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CHAPITRE PREMIER

DE LA SYPHILIS CONSTITUTIONNELLE [luâs venerea],

La syphilis constitutionnelle, ainsi que je Tai déjà fait observer, reconnaît pour cause l'absorption de la matière virulente» qui est portée dans la circulation commune. Cette forme de la maladie, à laquelle j'ai donné le nom de comiihUionnelle (1), se montre beaucoup plus compliquée que la gonorrhée et le chancre, soit dans ses effets, soit dans les différentes manières dont elle peut être contractée. En général, elle a sa source dans les affections locales que j'ai décrites précédemment, et dont le pus est absorbé et porté dans la constitution. Il parait que le pus vénérien peut pénétrer dans la constitution consécutivement à son application pure et simple, et sans avoir produit d* abord Tun ou Tautre des effets locaux ci-dessus mentionnés» ainsi que je Tai dit en traitant de la formation des bubons; mais cela ne semble avoir lieu que lorsqu'il est appliqué sur certaines parties du corps, telles que le gland, que l'on peut appeler des surfaces semi-iniemei. Je crois qu'il ne peut être

(t) Le mol conslituiionnelle n'est point, à proprement parler, celai qui convient pour désigner 1 afleclion qui nous occupe. En eflet, une maladie constitulionnelle est une maladie dans laquelle toutes les parlies du corps agissent morbidement d*ane seule et même manière, comme dans les fièvres de toute espèce, soit sympathiques, soit primitives. Mais le poison vénérien paraît être seulement répanda dans toos les liquides en circulation, et forcer, si Ton peut ainsi dire, certaines parties du corps à contracter l'action vénérienne, action qui est parraitement locale et qui se manifeste dans diverses parties en suivant une succession régulière en rapport avec le degré plus ou nK>ins grand de susceptibilité des parties pour cette action morbide. Il n'y a doue qu'un pclit nombre de parties qui agissent en même temps, et un sujet peuLôlre affecté constilutionnellemcnt de cette manière, bien que presque toute? SOS fonctions s'»nccomp!i??ent d'one manière parfaite.

J. HrimEs.

BOB fiypmus coNnnvTWNHBLUc.

pompe par les vaisseaux absorbants de la peau saine (1). nutia je ne fais ici qu'exprimer une opinion.

Il peut être porté également dans la constitalion après avoir élé appliqué sur (les ulcères communs, bien qu'il ne rende pu ni! cessai re ment ces ulcères ^vénériens. Il peut aussi pénétrer par une plaio, comme il a été déjà dit, mais je crois qu'il produit toujours préalablement une ulcération dans la plaie.

On a admis beaucoup d'autres modes d'infection , mais je crois que c'est à tort , et il est probable que ces hj-pothèses ont eu pour origine l'ignorance ou la fraude , deux grandes sources d'erreurs dans la maladie qui nous occupe.

H est très probable que l'infeelion générale se fait dès le début de la maladie locale, surtout quand celle-ci est un chancre. En effet, dans la plupart des cas, il y a moins de cliances pour ijue l'infection se produise plus tard, parce que le malade se soumet ordinairement à un traitement, qui, en général, pose une barrière à l'infection . Si cette demibre pouvoit prendre naissance pendant tout le temps du traitement , les parties seraient infectées à des époques différentes , et elles contracteraient l'aclîon morbide dans des temps divers , chacune suivant le moment où elle aurait reçu l'infection , et cela même dans les parties qui sont similaires tant sous le rapport de leur nature que sous tous les autres. Mais comme ces parties similaires ne présentent guère de différence relativement à l'époque oii l'action vénérienne s'y manifeste , il est raisonnable de supposer qu'elles ont reçu l'infection dans le même temps ou à peu de chose près, et que par conséquent aucune infection n'a lieu pendant la durée du traitement , bien qu'on puisse admettre que la faculté d'absorption est aussi énergique alors qu'en tout autre temps.

Lorsque l'infection dépend d'une gonorrhée dans le traitement de laquelle le mercure n'a pas été employé, on peut s'attendre à observer cette différence relativement à l'époque d'apparition des symptômes constitutionnels dans les parties similaires. Mais comme l'infection générale est tris rare après cette maladie , il n'est pas probable qu'on observe de grandes

(I] Ici se trouve dans l'édition de Home; "Au moinflien'MCOBUii

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variétés par suite de cette cause. Toutefois, c'est un point qui mérite d'être éclairci , et Ton pourrait y parvenir eu observant un grand nombre de faits.

Sans prétendre fixer d'une manière exacte les proportions diverses suivant lesquelles la syphilis constitutionnelle s'établit consécutivement aux trois modes d'infection énumérés ci-dessus , je crois pouvoir avancer, d'après ma pratique générale et mon expérience, que pour un sujet qui contracte l'infection générale de la première manière , c'est-à-dire , sans qu'il y ait d'effets locaux de produits , il y en a cent qui la contractent de la seconde manière , c'est-à-dire , consécutivement à une gonorrhée ; et que pour un qui se trouve dans le second cas , on en trouve cent où la troisième cause, c'est-à-dire le chancre, a agi. Sur cinq cents hommes qui ont commerce avec des femmes infectées , peut-être n'en est-il pas un seul qui contracte la syphilis constitutionnelle de la première manière ; de même sur cent qui ont de semblables relations n'en est-il pas un qui la contracte de la seconde ; tandis qu'il n'y en a pas un sur cent qui pût échapper au troisième mode d'infection , en admettant qu'on n'eut pas recours aux moyens capables de prévenir l'infection, c'est-à-dire, au traitement ordinaire du chancre.

Addition de P. Ricord. — La syphiliologie, comme toutes les autres branches de la pathologie , a de tout temps subi sa part d'influence des doctrines en vogue. A toutes les époques , quand un grand système a régné, les syphiliographes se sont empressés de mettre à la mode du jour les traités précédents.

Tantôt , dans ce que Hunter a désigné sous le nom assez généralement adopté de syphilis constitutionnelle, dans ce qu'on a aussi appelé accidents secondaires , consécutifs , généraux , vérole confirmée, etc., on a donné au virus les vaisseaux blancs pour moyen de transport , et la graisse pour réservoir ; tantôt, au contraire, on l'a placé dans l'ensemble des humeurs, comme le fait Hunter, ou on lui a assigné le sang pour véhicule unique, soit qu'il y soit resté en suspension sans mélange intime , soit qu'il ait imprimé à ce liquide une profonde modification. D'un tutre oôté , tandis que le aolidiame n'a cherché que des altéra*-

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