CHAPITRE PREMIER
La connaissance du système absorbant, au point ou elle est portée maintenant, jette une vive clarté sur plusieurs effets des poisons morbides, et permet de comprendre plusieurs symptô*mes de la maladie vénérienne, notamment la formation des bubons. Avant cette connaissance, les auteurs étaient bien embarrassés pour donner une explication vraie et conséquente de plusieurs des symptômes de la maladie qui nous occupe. La découverte de cette vérité, savoir, que les lymphatiques constituent un système de vaisseaux absorbants, a jeté plus de lumière sur un grand nombre de maladies que la découverte de la circulation du sang : dans beaucoup de cas, cette notion conduit directement à la cause de la maladie.
Le bubon , qui est la conséquence immédiate des maladies locales appelées goiiorrhée et chancre^ et la syphilis constitua iiormelle (lues venerea]^ qui en est la conséquence éloignée, sont le résultat de l'absorption du pus vénérien récent sur une surfoce avec laquelle il a été mis en contact ou sur laquelle il s'est fonné. Bien qu'on n'ait pu se refoser, en général, à accorder ce foit depuis que la maladie qui nous occupe et l'absorption sont connues, cependant on ne pouvait donner la véritable théorie de la formation du bubon avant de savoir que les vaisseaux lymphatiques sont les seuls absorbants. D'après l'ancienne doctrine qui considérait les veines comme chargées de la fonction d'absorber, il était facile de se rendre compte de la
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syphilis constitutioonelle ; en effet, cette maladie pouvait être produite aussi bien par l'absorption des veines, si elles étaient douées réellementdecettefaculté, que par celledes lymphatiques. Mais la difficulté était de dire comment se forment tes bubons dans cette hypothèse. Les pathologistes étaient embarrassés pour expliquer ce phénomène morbide, et cependant ils s'expri* maient quelquefois comme s'ils en avaient une idée, bien qu'ik ne pussent avoir des notions bien claires de ce qu'ils avançaient : ils ne pouvaient démontrer leurs assertions par la connaissance anatomique et physiologique des parties.
Quelques médecins ont attribué tes bubons à la suppreâsion de la gonorrhée, ou, suivant leur expression, à sa rétrocession vers les glandes de l'aine ; et en cela ils se sont montrés conséquents avec les idées qu'ils se faisaient de la cause de l'engorgement sympathique du testicule. Mais cette maoiëre de voir n'est pas exacte, car nous ne connaissons rien qui ressemble à une force répulsive de cette nature ; et si l'on pouvait répercuter la gonorrhée sur les glandes de l'aine, ce ne serait point en faisant cesser la formation du pus, mais en augmentant l'absorption, phénomène physiologique qu'ils ne connaissaient point.
Si l'on examine les opinions que les auteurs ont émises sur la formation des bubons avant qu'on sût que l'absorption appartient aux lymphatiques, on voit qu'ils se sont servis d'expressions qu'ils ne pouvaient pas comprendre. Par exemple, Heister dit qu'il y en a deux espèces : lune vénérienne^ Vautre qui Tie i est point; mais il ne dit point que le bubon vénérien ne provient que d'un coït impur.
Astruc dit, page 326 , que parmi les bubons, il en est qui naissent immédiatement d'un coït impur, et il les appelle et~ tentieh ; d'autres qui proviennent de la suppression d'une gonorrhée, ou d'un écoulement trop peu abondant, ou de chancres situés sur la verge, et il les nomme sympiomaliquea ; d'autres enfin, selon lui, se forment spontanément sans avoir été précédés immédiatement par le coït, et ils sont un signe pathognomonique d'une syphilis latente. A la page 327, il démontre que cette dernière espèce ne peut déri\er de ce que nous appelons maintenant une syphilis constitutionnelle. Mais à la page 328,
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il explique ce qu'il entend par une syphilis latente : c est une affection locale qu'il suppose produite par une syphilis constitutionnelle ; mais cela n'est probablement jamais arrivé ; et loni même qu'une affection locale de cette nature pourrait provenir d'une telle cause, Tabsorption du pus produit par elle ne saurait produire un bubon vénérien, ainsi que je le démontrerai. En un mot, comme il ne connaissait pas le véritable système absorbant, ses idées sont maintenant inintelligibles (1).
Cowper, Drake et Boerhaave, aussi bien qu'Astruc, parlent de la lymphe viciée qui ne peut franchir les glandes et qui, par conséquent, les enflamme. Ils parlent aussi de la lymphe épaissie qui arrive aux glandes par l'intermédiaire de la circu* lation sanguine, c'est-à-dire de la constitution à ces glandeSi opinion qui a encore aujourd'hui des partisans , ou par une voie plus courte , savoir , les vaisseaux lymphatiques qui sa rendent aux glandes de l'aine. Ils parlent encore de la tuméfao* tion des glandes de l'aine, ou des bubons vénériens, qui sont l'effet de la communication de la contagion par les lymphatiques absorbants. Drake est même plus explicite ; et si l'on n'examinait pas son texte plus loin, on croirait presque qu'il connaissait les fonctions des vaisseaux lymphatiques ; mais c'est une chose qu'on ne peut lui accorder, car lorsqu'il traite de ces vaisseaux d'une manière spéciale , il ne reproduit point cette idée. Voici ses paroles : <« Il est très probable que le bubon vénérien est produit par une certaine quantité du pus contagieux de la gonorrhée, qui est pompé par les lymphatiques de la verge, et, de là, porté aux glandes inguinales, dans l'intérieur desquelles ces vaisseaux versent leur contenu. Il résulte de là qu'il faut ouvrir ces tumeurs le plus tôt possible, avant que les vaisseaux efférents de ces glandes emportent le poison dans le sang, ce qui peut arriver très probablement lorsqu'elles proviennent immédiatement de la suppression d'une gononrhée de même que la hernie humorale. Mais lorsque ces tumeurs se forment plusieurs mois après la cessation de la gonorrhée, on doit supposer que le poison, comme tous les autres poisons qui
été publiée
eemèlent au sang', est repoussé par les forces de la nsture, et déposé dans ces émonctoirea au moyen des lymphatiques des vaisseaux sanguins eux-mêmes, ou par l'intermédiaire des tubes nerveux, ainsi que Warlhon l'a supposé. ••
On voit que Drake compare la formation du bubon à celle de la hernie humorale, ce qui montre clairement qu'il ne comprenait ni l'une ni l'autre de ces deux maladies.
On ne trouve même pas en 1748 une idée noavellc sur ce mjet. Freke dit : ■■ Le poison, obstruant les orifices des glandes de l'ur&tre, est porté de là aux glandes inguinales par les canaux qui conduisent à ces glandt-a. »
Dès l'année 1754, huit ans après que le D' William Himter eut enseigné publiquement que les vaisseaux lymphatiques constituent un système de vaisseaux absorbants, Gntaker publia sur cette maladie un traité où l'on ne trouve rien d« plus neuf que dans tous les autres.
Si nous arrivons jusqu'à Tannée 1770, nous voyons dans un abrégé de l'ouvrage d'Astruc, par Chapmnn (2* Mition), où ce dernier a consigné ses connatssnnces et ses propres idées, que lu faeiiltt) absorbante des lymphatiques est mise en avant comme cause de la formation des bubons. Mais à cette époque, la doctrine qui admet que l'appareil lymphatique est un appareil d'absorption était généralement répandue en Angleterre.
La théorie de l'absorption élant parfaitement comprise à présent, je n'ai qu'à expliquer les différents modes suivant lesquels elle peut s'accomplir.
Le pus vénérien est pris par les absorbants de la partie sur laquelle il est placé; et, bien que l'absorption du pus et les effets de cette absorption soient les mêmes , que le pus provienne de la gonorrhée ou du chancre , cependant j'admettrai trois espèces d'absorption, d'après les trois surfaces différente» sur lesquelles le pus peut ètri: absorbé, et je commencerai par la moins fréquente.
La première espèce d'absorption et la plus simple est celle dans laquelle le pus de la gonorrhée ou du chancre a élé simplement appliqué sur une surface saine, el a été absorbé immédiatement sans avoir produit aucun effet local. J'en ai vu des exemples chez des hommes; et c'est seulement à ceux qui sont
recueilliB chez des sujets de ce sexe qu'on peut accorder quelque confiance, car il est impossible» dans beaucoup de cas, de décider si une femme est ou n'est pas atteinte de gononrhëe. Toutefois, je crois pouvoir affirmer que j'ai observé des cas de cette nature chez des femmes ; au moins y avait-il toute raison de croire que les malades en question n'avaient eu préalablement ni chancre, ni gonorrhée, car elles n'en avaient présenté anoune trace visible, et n'avaient rien communiqué aux hommes qui avaient eu commerce avec elles.
Il faut avouer que ce mode d^absorption est très rare. Si les parties étaient explorées avec beaucoup de soin, si les malades étaient minutieusement interrogés , il est probable qu'on découvrirait souvent qu'un petit chancre est la cause de l'infection; c'est ce que j'ai vu plus d'une fois. En effet, quand on considère combien l'absorption est rare dans la gonorrhée, ou h» mode d'absorption est le même, on a peine à admettre que l'infection puisse être le résultat du simple contact du pus vénérien, lorsque l'application de ce pus a une si courte durée» On pourrait supposer, il est vrai, que la répétition du contact tient lieu de sa durée ; mais on ne peut admettre une telle opi-* nîon, car cette même répétition exposerait au développement d'une affection locale. On doit donc apporter une attention toute particulière à toutes les circonstances qui se rattachent aux cas de cette espèce.
Quoi qu'il en soit, il n'existe point de raison décisive pour qa'un pareil mode d'infection soit impossible, et cette considération diminue le degré de confiance que l'on doit accorder à rhypothèse d'après laquelle la maladie vénérienne pourrait exister pendant plusieurs années dans la constitution avant de Be manifester. En effet, toutes les fois que cette maladie se présente sous forme de syphilis constitutionnelle, on rapporte toujours sa date à l'époque de la dernière affection locale, chanère ou gonorrhée, et l'on ne tient jamais aucun compte des dernières relations sexuelles.
Le second mode d'absorption du pus vénérien est plus fréquent que le premier. Il a lieu lorsque le contact de ce pus a produit une gonorrhée, et il peut s'opérer pendant la durée de la maladie, soit que celle-ci soit soumise à un traitement, soit
qu'on ne lui en oppose aucun. Une partie du pus sécri^té par les surfaces enflammées, ayant été absorbée et portée dans te torrent circulatoire, produit tes mêmes affections que dans le cas précédent; de sorte que le malade se donne lui-même fa syphilis constittitionnelle.
Le troisi^e mode d'absorption est celui où le pus est absorbé à la surface d'un ulcère, qui peut être un chancre ou un bubon. Ce mode est le plus fréquent de beaucoup, et cette circonstance, jointe à plusieurs autres, tend à démontrer que la surface la plus favorable pour l'absorption est celle d'une plaie ou d'un ulc&re. Je n'ai pas été à même de déterminer si les ulcères jouissent d'une faculté égale d'absorption dans toutes les parties du corps ; mais je soupçonne que les ulcères situés sur le gland ne présentent pas une surface aussi favorable à l'absorption que ceux du prépuce, car, bien que j'aie vu des bubons et la syphilis constitutionnelle se manifester consécutivement aux premiers, cependant j'ai observé ce résultat plus souvent après les autres.
A ces trois modes d'absorption on peut en ajouter un quatrième, l'absorption du pus vinérien déposé dans une plaie; c'est peut'être, ainsi que je l'ai déjà fait remarqua, celai qui est le moins fréquent de tous.
Le poison vénérien , ayant la faculté d'infecter toutes les parties du corps avec lesquelles il vient en contact, peut attaquer le système absorbant et y produire des maladies vénériennes locales. Je n'ai pas besoin de dire que ce qu'on appelle maintenant communément un bubon est une tuméfaction qui a pour siège le système absorbant, principalement les glandes , et qui est l'effet de l'absorption d'un poison morbide ou de quelque autre matière irritante. Lorsque ces tuméfactions se développent dans l'une, on les appelle des bubons, qu'elles dépendent ou non de l'absorption, et te plus souvent on les considère comme vénériennes, lors même qu'il n'y a eu antérieurement aucune cause syphilitique appréciable. Cette opinion est tellement générale, que toutes les tumeurs situées dans cette région sont suspectées d'être de cette nature. On a pris pour des bubons vénériens des hernies crurales et des anévrisnies de l'artère fémocale.
J'appelle bubon tont abcès formé dans le système absorbant, soit dans les vaisseaux, soit dans les glandes, et qui est la conséquence de Tabsorption du pus vénérien.
Lorsque ce pus a été absorbé sur l'une des quatre surfaces indiquées , savoir , la surface commune , celle d*une plaie , une surface enflammée, ou celle d*un ulcère , il est porté dans la circulation commune par les vaisseaux absorbants, et dans son passage à travers ces vaisseaux il y fait naître souvent Tin* flammation spécifique , qui a pour conséquence la formation de bubons, véritables abcès vénériens, exactement semblables au chancre dans leur nature et dans leurs effets , et n'en différant que par la grandeur. Les vaisseaux absorbants et leurs glandes étant irrités immédiatement par le pus spécifique, qui n*a subi aucun changement dans son trajet, l'inflammation consécutive doit avoir la même qualité spécifique, et le pus sécrété par ces organes doit être vénérien (1).
Le système absorbant pouvant se diviser en deux parties, dont la première comprend les vaisseaux eux-mêmes , et la seconde leurs ramifications et circonvolutions appelées glandes lymphatiques , je suivrai la même division en traitant de ses inflammations.
L' inflammation des vaisseaux absorbants est beaucoup moins fréquente que celle des glandes. Chez l'homme, ces inflammations, quand elles sont consécutives à des chancres situés sur le gland ou sur le prépuce, se manifestent en général par un cordon qui se dirige le long de la face dorsale de la verge, à partir du point où les chancres ont leur siège. Quelquefois ces cordons naissent de l'épaississement du prépuce dans la gonorrhée , et alors la surface interne de ce repli est ordinairement excoriée, ainsi que j*ai eu occasion de le dire en traitant de cette forme de la maladie vénérienne. Souvent ces cordons se terminent insensiblement sur la verge, près de sa racine ou près du pubis.
(4| Je ne sais jusqu'à quel point ce raisoDDement peut s'appliquer à tous les cas où des poisons sont introduits dans réconomie. £n effet, je suis très porté à croire que le buboo qui se forme quelquefois consécutivement à rinoculation de la variole ne produit point un pus variolique. Les poisons naturels, quand ils produisent des bubons, n'entraînent point la formation d'un poison semblable à eux. J. HuiiTia.
#10 nu- B»M>H.
D'autres fois, ils s étendent plas loin, et se rendent jnsqu'i nii^ glande Uinphatique de l'aine. Ils peuvent être facilement saisis enUe le doigt et le pouce, et déterminent souvent dans le prépuce un épaississe ment qui lui ôte tellement sa souplesse , que le renversement en est difficile , sinon impossible , et qu'il en résulte une espace de phimosis.
Je croi3 avoir vu cette disposition morbide consécutivement à 1(1 gonorrhée, lorsque celle-ci s'accompagne de l' inflammation et de la tuméfaction du prépuce, aussi fréquemment qu'à la suite des chancres. Si mon observation est exacte , il n'est pas facile de s'en rendre compte. J'ai fait observer que l'absorption se fait plus facilement à la surface des ulcères que sur des surfaces enflammées ; ou au moins , que la formation d'un bubon dans une glande et ses effets sur la constitution sont plus communs à la suite dun ulcère. Mais il est à remarquer que la face interne du prépuce, d'où ce cordon paraît tirer son origine, est dans un état d'excoriation. Il est possible que l'inâammation en question provienne de la sympathie des vaisseaux lymphatiques avec l'uri'tre entiammé ; mais je crois que l'affection est véritablement vénérienne. Il est encore possible que la l^mpbe coagulable qui a été sécrétée sous l'inâuencede l'inflammation vénérienne et qui est la cause de la tuméfaction, étant absorbée, ait la faculté de communiquer l'infection , comme cela a lien dans le cancer.
L'épaississement, ou la formation de ce cordon dur, est causé piobablement par l'épaississement des parois des vaisseaux absorbants , ainsi que par l' extra vasation de la lymphe coagulable qui est sécrétée sur leur surface interne, comme dans les veines enflammées.
Ce cordon s'enflamme souvent jusqu'à suppurer, et quelquefois cette suppuration s'établit en plusieurs points , d'où 3 résulte un, deux, ou trois bubons ou petits abcès sur le corps de la verge. Tandis que ce travail s'effectue, on observe en quelques points du cordon une induration circonscrite ; ensuite la suppuration s'établit dans le centre de chaque point induré ; la peau s'enflamme ; le pus se rapproche de cette dernière , et l'abcès s'ouvre comme tout autre abcès.
J' si vu ces bubonsDu petits abcès fomierune espèce de ciiaÎM
sur là face supérieure de la verge , dans toute la longueur de cet organe.
On peut établir une comparaison très exacte entre cette af« fection morbide et l'inflammation suivie de suppuration d*une veine qui a été lésée et mise à découvert.
Uinjlammation des glandes est beaucoup plus fréquente que rinflammation des vaisseaux. Elle a pour cause le transport du pus vénérien jusqu'aux glandes lymphatiques , dont la texture ne parcutêtre rien autre chose que des ramifications agglo* mérées des vaisseaux absorbants , agglomération qui constitue le corps de chaque glande.
En raison de cette structure, il est permis de supposer que le liquide absorbé est retenu pendant un temps plus ou moins long dans ces corps , et que par conséquent il se trouve dans de meilleures conditions pour leur communiquer la maladie que dans la cavité des vaisseaux libres , où son trajet est probablement plus rapide. On peut s'expliquer ainsi pourquoi les glandes sont plus souvent infectées que les vaisseaux.
Les mêmes glandes sont sujettes à se tuméfier dans d'autres maladies, et ces dernières tuméfactions doivent être distinguées avec soin de celles qui dépendent du poison vénérien. Il faut 8*informer avant tout de la cause, rechercher s'il n'existe point une maladie vénérienne dans quelque point plus distant da cœur, comme des chancres sur la verge, ou s'il n'y a point ea antérieurement quelque maladie de ce dernier organe. Il faut s'informer si des frictions mercurielles n'ont point été pratiquées sur la jambe ou sur la cuisse du même côté, car on voit quelquefois le mercure appliqué sur ces parties pour la guérisoil d'un chancre, déterminer dans les glandes de l'aine une tuméfaction à laquelle on a supposé une nature vénérienne. En outre, il faut s'enquérir s'il n'y a point eu quelque maladie an* técédente dans la constitution, comme un rhume, une fièvre, etc.; on doit aussi accorder beaucoup d'attention à la marche plus ou moins rapide de la tumeur, et la distinguer avec soin d'ime hernie, d'un abcès par congestion, ou d'un anévrisme de l'ar^ tère crurale.
Peut-être les glandes lymphatiques sont^elles plus irritaUse on plus susceptibles de stimulus que les vaisseaux absorbants.
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Elles 9onl certainement plus snsceptïbles de sjmpalliie Toutefois nous ne connaissons pas encore assez les usages de ces glandes pour pouvoir nous rendre compte de cette différence d'une manière satisfaisante,
Il paraîtrait dans quelques cas que ce n'est qu'un certain temps après l'absorption du pus vénérien que ses effets sur les glandes se manifestent- Quelquefois îl s'écoule au moins six jours; c'est une chose qu'on ne poul savoir que lorsque les chancres se trouvent guéris six jours avant que le bubon paraisse : or, dans les cas de cette espèce, il est plus que probable que le pus a été absorbé beaucoup plus longtemps auparavant, car sans doute le pus qui est sécrété le dernier par un chancre n'est pas vénérien. Et d'ailleurs, il est naturel de supposer que le poison peut mettre autant de temps à déterminer une aclion dans les parties qu'il affecte, lorsqu'il est appliqué par voie d'absorption, que lorsqu'il est déposé dans l'urètreou lorsqu'il forme un chancre à la surface extérieure du corps : or, j'ai déjà fait remarquer que , dans ces derniers cas , son action ne se manifeste quelquefois qu'au bout de six ou sept semaines.
Les glandes les plus rapprochées du siège de l'absorption Bont ordinairement les seules qui soient affectées : telles sont celles de l'aine chez l'homme, quand le pus a été absorbé sur la verge ; et chez la femme, celles de l'aine, et celles qui sont situées entre les grandes lèvres et la cuisse et autour des ligaments ronds, lorsqu'il provient de la vulve. Le plus ordinairement il n'y a qu'une glande qui soit affectée à la fois par l'absorption du pus vénérien; et, si je ne me trompe sur ce point d'observation, on peut trouver dans cette circonstance un signe distinctif entre les bubons vénériens et les autres maladies de ces organes. On ne voit jamais s'affecter les vaisseaux lymphatiques ou les glandes qui sont en seconde ligne, par exemple, les glandes qui sont situées le long des vaisseaux iliaques et dans la région lombaire. De même, j'ai remarqué que lorsque la maladie a été contractée par une plaie on par une coupure située sur le doigt, le bubon se forme un peu audeasua du pli du bras, à la partie interne du muscle biceps ; et dans tous les cas de cette espèce où un bubon s'est développé
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dans le point que je viens d'indiquer, il ne s'en forme pas dans r aisselle, bien que les glandes situées dans cette région soient eelles qui sont le plus ordinairement affectées par l'absorption. Mais cette remarque ne s'applique pas à tous les cas sans exception, quoiqu'elle soit vraie pour le plus grand nombre ; car je tiens d'un homme qui avait contracté la maladie par une plaie du doigt, qu'il fut affecté de bubons à la fois à la partie interne du muscle biceps et dans l'aisselle. J'ai eu connaissance depuis d'un autre cas semblable. 11 n'est pas facile d'expliquer pourquoi cela n'est pas plus commun.
On pourrait supposer que la matière vénérienne est affaiblie ou très étendue par son mélange avec les liquides absorbés dans les autres parties du corps, pendant qu'elle est charriée dans les ramifications du système absorbant les plus voisines, et que, par suite, elle n'a plus assez de force pour infecter celleB qui sont au delà de ces premières. Mais il est très probable que la particularité qui vient d'être signalée est due à d'autres causes. J'avais supposé que la nature du poison était modifiée dans son trajet à travers les premières glandes, et qu'on pouvait expliquer ainsi pourquoi il n'infectait pas une seconde et une troisième série de glandes, et aussi pourquoi il n'affecte pas la constitution de la même manière que les parties avec lesquelles il s'est trouvé primitivement en contact. Mais cette hypothèse n'explique point pourquoi les glandes qui font suite aux bubons en suppuration ne sont point affectées par l'absorption du pus vénérien. Je crois que c'est la situation profonde des autres glandes qui les empêche de devenir le siège de l'ir* ritation vénérienne, et cette, opinion est fortifiée par ce fait, que lorsqu'une des glandes superficielles suppure et forme un bubon, qui n'est rien autre chose qu'un vaste chancre, l'absorption qui s'exerce sur le pus de ce bubon et qui doit être considérid)le, n'infecte point les vaisseaux lymphatiques et les glandes qui font suite à la glande malade, bien que la matière vénérienne les traverse directement.
Si cette doctrine est exacte, il faut attribuer à la peau la susceptibilité des absorbants à recevoir l'irritation vénérienne* Soit que la peau ait cette faculté inhérente en elle-même, soit qu'elle l'acquière par quelque influence, comme celle de l'air,
JS14 t>r arsov.
du froid, uu de la sensation du toucher, il per^ qae le pua vAnérieii n'a pas par lui-même la propriété d'irriter, et que pour que san effet plein et entier eoit produit, la double action de la nature du poison et de l'influence de la peau est nécessaire. Cette deniière influence doit agirpar sympathie, etparconaiJqueiit moins énergiquement que si l'action morbide s'accomplissait dans In peau elle-même. Telle est peut-être la raison pour laquelle Id pus vénérien n'affecte pas loiijourâ les vais- •eaux et les glandes en question, tandis qu'il ofl'ecte toujours la peau iiirsqu'il est introduit dans son tissu.
Chez l'homme, les bubons qui proviennent d'une maladie v:nérienne de la verge sont situés dans les glandes absorbantes de l'aine. Lorsque c est une gonorrbée qui produit le bubon , une des régions inguinales n'est pas plus que l'autre à l'abri du mal. Elles peuvent être affectées toutes les deux. Mais lorsque U bubon est la conséquence d'un chancre , on peut en général déterminer le siège du bubon par celui du chancre ; car le bubon Wt ordinairement situé dans l'aine qui correspond au côté de la verge occupé par l'ulcère vénérien. Toutefois cette r^gle n'est pas sans exception ; car j'ai vu des cas, bien peu nombreux, il est vrai , où un chancre situé sur un côté du prépuce ou de la verge avait donné naissance à un bubon dans l'aine du côté opposé.Si alors le bubon provenait bien réellement de cechancre, ce phénomène morbide prouve que les vaisseaux absorbants s'anastomosent ou au moins s'entrecroisent. Si le chancre est situé sur le frein ou sur la ligne médiane de la verge, il est impossible de dire quelle sera l'aine affectée.
Lasituationdesglandesdel'ainen'est pas toujours la même, et le trajet des vaisseaux absorbants varie en conséquence. J'ai vu un bubon vénérien qui provenait d'un chancre de la vergv, occuper sur la cuisse une situation très éloignée du pli de l'aine. J'en ai vu au coutraiiaqui étaient situés sur la partie inférieure de l'abdomen, au-dessus du ligament de Poupart, et même quelquefois auprès du pubis. Ces variétés de situation peuvent amemr quelques différences dans les moyens curnlifs; c'e-t pourquoi il l'st néL-cssaire d'y faire attcntimi.
Comme la maladie vénérienne est le plus souvent le résultat du coit, le siège des bubons est ordinairement la région ingui-
nsde. Mais aucune partie du corps, pourvu qu'elU loit mise dam certaiDes conditionSi n'étant a Tabri de cette maladie , on Yoft| parmi les glandes superficielles qui sont situées entre le point ou se fait l'absorption et le cœur , celles qui sont le plus rapprochées du siège primitif du mal s'affecter dans toutes les parties du corps comme celles de laine , et cela d'autant (dus facilement qu'elles sont moins profondes.