sans doute , pas plu» qu'on ne pourrait confondre avec elles les douleurs ostéocopes tertiaires, les périostoses et les exostoses, à moins qu'un aveuglement systématique n'empêcbàt de voir les traits les plus saillante des deux afTeclions. Ajoutez à cela que le chancre urétral ne donne jamais lieu à l'arthrite, k moins qu'il ne soit compliqué d'une blennorrhagie.
Mais l'arthropalhie blennorrbagique tient-elle à un virus bleonorrhagique particulier f Non encore; car j'ai vu souvent, le plus souvent même, et d'autres ont vu comme moi, les articulations devenir malades à la suite d'urétrites contractées dans les conditions les plus simples, de catarrhe utérin, de Sux cataménial, d'usage de sondes, de bougies, et être tout aussi graves, plus graves même, comme dans l'observation de M. Velpeau, que celles qui semblaient le mieux se rapportera une cause plus spéciale.
Mais peut-on distinguer l'arthrite blennorrbagique du rhumatisme vulgaire! Sans doute, lorsque pendant le cours d'une blennorrhagie tirétrale,et sans antre cause appréciable, on vora BUirenir une affection articulaire â marche chronique on subaiguë, n'affectant qu'une seule articulation et le genou de pr^ férence,avec hydarthrose prédominante, avec peu |ou pas |de chaleur, peu ou pas de rougeur à la peau, et peu on pas de fièvre, et que surtout les malades voua diront qu'ils n'ont eu d'accident semblable qae toutes les fois qu'ils ont été affecta d'urétrite, on pourra diagnostiquer la gonocèle de Swédiaur. Mais dans un très grand nombre de cas, en l'absence de signes pathognomoniques irrécusables et dans les nuances moins traacbées, il est impossible d'établir la différence , et de savoir si l'on a affaire i une arthropatbie blennorrbagique, on à un rhumatisme articulaire plus ou moins aigu, plus ou moins universel, et simplement concomitant. La suppression préalable de l'écoulement blennorrbagique, qu'un grand nombre d'antcnn et M. Bonnet, de Lyon (1), ont regardée comme la pieave
(1) Traité dM maiodia da articviatwtu. Parie, 4815
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la plttA certaine de la nature de la maladie , ne saurait être invoquée , comme je Tai dit plus haut, et conduirait le plus ■oavent à Terreur. Ajoutons, toutefois, que si le diagnostic diffëraitîel est souvent diflScile, ou même impossible, il n est heureusement pas nécessaire pour le traitement ; car celui-ci n'est jamais dirigé contre la nature prétendue spécifique de la maladie.
Lorsque Tarthropathie parait être sous la dépendance uni« que de la blennorrhagie, et qu'il n'existe aucune mauvaise prédisposition lymphatique , scrofuleuse , ou autre ; qu'il n'y a aucune complication ; que la maladie, enfin, est dans ses limites naturelles, le pronostic n'est pas grave : c'est une maladie qui se termine vite et bien ; mais dans les autres circonstancesi le pronostic se déduit de toutes les conditions que peuvent présenter les autres maladies articulaires , sans que ce soit précisément la blennorrhagie qui leur donne plus de gravité.
Le traitement du rhumatisme blennorrhagique ne présente rien de bien spécial. Aujourd'hui, comme pour l'ophthalmie blennorrhagique, les hommes qui ne font des livres qu'après avoir beaucoup observé rejettent complètement la pratique inutile ou nuisible, qui consiste à rappeler l'écoulement.
Quand la maladie est subaiguë, ou qu'elle affecte d'emblée la marche des affections chroniques, j'applique immédiatement un large vésicatoirecamphré sur l'articulation malade. Ce vésicatoire estensuitepansé avec du cérat opiacé et renouvelé une, deux ou trois fois, selon les effets produits. En même temps qu'on fait usage du vésicatoire, le malade prend, tous les jours, dans delà tisane de bourrache, de 6 à 15 grammes d'azotate de potasse et deSà 6 grammes de teinture de colchique. Le malade garde le repoe le plus absolu de l'articulation affectée et est soumis à une diète en rapport avec le degré d'intensité de l'arthropathie. Cette médication simple est celle qui m'a le mieux et le plus souvent réussi. Lorsque le rhumatisme affecte plus franchement la forme et la marche inflammatoires, c'est à la médication antiphlogistique, sédative et calmante qu'il faut avoir recours : •angsues sur l'articulation ; cataplasmes laudanisés ; frictions avec des pommades camphrées, belladonées; purgatifs salins ; boîssoni délayantes, et saignées du bras, si le pouls est déve-
loppé, tendu, si Burtoul il y a fi^v^e rhumalUmatc. Mais aussitôt le dL'cHn, si les engorgements persistent, si l'hj-darthrose n'a pas disparu, c'est encore sur les vi^sicaloires (]u'il faut le plos compter. Les frictions mercurielles, l'iodure de potassium, et tous les moyens employés contre les maladies des articulaton» qui peuvent succéder doivent t-tre employés ici, sans que ce soit l'antécédent blennorrhngique qui en constitue la principale indication. Qunntaux antiblçnnorrhagiques proprement dits, copahu, cnWbe, etc., ils n'ont aucune influence surl'arthropathie, si ce n'est qu'en arrêtant fécoulement, ils enlèvent ainsi une cause de récidive,
QUATRICMB PARTIE.