‹ Traité de la maladie vénérienneChapitre 65 sur 84 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DE QURLOUBS UNES DB8 SUrTBa DU BUBOM.

J'ai fait remarquer précédemment que la maladie vénérienn* peut transformer en action des dispositions ou des ■UBcptiMU' tés latentes. Ce fait est très remarquable dans les cas de bubons. Je crois que la disposition qui est ainsi éveillée, participa plus de la nature scrofuleuse que de toute autre. Cela vient-il de ce que les bubons mit pour siège des glandes lympbatiqaetl C'est ce qu'il n'est pas facile de déterminer.

Il arrive quelquefois que les plaies produites par tes bubons se transforment , soit dans le moment où elles perdent leur disposition vénérienne, soit quand elles en sont complètement délivrées, en ulcères d'une nature qui, tr&s probablement, présentent diverses espèces. Il n'est pas certain que ces maladies soient le ri'sullat de l'action combinée de la maladie vénérienne et du traitement mercuriel; mais il est trcs probable que ces causes concourent à leur développement.

Si l'influence vénérienne et l'influence mercurielle étaient le* seules causes de ces affections, celles-ci constitueraient une maladie spécifique, et leur traitement se réduirait à uoe smU méthode. Mais je sois porté à croire que UMMtttnlMa oa Ik partie elle-même a quelque part, sinon bl prinoipale, dans httr

UV BLBON. S4S

formation, c'est-à-dire que les parties contractent me maladie particulière qui est indépendante de la maladie constitutionnelle et de la méthode de traitement. En effet, si les deux causes indiquées les premières agissaient seules, on devrait rencontrer ces affections morbides plus souvent. Du moment que l'on admet que la constitution ou la partie prend part à la formation de ces maladies, il devient plus difficile de déterminer quelle en est la nature, car elles doivent, sous ce rapport, dépendre en partie de l'état de la constitution ou de celui de la partie malade.'

Ces maladies rendent le traitement de l'affection vénérienne beaucoup moins certain; lorsque l'ulcère devient stationnaife ou que le mercure commence à n'être plus bien supporté, noua sommes porté à croire que le virus est détruit ; mais il n'en est pas toujours ainsi. Peut-être le virus est-il seulement moins puissant que la maladie nouvellement formée, de sorte qu'il reste assoupi, si l'on peut ainsi dire, ou qu'il cesse d'agir ; et quand l'autre affection devient plus faible, l'influence véné* rienne commence à se manifester de nouveau.

Le traitement qui convient dans ces cas consiste à attaquer la maladie prédominante; mais la difficulté est de reconnaître la maladie, et de savoir quand elle est vénérienne et quand elle ne lest pas. Le cas suivant est très propre à donner une idée de cette difficulté.

Un homme avait un bubon très volumineux qui fut ouvert. Il prit une grande quantité de mercure pendant environ deux mois. Mais je soupçonne qu'il ne le prit pas à doses suffisam* ment élevées, et que sa constitution s'était habituée au mercure. Le bubon ne présenta aucune disposition à se cicatriser, et je fus consulté. D'après le récit que me fit le malade, je pensai que sa constitution avait contracté trop fortement l'habitude mercurielle, pour qu'il pût retirer alors quelque avantage de remploi du mercure. Je lui prescrivis donc de se mettre à un régime nourrissant pendant un mois. Après ce temps, je le soumis à un traitement mercuriel énergique, au moyen des frictions, et les parties malades prirent une apparence plus favorable. Ce traitement fut continué pendant près de deux moisi et, à cette époque, la plaie, bien que notablement améliorée, comiMDÇa i devenir stationnaire. Considérant l'action vénérienne

b44 ut' BL'IKlV

ruiume détruite, je tis cesser iiumédialeinent le traitement mercuriel ; je mis le malade à la diète lactée et je Venvoyai i la campagne. Cependant, comme la maladie ne marchait point, le malade fit usage d'une forte décoction de salsepareille avec le mézéri^on. Mais ce moyen, bien que continué pendant plus d'un mnis, ne produisit que peu ou point d'eSet. Je prescrivis ensuite la ciguë autant que le malade put la supporter, et j'y associai presque constamment le quinquina. Tout cela fut sans effet. Il se forma de nouveaux sinus qui furent ouvert* il'olcfcre devint extrêmement irritable et ses lèvres s'épaissirent. Les pansements furent faits avec des cataplasmes, dans la composition desqueU entraient le suc de la ciguë, l'eau de mer, l'opium et une solution étendue de nitrate d'argent. Mais rieo ne parut agir sur le mal. Je soupçonnai une afTection scrofuleuse, et je conseillai les bains de mer; mais cette prescription ne put être exécutée alors. Ces différents traitements, aprts que le mercure avait été mis de côté, occupèrent environ quatre mois sans le moindre avantage, Xe sachant s'il ne restait point encore quelque chose de vénérien dans l'ulcère, d'autant plus que siiTi aspect extérieur dt-venail plus mauvais, et qu'il y avait alors quatre mois que le malade n'avait pris de mercure, je crus devoir essayer de nouveau ce médicament, et j'envoyai au malade deux doses d'onguent, d'une demi-once chacune, qui devaient être employées en frictions deux soirs de suite. Un rhume qu'il avait contracté l'empêcha de faire les frictions prescrites. Le troisième jour, il m'apprit qu'il était beaucoup mieux. Dès lors, l'ulcère prit une marche favorable; l'inflammation œdémateuse ou transparente commença à se dissiper, les lèvres de la plaie s'abai:isèreDt et s'amincirent, et son pourtour commença à se cicatriser . Je conseillai alors au malade de ne point faire les frictions mercurielles, mais d'attendre un peu. Au bout de huit ou dix Jours, la plaie était réduite aux trois quarts de sa grandeur, et présentait tout laspect d une plaie en Toie de cicatrisation .

Quelles conclusions peut-on tirer de ce fait '. Les suivantes, i mon avis : 1° Que le virus peut être détruit, bien que la plue ne manifeste aucune dispoidtion à se cicatriser ; de 8«te qo'oa point coosklérer la non ''^^— 'n*ilka d!m bubon comme

un signe de rexistence de la maladie primitive ; 2* que la salsepareille, le mézéréon, la ciguë et le quinquina sont sans efficacité dans les cas de cette espèce ; et 3<> que dans les maladies qui nous occupent, la disposition morbide peut être détruite par la maladie même, et que nous ne devons pas trop nous presser d attribuer la guérison à nos moyens de traitement : en effet, si les frictions mercurielles avaient été faites dans le cas quon vient de lire, et que les mêmes effets se fussent également pro« duits, j'aurais certainement poursuivi avec vigueur l'emploi du mercure, et je lui aurais attribué la guérison. Mais je n'en serais pas resté là; j'aurais publié ce fait comme un exemple de la persistance de la maladie vénérienne aprës des traitements mercuriels répétés, et j'aurais affirmé que, dans les cas de cette espèce^ où le mercure parait avoir perdu son efficacité et même être nuisible, il est nécessaire d'attendre que la constitution ait réparé ses forces et perdu l'habitude mercurielle, ce qui exige quelquefois jusqu'à quatre mois, puis recourir de nouveau à l'emploi de ce médicament.

Un homme eut une gonorrhée qui fut violente. Je lui prescrivis une injection composée d'un grain de sublimé corrosif dissous dans huit onces d'eau, et quelques pilules mercurielles. Apres dix ou douze jours de l'usage de l'injection sans aucun avantage visible, je lui disque je pensais qu'il ne gagnerait rien à la continuer plus longtemps, et en conséquence je lui conseillai de se reposer pendant quelque temps. Vers cette époque, il se forma un bubon dans chat^ue aine ; supposant que ces tumeurs étaient vénériennes, je prescrivis des frictions mercurielles sur les jambes et sur les cuisses, a6n d'en obtenir la résolution s'il était possible. Le malade paraissait moins préoccupé des bubons que de sa gonorrhée, mais je lui dis que cette maladie se guérirait insensiblement en même temps que la ré** solution des bubons s'effectuerait. Je m'étais trop avancé relativement à la résolution des bubons, car ils suppurèrent tous deux, mais la suppuration fut très modérée en comparaison du volume qu'ils avaient atteint dans la période inflammatoire. Les frictions furent abandonnées. Pendant que nous nous efforcions d'amener la résolution des bubons, la gonorrhée se guérit. La peau qui recouvrait les bubons devint très mince ;

,<S4g DU aiBON.

iilnre ils lurent ouvurts, l'un au moyen du caustique,! avec la lancette } ensuite lea frictions mercurielles furent t^ ilonnéeâ de nouveau sur les cuisses et sur les jambes pour achever leur guériaon. Ils n« tardèrent point à prendre un uspecl favorable, et se contractèrent rapidement ; mais à moitié rieatriaijfi, ils devinrent slattonnaires. Je soupçonnai qu'une malodie nouvelle i^tnit en voie de se former. Les frictions iliercurielles ayant éié continuités encore pendant quelque tempa, Ie4 bubons commencèrent h s'enflammer et à se tuméfier de nouveau, et il se forma à environ un demi-pouce au-dessus du siège primitif des suppurations, un abcès nouveau qui s'ouvrît dans le premier. Aux premiers signes d'inflammation, je fis uesser immédiatement l'usage du mercure, et je déclarai qu'il «était formé une maladie nouvelle. Je fia appliquer des cataplasmes faits avec l'eau de mer, et je prescrivis une décoction de salsepareille. Mais ce mode de traitement se montra insuffisant pour amener la guérison de cette nouvelle maladie. Je prescrivis alors chaque soir un bain d'eau de mer tiMe, à la température d'environ 90 degrés (Fahr. ). Aprts le quatrième bain, l'inflammation et le gontleinent avaient lieaucotiji diminui', et les premiers ulcëres, ou bubons primitifs, commençaient à se cicatriser. Le malade continua à se baigner ainsi tous les mira pendant environ trois semaines, au bout desquelles les ulcères manifestèrent une disposition moins favorable. Soupçonnant alors que la disposition vénérienne était devenue prédominante, je fis faire des frictions comme auparavant. Au bout d'une quinzaine de jours environ, les premiers bu)>ons ^ cicatrisèrent ; mais les secondes suppurations n'étaient point encore guéries. Je supposai qu'elles constituaient entièrement la maladie nouvellement formée, et le malade partit pour la campagne, ou, d'après mes conseils, il prit chaque jour un bain de mer. Sous cette influence, il se rétablit parfaitement sans aucune récidive.

Dans ce cas, il est clair qu'indépendamment de la disposition syphilitique, il y en avait une autre qui fut mise en action par l'irritation vénérienne.

J'aivuquelqaes bubons qui étaientexi^eiïsivementdouloureui^, M^étaicflt très lenaibles au moindre contact. ^M les panse-

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iiieiits étaient doux, plus ]es parties devenaient douloureuses.

Dans quelques cas, la i)eau semble seule pouvoir contracter la maladie ; l'ulcération fait des progrès dans la peau environnante, tandis qu'une nouvelle peau se forme au centre de la plaie, et marche en même temps que Tulcération, d'où il résulte, à Tentour de la peau nouvelle, un ulcère irrégulier, semblable au sillon tracé par un ver. Cette inflammation, de même que Tinflammation érysipélateuse et quelques autres, parût ne pouvoir 86 communiquer qu'aux parties qui n'ont pas encore contracté Tnction ; de sorte que celles où cette action s'est déjA manifestée perdent la disposition morbide et se cicatrisent facilement. Quelquefois ces affections s'étendent d'une manière étonnante, ainsi qu'on le voit dans l'observation suivante, que présente des circonstances très remarquables.

Un jeune homme âgé de dix-huit ans, à la suite d'mie infection vénérienne, fut atteint de deux bubons qui furent ouverts. Ils furent traités d'après la méthode ordinaire, et présentèrent d'abord un aspect favorable. Mais lorsqu'ils étaient sur le point de se cicatriser, ils commencèrent à s*ulcérer à leurs bords, s'étendant dans toutes les directions, s'élevant au-dessus du pubis presque jusqu'à l'ombilic, et descendant au-devant de chaque cuisse. Les nuits devinrent agitées, et la santé générale s'altéra. On essaya un grand nomI»re de médicaments, et particulièrement le mercure sous différentes formes, mais avec peu ou point d'avantages. L'extrait de ciguc' fut le médicament qui produisit les meilleurs effets, et il fut administré en quantité extraordinaire. Pendant quelque temps, le malade en prit une once dans la journée ; la dose fut ensuite portée à une once et demie, à deux onces, et môme à deux onces et demie. Ce médicament produisit des troubles de la vision et même la cécité, la perte de la voix, le prolapsus de la mâchoire inférieure, une paralysie temporaire des extrémités, et une ou deux fois la perte de la sensibilité ; et, bien que chaque soir le malade fut en quelque sorte dans un état d'intoxication complète par l'emploi de la ciguë, sa santé générale, loin d'en souffrir, suivit dans son amélioration l'amendement des ulcères. Cependant, ces derniers ne purent être entièrement guéris par l'emploi de la ciguë, et entre autres médioa-

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lustrés largeiuent, en apparence avec avanluge. Ou revint, de temps en temps, A la ciguë; on essaya un grand nombre de mi^tliodes divei':iea de pansement, mais aucune ne parut pn^fifraUc à l'application de la charpie fëche. Les ulcères étaient presque entil-renieiit cicatrisés, après avoir tourmenté le malade pendant plus de trois ans, lorsque, apriis quelques irrégularité dans le régime, voyant que ses ulcères allaient moins bien, il revint à l'extrait de cîgue qu'il avait abandonin; depuis quelque temps, et, de son propre mouvement, il en avala dix drachmes ibns la matinée. Celte dose n'était que la moitié de ce qu'il avait pris auparavant en vingt-quatre heures; mais à cette ■époque sa constitution avait été holiiluée graduellement à l'action de cette sul)Stance. Les dix drachmes de ciguî.' produisirent beaucoup d'agitation et d'anxiété ; il tomba de sa chaise, privé de sentiment, fut pris de convulsions et expira dans t'espace de deux heures.

Pour revenir nu traitement des bubons, lorsqu'ils sont seulement devenus slationnaires et qu'ils ne inanifeslont que peu de disposition à s'étendre, ce qui est le cas le plus commnn, lorsqu'il y a peut-être un ou deux sinus qui, parlant de quelque autre glande , viennent y aboutir, je les vois céder à l'emploi de la cigUL' plus souvent qu'à celui de tout autre médicament, surtout quand elle est associée au quinquina. La ciguë est encore plus efficace quand elle est appliquée à la fois à l'intérieur et à l'extérieur.

La salsepareille est souvent extrêmement utile dans ces cas, ainsi que dans d'autres qui paraissent provenir de la mcme cause. J'ai vu aussi les bains de mer et les cataplasmes faits avec l'eau de mer produire de bons effets.

Les médecins de Lorh-Hospital emploient l'eau des aifineurs d'or comme topique, et elle se montre utile dans quelques cas. Le docteurFordjcerecommandcde faire boire du jus d'orange à grandes doses, et j'ai vu ce moyen produire quelquefois de bons etTcts. Dans quelques cas, le mézéréon est extrêmement utile.

ÂDDmoN DE P. RicoRD. — Huntcr fuit observer avec raien qu'il faut, dans le traitement des bubons, •'«

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seulement de la cause spécifique à laquelle ils peuvent être dus, mais encore de toutes les autres circonstances qui les accompagnent souvent, et qui, dans quelques cas, méritent seules de fixer l'attention, soit d'une manière définitive, lorsque le bubon non virulent est entièrement sous leur dépendance» soit seulement pendant le temps qu elles constituent un épiphénomène grave, pour revenir ensuite au traitement spécial de Taffection virulente, quand on a fait disparaître les complications. Mais, ce point établi, et fidèle à sa doctrine, Hunter ne cherche plus qu'à reconnaître la quantité de mercure à faire absorber et les voies les plus convenables à cet effet. Aux observations pratiques de Hunter, j'ajouterai les] propositions suivantes :

Il faut éviter le développement des bubons. Pour cela, à tout individu affecté d'un des accidents primitifs qui peuvent y donner lieu, on doit recommander le repos le plus absolu possible, tant général que des organes malades.

On doit chercher la guérison la plus rapide des accidents qui prtk^èdent ordinairement les bubons » attendu que tant qu'ils persistent, le bubon peut se développer.

Dans le traitement des accidents précurseurs des bubons, il faut éviter les excitants généraux et les irritants locaux ; cependant, d'après ce que nous avons dit autre part relativement à la cautérisation des chancres, il ne faut pas que cette règle empêche d'employer les moyens curatifs nécessaires.

Dès qu'un engorgement glandulaire suspect s'annonce, il faut en tenter le plus tôt possible la résolution.

Les moyens les plus puissants et qui agissent au début comme abortifs, sont le froid , la compression , la cautérisation médiate» les mercuriaux.

La glace réussit souvent tout à fait au début. Si, sous son influence , la tumeur prenait du volume ou devenait douloureuse, il faudrait tout de suite en suspendre l'emploi, qui serait alors plus nuisible qu'utile.

La compression est un puissant moyen abortif ; elle se fait à l'aide de bandes roulées ou de bandages. On a proposé, dans cet derniers temps , l'emploi d'une brique chaude qui agit en atème temps par son poids et par le calorique sur la tumeur»

800 ne mitoN.

Pour que la compression soit util«, il ne faut pas qu'elle déter- i mine de douleur. ITn fait & noter, c'est qu'il est rare de voir des bubons se développer sous un bandage bien fuît, chez les individus affectés de hernies.

Une méthode qui a récemment occupé l'attention des prati- (Xens, et quia été signaléed'nbordpar M. Maleport, et ensuite par M. Reynaud, consiste à tenter la ?éso!ution rapide des bubons par une sorte de cautérisation des téguments qni les couvrent. Cette cautérisation se pratique en couvrant la tumeur d'an vésicatoire, et en appliquant ensuite sur la surface de la peau privée de son épiderme un plumasseau de charpie imbîhi^ d'une solution de vingt grains de sublimé corrosif ]>ar oncv d'eau. Ce plumasseau est laissé environ deux heures en fonteet avec la surface vésiquée, pour être plus tnrd remplacé par UD cataplasme de farine de graine de lin laiidnnisi^-. A la chute del'escarre, et selon son degré de profondeur et les effets produits, on répMe l'application de la solution de sublimé, ou seulement on se contente de toucher la surface dénudée A l'aide d'un pinceau qui en est imbibé.

Cette méthode active est loin de donner des résultats heureux aussi fréquents qu'on a bien voulu te dire. Comme dans le plus grand nombre des cas où on l'a employée, le diagnostic rigoureux de la nature intime de l'cngoi^emcnt réputé bubon n'avait pas pu être fait ; il est probable, et je pourrais même dire certain, que le plus grand nombre des guérisons obtenues sont arrivées dans des circonstances simples et de non-virulence. Cela n'est pas indifférent à noter, attendu qu'alors on peut guérir par d'autres moyens bien moins désagréables que cette cautérisation toujours trfes douloureuse, et presque constamment suivie de cicatrices disgracieuses et indélébiles.

Le cautère actuel, soit objectif, soit direct, ne doit jamais être employé des le début, non plus que le cautère potentiel et le selon, préconisés encore dans ces derniers temps.

Lorsque l'accident qui précède le bubon réclame l'emploi du mercure, ce remède peut prévenir le développement du bubon, comme aussi, à titre de n'innivant héroïque et d'antiphlogistinue actif, il peut agir d'une manière cRicnce dt's le début d'un engorgement glandulaire, quel qu'il soit. Ce nVst donc qtte dm à

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les cas de contre-indications positives qu'on doit se priver de celte ressource dans le traitement abortif .

La meilleure voie d'absorption, dans les circonstances particulières qui nous occupent, est la peau. II faut bien, comme le veut Hunter, chercher autant que possible, pour l'administration du mercure en frictions, les relations entre les surfaces absorbantes et les ganglions malades ; mais la précision ici est souvent impossible, et même inutile, car il suffit de se servir des surfaces cutanées voisines des points malades, qui offrent une étendue suffisante, et qui surtout ne sont le siège d'aucune irritation locale qui puisse s'opposer à l'absorption • Un moyen auquel j'accorde beaucoup de préférence, et que j'emploie dès le début dans un grand nombre de cas de bubons indolents, comme aussi à une époque plus avancée, quand il n'y n pan d'inflammation, c'est le vésicatoire, pansé ensuite deux fois par jour avec deux grammes d'onguent mercuriel double, et recou*^ vert d'un cataplasme de farine de seigle, qu'on renouvelle trois ou quatre fois par vingt-quatre heures.

Si le bubon continue à se développer, qu'il soit virulent ou non, il faut, s'il s'accompagne de symptômes d'acuité, lui opposer un traitement antiphlogistique d'une énergie appropriée. Parmi les agents antiphlogistiques, qu'il est ici inutile d'énumérer, les sangsues jouent ordinairement le principal rôle. Sous le point de vue de leur application , il faut les poser d'autant moins près de la tumeur, que celle-ci est plus voisine de la suppuration, dans les cas surtout où l'on doit croire à la virulence ; car, dès que le bubon est ouvert, les piqûres des sangsues ne tardent pas à s'inoculer et à passer à l'état de véritables chancres , qui donnent alors une étendue considérable et très fâcheuse à la maladie.

Dès que la suppuration est formée, si Ton croit avoir affaire ù un bubon virulent, et que la marche ait été aiguë, il devient tout à fait inutile de tenter la résolution. Quels que soient les moyens qu'on emploie, si les parois du foyer sont des surfaces de chancre, et que le pus contenu soit virulent, la résolution n* est plus possible, et les prétendues transpirations purulentes obtenues par les méthodes de MM. Malapert et Reynaud ne sont que dt» ouvertures en cril)le ou en arrosoir, pratiquées par

le caustique à la surface de la peau qui recouvre le foyer paraient. Si Ton a quelquefois obtenu la résolution de bubons abcéâé8, ce n'a pu être qu'alors qu'il s'agissait de suppuration simple. Dans les cas douteux, où l'on croirait devoir, par crainte li'une cicatrice, ou pour satisfaire à la pusillanimité du malade, chercher la résolution nprès la formation du pus, il ne faudrait insister que tout autant que le foyer ne prendrait pas tropd'evtenaion, et que surtout la peau ne serait déjà pas trop amincie.

Contrairement donc au conseil donné par Hunter, on doit, dans la grande majorité des cas, ouvrir de bonne heure, pour éviter les ravages inévitables qui résultent de l'incarcération du pus virulent.

Lorsqu'un bubon est indolent, soit de primo abord, soït consécutivement k l'état aigu, ou à l'état subnigu , encore plus fréquent, les antiphlogisUques sont plus rarement applicables. Les moyens signalés dans le traitement du début, ou dans la méthode abortive, trouvent ici leur emploi. C'est surtout dans le bubon indolent, compagnon obligé du chancre induré, qu'on reconnaît l'action toute-puissante des frictions mercuridles locales, dp i'cniplûlredo Vigo, el surtoutdu traitement général.

Une combinaison bien souvent efficace dans le traitement da bubon indotent non spéciUque, consiste à employer le vésicatoire, l'onguent mercuriel et les cataplasmes, tant qu'on obtient de l'amélioration ; mais dès qu'il y a un sfatu gvo, on laisse sécher le vésicatoire pour recourir» la compression, qui est à son tour continuée tant qu'elle produit de la diminution, et abandonnée de nouveau, si ellereste sans effet, pour revenir au vésicatoire : ainsi de suite jusqu'à guérison ou état stationnaire.

Les bubons indolents indurés, qui ne cèdent pas aux moyens que je viens de signaler , ne sont pas ordinairement sous la seule dépendance de la syphilis ; le plus ordinairement, surtout dans les bubons profonds, c'est à d'autres causes, et en particulier aux scrofules, qu'il faut les imputer. Si les moyens communs appliqués au traitement des scrofules, les amers, les préparations iodurées, l'huile de foie de morue, l'huile iodée d'après le procédé de M. Personne (1), le quinquina, les toniques de toute

(I) Bulletin dflA(:adéititdtntt1<-ntM-.Vim,*Hh, l.XVI.p. tUI,

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espèce à rintérieuri combinés avec un régime et une habitation convenables, restent sans effet, bien qu'aidés des applications directes des fondants, tels que les pommades avec Tiodure de plomb, rhydriodate de potasse, la pommade stibiée, la cautérisation avec la pommade de Gondret, les bains alcalins, iodurés, ou de mer, on peut avoir recours à l'extirpation des ganglions malades, ou en déterminer la destruction, soit par simple suppuration, soit par le caustique.

Mais la dissection n'étant pas toujours facile, ou même possible, c'est aux derniers moyens qu'on a le plus souvent recours. Les maturatifs ou suppuratifs ordinaires sont trop peu énergiques pour réussir ici ; aussi en cherche t-on ordinairement de plus puissants. Les trochisques escarrotiques, peut-être trop abandonnés de nos jours ; le séton , vanté à tort outre mesure comme nouveau ; l'écrasement ou broiement des ganglions malades, un peu trop douloureux et surtout pas assez sûr, que l'on doit à l'ingénieux et savant M. Malgaigne, peuvent, ainsi que le cautère actuel, trouver dans ces engorgements glandulaires rebelles , un temps d'application en désespoir de cause. On a encore proposé les ponctions multiples dans le but de les stimuler pour hâter la résolution. Mais comme moyen plus certain et d'un maniement plus facile, je préfère la pâte de Vienne : avec ce caustique, on emporte les deux tiers de l'étendue de la peau qui couvre les ganglions malades , puis à la chute de l'escarre , qu'on hâte par l'usage du basilicum ou d'un autre digestif, on attaque successivement, couche par couche, les ganglions indurés , en augmentant de prudence en même temps qu'on gagne en profondeur, pour s'arrêter aux limites accessibles ou que bornent des parties qu'on doit ménager. Par cette méthode, on va ordinairement très vite, et les ganglions profonds se résolvent à mesure qu'on détruit les plus superficiels. Toutefois il est des engorgements réputés d'abord bubons vénériens, qui ont subi de telles dégénérations, qu'ils n'appartiennent plus au cadre dans lequel nous devons rester, et qui ne constituent plus que des écrouelles incurables ou des altérations carcinomateuses, que ni le fer ni le feu n'empêchent d'entraîner la mort.

Quoi qu'il en soit, lorsque les bubons indolents suppurent^

DU ROMM.

la ri^solution e»t eiioore possible, et. don» tous Incu, il ne faut pas autant se bâter il'tivaDu^r le pua. Duns ces bubona, plus souvent simples que virulents, on peut un peu plus ta lïvr H la suppuration intérieure, comme propre à fonilre lo rotte de l'engargement, que dans le cas de bubons a\gas.

La suppuration dans les bubons est ordinairement facile ik rcconuûlro ; mais quelquefoi:! elle se faitdans leâ plana profonds, et «lor*. quoique (^^subondanle, elle ne frniichit les masses indurt^es qui la t'ouvrent qu'en traversant des esi>)^ces dechcmi- Di^es, qui ne se décèlent ù lu surface que par de petits points lluctuontd et mous qu'entoure un cercle adhérent et plus dur.

Dès qu'il faut ouvrir un bubon , on doit toujours chercher k éviter l« plus fiossiblc les diffurniit^ d'un» cicatrice trop ttaaduc. On doit donc avoir pour r^le de ne faire que de trte pelileii ouvertures, à moins que le contraire ne aoit néoetaitj par l'abonduicc de la suppuration, le décollement, l'ainiocissenieat considérable et l'altération trop grande de la peau. Dans quelques oos on a pu préférer plusieurs ponctions à une ÎDcision trop étendue. Ce n'est gain que dans les bubons indolents et daiisiesqueU on veut produite m outre un certain degr>5 de slimulation, qu'il faut recourir aux caustiques pour donner iame au pus. Les escarrotiques sont giréférables, quand la peau est trop altérée pour qu'on pui^tse es|>érer te recollement, et cela surtout dans les bubons virulents, la section de la peau par les caustiques exi^osant moins aux inoculations consécutives des lèvres de la plaie que celle faite par l'instrument tranchant.

Quoi qu'il en soit, dans quelques circonstances de bubons avec décollement considérable, l'application répétée de vésicatoireâ, après l'ouverture, a pu amener ia cicatrice, sans la nécessité de l'ébarbement ou de la résection, surtout en ayant le soin de remplir le foyer de poudre de canlbarides pendant quelques jours de suite, et jusqu'à production de bons bourge(His charnus.

Du reste, aprt-s l'ouverture d'un bubon, le loyer at ou simple ou virulent. Dans ce demter cas. ou a affaire à un véritable chancre, et c'est au traitement du chancre qu'il faut avoir ri>-ours-

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