‹ Traité de la maladie vénérienneChapitre 64 sur 84 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

COMSIDÉBATIONS OÉNÉRALES SUR LB TRAITBMBNT DU BUBON.

Après l'histoire que j'ai tracée du bubon , il est inutile dt discuter ici l'opinion qui le considère comme un dépôt provenant de la constitution , et la conclusion qu'on a déduite de cette opinion , savoir, qu'il ne faut pas chercher à en obtenir la résolution , parce que , d'après cette théorie , faire résoudre une tumeur de cette nature c'est repousser dans la constitution la matière vénérienne. S'il en était réellement ainsi , il n'y aurait aucune raison pour employer le mercure , et l'on n'aurait qu'à laisser marcher le bubon qui accomplirait lui-même sa propre guérison. Mais ceux-là même qui professaient une telle opinion ne s'en fiaient point au moyen de guérison qu'ils supposaient institué par la nature, car ils administraient le mercure, et même à forte dose. Dans la description que j'ai donnée du bubon , j'ai cherché à démontrer qu'il y a beaucoup de bubons qui n'ont rien de vénérien, mais qui sont de nature scrofuleuse, et qu'il y en a aussi qui ne se montrent vénériens qu'en partie, ou qui ne sont peut-être rien autre chose qu'une glande douée d'une disposition scrofuleuse , dans laquelle l'action morbide a été déterminée par l'irritation vénérienne, phénomène qui est semblable à celui que produit souvent Taction du pus variolique dans l'inoculation. C'est pourquoi, avant de s'occuper du trai* tement des bubons , il faut distinguer le véritable bubon vénérien des autres , s'il est possible. Quand on s'est bien assuré

que le bubon eal vénérien , on doit sans aucun doute «aftayer d'en obtenir la résolution , s'il est seulement à l'état d'inflammaUon. he degré d'opportunité d'une telle tentative dépend des progrès que la maladie a déjà faits. Si la tumeur est très volumineuse et que la suppuration paraisse imminente , il est probable que la résolution ne peut être effectuée ; lorsque la suppuration est établie , il est très douteux qu'on puisse réussir, et lestentativesdecegenre peuvent n'avoirpoureffetquede retarder la marche de la suppuration et de prolonger ie traitement.

La résolution de ces inflammations dépend principalement du mercure , et , d'une manière presque absolue, de la quantité de ce médicament que ton peut faire passer à travers la substance de la glande enflammée. Lorsqu'elles arrivent à la période de suppuration , leur guérison dépend des mêmes conditions. La quan'ité de mercure que l'on peut faire passer à travers un bubon dépend en grande partie de l'étendue de la surface externe sur laquelle l'absorption se fait en deçà de l'abcéa.

11 faut appliquer le mercure de ta manière la plus avantageuse, c'est-à-dire, sur les surfaces d'oii, par l'absorption, il doit être porté à travers la glande malade. En effet , la maladie étant détruite dans ce point , la constitution court moins le risque d'être infectée. On peut souvent accroître la puissance du mercure par la manière dont on l'applique. Dans le traitement des bubons, il faut toujours le faire pénétrer dans la constitution par la même voie que le poison a suivie pour y entrer. Ainsi, on doit le présenter aux oriiices des vaisseaux lymphatiques qui passent à travers la partie malade, et ces orifices sont toujours situés sur une surface plus excentrique que le siège de la maladie.

Mais dans beaucoup de cas la situation des bubons est telle que la surface qui existe entre eux et la superficie du corps est très petite , et que , conséquemment , on ne peut introduire par cette voie une quantité suffisante de mercure; tels sont, par exemple , les bubons qui se développent sur la verge consécutivement à des chancres du gland ou du prépuce. Ces deux surfaces ne sont point assez étendues pour qu'on puisse, par leur intermédiaire, faire passer & travers les bubons la quantité de mercure nécessaire i leur guérison.

Il faut donc » toutes les fois que les premiers symptômes d'un bubon se manifestent , prendre en sérieuse considération le siège de la maladie, afin de déterminer si Ton a à sa disposition une surface suffisamment étendue pour le succès du traitement, sans qu'on ait besoin de recourir à d'autres moyens. Il faut observer d'abord si ce sont les vaisseaux absorbants du corps de la verge ou les glandes de l'aine qui sont affectés. Si la maladie a son siège dans l'aine , il faut constater laquelle des trois situations indiquées plus haut elle occupe , soit la partie supérieure de la cuisse et la région inguinale proprement dite , soit la partie inférieure de l'abdomen au-dessus du ligament de Poupart, soit enfin le voisinage du pubis. Si le bubon a son siège sur le corps de la verge, cela prouve que les vaisseaux absorbants qui naissent directement de la surface d'absorption sont eux-mêmes malades ; dans la région inguinale et sur la partie supérieure de la cuisse , ou même un peu plus bas que ce qu'on appelle communément l'aine , on peut admettre que le mal occupe les glandes où aboutissent en commun les lymphatiques de la verg^ et ceux de la cuisse; plus haut, c'est-à-dire à la partie inférieure de l'abdomen , au-dessus du ligament de Poupart , on peut supposer que le bubon est traversé par les vaisseaux ab« sorbants qui naissent des environs de l'aine , de la partie inférieure du ventre, et du pubis ; et enfin , plus en avant , il est très probable qu'il n'est traversé que par les vaisseaux absorbants de la verge et de la peau qui recouvre la région pubienne. L'appréciation de ces sièges divers est indispensable pour l'application du mercure , soit pour le traitement résolutif du bubon , soit pour sa guèrison après que la suppuration s'est établie.

L'utilité de ces précautions devient évidente quand on réfléchit que de cette manière le médicament ne peut passer dans la circulation commune sans traverser les parties malades, dont il doit hâter la guèrison dans son passage a travers leur substance , en même temps qu'il empêche que le virus qui a déjà passé et qui passe encore dans la constitution n'agisse sur ces parties ; de sorte que le bubon est guéri et la constitution pré* servée.

Mais cette pratique seule n'est pas toujours su£Ssante ; il y a beaucoup de cas où le mereore ne peut guérir par lui-même.

SSi DU nrSON.

Le mercure ne peut g'uérir que la disposition epécifique de l'in> âammation ; et nous savons que la maladie vénérienne s'aceompa^e souvent de diverses autres espaces d'inflammations , indépendciinment de l'inânmmatioti vénérienne.

Quelquefois l'inllamination i-ommune présente une grande intensité; d'autres fois l'inflammation est éry si peinte use , et souvent même , ainsi que je le soupçonne , scrofuleuse, 11 faut donc avoir recours à d'autres moyens de traitement.

Lorsque l'infiamination s'élève très haut, la saignée, les purgatifs et les fomentations sont généralement recommandés. Ces moyens diminuent certainement la puissance active des vaiaseaux et rendent t inflammation moins aiguë ; mais ils ne peuvent jamais diminuer les efl'ets spécifiques du poison , qui ont agi comme cause première , et qui entretiennent encore en ^ande partie l'inflammation. Leurs effets ne sont que secondaires, et tout ce qu'on peut en attendre, c'est qu'ils resserrent l'inflammation dans les limites de l'inilammalion spécifique. Si l'inâamnialion est de nature érysipélnteusc , on ne peut guerre prescrire un meilleur médicament que le quinquina; si l'on •Dup^nne la présence de l'élément scrofuleux , on retirera quelques avantnges de l'emploi de la ciguë et dea cataplasmes faUs avec de l'eau de mer.

On a vu les vomitifs amener la résolution des bubons, même après que le pus s'y était formé et quand l'ouverture en était imminente. Ils agissent en vertu du principe qui veut qu'une irritation en détruise une autre. Peut-être aussi l'état de nansdes et le vomissement font-ils naître une disposition pour l'abliorption. Un officier qui avait contracté un bubon & Lisbonne m'a présenté un exemple remarquable de cette influence. Le bubon avait suppuré franchement et était sur le point de a'oufrir; la peau était mince et enflammée-, et l'on percevait une fluctuation manifeste. J'avais diacide de pratiquer une incision Bur la tumeur ; mais comme le mnlnde devait s'embarquer le lendemain pour l'Angleterre , je jugeai convenable de différer l'opération. A peine était-il à bord qu'on mit k la voile, et le vent fut fri violent que rien ne put être fait pendant quelques jours. Pendant tout ce temps , il eut un violent mal en mer, et vomit beaucmp. Quand les mwn de «sur m diwipInM , k

Dr WJBON. 695

bubon avait disparu , et il ne reparut plus ensuite. Lorsijue le malade fut arrivé en Angleterre , il se soumit à un traitement mercuriel régulier.

g !•'. 90 U réfoliitiao do l'Inflamniation du w^ummn «iKf vbMli

de U vorgo.

Ici , la surface qui est située en deçà du siège de la maladie, c'est-à-dire toute la partie de la verge qui est située au-devant du bubon , n'est point assez étendue pour absorber la quantité de mercure qui serait nécessaire pour empêcher les effets iû l'absorption du poison. C'est pourquoi il faut avoir recours à d'autres moyens. Toutefois , il ne faut point négliger ce mode d'application , et celte surface , toute petite qu'elle est , doit être constamment recouverte d'onguent mercuriel , ce qui cea* tribue à la guérison de la maladie locale. On peut demander s'il est possible qu'un médicament traverse des vaisseaux lynphatiques malades de manière à exercer sur eux une influenee quelconque ; mais l'expérience ma appris que cela est certainement possible. La surface qui vient d'être indiquée étant trop petite , et la maladie exigeant qu'on fasse pénétrer dans la constitution une plus grande quantité de mercure que celle qui pourrait y être introduite par cette voie, il est convenable d'administrer ce médicament par la bouche ou de l'employer en frie* tiens sur quelque surface plus étendae. Cette pratique est né<cessaire pour prévenir la syphilis constitutionnelle , aussi bien que pour guérir l'affection locale elle-même. La quantité de mercure qui doit être absorbée ne peut être déterminée d'une manière générale : cette détermination appartient au chirur* gien , qui doit se laisser guider par les symptômes apparents de la maladie primitive , et par la facilité plus ou moins grande avec laquelle elle se dissipe.

Il faut suivre la même méthode pour les femmes ; mais comme ce sexe présente une surface plus étendue à l'absorption du mercure, on peut en faire pénétrer davantage par cette voie. On doit tenir une quantité suffisante d'onguent mercuriel constamment appliquée sur la face interne et sur la face externe des grandes lèvres.

lD«i dan* la région

L'inflammation des glandes doit être traitée d'apr^a les mêmes principes que celle dont il vient d'être question ; mais, en général , on peut disposer d'une surface d'absorption plus étendue; de sorte qu'on peut faire passer une plus grande quantité de mercure à travers les parties malades.

La région sur laquelle il faut appliquer le mercure varie suivant la situation de la glande enflammée. Si le bubon est situé dans l'aine , il est nécessaire de faire les frictions mercurielles sur la cuisse. Cette surface peut, en général , absorber autant de mercure qu'il en faut pour amener la résolution du bubon et pour préserver la constitution de l'influence du poison. Mais si la résolution ne s'opère pas assez promptement. on peut accroître la surface soumise aux frictions en y comprenant la jambe.

Lorsque le bubon occupe la partie inférieure du ventre , c'està-dire la seconde des situations que j'ai indiquées plus haut, il faut en outre faire des frictions mercurielles sur la verge, sur le scrotum et sur le ventre ; il doit en être de même si le bubon est situé plus en avant , car il est probable que les glandes de ces deux régions reçoivent les vaisseaux lymphatiques de toutes les surfaces qui viennent d'être mentionnées, aussi bien que ceux de la cuisse et de la jambe.

La durée du traitement par les frictions doit être déterminée d'après les circonstances. Si le bubon diminue, il faut les continuer jusqu'à ce qu'il ait entièrement disparu, et même quelque temps après, car sa cause, c'est-à-dire le chancre d'où il tire son origine, peut ne pas céder aussi promptement que lui. Si le bubon marche toujours vers la suppuration, on peutcesset ou continuer les frictions; mais je ne saurais affirmer si l'on retire quelque avantage de la continuation de ce moyen lorsque le bubon a suppuré.

La dose de mercure recommandée ici peut affecter la bouche ; relativement à cet effet, on doit aussi se régler selon les circonstances.

DU BIBON. 587

S m. 9e U réf ololîoii d#t bvbostf thm U lemaM.

En traitant du siège des bubons chez la femme, j'ai fait remarquer qu'il y a deux situations qui sont propres à ce sexe, et que les autres sont les mêmes que chez Thomme.

Dans la première et dans la seconde situation, surtout dans la première, la surface d'absorption, entre la périphérie du corps et le bubon, est beaucoup trop resserrée pour quon puisse, par cette voie, faire pénétrer la quantité de mercure qui pourrait amener la résolution ; dans la seconde, c'est-à-dire quand le bubon est situé entre la grande lèvre et la cuisse, le mercure peut être appliqué, il est vrai, sur tous les points qui avoisinent l'anus et autour des fesses, car il est probable que tous les vaisseaux absorbants de ces parties passent par la voie qu'occupe le bubon ; on sait au moins qu'ils pénètrent dans le bassin, non par l'anus, mais par la région inguinale. Dans ces deux cas, il faut chercher d'autres moyens d'introduire le mercure, ainsi qu'il a été recommandé pour les hommes ; toutefois il importe de frictionner autant que possible sur les surfaces qui viennent d'être indiquées.

Dans les situations communes aux deux sexes, nous avons un champ plus large. Ces situations se divisent en trois variétés ; on doit appliquer ici les remarques qui ont été présentées pour l'autre sexe ; le mode de traitement doit être le même.

§ XT. Hef buboM situés dans des réfioos plos ou moms éleignéet

des parties génitelef .

Indépendamment du coït, les bubons vénériens sont produits par divers autres modes d'application du poison ; aussi en observe-t-on dans différentes parties du corps, mais le plus souvent aux mains. Ceux qui se forment dans Taisselle ont pour origine des plaies de la main ou des doigts, qui reçoivent l'infection vénérienne et sont ainsi transformées en un chancre. Dans ces cas, il faut pratiquer les frictions mercurielles sur le bras et sur Tavant-bras; mais cette surface peut être insuffisante, et alors il faut chercher une autre route et s adresser à d'antres parties pour obtenir les effets que le médicament doit for la constitution.

J'ai n u féhtable cbati<tv tin^tuv àtai sot la partie mo^cntie de la ifcvte iulénenre dooner Butsance i on boboo de cbiMiae côté da coo, m-àeaaen» de U mâduin w^Êémm^ H ptfditeMit mr U gUade naxijlaire. L'ongant l'wiiil aprpBqoé sur la ftvrt inféricaire, sor le ncBloa et mv kt toMHM dles-mênie*, pruditûit la réioliitwn de ces dcnûtoe*.

fT.l

La qoAntîté de mercure nécessaire puui la rftHïïttim d'v bubon van« suivant que le bubon s£ montre plus en bkhb* i«* belle; maLi il faat avoir &ojn d'éviter certaina efl^ qwN Dédicament peut produire don» la constitution. Si la boboo a ■on âige daaa lajircoiitr» uituation, qa*il cède facîlemeta àl'ei^ plm rdpét^ cfaa(|uc uîr d'une deuii-drachioe d'ongoeot MMUoir liel eampoié avec parties ^galctide mercure et d'axonge, etquela boucbe nes*enflainine point ou ne dcTienne qac légèrement do*looreose, il aufEt de continuer ce traitement jusqu'à ce qoe la glande Mjît réduite à son voluir.e naturt-1 ; !a ct'nitimtiori se trouvera ainsi mise à l'abri, pourvu que le chancre qui a donné lieu au bubon soit arrivé à sa guérison en même temps. Si la bouche n'est point afiectée au bout de six à huit jours et que la glande ne marche [>as bien ver:> la rér^olution, on peut appliquer chaque soir deux scrupules ou Ut;e drachme d'onguent ; et si aucune amélioralion ne se fait sentir, il faut porter la dose plus haut. En un mot, lorsque ta ri^soîution se fait attendre, il faut élever la dose du mercure au^si loin qu'il est possible de le faire sans amener la salivation.

S'il y a un bubon de chafiue côté, on ne peut appLquer loca* lement autant de mercure pour chacun d'eux; car la constitution ne pourrait probablement pas supporter le double de )a dose qui est nécessaire pour la résolution d'un seul. Mais dans les cas de cette espèce, un ne duit pas criitndie autant I intlaramatîonmercurielledela bouche que lorsqu'il n yaqu'unseuibuboB. Toutelbis, il vaut mieux laisser suppurer les bubons que d'eKer> cer BUT la coDstilutiou une influence uop piouoncéi: par l'intruduction d'une trop grande quantité de nirrcan. Caatp

lorsqu'il y a deux bubons, il y a plus de probabilités pour la suppuration que lorsqu'il n'y en a qu'un seul.

Lorsque le bubon occupe la seconde ou la troisième situation, si l'on juge que très probablement il ne pourrait pas passer à travers la glande malade une quantité de mercure suffisante pour en amener la résolution, on peut faire des frictions sur la jambe et sur la cuisse, afin d'agir sur la constitution. La quantité de mercure introduite de cette manière doit être plus grande que celle qui eût été suffisante si l'on avait pu tout faire passer à travers le bubon . II faut que la bouche s'affecte, et cela en proportion de l'état et des progrès du bubon.

Ce mode de traitement des bubons par résolution m'a été suggéré en 1761, à BelIe-Ue, où j'ai eu de bonnes occasions de le mettre à Tépreuve sur les soldats ; et je puis affirmer que, depuis cette époque, de tous les bubons que j'ai eu à traiter, trois seulement sont venus à suppuration ; deux de ces derniers s'étaient formés chez un sujet sur la constitution duquel une petite quantité de mercure exerçait une influence tellement prononcée, qu'on ne put faire passer à travers les deux régions inguinales la quantité de mercure suffisante pour amener la résolution des deux tumeurs. Cependant, chez les deux malades, la suppuration fut beaucoup moins considérable qu'elle ne menaçait de l'être.

Quelquefois, malgré toutes les tentatives de traitement, les bubons restent tuméfiés sans se résoudre ni suppurer, et deviennent durs et comme squirreux. Je soupçonne que ces bubons sont primitivement scrofuleux , ou qu'ils le deviennent secondairement lorsque la disposition vénérienne est détruite. On doit s'efforcer d'en obtenir la guérison par l'emploi de la ciguë , des cataplasmes faits avec de l'eau de mer , et par les bains de mer, ainsi qu'il sera dit ci-après.

S TZ. Traitemenl des bubons qui suppurent.

Lors même qu'on a employé tous les moyens de traitement connus, on ne peut pas toujours obtenir la résolution des bubons, et alors la suppuration s'établit. Quand il en est ainsi, ils iMtfent davantage dans le domaine de la chirurgie et doivent totiPBÎtës, souB certains rapports, comme tous les autres ab-

ces. Lorsqu'on juge convenable d'ouvrir un bubon, il faut laisser la peau s'amincir autant que possible. Le grand avantage ^'on retire de cette temporisation, c'est que les téguments, Âant devenus trL'S minces . perdent leur disposition à se cicatriser, de sorte qu'il y a plus de chances pour que le fond de l'abcès se cicatrise en même temps que les parties superficielles ; on évite encore ainsi une longue incision, et l'on n'a point besoin de recourir aux dJlférent» moyens qui sont employés pour empêcher la cicatrisation de la peau jusqu'à ce que celle du fond de l'abcès soit effectuée.

Faut-il continuer l'application du mercure pendant tout le temps de la suppuration '. Je pense qu'on doit le faire, mais & dose moins forte ; car s'il est vrai que le travail de guérison ne peut commencer à s'opérer qu'après l'ouverture de l'abcès, on peut au moins l'aire naître dans les parties de meilleures disposillons pour se guérir. J'ai vu des cas oii la suppuration s'était établie malgré le traitement décrit ci-dessus, et dans lesquels, bien que VinflammatioD se fut montrée très étendue, la suppuration resta très limitée ; or, j'ai attribué cet avantage à ce que les malades avaient fait usage du mercure, d'après les rtgles que j'ai exposées, avant et pendant la suppuration.

A l'occasion de ces collections purulentes , beaucoup plus qu'à l'occasion des autres , on a agite la question de savoir si l'on doit ouvrir l'abcès ou le laisser s'ouvrir de lui-même, et si l'ouverture doit être faite avec l'instrument tranchant ou an moyen du caustique.

Les abcès vénériens ne paraissent avoir rien qui les lasse différer des autres assez pour qu'on doive recommander telle pratique plutôt que telle autre. On doit suivre jusqu'à un ccttain point les désirs du malade : il est des malades qui redoatent les caustiques; il en est d'autres qui ont horreur de l'instrument tranchant. Lorsque le choix est laissé entièrement an chirurgien et que le bubon est petit, je pense qu'une incisi(Hi pratiquée avec une lancette est suçante ; de cette manière aucune partie de la peau n'est perdue. Mais , lorsque le bubon est très volumineux et que, par conséquent, il y a une grande quantité de peau décollée, le caustique convient peut-être ( qoe le bistouri . tant parre qu'il prodiot la deatnutioti

d'une oertaine quantité de peau, que parce que cette destruction s'accompagne de moins d'inflammation que l'incision. Lorsqu'on emploie le caustique , c'est la potasse caustique qui convient le mieux (1). Mais il n'est pas nécessaire d'ouvrir tous les bubons, et il est peut-être difficile de déterminer quels sont ceux pour lesquels louverture doit être utile ou indispensable.

Le bubon, une fois ouvert, doit être pansé ensuite selon la nature de la maladie, qui, ainsi que je l'ai déjà fait observer, est souvent tellement compliquée , qu'elle déjoue , dans beaucoup de cas, toute la sagacité du praticien ; en même temps, il faut attaquer la constitution avec le mercure, tant à l'intérieur qu'à Tcxtérieur. A l'extérieur, on doit l'appliquer du même côté quele bubon, entre ce dernier et la périphérie du corps, comme je l'ai dit en traitant de la résolution des bubons, car, en passant à travers la partie affectée , le mercure peut exercer une influence salutaire sur la maladie.

Dans ce cas, le mercure remplit un double but : il concourt avec les applications externes à la guérison des bubons , et il prévient les efiets de l'absorption virulente qui se fait constamment à la surface de l'ulcère.

Il n'est pas possible de déterminer, au juste, jusqu'où il faut poursuivre le traitement mercuriel pour prévenir une infection générale. Mais on peut supposer qu'il est nécessaire, pour prévenir une maladie vénérienne, d'administrer la quantité de mercure qui suffirait pour guérir la même maladie déjà développée. Il est indispensable de continuer le traitement jusqu'à ce que le bubon soit cicatrisé , ou jusqu'à ce qu'il ait, depuis quelque temps , perdu ses caractères vénériens. Mais il peut être difficile de constater cette dernière circonstance. C'est pourquoi il faut s'en rappcNrter à l'expérience et non à la théo-

(4 ) J'ai ouvert sur le même malade deux bubons Too îmmédiatemeat après Fautre. Le premier fut ouvert au moyen de la pierre à cautère, et la douleur fui si intense que le malade voulut que le second fût ouvert avec la lancelle, espérant que la souffrance ne serait que momentanée. Mais rinstrument tranchant causa une douleur très vive, à laquelle succéda une cuisson qui dura longtemps, tandis que Tautre bubon n'avait plus été le siège daucune douleur, à partir du mooieot oà raetÎQB da caosliqiie avait été achevés. ^- Huma.

5tt DU Bt'aoN.

rie, ot CDnliriueT «n général le trailein«n( ju«4u'i la d«Btnaation complète , et niême après lu cicatrisation , surtout si le bubon se guérit avec beaucoup lie rapidité, car, dans beaucoup de cas, l>i constitution se montre encore infectée après que tous les moyens conseillée ont été mis en pratique. Tonlefois, il y a quelques restrictions à faire ici; j'ai déjà fait observer qu'il arrive souvent que les bubons contractent . indépendamment de la disposition vénérienne, d'autres dispositioits que te mercure ne peut gui^rir et qui sont même aggravées par son emploi. Il est donc très important de savoir distinguer c«s différents cas, sur lesquels je reviendrai .

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