‹ Traité de la maladie vénérienneChapitre 62 sur 84 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

DE LINFLAMBAATION DBS GANGUONS LTBIPHATIQUBS QUI CONSTITUB LB8 BUBONS véNéRIENS , ET DES SIGNES QUI DISTINGUENT CEUX-CI DBS AUTRES TUMEFACTIONS GLANDULAIRES.

Le bubon débute ordinairement par une sensation de douleur qui porte le malade à examiner le siège du mal, où il reconnaît la présence d'une petite tumeur dure (1). Cette tumeur s'accroit comme toute tumeur inflammatoire qui a de la tendance à suppurer ; et si Ton ne s'oppose à ses progrès, elle arrive à la période de suppuration et à celle d'ulcération, et le pus 8*approcbe rapidement de la peau.

Il existe cependant des cas où les bubons sont lents dans leur marche ; je suppose qu'alors le travail inflammatoire est entravé par l'usage du mercure ou par d'autres moyens, ou qu'il est retardé par une tendance scrofuleuse ; car lorsque les parties sont douées d'une telle disposition, la véritable action vénérienne ne s'y établit pas aussi facilement.

D'abord l'inflammation est limitée à la glande, qui est mobile dans le tissu cellulaire ; mais à mesure que celle-ci augmente de volume, ou à mesure que l'inflammation et plus spécialement la suppuration font des progrès, ce qui dans tous les cas produit plutôt des phénomènes morbides ordinaires que des effets spécifiques , la distance spécifique est dépassée ; le tissu cellulaire environnant s'enflamme davantage et la tumeur devient plus djfluse. Quelques bubons deviennent érysipélateux, et alors

(4 ) Il est à remarquer que toutes les perscoDes qui ont one gonorrhée 00 un chancre sont tounnentées de la crainte de voir survenir un bubon ; et comme dans la gonorrhée, et quelquefois dans les cas de chancres, des sensations sympathiques sont perçues dans Taine ou dans le voisinage de cette région, le malade les attribue à des bubons commençants, et il y porte la main immédiatement. Si alors ses doigts rencontrent one des glandes de Taine, bien qu'elle ne soit pas tuméfiée le moins du monde, ses soupçons se trouvent confirmés, à cause de la eroytoce où il est qœ dans l'état naturel on ne doit point trouver de corps de cette espèce. J. HuHTsa.

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ils se montrent plus diffus , œdémateux , et ils ne marchent pas facilement vers la suppuration, circonstance qui accompagne souvent l'inflammation érysipélaleuse.

Le premier pas dana le traitement des maladies, c'est de s'assurer quelle en est la nature ; et quand deux ou plu»ears causes produisent des effets semblables, il faut beaucoup d'attention pour distinguer un effet d'un autre, de marnËrc à pouvoir remonter à la véritable cause de chacun.

Les glandes de l'aine, à raison de leur situation, sont sujettes & être suspectées ; outre qu'elles sont susceptibles pour leur part d'être atteintes des maladies continunes, elles sont encore exposées à en contracter d'autres, à cause du passage qu'elles livrent dans leur intérieur à tout ce qui est absorbé. Comme c'est principalement à travers leur substance que le poison vénérien se fraye une route pour pénétrer dans la constitution, et qu'elles sont, plus souvent que touttrs les autres, affectées par cette cause morbide, elles tient fréquemment soupçonnées sans fondement d'être atteintes de la maladie vénérienne.

11 peut être très difficile de distinguer avec certitude le véri* table bubon vÛDénen des tuniéiaclîoiis des mêmes glandes qui reconnai^isent d'autres causes. Il faut donc examiner toutes les circonstances, ahri de déterminer en quoi le bubon diffère des affections communes des glandes lymphatiques, soit à la ré' gion inguinale, soit ailleurs, et dans cet examen les causes apparentes ne doivent point être négligées. J'ai déjà donné en termes généraux les caractères du bubon vénérien ; mais je vais être maintenant plus précis, en opposant les deux affections l'une à l'autre.

Le véritable bubon vénérien , qui est la conséquence d'un chancre, est le plus ordinairement limité à une seule glande. Il garde à peu près la distance spécifique jusqu'à ce que la suppuration se soit établie, et alors il devient plus diffus (1). Il passe avec rapidité de la période inflammatoire à celle de sup-

(t) Il e&l à remarquer ici que les glandes el les partiu eavironnantes sont des parties dissimilaires, el que l'InOamniaiioD, pour oeita raison, ne devient pas bug^ facilemeul diffuse que quand elle prenë naissance dans un lissu commun. J. Uvatiu.

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puration et d'ulcération. La suppuration est ordinairement très abondante eu égard au volume de la glande, et elle ne forme qu'un seul abcès. La douleur est très aiguë. La peau, quand l'inflammation l'envahit, présente une couleur rouge vermeille.

Les bubons qui se forment consécutivement au premier mode d'absorption, c'est-à-dire quand il ne s'est manifesté aucune maladie locale, sont toujours enveloppés d'une plus grande obscurité relativement à leur nature, que ceux qui sont acoom* pagnes ou précédés par une maladie de la verge, car il ne sof» fit pas d'une simple inflammation avec suppuration de ces glandes pour qu'on puisse les considérer comme atteintes de la maladie vénérienne. Cette afllection se présentant toujours à l'esprit quand les glandes de l'aine sont le siège d'une maladie, il n'est guère à craindre qu'un malade ne soit point so>a« mis à un traitement approprié , dans le cas où sa maladie est vénérienne ; mais je crains bien qu'un bon nombre de malades n'aient subi un traitement mercuriel dans des cas où il n'y avait aucune raison pour y avoir recours.

Il peut être difficile de trouver une différence spécifique dans les deux maladies, considérées en elles-mêmes ; toutefois je pense que les bubons qui naissent sans aucune cause visible sont de deux espèces.

Ceux de la première espèce sont semblables à ceux qui ont pour cause des chancres ou une gonorrhée ; c'est-à-dire qu*il8 s'enflamment et suppurent vivement. Ceux-là, je les ai ton* jours considérés comme vénériens, et bien qu'il n'y ait aucune preuve qu'ils le soient, ces circonstances le font présumer fortement.

Ceux de la seconde espèce sont ordinairement précédés et accompagnés d'une fièvre légère ou des symptômes ordinaires d un rhume, et ils sont généralement indolents et d'une marche lente. S'ils marchent plus rapidement qu'à l'ordinaire, ils de* viennent plus diffus que les bubons vénériens et peuvent n'être pas limités à une seule glande. Quand leurs progrès sont très lents, ils ne produisent que peu de sensation ; mais quand leur marche est plus rapide, la sensation qu'ils font percevoir est assez aiguë, bien qu'elle ne soit point aussi vive que dans les cas de bubons vénériens. Le plus ordinairement ils ne sup-

purent [H)mt,mm9Souventils deviennent stntionnHircs. Quand lia suppurent, lasuppurstion s'y établît lentement, et souvent dans plusieurs glandes, parce que l'intlanimation, qui ordinairement est peu considérable en proportion du gonflement, est plus diffuse. Le pus s'approche lentement de la peau, sans produire beaucoup de douleur, et la coloration de ta tumeur difTêre de celle du bubon vénérien en ce qu'elle tire davantage sur le pourpre. Quelquefois les suppurations sont considérables, mais non douloureuses.

Voyons maintenant quelles sont les autres causes qui peuvent déterminer la tuméfaction des glandes lymphatiques, indépendamment de l'infection vénérienne, à laquelle j'ai rattaché un des modes de tuméfaction; car il doit y avoir d'autres causes pour expliquer les autres modes de gonflement.

La première chose à laquelle on doive faire attention, c'est de savoir s'il existe ou non une maladie vénérienne. S'il n'en existe point, c'est une forte présomption pour que le bubon ne soit point vénérien, et pour qu'il dérive de quelque cause inconnue. Si la tumeur occupe une seule glande, si elle est lente dans sa marche et qu'elle ne cause que peu ou point de douleur, il est probable qu'elle est simplement scrofuleuse. Mais si la tuméfaction est considérable, dilTuse, et accompagnée d'un peu d'inflammation et de douleur, il est très probable qu'il existe simultanément une action morbide constitutionnelle qui consiste dans une aff'eclion fébrile peu prononcée, dont les symptômes sont de la lassitude, la perte de l'appétit, le défaut de sommeil, un pouls petit et fréquent, et l'apparence d'une fièvre hectique imminente. Ces tumeurs sont lentes dans leur guérison, et ne paraissent pas être affectées par le mercure, lors même qu'on l'emploie de tri'8 bonne heure.

Un homme avait tous les symptômes d'une fièvre légère : pouls un peu fréquent et dur; défaut d'appétit et par suite amaigrissement; apathie, visage abattu. Tandis qu'il était dans cet état, les glandes de l'aine d'un côté se tuméfièrent. Il m'envoya chercher aussitôt, pensant que cette tuméfaction était vénérienne. D'après le récit qu'on me fit des circonstances antécédentes, j'affirmai qu'il n'y avait rien de vénérien dans cette affectidn; mais le malade n'ajouta pasbeaucoupdefoiàcejuge-

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ment. Les tumeurs n'étaient pas très douloureuses, et, après avoir acquis un volume considérable , elles restèrent stationnaires. Pour satisfaire le malade, je lui fis faire des frictions mercurielles, mais seulement sur la jambe et sur la cuisse du coté malade, de manière que tout en produisant un effet local suffisant, le mercure pénétrât dans la constitution en aussi pe» tite quantité que possible ; mais ces frictions ne parurent pas produire d'effet avantageux sur les tumeurs de Taine, qui restèrent stationnaires et presque sans douleur. Les amis du malade s'inquiétèrent et lui envoyèrent leurs chirurgiens, qui, sans savoir que j'étais son médecin, et par conséquent sans connaitre mon opinion, considérèrent la maladie comme vénérienne et parlèrent d'administrer le mercure. Quant au traite* ment à suivre, je fus d'avis que le malade devait aller prendre des bains de mer. Accordant par voie de concession qu'il y avait autant de raisons de croire à l'existence qu'à la non-existence d'une maladie vénérienne , je raisonnai de la manière suivante : L'altération actuelle de la santé ne pouvait pas être attribuée à une cause de nature vénérienne, car elle était antérieure à la tuméfaction de l'aine ; de sorte qu'en admettant que la tumeur fût vénérienne, le malade n'était point alors dans des conditions convenables pour faire usage du mercure, car la quantité de ce médicament nécessaire pour amener la guérison de la tumeur, pouvait causer la mort du malade ; et si cette tumeur n'était point vénérienne, on était exposé a administrer encore plus de mercure qu'on ne l'eût fait dans le cas contraire, parce que le chirurgien, voyant que la tuméfaction ne cédait point, aurait été porté naturellement à augmenter la dose du mercure; outre cette circonstance fâcheuse, la maladie de l'aine pouvait être rendue plus difficile à guérir. Au contraire, le malade en allant prendre les bains de mer devait rétablir sa constitution ; et si la maladie de l'aine était de nature vénérienne, il se trouverait dans de bonnes conditions pour subir un traitement mercuriel, et pourrait ainsi par ces deux modes de traitement être débarrassé des deux maladies ; tandis que si mon opinion, qu'il n'y avait rien de vénérien dans ce cas, était exacte, les bains de mer suffiraient probablement pour rétablir entièrement le malade. Ces arguments produisirent l'effet que

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La prem^' de savoir ^pçonné longtemps qu'il existait des caa mixtes, M existe p^^i j'en ai la certitude. J'ai vu des cas où le pusvénésoit po'/^^e un rhume ou une fièvre, s'est borné à exciter une connr A^ jjans les glandes et y a déterminé la manifestatioB ^^ jiâffection scrofuleuse à laquelle elles étaient prédisposées. *' '^ns les cas de cette espèco, les tuméfactions se forment

j/nairement d'une manière lente, ne produisent que peu de ^ieur, et paraissent être un peu hâtées dans leurs progris li jaa administre le mercure pour détruire la disposition Téné« lîenne. Quelques unes passent à la suppuration tandis qn'ella iont sous l'iniluence de ce moyen résolutif; d'autres, qui probablement étaient de nature vénérienne d'abord, deviennent tellement indolentes que le mercure n'a aucune influence sur •lies, et finissent par se guérir d'elles-mêmes ou par d'autifS moyens thérapeutiques, et c'est là, je crois, ce qui a fait penser à quelques médecins que les bubons ne sont jamais véné* riens. Ces cas exigent une grande attention, car ii est diffieile de les déterminer avec précision, et je pense que, la plupart du temps, ils exigent un jugement tellement parfait, que l'on doit être exposé à commettre souvent des erreurs.

Les bubons sont indubitablement une maladie localoi ainii que je l'ai expliqué.

II n'est pas facile de décider jusqu'à quel point on peut oon- |

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