‹ Traité de la maladie vénérienneChapitre 67 sur 84 · syplHMR LrtNsTin TIONVELLIÎ · texte numérisé non relu

syplHMR LrtNsTin TIONVELLIÎ

tiuiiti cH'giiiiiiiuod inatdnellea et sans l'intermédiaire des Inimcur» vtcWes, quelques métaphysiciens et des vitalistes purs n'ont voulu voir que des effets sympalliiques ordinaires, ou le résultat il'uu fluide électro-syphilitique expanaif.

Mais sans noua perdre dans le champ des hypothfcaes , desquHles rotre siècle, plus positif, tend de plus en plus k s'éloigner, à côté des propositions principales de iluiitcr, je placerai les propositions suivantes :

La syphilis constitutionnelle est le résultat de l'absorption du virus syphilitique.

Ilnepfiutpasy avoird'ftbsorptionsansulcérationpréttlnWf. Le chancre est l'antécédent obligé, quels que soient les symptômea qui le dévoilent ou le masquent. Depuis Bernardin Tomatïno, les assertions de Hunter, de Fahre, de D. Bell, etc., n'ont rien prouvé en faveur de la vérole constitutionnelle d'emblée. Il n'est pas une observation qui, avec nos connaissances du jour, neeoit contestable. Les chiffres proportionnels de Hunier prouvent que le fait exceptionnel qu'il croyait avoir observé n'était qu'un fait apocryphe ou mal expliqui'.

Ce n'e«t que par voie d'hérédité qu'il peut y avoir syphilis constitutionnelle, sans chancre préalable.

L'expérimentation a prouvé qu'il n'y avait aucun tempérament, ou aucune idiosyncrasiu réfraclaiie à l'action primitive du virus syphilitique.

L'observation la plus attentive a dômontré, contrairement imx assertions de Hunter et aux fauteurs des mêmes doctrines, que tout le monde n'est pas susceiilible de subir l'empoisonnement générât ; les constitutions, les tenjpéraments , les âges, les sexes , n'expliquent point cette immunité.

L'expérience a cependant appris que l'individu déjà atteint de syphilis constitutionnelle n'est plus apte à contracter une nouvelle infection générale : aussi , chez lui , si de nouveaux chancres surviennent , ils ne présentent plus l'induration spécifique

Il y a trois choses à considérer dans la syphilis constitutionnelle : la prédisposition individuelle, relative ou absolue, et sans laquelle l'empoisonnement ne saurait avoir lieu ; la diathèse, ou la modification que le tempérament a subie par le fait

SYPHILIS C0N8TITIT10NNELLE. 559

de cet empoisonnement , modification particulière qui peut persister un certain temps sans manifestation ; et enfin les divers accidents constitutionnels.

Si les dogmes de la médecine humorale étaient jamais perdus , rhistoire de la syphilis suffirait pour les rétablir. En effet, dans cette maladie le sang se charge du principe toxique , et les tissus, soumis alors à une nutrition vicieuse , s'infectent , s'altèrent d'une manière successive et régulière , et en quelque sorte par ordre de vitalité.

Cependant, pour le développement des symptômes constitutionnels , il faut quelque chose de plus que la diathèse syphilitique ; car, sous spn influence seule , on peut rester longtemps sans production d'accidents secondaires , et la manifestation de ceux-ci dans des points différents, sur divers individus ou sur un seul, à différentes époques ou dans un même temps, prouve la nécessité de causes adjuvantes.

Il faut donc que l'intégrité des fonctions soit accidentellement rompue, pour que, sous l'influence de la diathèse syphilitique, il survienne des symptômes secondaires , que des conditions physiologiques, hygiéniques ou thérapeutiques peuvent retarder ou définitivement empêcher.

Aujourd'hui qu'un grand nombre d'accidents primitifs sont abandonnés à eux-mêmes sans traitement, on peut mieux ob* server Tépoque d'apparition et la filiation régulière des symptômes de la syphilis. Lorsque rien n'entrave ou ne dérange la marche de la maladie, elle se compose toujours de trois périodes, savoir : de l'accident primitif, suite de la contagion directe et susceptible de s'inoculer sans pouvoir se transmettre par voie d'hérédité ; des accidents secondaires , conséquences de l'absorption et transmissibles par voie d'hérédité, sans qu'ils soient inoculables ; et enfin des accidents tertiaires, qui non seulement ne s'inoculent plus , mais qui ne sauraient se transmettre par voie d'hérédité avec leur physionomie spéciale, et qui, en vertu d'une sorte de dégénérescence ou d'une modification de la syphilis, sont peut-être une des sources les plus fécondes des scrofules.

Les accidents primitifs se montrent tout de suite après la contagion et dans le temps d'évolution que j'ai autre part indi-

S60 SYPHILIS CONi.TlTL*TlvSNn.î.E,

une ; les ttecondairea arrivent rnreinEnt aviint U troiai«m« fiemaine qui suit l'apparition des accidents primitifs , et plus rarement encore aprcs le sixième mois ; tandis que tes terbaire:! ne paraissent presque jamais avant le sixième moiâ et peuvent ne se manifester pour la premi&re fois qu'après plusieurs

Le chancre et ses diverses modilications ou variétés constituent les accidents primitifs.

Aux accidents secondaires se rapportent certaines afTections de la peau, de quelques points des muqueuses, ainsi que de leurs dépendances ; et des états pathologiques particuliers des jeux, des ganglions lymphatiques, etc. Eii&n des altérations BpiSciales du tissu cellulaire aous-cutant! ou sous-niuqueux, dtr» testicules, des tissus Ëbreux et osseux et des organes profonde, composent les accidents tertiaires, iii l'on i^lail en droit d'admettre un temps d'incubation dans les maladies syphilitique*!, comme l'entendait Jacques Cntance, on ne pourrait considérer cuintne tel que celui qui sépare l'accident primitif des symptômes constitutionnels.

Un traitement convenable de l'accident primitif peut empêcher la production des accidents secondaires et tertiaires. Très youvent après la guérison du premier, il n'arrête que les seconds, ce qui explique, chez les malades qui ont pnsdumercnie, la production tardive des maladies du périoste ou des oa , par exemple, sans le chaînon intermédiaire.

L'accident primitif, une fois guéri, ne peut pas se reproduire, à moins d'une nouvelle contagion. Les accidents secondaires et tertiaires peuvent se montrer à plusieurs reprises et à des temps différents, pendant des périodes qu'on ne saurait limiter.

Ce n'est que dans les cas ou il y a eu des traitements faits, qu'on a pu observer une interversion apparente dans l'ordre de succession des accidents secondaires et tertiaires.

Après la production des accidents constitutionnels , les conditions diathèsiques peuvent avoir cesse, soit spontanément et par le vis natiircr, soit par !e fait d un traitement approprié, et les accidents persister encore sous l'Jntluence de circonstances pureirieiit locales, comme ou l'observe dans beaucoup de cas de maladies des os en partii;ulier .

$ Z, B« U BAlw« def pUûef oa nloèret ifui dérivent de le lyphilif

eoBftîHitM»iielle.

Le Rang étant infecté par son contact avec du pus vénérien véritable » on pourrait naturellement supposer que les effets locaux qui sont le résultat de cette infection doivent être de même nature que les effets locaux primitifs d*où ils tirent leur origine ; mais d'après Tobservation et Texpérience , j'ai tout lieu de croire qu'il n'en est rien.

Si l'on approfondit ce sujet, on voit d'abord que les effets locaux qui dérivent de la constitution sont tous d'une seule espèce , c'est-à-dire que ce sont tous des ulcères , quelle que soit la surface sur laquelle ils se manifestent » que ce soit la gorge ou la peau. Or, il n'en est point ainsi dans l'application locale du pus de la gonorrhée et du chancre ; les effets produits par cette application varient suivant la nature des surfaces. Si le pus qui a pénétré dans la constitution agissait en vertu des mêmes principes spécifiques que celui qui est appliqué à lasur* face du corps , il produirait des gonorrhées lorsqu'il attaquerait des conduits muqueux, et des ulcères ou des chancres quand il exercerait son action sur d'autres surfaces : mais on n'a jamais démontré qu'il eût existé une gonorrhée ayant son point de départ dans la constitution, bien qu'on Tait soupçonné. En effets on a considéré comme provenant d'une infection constitutionnelle quelques gonorrhées, dont l'origine n'était pas bien claire et qui n'avaient pas cédé facilement aux moyens ordinaires de traitement. Lorsque la syphilis constitutionnelle affecte la bouche ou le nez, on la considère toujours comme produisant un véritable chancre. Cependant, même dans ces cas, les ulcères différent beaucoup des chancres dans leur mode d'apparition. Le véritable chancre, ainsi que je l'ai dit, produit une inflammation considérable, qui amène rapidement la suppuration et qui souvent s'accompagne d'une vive douleur ; les effets locaux qui émanent d'une infection constitutionnelle sont lents dans leurs progrès, s'accompagnent de peu d'inflammation et ne sont que rarement ou jamais douloureux , si ce n'est dans certaines parties. Toutefois cette lenteur dans l'évolution des effets du poison est plus ou moins prononcée suivant la nature des par-

06S svMULm «MwrnvtiomiBua.

lîfs qui deviennent maliides ^ car lorsque ce st>nt les amygdale», )a Inetle, on le wx, qui sont «flect^, les progrfes de la maladie sont rapides . et l'aspect exti:neur des ulcères »e rapproche plus d# r«)ai da clianure que lorsque l'aclioD morbide a U pean pour sié^ ; oepefidiml je ne crois point qoe l'inflammattOD soit aussi tnt«mse dans ces aicè/eâ que dans les chancres qui s'nkirenl arec une vileâse ^gale.

On a sopposé que tous les liquides qui sont sicrHés da wmng infecté ptsrent être altérés au point d'être rirulentade U mfme manière que lui, et que tes parties de la gé]>ératioo, qoi sfwt nalwelkinent exposées i snbif l'inâuence du rirus vénénn dans son application prinàtive. sont su)eiteâ de mfoeà sooflm •ea ravages dans son retour sur ces parties aprte avoir pareonra lansemble de réL-onomie. Aîdgî, on a sappoeé qtie les testicalei et les vocales séminales peuvent être «fferlés par la ■■!»die ; que le sperme peut devenirrén^fien.coBiiBaniqaerlaBaW dit à d'antres personnes, et mène, dans l'acte de la f^cctMlatâ», produia w) liatiis v4ro)é. Hais tontes ces hypotlièses sool sam (badaiuMit ; autrement, chez nn sajet atteint de syphilis ccmstîtntiiinnelli-. ai..' .. ■ - r:^." Jv ^écréU0I'. v.e serait exemple de gonorrfaée. tonte plaie serait Qn alc^re vénérien. Contraireatent àtoatesoes idées, les sécrétions sont les mêmes qu'auparavant ; et si une plaie est produite dans une partie saine par tonte aiiti« cause que la maladie qui nous occupe, cette plaie n'est point vénérienne, et le pus n'est point \im!ent. bien qu'il soit sécréta du même sang que le pus des ulctres vénériens.

Ou peut objecter cwilre ma doctrine. la s .îive des chiens enragés, qui est une sécrétion naturelle r«idae viniletite. C'est an phénomène dont il est facile de se rendre compte, et Isa poarrait à plus juste titre s'en s-^rrir |x>ar eiaver l'cpiaien q«e je défends. Cbet le chien enrap*. les g larnies salrraires sont )e àéf« d une itnuu.'n qui est f-artx'iijére à i"hrdr»fhtffcic ; nais (e* autre» sécrétions naturelles du ivêrre animal re peavent paa t«MaBmr>K]uer I tr^evU^^n- parce q-je 'irs crises qai les predatâetiinest.Tt passastvpti'titsdelini'xe irrrUtiiT. spenÀ]ae.

On Sïipç*>se ^iSi? ' haW.re et !a s:;-~r r-.v.rrt avec eiles la œnta^« ; «■ crwt qw le lait des mair.e<'>es peat fVBtewr le yasHa timéntim. et aUrelet l'enfant qailesac*. Uaiapl

SYPHILIS CUNSTITITIONNELLK. 663

raisons renversent ces hypothèses. D*abord, 1 observation apprend qu'aucune sécrétion n'est affectée par ce poison, à moins que l'organe sécrétant n'ait été préalablement affecté par Tin* flammation ou irritation vénérienne, ou n'ait contracté son mode spécifique d'action. En outre, si l'organe sécrétant était infecté de manière à produire un pus semblable à celui qui est fourni par un ulcère de la gorge, ce pus ne serait point virulent, et ne posséderait point la faculté de communiquer la maladie, ainsi que je le démontrerai plus amplement ci-après. Enfin, le véritable pus vénérien, lors mênie qu'il est ingéré dans l'estomac, n'affecte ni ce viscère, ni la constitution, mais est digéré, ainsi qu'on le voit évidemment dans les deux observations suivantes : Un homme atteint de chancres qui suppuraient abondamment avait l'habitude de se laver les parties malades dans une tasse à thé, avec du lait dont il imbibait un peu de charpie, et il laissait ordinairement la charpie avec le lait dans la tasse. Un petit garçon de la maison déroba le lait et le but ; mais on ne put savoir si la charpie avait été avalée ou non. Le malade ne fit connaître ce qu'il en était ni a l'enfant ni à sa famille ; mais à l'insu de celle-ci, il surveilla très attentivement la santé de cet enfant pendant plusieurs années. Il ne survint rien qui put donner le moindre soupçon qu'il eût été affecté de la maladie vénérienne, soit localement, dans l'estomac, soit conatitutionnellement.

Un autre malade était atteint d'une violente gonorrhée, re« marquable par l'intensité de l'inflammation et l'abondance de l'écoulement. Il avait aussi une cordée, qui était très pénible pendant la nuit. Afin de rafraîchir les parties et de les tenir propres, il avait auprès de son lit un petit bassin rempli de lait, dans lequel, quand la cordée était trop douloureuse, il plongeait sa verge ou la lavait. Il répétait fréquemment cette opération pendant la nuit. Pendant qu'il était atteint de cette maladie, il laissa coucher avec lui une jeune femme qui était accoutumée à avoir auprès de son lit un bol de thé, qu'elle buvait le matin avant de se lever. Malheureusement, elle se trompa un matin, et avala le lait au lieu du thé. Cet événement ne fut connu qu# lorsqu'elle se leva, c'est-à-dire au bout de cinq ou six heofiee. On m'envoya chercher inunédiatement, et en même tempe eUe

501 iVPHlLB C0^•STlTlT10JÎ^■ElL6.

s'efforça de vomir, mais sans pouvoir le faire. Je prescrivis de l'ipécacuana qui opëra lentement. Elle vomit, mais ce. ne fut qoé plus de huit heures apri.'s avoir bu le lait, et elle ne rendit rieo autre ohose que de l'écume, des mucosités ou de l'eau ; le lait avait été digéré. Je surveillai attentivement les suites de cette méprise, mais il ne survint rien d'extraordinaire, au moins pendant plusieurs mois (1).

On suppose aussi que le fœtus renfermé dans la matrice d'une mtre vérolée peut recevoir d'elle l'inFection. Je suis très porté à en douter, tant à cause de ce que l'observation nous a appris sur les sécrétions, que parce que le pus qui est prodait par l'inflammation syphilitique constitutionnelle n'est point capable de communiquer la maladie. Toutefois on conçoit que l'enfant, dans le sein de sa mëre atteinte de maladie vénérienne, puisse être affecté, non, il est vrai, par suite delà maladie de sa mère, mais par une partie du môme pus qui a. infecté la mère et qui a été absorbé par elle ; ce pus, en effet, soit tiprèe avoir fait naître l'action syphilitique dans les tissus de la mère, soit sans avoir produit celte action, peut être porté à l'enfant tel qu'il a été absorbé, et développer chez lui ia même action morbide qu'il a développée ou qu'il eût développée chez la mère.

On a été plus loin encore. On a supposé qu'un enfantinfecté de cette manière peut communiquer l'infection aux mamelles d'une femme saine en Utctant; voyons si cette transmission est possible. Il est à remarquer que le sang même d'un sujet syphilitique n'a aucune qualité contagieuse, et ne peut, par l'inoculation, donner la maladie ù un sujet sain. Si ce sang pouvait faire naître dans une plaie saine l'inflammation syphilitique, aucun sujet ayant la matière vénérienne en circulation, c'està-dire, ayant la syphilis constitutionnelle, ne pourrait ëviteron ulcère vénérien toutes les fois qu'il serait saigné ou qu'il se fe-

(t) Ces deui observalions, conrormes i tout ce qu'on sait de positif sur le mode de Iransmission de ia sypinlis et à ce qu'a prouvé l'eipérimentation, sont bonnes à rapp«l«r, à une époque où l'on s accueilli sans commentaire l'observation d'un homme qui, pour se veog«r de n femme inlidèle el punir son amani, nna^nid de lui communiquer uae bleuQorrhagie en lui faisant prendre du Idil auqupl. toud les maiÎDS. il aJonUildumuco-pus blennorrhagiquo provenant d'un écouleoieat qu'il avait contracté h ceu« mdIs Bd t P. Rumo.

raît une égratignure avec une épingle ; les petites plaies ainsi produites se transformeraient en autant de chancres. En effet, que le pus vénérien soit placé à la pointe d'une lancette ou d'une épingle, les piqûres faites avec ces instruments deviennent des chancres.

ÀDomoN DE P. RicoRD. — Hunter a parfaitement raison , lorsqu il affirme que les accidents secondaires de la syphilis sont différents des accidents primitifs ; mais cette différence est moins dans la forme matérielle que dans la qualité des sécrétions morbides. En effet, Taspect d'un ulcère, son siège, l'époque de son apparition, le plus ou moins d'inflammation qui raccompagne, et l'appréciation du mode d'action de la cause présumable qui le produit, peuvent souvent tromper ; mais les qualités du pus, inoculable dans le seul cas d'accidents pri« mitifs, ne tromperont jamais pour établir la différence. Qui oserait, aujourd'hui, dire que les effets locaux de la syphilis constitutionnelle sont d'une seule espèce, et toujours des ulcères lents dans leur marche et indolents , tandis que les accidents primitifs qui, selon le siège, se montrent ou sous la forme de la blennorrhagie , ou sous celle du ciiancre, s'accompagnent constamment dans leur marche plus rapide, d'inflammation et de douleur î En effet, quand on réfléchit bien à ce que j'ai déjà eu occasion de dire relativement aux accidents primitifs, à la diversité des tissus que peut affecter la vérole constitutionnelle, et aux formes secondaires ou tertiaires qui peuvent résulter du siège, des fonctions physiologiques des organes devenus malades, de la période à laquelle on observe l'accident, des com« plications possibles et des influences imprimées par une foule de modifications souvent appréciables, mais quelquefois inconnues, on reste convaincu que la rogle générale posée par Hunter est susceptible de trop d'exceptions pour n'être pas mise en doute bien souvent.

Ce qui est vrai, c'est que les humeurs, dans la vérole con* stitutionnelle, ne jouissent pas des mêmes propriétés que le pus de l'ulcère primitif, qui seul peut s'inoculer. Ainsi, comme Ta très bien démontré Hunter, ni le sang, ni la salive, ni le lait, ni les iiieafBt ni le sperme d'une personne infectée ne peuvent

B4fl syI>UlLI3 CONSTm^TlONTOttS.

contaminer les tissus sur lesquels on les dépose ; et c complément des excellentes raisons et des Ijoiines obsejTatJoMi de Hunter, j'ajouterai tea résultats encore plus positifs de l'e pérîm en talion : l'inoculation, dans ce cas, a toujours (Sié n(gV ' tive. Si l'on a pu croire à l'existence de faits opposas à celle doctrine, c'e^t que ces faits avaient éti^ mal appréciés, quelle qQe eoit l'autorité du ncm qui les appuie, niême celle de Bell. Sans doute que de la salive ou du sperme qui, en passSHl sur un ulcère primitif, s'imprègne de pus inoculable, poniï donner lieu aux résultats de l'inoculation ; mais, sans ce mé^l lange direct indispensable, il resterait sanseffets.

Cependant le sang, qui fournit les mêmes résultats, est | véhicule du virus que produit l'accident primitif. MaiscomU nous l'avons vu ailleurs, dès que le virus est entrattié par tl circulation sanguine, il subit une moditicatioii en vertu de 1< quelle il nepeutpluss'inoculer,et s'il agit alors sur l'indÎTida Id nuéine, ce n'est en quelque sorte qu'en passant par le crible de» grgfanes. qui ne s'affectent, dans cette nutrition vicieuse, qu'en raison de cerlaines susceptibilités inhérentes, soit à leur structure, soit ù leur siège, à leur fimctiori, ou soit encore, et le plus ordinairement, en vertu des causes adjuvantes nécessaires sans lesquelles aucun accident n'a lieu ; causes qui expliquent l'époque du développement, le siège relatif, la forme, etc., dcs Symptômes secondaires che;; les différents individus.

Par le fait encore de l'empoisonnement du sanç , et sous l'influence d'une nutrition viciée, on explique, comme le pressentait bien Hunter, malgré ses doutes, la transmission de la syphilis constitutionnelle de ta mère à l'enfant; transmission aujourd'hui prouvée et incontestable, car elle est démontrée par l'observation simple et directe des faits, et n'a pas besoin, comme dan? le cas d'hérédité directe du père à l'enfant, sans que la mère ait été ostensiblement malaile, de garanties uniquement morales fournies par ctlles-ci et qu'on peut très soo- Tent contester.

S n. OompRraiton du pai qui «1 fourni par le« ulcèrei da 1« lyphîlif conititatiomirlle arco celui qui proiirnl dri chanerci «t du ^boa*.

Quand le pus affecte la constitution, il jinuluil consécutivement, dans diverses parties du corps, pluricura eftil locaux

STPHIUB CONSTITUTIONNELLE. 567

qui consistent en une espèce d'inflammation, ou au moins dans un accroissement d'action qui donne lieu à une suppuration sut generis. On suppose que le pus qui est produit par ces inflam* mations, semblable à celui qui provient de la gonorrhée ou du chancre, est également vénérien et virulent. Je crois qtie cette opinion n* a jamais, jusqu'à présent, été combattue : et An pMmier abord , on pourrait être porté à admettre qtlë te ptis en question est réellement vénérien, car, d'un côté, le pus Véné* rien en est la cause productrice, et d'un autre, c'est lé même agent thérapeutique qui guérit les deux maladies : ainsi ^ le mercure guérit le chancre et la syphilis constitutionnelle ; cependant c^tte circonstance n'est point Une preuve déciliivé^ car le mercure guérit plusieurs autres maladies qui ne sont point vénériennes. Mais, d'un autre côté, il existe plusieurs raisons puissantes pour croire que ce pus n'est point vénérien. Il y a un fait curieux qui démontre que ce pus n'est point véné" rien, ou que s'il l'est, il n'a pas la faculté d'agir, à certains égards, sur le même individu ou dans les mêmes conditions do la constitution, de la même manière que le pus qui est produit par un chancre ou par une gonorrhée : lorsque le pus produit par ces dernières affections est absorbé, il détermine généralement la formation d'un bubon, ainsi qu'on l'a vu plus haut ; mais jamais on n'observe qu'il naisse un bubon de l'absorption du pus provenant d'un ulcère qui dépend d'une syphilis constitutionnelle. Par exemple, lorsqu'il y â un ulcère vénérien dans la gorge, il ne se forme aucun bubon dans les glandes dit èoli ; lorsqu'il y a des ulcî'res vénériens sur les bras, ou même des nodus en suppuration sur le cubitus, on ne voit survenir aucun gonflement drs glandes de l'aisselle ; au contraire, ces gonflements glandulaires ont lieu si l'on applique du pus vénérien récent sur un ulcère commun du bras, de la main ou des doigts. Aucune tuméfaction ne se manifeste dans les glandes de l'aine consécutivement aux nodus ou aux taches syphilitiques des jambes et des cuisses. On peut supposer que ces ulcères ne donnent lieu à aucune absorption ; mais une telle supposition ne me parait nullement fondée.

Dans les cas d'infection générale, le mode d'irritation ou TactiMl des parties affectées diffère beaucoup du mode d'irritation

ni pu tutio» C

5tô SypHUJS CONSnruTIONNBEUI.

oa de l'action moriiide qui est propre au change, i la rhée, ou au bubon, car les symplômes constitutionnels s'occi pagnent à peine d'inflammation, tandis que les symptôi primitifs en présentent généralement une intense.

On pourrait croire qu'un sujet dont ta constitution est réell nient et universellement affectée par la syphilis ne peut affecté localement par du pua de même nature. Mais il pai résulter des expériences suivaiiles. que le pus d'une gonorrh^ ou d'un chancre peut affecter localement un homme qui est déjà atteint de syphilis constitutionnelle; et que le pus fourni par des ulcères vénériens qui ont leur origine dans la constitution ne jouit point de la même puissance.

Un homme avait été affecté longtemps de la maladifl véi rienne, et avait salivé plusieurs fois; cependant la tnah éclata de nouveau. Il entra à l'hôpital Saînt-George, pr< tant un grand nombre d'ulcères syphilitiques constitutionneW Avant de le soumettre à un traitement mercuriel, je fisl'expé rience suivante : Je recueillis un peu de pus de l'un des ulcères sur la pointe d'une lancette, et je fis sur la région dorsale, dans un endroit ou la peau était lisse et saine, trois petites pl.iies assez profondes pour qu'il sortît un peu de sang. EnraiLe, avec une lancette propre, je fis une quatrième plaie semblable aux trois premières. Ces quatre plaies occupaient les quatre angles d'une surface carrée. Elles guérirent toutes également, et il ne resta de traces d'aucune d'elles.

Cette expérience, que j'ai répétée plusd'unefois, et tonjoars avec le même résultat, démontre qu'un sujet atteint de syphilis constitutionnelle ne peut être affecté localement par le pus qui provient des ulcères produits par cette maladie. Mais voulant savoir si le pus vénérien primitif peut produire des chancres sur un sujet syphilitique, je fis l'expérience suivante.

Un homme qui avait des taches vénériennes ulcérées sur plusieurs parties du corps fut inoculé sur les parties saines de la peau avec du pus d'un chancre et avec du pus provenant de ses propres ulcères. Les plaies ou l'on avait introduit du pas fourni par un chancre devinrent des chancres; mais les autres se gupriri.nt. Voilà donc une constitution syphilitique qui a pa être affectée localement par du pus vénérien récent. J'ai répM

également cette expérience plusieurs fois, et toujours avec le même résultat.

Je fis inoculer un malade, à Thôpital Saint-George, avec du pus recueilli sur un ulcère vénérien de la gorge bien caractérisé, et avec du pus provenant d'une gonorrhée. Les effets furent semblables à ceux de l'expérience précédente, c'est-à-dire que le pus provenant d'une gonorrhée produisit un chancre, mais que celui qui avait été pris sur l'ulcère de Tamygdale ne produisit rien.

Une femme, âgée de vingt-six ans, entra à l'hôpital Saint- George, le 21 août 1782, portant des ulcères sur les jambes et des taches sur le corps. Son mari lui avait communiqué la maladie vénérienne en décembre 1781. Elle avait présenté alors pour symptômes un écoulement vaginal et un léger gonflement des glandes de l'aine, accompagnés de douleur. Elle avait pris quelques pilules qu'on supposa être des pilules mercurielles. En février 1782, environ trois mois après l'infection, l'écoulement s'arrêta; mais la tumeur glandulaire, qui n'avait cessé de s* accroître graduellement depuis sa première apparition, était alors en pleine suppuration. La malade employa localement un onguent qui lui fut donné par son mari, et au bout de deux mois, en avril 1782, l'affection locale se guérit. Après la guérison du bubon, l'écoulement vaginal se reproduisit, et elle fit usage des pilules qu'elle avait prises précédemment, mais en plus grande quantité. Après cette époque, il lui survint des taches sur tout le corps ; quelques unes qui étaient situées sur les jambes, sur les bras et sur les mamelons, s'ulcérèrent. Deux jumeaux qu'elle avait eus à huit mois, en mars 1782, lorsque le bubon était en voie de cicatrisation, portaient des taches sur le corps au mo« ment de leur naissance, et moururent bientôt après. Une petite fille d'environ deux ans, qu'elle allaitait, était aussi couverte de taches quand elle entra à l'hôpital.

Pour constater si les ulcères secondaires de cette femme étaient contagieux, c'est-à-dire si le pus provenant de ces ulcères pouvait produire les effets spécifiques du pus vénérien, je lui inoculai du pus recueilli sur un de ses propres ulcères et du pus provenant d'un bubon développé chez un autre malade qui n'avait point encore fait usage du mercure. Cette expérience fut faite le'18 sep-

970 stPHtLIs CONSTlTuTIONTiRUA.

tembre 1782. Le 19, la piqûre dans )ai]ue]le on arsit il du pus provenant de la malade elle-même élail (leienoE loureuse trois heures aprës i'înopulatinn, el elle s'enflamnia od peu le jour suivant. L'autre ne s'était pas enflammi^e dn lonti

Le 20 seplembre. les deux piqûres avaient suppuré, rt of« fraient l'aspect extWeur d'une pustule variplique ; ellM ê'fteti' «tirent consid^rablemeiit, et e'nccompairnèrf'nt d'une tIvp inflammation. Celle qui avait reçu le pus appartenant à la maladese guérit BOUS Vinlluence descata[ilasmesordinaireselde8ongiiKill BBns mercure ; mais l'autre, bien que traitée de le ni^e mihière, resta dans Ib même état, s'accompagnant de beauooop dé douleur et d'intittmnmtion.

Le 32 septembre, l'enfant fut inoculé avec du pus pravenurt de aes propres ulcères et avec du pus ordinaire. Les deux piqûres e'enfiammèrent légèrement, mais ni l'une ni l'aulre ii« suppura.

La mëre et l'enfant furent placés, le 31 octobre 1782, dans la selle destinée aux traitements mercuriets. L'enfant ne prtt point de mercure. On crut remarquer que oe^ gencives devinrent un peu malades, et ses tui;hea ^e gut^rirenl Pendant que la mëre faisait usage du mercure, l'ulcère produit par l'inécnlation prit une marche favorable et tous les symptômes vénériens disparurent.

Que conclure de ce fait* Les taches étaient-ellea vénériennesT Toutes les circonstances connues de Ibistoire de eettt maladie nous portèrent à le penser, et cette opinion ftlt corroborée par l'influence du traitement. Si elles étaient réellement vénériennes, on trouve dans cette observation une preuve à l'ap» pui de ma doctrine, qui admet que les symptômes cottstitQtionnels de ta syphilis ne produisent point un pus semblable i celui d'oii ils tirent leur origine. Si elles n'étaient pd3 vénériennes, alors nous n'avons aucune r^gle absolue pour dirige notK jugement dans les cas de cette espi-ce.

On a pensé et affirmé d'après l'observation, que des nlcèrCa formés dans la bouche d'un enfant pnr suite d'une syphilis cottstitutionnellfi que l'on a supposé provenir de ses parents, peW^ vent faire naître la même maladie sur les mamelims de la FemtM qui lui donne à teter ; c'est-à-dire que les c

STPHILtS COysmUTIONlIBLLE. 671

infectés par leur mère ou par leur père ayant la maladie sous forme de syphilis constitutionnelle , ce dont je me suis efforcé de démontrer l'impossibilité. Si l'infection était possible une seule fois de cette manière , elle serait possible un nombre de fois indéfini (I).

Je ne sais jusqu'à quel point les observations qui servent de base à l'opinion ci-dessus mentionnée ont été faites avec assez d'exactitude pour détruire celles que j'ai faites moi-même dans la vue de découvrir la vérité. Mais ayant soumis à une investigation plus attentive quelques uns de ces cas qui étaient considérés comme vénériens par la plupart des hommes de l'art, il m'a paru évident qu'ils ne l'étaient point. Expliquer ce qu'ils étaient , ce serait entrer dans l'étude de maladies étrangères à notre sujet. L'observation suivante contribuera à diminuer notre confiance dans les récits de ces cas prétendus vénériens.

Avant de rapporter cette observation , je vais d'abord donner quelques renseignements qui s'y rattachent directement.

Il s'agit d'un enfant que l'on supposait avoir communiqué la maladie vénérienne à sa nourrice. Ses parents étaient mariés depuis douze ans quand il naquit. Son père était un mari très tendre > et sa mère était une femme douce et très affectueuse. Le père avait eu une gonorrhée vénérienne deux ans avant son mariage, c'est-à-dire, quatorze ans avant la naissance de l'enfant. Neuf mois environ après leur mariage, ils eurent un premier enfant» et plus tard un second, qui tous deux avaient une belle santé au moment de leur naissance et sont encore dans les mêmes conditions. La santé de la mère s'affaiblit, et à sa troisième grossesse , elle fit une fausse couche à la fin du cinquième mois. Le quatrième enfant naquit à sept mois ; il était petit , faible, et était à peine recouvert d'épiderme en venant au monde. Immédiatement après sa naissance , il fut atteint d'une violente dyssenterie qui le fit mourir en peu de jours , et son eorps fut ouvert par moi. Toute la peau ne présentait presqte qu'une surface excoriée ; les intestins offraient de l'épaississe* ment et des traces d'une forte inflammation. A force de soins , cette femme réussit à porter son cinquième enfant jusqu'au hui-

(4) VoysB las notes et additions de la septième partie.

573 SYPHtUS CONSTmiTIONNSUS.

tiëme mois , et l'on conçut l'espoîr qu'elle poumit aller jiisqa'i terme, et que ccl enfant ocrait mieux portant que le précèdent. Au moment de sa nnî&sence l'enfant i^taîl U'oa chijtif, mais il ne présentait aucune maladie appréciable. Quelques jours après sa naissance, son corps se couvrit, dans un grand norabre de points, de vésicules remplies d'une espace de liquide, et qui en se rompant laissaient écouler un pus clair. Les mêmes vésicules se formèrent dans l'intérieur de la bouche. On administra da quinquina à ta nourrice. On fit avaler à l'enfant du quinquina dans du lait, et l'on fit sur son corps des fumenlations avec décoction de quinquina. Mais trois semaines après sa naissai l'enfant mourut.

Quelques semaines après la mort de cet enfant, la tnamt* Ion (1) de la nourrice et son aréole s'enfiammlTeiil, et il s'y forma des ulcères à base circonscrite. On traita ces ulcèrea par des cataplasmes, mais sans succès. La malade se plaignit ausâ d'avoir mal à la gorge ; mais la sensation morbide accusée par elle avait son siège si bas dans le pharynx , que l'on ne put constater s'il existait une affection locale. Les glandes de l'aisselle se lumélièrent, mais elles ne suppurèrent jioint. La malade s'adressa à un médecin qui, d'après le récit qu'elle lai fit, afSrma que sa maladie était vénérienne , et qu'elle avait donn^ à teter à un enfant pourri. Il lui ordonna de faire des frictions sur les jambes et sur les cuisses avec dix pots d'onguent mercuriel, dont huit avaient été employés lorsque je la vis, et alors sa bouche était grièvement affectée.

Ces faits vinrent à la connaissance de la famille , qui prit l'alarme. Le mnri alla de chirurgien en chirurgien et de médecin en médecin , demandant s'il était possible qu'il eiit conservé en lui la maladie vénérienne pendant quatorze ans, sa» en avoir jamais offert un seul symptôme pendant tout ce temps, et s'il était possible qu'il donnât le jour maintenant à des enfants atteints de la syphilis , quand ses deux premiers enf étaient parfaitement sains. Il voulait aussi savoir si sa pouvait avoir gagné la maladie de lui dans de telles conditions , et si elle pouvait mettre au monde des enfants atteints de cette

(() Elle n'avail qu'un sein qui donotl do lait.

SYPHILIS CoNr^TlTïTIONNEM.E. 578

maladie» bien qu'elle -même n'en eût jamais présenté un seul symptôme.

Si l'on considère toutes les circonstances ci-dessus mentionnées comme des faits réels , on doit en conclure qu il n y avait rien de vénérien dans le cas en question. Mais comme elles ne pouvaient être établies d'une manière absolue, il doit rester du doute dans l'esprit, et il y a encore quelque chose à prouver.

Examinons maintenant le résultat de ce cas. Lorsque je vis la nourrice pour la première fois , sa bouche était grièvement affectée par le mercure. Je désirai que Pott la vit avec moi , et nous fdmes d*avis tous deux que les ulcères situés sur le mamelon et à l'en tour n'étaient point vénériens. Mais il fut allégué que comme elle avait pris du mercure , on devait attribuer à cette circonstance l'absence de tout caractère vénérien dans les ulcères. On administra le quinquina et la salsepareille , mais les ulcères ne changèrent ni en bien ni en mal , et la bouche ne 8*améliora point par la cessation de l'emploi du mercure. Je prescrivis la ciguë , mais ce médicament ne parut avoir aucun effet. En même temps , une éruption se manifesta sur la peau ; la peau des mains et des pieds se détacha, les ongles des doigts et des orteils se séparèrent, et il se forma à leur racine des ulcères qui furent considérés par plusieurs médecins comme syphilitiques. Mais je repoussai cette opinion en considérant que quelques uns de ces ulcères apparaissaient dans le temps même où la constitution était saturée de mercure , tandis que d'autres disparaissaient sans que l'on continuât l'usage de ce médicament. Nous soupçonnâmes que le genre de vie de la malade contribuait beaucoup à la continuation de sa première maladie et était la cause productrice des nouveaux symptômes , car elle était pâle et abattue. On lui conseilla d'entrer à l'hôpital, ce qu'elle fit. Dès qu'elle fut couchée dans un lit bien chaud, qu'elle eut une alimentation bonne et saine, son état commença à s'améliorer, et au bout d'environ cinq ou six semaines elle était grasse et presque entièrement rétablie ; seulement Tulcère qui était situé vers la racine du gros orteil n'était point cicatrisé: mais ce retard provenait évidemment de ce que la racine de cet ongle, qui étût détachée, agissait comme un corps étrangir. Jm malade quitta l'hôpital avant l'entière guérison de cet

Ô7Û iVPmUS CûMiTITDTIONWRlAB.

Quand on sait \& facilité avec laquelle tes accidents prîmitift se propagent de proche en proche par l' écoulement da pos virulent, DU par transport à l'aide des ongles, en se grattant m autrement , on peut se rendre aisément compte d'un grand nombre de cas d'accidents réputés secondaires , et qui doivent de nécessité fournir da pus inoculable. Cela surtout est phia commun chez les enfants qu'on ne le pense, et explique certaines observations dans lesquelles ils ont transmis la syphilis à leurs nourrices. Ajoutez à cela que chez les jeunes enfanta , les accidents primitifs sont plus rapidem^it suivis des accidents secondaires , et qu'ils éprouvent très vite la transformation rn silu qui leur donne l'aspect des plaques muqueuses, aspect que les chancres du mamelon ne tardent pas non plus & prendre chez les nourrices. On a ainsi l'explication rationnelle da pins grand nombre de ces problèmes, si souvent insolubles quand on ne sait pas les analyser et qu'on se laisse tromper par des maladies étrangères à la vérole , pour les enfants, ou par des gerçures des seins plus ou moins irritées, chez les nourrices, an point même de déterminer des engorgements des ganglions axillaires ; sans compter encore les cas où les deux individus (nourrice et nourrisson) sont préalablement infectés et s'accusent réciproquement plus tard.

ime orîliqnei let effeli 1o««as q*d - Fiivre ifmplomatîqae.

Il n'est point certain que les éruptions ou les effets locaux de la syphilis constitutionnelle soient le résultat d'un effort de la nature pour se délivrer de cette affection morbide. J'ai dit que la gonorrhée pourrait bien être produite en vertu d'une loi générale de l'économie, qui consisterait en ce que celle-ci s'efforcerait de se débarrasser de toute irritation au moj'cn d'un écoulement, et j'ai ajouté que, dans cette hypothèse, la perte de substance qui est causée par le chancre serait destinée à remplir la même intention, bien qu'en définitive le but ne soit atteint ni dans un cas ni dans l'autre, parce quo lu nature n'a point de ressources préparées contre le poison vénérien. Mais je ne sais si l'on peut admettre un pareil effort, dans la syphilis constitutionnelle. S'il en était ainsi, on pourrait attribuer l'im-

6YPHIUS CONSTITUTIONNELLE. 577

puissance de la constitution à se délivrer de cette maladie à la même cause que j*ai signalée quand j'ai traité des accidents vénériens primitifs, c'est-à-dire qu on pourrait supposer que le pus formé ici est vénérien, aussi bien que celui qui est produit par les accidents primitifs, de sorte que ce pus, étant absorbé par la surface même qui l'a sécrété, comme cela a lieu dans le chancre, pourrait entretenir la maladie constitutionnelle. Si cette théorie était l'expression exacte de la vérité, la syphilis serait bien différente de plusieurs autres maladies spécifiques ; en effet, si plusieurs maladies spécifiques se guérissent d'ellesmêmes, c'est que l'irritation qui leur est propre ne peut durer au delà d'un certain temps, et, en outre, pour un certain nombre d'entre elles, que les malades ne sont pas susceptibles de les contracter une seconde fois, comme on le voit pour la petite vérole. Sans cette double circonstance, toute personne qui aurait contracté une fois la petite vérole en serait toujours afi*ectée. En effet, d'après une première supposition, savoir, que la maladie serait entretenue par l'absorption de son propre pus, et d'après une seconde qui admettrait que l'irritation ne s'use point, le malade ne serait jamais délivré de la maladie, ou bien la maladie se renouvellerait d'une manière indéfinie, puisque le pus sécrété par le malade lui-même lui communiquerait la maladie une seconde fois, puis une troisième fois, et ainsi de suite (1).

Mais la matière vénérienne , quand elle a pénétré dans la constitution, donne naissance à une irritation qui a la propriété de se perpétuer indépendamment de toute continuation de l'absorption, et à laquelle la constitution n'a nullement la puissance de résister ; de sorte que les progrès de la syphilis constitutionnelle ne s'arrêtent point. Cette circonstance fournit peutêtre les meilleurs signes distinctifs de la syphilis constitution-

(I) Cette considération suffit pour démontrer l'impossibilité de voir deux fois la variole chez le même sujet, si ce n'est après un certain intervalle do temps, pourvu que la première éruption ait été complète ; car si la constitution n'était pas modifiée par une première variole, de manière à n'être plus susceptible de la même irritation, les malades la coDlraderaîent une seconde fois immédiatement après la cessation de la premièBe. ioui Huma.

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nellc. En cflfet, on retrouve souvent une imitation de ses ulcères et de ses taches dans d'autres maladies qui, n'ayant pu la même pr(ipri(5të, se guérissent dans la partie qu'elles occupent actuellement pour reparaître dans d*autres ; les maltdiei qui se comportent ainsi indiquent d'elles-mêmes qu'elles ne sont pas vénériennes. Cependant, parce que des maladies neie guérissent point d'elles-mêmes et ne cèdent qu'à l'emploi ds mercure, il ne faudrait pas toujours en conclure qu'elles sont vénériennes, bien que cette circonstance réunie à d'antres donne une forte présomption qu'elles le sont (1).

Les altérations locales de la syphilis constitutionnelle s'iccompagnent ordinairement de fièvre, d'agitation ou d'insomme, et souvent de céphalalgie. Mais je crois que ces symptômes se manifestent plus particulièrement quand la maladie affecte les parties du second ordre, savoir, le périoste et les os (page 14), bien qu'on les observe quelquefois quand les parties du premier ordre, c'est-à-dire la peau, la gorge ou le nez, sont malades. Ces symptômes proviennent -ils de ce que les irritations locales affectent la constitution? sont-ils purement sympathiques! Quelle qu'en soit la cause immédiate, ils ne disparaissent jamais que lorsque les irritations locales sont détruites. Celle fièvre ressemble d'abord beaucoup à la fièvre rhumatique; etan bout d'un certain temps, elle participe beaucoup de la nature de la fièvre hectique.

Ces symptômes se manifestent souvent indépendamment Je toute action locale, et sans en être accompagnés ; il est très difficile alors de reconnaître la véritable nature de la maladie, et dans les cas qui ne sont pas susceptibles d'une démonstration bien claire, il faut rassembler et étudier avec soin toutes les circonstances. Plusieurs de ces symptômes cèdent à l'emploi du mercure, et c'est peut-être la seule circonstance qui puissenous porter à admettre qu'ils dépendent de la présence du virus

(1) On sait posllivement que des accidents secondaires caractéristiques, non-seulement peuvent guérir par d*aulres moyens que par k mercure, mais que souvent ils disparaissent seuls, dans on point, poar se reproduire dans un autre, et cela à plusieurs reprises et pendant des temps plus ou moins longs. p. Hicou.

vénérien (1). Ce qui parait, il est vrai, s*élever contre cette naniàre de voir, c'est que, le plus souvent, il suffit, pour la gtérison de ces symptômes , d'une quantité de mercure beau- •OBp moins considérable que celle qui est nécessaire pour la giérison des afifectiona vénériennes locales. Mais si le mercure lu gnériasait toujours, il importerait peu de savoir quel nom on doîl leur donner. La question qui est digne d'être éclaircie, c'est celle de savoir si le poison vénérien, quand il a pénétré dans la constitution, produit toujours, ou seulement dans certains cas, des effets locaux. Il est certain qu'il produit ces effets en général ; mais il n'est pas certain qu'il puisse causer seulement des symptômes constitutionnels, tels que la perte de l'appétit, ramaigrisaement, la débilité , l'insomnie et une fièvre qui finit psr prendre le caractère de la fièvre hectique. Il n'est pas plus certain qu'il puisse produire des actions morbides locales, seu- Itoient par irritation et sans altération de la structure des parlies irritées, comme seraient la toux, une sécrétion morbide des bronches, la diarrhée, la céphalalgie, des nausées, des douleurs semblables aux douleurs rhumatismales dans diverses parties du corps, symptômes qui ne dépendraient pas de l'évolution d'une altération de tissu comme dans les nodus commençants. Si de tels symptômes se présentaient, il faudrait s'en rapporter entièrement à l'histoire de la maladie, et prononcer selon les probabilités. Les maladies de cette espèce sont soumises moins souvent à l'observation des chirurgiens qu'à celle des médecins, à l'attention desquels je les recommande vivement.

La fièvre qui est consécutive à l'irritation vénérienne, de même que la plupart des autres fièvres, trouble la constitution, qui, sous cette influence, souffre d'une manière conforme à sa tendance naturelle. Elle peut produire des gonflements glandulaires dans plusieurs parties du corps, et il est probable que phisieurs des nodus qui se forment pendant la durée de cette fièvre ont en elle leur point de départ. De même que tous les effets morbides analogues, quelle qu'en soit la cause, ces accidents locaux ne participent pas de la nature de la maladie qui

(4) Il est bien entendu que la circonstance d'ane gonorrhée on d'an dmcre qui aurait existé antérieurement ne doit pas être considérée oomms sne preuve bien forte. Joint Honni;

578 bYpnrtB cci!«rnTTtosKEDt.B.

ntllo. En effet, on retrouve souvent une imitation de ses ulcères et Je ses taches dans d'autres maladies qui, n'ayant pM la même prcipriiîtiî, se guérissent dans la partie qu'elles occupent actuellement pour reparaître dana d'autres; les makclics fini se comportent ainsi indiquent d'elles-mêmes qu'elles m sont pas vénériennes. Cependant, parce que des maladies ne M guériasent point d'elles-mêmes et ne cMent qui l'emploi da mercure, il ne faudrait pas toujours en conclure qu'elles sont vénérienni'B , bien que cette circonstance réunie k d'antm donne une forte présomption qu'elles le sont(l).

Les altérations locales de la syphilis constitulionnelle s'accompagnent ordinairement de flîtvre, d'agitation ou d'insomnie, et souvent de céphalalgie. Mais je croîs que ces symptômes se manifestent plus particulièrement quand la maladie affecta* le» parties du second ordre, savoir, le périoste et les os (page H), bien qu'on les observe quelquefois quand les parties du premier ordre, c'est-à-dire la peau, la gorge ou le nez, sont malades. Ces aymptômea proviennent-ils de ce que les irritations locales affectent la constitution îïont-ilspuremenlsympathiqoesf Quelle qii'rn soit la cause immédiate, ils ne disparaissent jamais que lorsque les irritations locales sont détruites. Cette fièvre ressemble d'abord beaucoup à la fièvre rhumatique ; et an bout d'un certain temps, elle participe beaucoup de la nature de la fièvre hectique.

Ces symptômes se manifestent souvent indépendamment de toute action locale, et sans en être accompagnés ; il est très difficile alors de reconnaître la véritable nature de la maladie, et dans les cas qui ne sont pas susceptibles d'une démonstration bien claire, il faut rassembler et étudier avec soin toutes les circonstances. Plusieurs de ces symptômes cèdent à l'emploi du mercure, et c'est peut-être la seule circonstance qui puisse nous porter à admettre qu'ils dépendent de la présence du virus

(1) On sait positivement que des accidents secondaires caracléristiques, non -seule nient peuvent guérir par dauires moj'ens que par le mercure, mais que Bouvent ils disparaissent seuls, dans un point, pour se reproduire dans un mire, et cela b plusieurs reprises et pendant des temps plus OQ raoÎDB longs. P. Ricou.

SYPHILIS CONSTITUTXONNBLLB. 579

vénérien (1). Ce qui parait, il est vrai, s'élever contre cette manière de voir» c'est que, le plus souvent, il suffit, pour la guérison de ces symptômes , d'une quantité de mercure beaucoup moins considérable que celle qui est nécessaire pour la guérison des affections vénériennes locales. Mais si le mercure les guérissait toujours, il importerait peu de savoir quel nom on doit leur donner. La question qui est digned'être éclaircie, c'est celle de savoir si le poison vénérien, quand il a pénétré dans la constitution, produit toujours, ou seulement dans certains cas, des effets locaux. Il est certain qu'il produit ces effets en général ; mais il n'est pas certain qu'il puisse causer seulement des symptômes constitutionnels, tels que la perte de l'appétit, ramaigrissonent, la débilité , l'insomnie et une fièvre qui finit par prendre le caractère de la fièvre hectique. Il n'est pas plus certain qu'il puisse produire des actionjB morbides locales, seu* lement par irritation et sans altération de la structure des parties irritées, comme seraient la toux, une sécrétion morbide des bronches, la diarrhée, la céphalalgie, des nausées, des douleurs semblables aux douleurs rhumatismales dans diverses parties du corps, symptômes qui ne dépendraient pas de l'évolution d'une altération de tissu comme dans les nodus commençants. Si de tels symptômes se présentaient, il faudrait s'en rappor* ter entièrement à l'histoire de la maladie, et prononcer selon les probabilités. Les maladies de cette espèce sont soumises moins souvent à l'observation des chirurgiens qu'à celle des médecins, à l'attention desquels je les recommande vivement.

La fièvre qui est consécutive à Tirritation vénérienne, de même que la plupart des autres fièvres, trouble la constitution, qui, sons cette influence, souffre d'une manière conforme à sa tendance naturelle. Elle peut produire des gonflements glandulaires dans plusieurs parties du corps, et il est probable que plusieurs des nodus qui se forment pendant la durée de cette fièvre ont en elle leur point de départ. De même que tous les effets morbides analogues, quelle qu'en soit la cause, ces accidents locaux ne participent pas de la nature de la maladie qui

(4) Il est bien entendu que la circonstance d'une gonorrfaée ou d'an chancre qui aurait existé anténeureiMiit ne doit pas être coosidérfe comme «ne preuve bien forte. leur Himitti

SBO iirtauK etaamrmmsux.

leca(aitiHdtfe,cvilsne9aat{»fiit Ttoérinis. Usnesemunfeetant que dRBs les concthatiMis (rè5 saseq>ttble« d'un? tdle ^rtf», lonqne Ucaaie pcédîsposaDte est forte, et probablement dan les saisons qui sont les plos propres à pnMJaire wite ac> tkMi morbide, U di^»sitîon n'atleodant plas alors qu'une canae mméàxtia pour se transfurmer en action. I.es affccttoiu de cette esptee se dissipent d'elles-mêmes qoand cesse 1« arasa priidisposante, comme la saison (1

J'ai fait observer, en traitant de la gononWe et do chancre, que iorsqse ces deux formes de la maladie se déreloppent chei le inème malade, l'une des deux a'sccroit point les symptônwB de l'aotre, et n'en retarde point la gnérison. De même, lonqna le chancre oa la gonorrbée et ta S}-philis consthationnelle «• trouvent réunis cbex te même sujet, les deux affections n'mtepcent l'une sut l'autre aucune influence réciproque, soit poor les symptômes, soilpour la^^risfin.

Pour mettre davantage en lumière la pensée qae je TÎeoi d'exprimer, je rappellerai que si, chez un homme qni a ane gonorrhée, il Bur\'ient un chancre au bout de quelques jours, l'apparition du chancre n'augmente ni ne diminue la gonorrhée. De même, si un homme est atteint d'nne gonorrhée oq d'un chancre, ou de tous les deux, et qu'il survienne chez lui cne syphilis constitutionnelle comme conséquence de l'une oo de l'antre de ces deux affections primitives, la gonorrhée ou le chancre n'en reçoit aucune influence. Qu'un homme atteint de syphilis constitutionnelle contracte une gonorrhée ou un chancre, on les deux, ces dernières affectionsn'exercent aucune influence sur la syphilis constitutionnelle, et leurs symptômes propres n'en sont point plus graves. La guérison de chacune des alfections prise isolément n'est point retardée par la présence de l'autre; en

(t] Ici, dtnsce qa'il appelle les symptômes généraDi on sympilbîques, Hunier a quelquefois pris l'elTel pour la caufo, comme dans ce qoi a Irait au nodus. Eo effet, on voit bien plua souvent les Dodas se déte* lopper tans fiivre, que précédés de ce symplAme, dans la S) gulière dM accîdmU STpfailitiiaea. P.

SYPHaiB CONSTITUTIONNELLE. 581

effet, la gonorrhée est guérie aussi facilement quand il y a des chancres que quand il n'y en a point» lors même qu'on ne dirige aucun moyen thérapeutique contre ceux-ci ; et le chancre peut être guéri localement indépendamment de la gonorrhée. En outre, la gonorrhée, le chancre» ou les deux réunis, peuvent être guéris aussi facilement quand la constitution est infectée soit par eux, soit antérieurement à leur manifestation, que lorsque le sujet est dans un état parfait de santé ; mais le chancre a cet avantage, que la constitution ne peut être guérie sans qu'il le soit en même temps.

Il est vrai que la gonorrhée et le chancre, ainsi que je Tai dit plus haut, agissent Tun sur l'autre de telle sorte, que l'un peut jusqu'à un certain point prévenir la manifestation de l'autre; mais je ne crois pas que cette influence réciproque agisse dans la curation de ces deux maladies. Cependant, je conçois la possibilité d'un tel résultat, en considérant que chacune de ces deux maladies peut agir comme un dérivatif par rapport i l'autre, sans accroître son propre mode spécifique d'action.

S ▼. 9« la prétoodiM Uroii— iion de la syphiUs eoMtîlvtÎQaBtll* •u

d'aotref maladÎM •

Jamais la syphilis constitutionnelle ne se mêle ou ne se confond avec d'autres maladies, jamais elle ne se termine en une autre affection ; au moins cela est-il extrêmement rare, bien qu'on ait prétendu le contraire. En effet, la terminaison d*une maladie en une autre, ainsi que je comprends cette expression, doit toujours être la guérison de celle qui se termine dans l'autre ; or, la maladie vénérienne ne cesse jamais, tant qu'on ne lui a pas appliqué son remède propre ; elle ne peut donc pas s'absorber dans une autre maladie quelle qu'elle soit.

Il est très probable que les affections vénériennes peuvent devenir la cause de diverses autres affections. J'ai vu un chancre agir comme cause immédiate d'une inflammation érysipélateuse ; mais la maladie vénérienne ne s'est point terminée dans cette inflammation, car alors le chancre eût été guéri; l'inflammation érysipélateuse n'était pas non plus vénérienne ; le chancre agit ici seulement comme un irritant ordinaire, indépendamment de la qualité spécifique de la maladie. J'ai vu un

662 svpMiLis coNsrrnrrcomiBiiE.

bubon v<înérien devenir nn ulcère scrofuleux dès que le poii vénérien eut été détruit par le mercure. Ce n'était point «ffection vénérienne se terminant en une alTection scrofui car, BOUS un tel point de vue, l'affection scrofulease aurait guérir l'autre. La maladie vénérienne semble seulement ticiper de la nature des troubles morbides auxquels la consti tîon était préalablement disposée, et avoir la faculté d'excitf à l'action les causes do ces troubles morbides. La mïmenmarque et le même raisonnement s'appliquent égalrnent roi: autres maladies. Toutefois, les symptômes ordinaires dp la syphilis constitutionnelle, bien qu'en rapport jusqu'à un certain point avec l'état de la constitution, ne sont pas soumis à cette influence autant que le chancre et la gonorrhée, parce que 1» syphilis constitutionnelle ne s'accompagne que de très peu d"i flammation. Or, de toutes les actions morbides, c'est l'infii nation qui participe le plus de la nature de la constitution

S TI. 9* ta dhtaaae «p^ificpi» de

J'ai déjà dit que iflasieurs maladies spécifiques, ainri qae celles qui naissent d'un poison morbide, ont leurs effets locaux limités à une certaine distance, que j'ai appelée leur distance locale ipècifique . L'observation nous apprend que l'irritation et l'inflammation vénériennes, de quelque espëce qu'elles soient, Btmt soumises & cetteloi,carilest rare qu'elles s'étendent beattcoup an delà de la surface qui a reçu la cause de la maladie, les parties voisines n'ayant pas de tendance à entrer en sympathie, ou ne contractant pas facilement cette espèce d'inflammation. C'estpourcelaqu'on voit lagonorrhée rester pendantdes semaines limitée à un seul point de l'urètre chez l'homme, et pendant des mois dans le vagin chez la femme, sans prendre aucune extension dans l'un et l'autre cas. De même, dans le chancre, l'inflammation est limitée au siège del'ulcëre et n'est point aussi diffuse que dans les cas où l'ulcère est l'effet d'une lésion commune. Ce qui prouve encore ce fait, c'est que l'inflammation est également confinée aux glandes de l'aine, dans les cas de bubon, jusqu'à ce qu'il s'y forme liu pus ; ce pus agissant alors '«omme nn irritant ordinaire, 1 irritation spédfiqae s'efface ai

Mk> '«omme nn irritant ordina

partie, et rinflamtnation devient un peu plus diffuse, comme il arrive dans rinflammation commune. La même loi s'applique aux ulcères vénériens qui ont leur point de départ dans la con^ stitution : à leur début, leur étendue est très peu considérable, et ils sont purement locaux ; à mesure que la maladie augmente, leur largeur s'accroît, mais ils restent encore circonscrits et ne deviennent point di£fus. Peut-être tous les poisons morbides et toutes les maladies spécifiques jouissent-ils de cette propriété commune, d'avoir leur inflammation limitée et circonscrite d'une manière qui leur est propre. On observe en effet que dans la variole, dans la rougeole et dans la petite vérole volante, l'in* flammation est circonscrite d'une manière particulière pour chacune de ces maladies. De là, on doit conclure que le corps humain en général n'est pas aussi susceptible des irritations spécifiques que des irritations communes, qu'on peut appeler irritations naturelles. Mais il faut remarquer aussi que, dans les constitutions très saines, l'inflammation commune a elle* même sa distance spécifique, bien qu'elle ne soit point aussi déterminée, aussi circonscrite que celle de l'inflammation spécifique dans les mêmes constitutions. On peut donc raisonnablement admettre que les constitutions très saines sont celles qui ont le moins de disposition pour l'action inflammatoire, et, à plus forte raison, pour l'action inflammatoire spécifique. Ce qui vient à l'appui de cette idée, c'est que plus la constitution a de facilité pour contracter l'inflammation, et plus celle-ci a de tendance à s'étendre, chaque partie se montrant susceptible de cette action morbide. De même, on observe chez beaucoup de sujets que l'inflammation spécifique tend également à s'étendre ; mais son extension n'est point aussi considérable que celle de l'inflammation ordinaire, d'où l'on peut conclure que l'inflammation spécifique est toujours liée à un mode d'action plus circonscrit. Je soupçonne que lorsque le corps est disposé à l'extension de l'inflammation au delà de la distance spécifique» l'inflammation est de nature érysipélateuse, ainsi que je l'ai déjà dit, et c'est une circonstance à laquelle il faut faire attention dans le traitement.

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I^ofsquej'aiÎDdiqo^ les c«Bfies qui ëut/tissent entre IneffeU da mênK pobon appliqué stir deux surfaces liifi^ceotes, une différence telle, qoe duts aa cas il ea résulte une BmorrlWe et dans l'autre on chancre, j'ai dit qoe je ne sa^-ais paa si ks nu^ Caoes sinûlaires sont dans toates les parties du nwps ^galeneot snscepCiblfs de rirrilalioa syphiltlique pnmîtive, car je ne possède qu'un petit nombre d'essais ctimparatiissiir t'applicalioD directe du puisoo à d'outrea parties que celles de U géoératûit. Mais pour U sj-philis con&titatioanelle, il parait qv'Q est des parties qui en sont beaucoup moins susceptibles qoe les oqtrcs ; et même, ileucst|>lusieursqai, autant qu'on peut en jngetdaaa Vétat actuel de nos connaissances, nenwpt pas sosccpUblea de tout. Jusqu'à présent, je n'ai point ra l'affectido sjt'philitiqne dans toutes les parties du corps : je ne l'ai poiitt obsenée dans lecerveau, daria '.<: ..tir. c.^-.: '. -~:.r.\^ . ^..- ?.■: •.^\-. iJuai le* reins, ni dans les autres tiscères, bien que les aotears aieiit décrit des cas de cette espèce. Comme l'époque d'apparition des symptômes syphibtiques coDstitutionneU varie soiraot les pai^ ties qui eo sont le siège, et que les malades cherchent ordinairement da soulagement, soit à la première, soit à la seconde manifestation, on peut supposer que toute la maladie qui s'est développée dans les parties actuellement affectées, est guérie avant que les autres parties aient eu le temps de contracter l'action morbide ; de sorte que, dans ces dernières, l'affection syphilitique serait gucrie à l'état de simple disposition, si l'on peut concevoir que la guérison d'une maladie puiiâe s'opérer avant qoeles parties aient manifeste l'action morbide. Mais si les parties visiblement affectées sont guignes, tandis que celles qoi n'ont queladispositioD ne le sont point, tt que 1 action se déreloppeenauitedans ces dernières, ceiles-ci constituent un second ordre de parties, sons le rapport de l'époque d'apparitioa de la maladie; et si, les parties du second ordre étant guéries, d'utres parties qui étaient i'gal<;ujcnL j 1 rt^l tl'* disp»uti>in

8YPBIUS CONSTITUTIONTfJlIXB. 586

passent à celui d'action , elles forment un troisième ordre, toujours au point de vue de Tépoque d'apparition des symptômes. On a cru voir les poumons affectés par la maladie vénérienne, tant à cause des circonstances qui avaient précédé la maladie que parce que celle-ci avait été guérie par le mercure ; si ces viscères sont affectés par la syphilis, tandis que les autres ne le sont pas, cela peut provenir de ce qu'ils constituent en quelque sorte une surface externe, ainsi que je l'expliquerai ci-après.

Cest donc la forme constitutionnelle de la sypbiUs qui nous donne la susceptibilité comparative des parties pour la disposition et pour l'action syphilitiques ; car on doit admettre que toutes les parties sont exposées également et en même temps & l'influence du poison. Mais bien qu'il y ait divers degrés de susceptibilité , il suffit pour la pratique d'en admettre deux , auxquels on peut enajouter unintermédiaire ; j'appellerai parties du premier ordre, celles qui appartiennent au premier degré, et parties du second ordre , celles dont la susceptibilité ne vient qu'en seconde ligne.

On ne peut déterminer d'une manière absolue si les parties qui en réalité manifestent les premières la syphilis constitutionnelle sont naturellement plus faciles à affecter par Firritation syphilitique, ou si cela dépend de quelque autre circonstance qui leur soit propre. Il semble résulter d'un examen attentif de ce sujet, que cette manifestation plus prompte de la maladie est due à quelque chose qui est étranger à la constitution et qui ne dépend pas davantage de la nature intime des parties. En effet, si l'on embrasse d'un coup d'œil toutes les parties qui sont affectées les premières par la syphilis , quand elle est constitutionnelle, et que je suppose être les parties qui ont le plus de susceptibilité pour elle, on voit que, dans l'état récent de la maladie, ces parties sont sujettes à une affection commune ; or, il y a des parties similaires qui ne sont point affectées par la maladie, et qui ne sont point sujettes à cette affection commune. Il est très possible que les parties du second ordre soient naturellement aussi susceptibles de l'irritation syphilitique que celles du premier ordre ; mab n'étant pas sous l'influence d'une cause excitante, elles contractent l'action

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On ne peut p«s si^i{MMr que b différence des jpoqroai fl laiitioB da b cjfbâii uiMWilali wi i flc dns le» d liii dé|— ih d'ne ftiN* aelnc di poîMB, n d'an dir—ti—

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Les parties qui sont affectées par ta srrbilts ranstitatioBttelle. quand elte est dans sa première période os manifestatiatt. et qsej ai appelées les parties dapreider ordre, sont b peso. Ica amygdales, le nei, la gorge. la scift» irterce de !a booctie K qseiqaefots la lan^e 1 > . QnAsd la maladie est dans sa seconde

1^1) La bnçaem trts sqet:« i ^ xqtts i'^^c^ns. saWvt sérias bonb : CM «kêrw loat rmrrtHmt tr«« Ltrzvs : 'It w pnwM^t pM foaitaïua ptSi dm ïwfhnï puinfe a vnt b>U4 utdm. 0«ks ci«-

Skiere nrliai ■■"—"' comaM leur^ni . zu-â ^« <rjui .^ lù it ami r- ;s a j< oxiïA:â BiiSâmatea: «î cjrKièrw ■*>«ii-^<i<^ «ft SiX iftL-DSdde lA aa{«e,HBs j« a ■■ ■ j^

SYPBlUi COMTITCmOlllllLU. 687

)j le périoste, les aponérroses rt les os eontractent l'action syphilitique ; ce sont les parties du second ordie. Peut» être les os manifestent-ils la maladie par suite de rafTection morinde de leur membrane.

Afin de pouvoir expliquer jusqu'à un certain point comment il se fait que des parties de nature si diverse, comme la peau et les amygdales, produisent les mêmes effets quant à Tépoque d'apparition des phénomènes morbides, examinons s'il n'est point quelque circonstance qui soit commune à ces parties, et recherdions pourquoi elles se montrent plus susceptibles de l'irritation syphilitique que d'autres parties, telles que le périoste , les aponévroses et les os , qui probablement le sont naturellement autant, quoiqu'elles n'en soient pas aussi faci« lement affectées.

La circonstance la plus remarquable sous le point de vue qui nous occupe , c'est qu'il est une influence à laquelle la surface externe du corps est soumise , tandis que les parties internes y sont soustraites. Cette influence c'est celle du froid, ouplutét d'une succession de différents degrés de froid. En général, l'atmosphère dans laquelle nous vivons présente une température plus basse que la température ordinaire du corps humain (1); de sorte que la peau, etc., est continuellement exposée à une température plus froide que les organes internes. Or, il est à remarquer que les parties qui sont le plus rapprochées du contact de l'air extérieur sont celles qui sont le plus facilement affectées par la syphilis et qui contractent le plus promptement l'action vénérienne.

Il est certain que le froid a une action très puissante sur l'économie animale. Au moins parait-il avoir une grande influence pour disposer le corps de Thomme à recevoir l'irritation vénérienne et à en manifester promptement les phénomènes morbides.

de son aspect putride et de sa base indurée. Il céda (licilement au mercure, de sorte que je supposai qu'il était de nature véDérienne.

J. Honni.

(I) Il est bien entendu que cette assertion n'est pu universeUeoeot vraie; elle ne peut s'appliquer qu'aux régions froides on tempérées ; car sous la zone torride la température de l'atmosphère ambiante est quel* qusMs plus élevée que celle du corps humain. loiv Htnim.

Ut ift

■ pnpns à k ifphSi. Âââ, la bowbr. k M* W pMfatt 1» fte Moat aflêctées p« «e qae rinifWr q« riest d'être nfiq^ét t nsnplUitfpavde; et l« -'t iiiiui

c—^ ifhmnt fc n I iil^iii de h Mil *■ inm ha fmSm itwnmiat^K, Ea cfa. ai te poii— m port* ràBoiiia Am

la pwtitt ^ wi k* fRMtRB m te fn» p^ k siKc{«HM et pam l'^pifK i kfMffle Tmiâam s j awîfale. «anac !■ CHkets atoBcs, il cal aalaid desq>paaB'qaece*paitiM. ^ KMt ks plus prtfcpOB^a. entnrtenmt TacliaM les ^êêaatiB i kB pwtiv ^ Mat cspaA» M frnd ot aMMde %m; etqû Jonat ks put» Ai MMad atto , rw— hf,k pénatk , «!£., crtniMC cHBl* «■ adian. ihcai aea dcni^M ftkB, r^aqae f^iwrili» ■'otjKk ■âacpavloMki «.mpaortoBletksputÏB dn B«e es ; eu U ulniie app*n2 li'ftbcfd J^oà ies l:<s . et ic^e dji^s leâ p-irtïfâ des os , sa laqaài l'apptiatMn da ftoùl à U peaa exerce l'inflaoBoe «y. palhiqoe U plm poûsanU. Ainài , qoai^i tes puties fraioaM- Bimt iitaées, c'est-i-due les parties dz seoMid onlre, tdki que k pênosie et les os . imr.:ifslWLt l'acticio KMirfaiik , ce «nt d'abord ceiiei qsi àoct le p^us ra;f nxhées de la saiùat extase da corps , cnauae le pëncrài^ oq les os de !a tête . k tibk , k cTïbitas , les os da oez , ev^. ; et ces parties ce se nwitUcnl pas a/ffit^es à la ntèice épocjoe du;s u-<t$ lesn fiitcls , mais d'abord daoà ceux qui ioal 'e p'.iis vobïi::^ de U à!^r£tce extéfieare. TotU^ois, il paraît q::e pour les i>â, il est xa* autre c»tse. ind^iEulaiiuDect des f-rf:iââ;t::ies ataiospiérj^oes . qci ^:it sar la manifesLiLija de !a f vph:!U dai^à :ecc U'sa; car le pécùde et les os eax-œètr.es Le àor.: po^ b::^^ eptTDleà d être affectés dans tontes leurs parties er. raiàCQ de la pr<:siinité des t^ggmenta conuDODS. Le périoste qzi recouvre l'fs n:all«>lei et ceiai de diverses artieolatioDS sost aussi rapprochés de la sarfaoe externe qae plasiears autres portions d:- : ' ;'-^ :; ; sj;ir* ^ ,jsj cqoâdaat HBt tSeeUg. Maâ k« c6 ^tû mbI luantru par oe

SYFHIUS CONSTITUTIONNELLE. 589

périoste différent des autres dans leur structure ; ils sont d*un tissu plus mou. De cette considération il semble résulter que les os sont affectés par la syphilis , en raison composée de leur proximité de la peau et de la dureté de leur tissu, et cela me porte à croire que les os sont plus facilement affectés que le périoste , et que ce sont eux qui , dans le développement de cette maladie , exercent une certaine influence sur ce dernier, plutôt que lui sur eux. Cette susceptibilité des os durs pour la S}rphilis, parait être en raison composée de la quantité de terre calcaire qu'ils renferment et de l'influence que le froid peut exercer sur eux.

On peut objecter à cette théorie, que la partie antérieure du tibia, etc., ne peut être en réalité plus froide que sa partie postérieure. Mais on peut supposer qu'il n'est pas nécessaire que la partie soit actuellement froide , et qu'il suffit qu'elle soit dans la sphère d'action de la sympathie qui émane de l'influence du froid. Une partie qui n'est pas actuellement froide peut être affectée par sympathie avec une partie froide , avec moins d'intensité peut-être, de sorte qu'il lui faudra plus de temps pour entrer en action, mais de la même manière que si elle était actuellement froide. On remarque , par exemple, que quand la pean est actuellement froide, les muscles sous-jacents deviennent le siège d'une action alternative , qui fait que nous tremblons et que nos dents claquent ; et cependant il est possible que ces muscles ne soient pas plus froids alors qu'à toute autre époque, bien qu'il y ait tout lieu de croire qu'ils le sont en réalité (1) , et que par là l'action de la sympathie est favorisée. De même que le froid peut affecter les actions des parties sur lesquelles il agit directement , de même aussi les parties sympathisantes sont affectées en proportion de leur voisinage plus ou moins rapproché des parties actuellement froides. Voilà pourquoi les parties les plus profondément situées sont les dernières à mani* fester l'action syphilitique.

Les parties actuellement froides manifestent les premières Taction morbide ; viennent ensuite celles qui le sont moins, puis, celles qui sont le plus étroitement liées par la sympathie, et

(I ) Voyez Philoêophkal (roMaeltonf , t. LXVIII, partie I, pag. 7.

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8YPHILI9 CONSTITUTIONNELLE. 693

y a une troisième série de symptômes constitutionnels dont la manifestation puisse être provoquée également.

Ce cas prouve en outre que la seconde série des symptômes constitutionnels peut quelquefois apparaître la première, et la première se montrer la seconde. Il montre aussi combien peuvent être différents Tespace de temps qui sépare l'apparition des premiers symptômes constitutionnels de la guérison des accidents primitifs, et celui qui sépare l'apparition des seconds symptômes constitutionnels de la guérison des premiers.

Un homme contracta un chancre en mai 1781 ; le même mois de Tannée suivante, 1782, il eut une gonorrhée;en mai 1783, sa gorge devint malade. Il n'avait eu aucune relation sexuelle depuis le mois de septembre 1782 jusqu'au mois de mai 1783, environ quinze jours avant que sa gorge devint malade, et il n'avait eu alors aucune affection locale primitive.

Lorsque je visitai la gorge de ce malade pour la première fois, j'affirmai que la maladie dont elle était le siège n'était point vénérienne ; et comme il était d'une constitution hectique, je lui conseillai d'aller à Bristol. Pendant son séjour dans cette ville, il apparut à la racine de la luette un ulcère qui le fit revenir à Londres immédiatement. En voyant cet ulcère, je déclarai qu'il était vénérien. Le malade fut soumis alors à un traitement mercuriel que je supposai suffisant, et tous les symptômes parurent être guéris (1). Il partit pour la campagne vers le mois d'août, et vers le commencement de janvier 1784, c'est-à-dire quatre mois après la prétendue guérison, il éprouva de la douleur dans les tibias, qui en même temps devinrent le siège d'une tuméfaction. Ces symptômes furent combattus avec succès par un traitement mercuriel.

Dans ce cas, il y a tout lieu de supposer que la disposition syphilitique s'était établie dans les os et dans leurs enyeloppes par la même cause qui avait affecté la luette ; mais la luette devint malade la première parce qu'elle appartient aux parties du premier ordre. Qu'il en ait été ainsi ou non, on doit

(I) Je ferai remarquer que l'ulcère vénérien seul fut amendé par le iMfcare; Tancienne excoriation de la gorgo persista, et fut ensuite fjujftkàfif le quiiiqaÎDa et la salsepareille. Jom Huima,

594 STPHILI3 COjrermTIONNBLlB .

admettre que dans les parties du second ordre, la disposition, et non l'action, existait dans le moment où la luette manifesta l'action morbide, ainsi que dans celui où le malade subit un traitement m ercu ri el sufBsant pour guérir l'ulcire de la luette; on doit admettre aussi que cette disposition ne fut ptùnt détruite par l'emploi du mercure administré en quantité assez considérable pour guérir cet ulcère.

De ce qui précède je puis tirer les conclusions suivantes, qai tendent à confirmer la doctrine exposée ci-dessus : 1* Les parties qui entourent le gosier peuvent contracter l'action syphilitique plus tôt que les os ; 2" il est probable que le mercure ne peut guérir que l'action syphilitique et non la disposition ; et 3" le pus vénérien n'existe pas en substance dans la circulation quand tes actions morbides des parties du second ordre ont lieu, car s'il en était ainsi, les parties du premier ordre aéraient exposées à être infectées de nouveau et à entrer en action une seconde fois. En supposant que le pus vénérien existât encan dans la constitution aprïis que les parties qui mRnifestent l'action morbide les premières sont guéries d'une manière absolue, de manière qu'il allât infecter les parties qui sont les secondes dans la manifestation de l'action, il en résulterait certainement que les parties du premier ordre contracteraient la maladie une seconde et même une troisième fois, et ainsi de suite, tandis que celles du second et du troisième ordre manifesteraient seulement leur première action ; de sorte que l'on pourrait voir les parties du premier ordre et celles du second ordre en action en naûme temps. On pourrait aller encore plus loin : les parties qui sont les premières dans l'ordre de la susceptibilité pouvant avoir la maladie une seconde fois pendant que les parties du second ordre sont sous l'influence de la première infection, comme elles {leuvent aussi être infectées de nouveau par le fait d'une infection primitive nouvelle, cela constituerait une syphilis constitutionnelle sur une syphilis constitutionnelle, cas qui peut certainement arriver. Si !e pus restait en réalité dans la constitution, il serait naturel de supposer que les parties qui en sont le plus facilement affectées conserveraient leur état morbide aussi longtemps que durerait la présence du poison. On pourrait objecter, il est vrai, que les parties qui ont été déjà

SYPHILIS CONSnTUTIONNRLLE. 695

accoutumées à cette irritation et guéries, sont rendues pnr cela même moins susceptibles d en être affectées.

Si le poison pouvait rester encore dans la circulation générale après que ses effets visibles ont été guéris, l'emploi du mercure pendant la durée d*un chancre serait peu utile, car il ne pourrait que favoriser la guérison de ce chancre, mais non préserver la constitution de Tinfection ; or, cette conclusion est en contradiction avec les résultats de Texpérience. En effet, la pratique de la médecine nous apprend que, sur cinquante malades atteints de chancres, il n'y en aurait pas un qui évitftt la syphilis constitutionnelle si le chancre n'était guéri que loca* lement. L'emploi du mercure peut donc empêcher que la disposition 83qphilitique ne se forme, et, par conséquent, il est nécessaire tant qu'on suppose que l'absorption s'accomplit, ou tant qu'il y a du pus susceptible d'être absorbé.

Avant que l'action morbide soit formée, l'usage du mercure ne détruit point la disposition , et par conséquent il ne peut empêcher que l'action ne se manifeste dans la suite. Cependant, il est possible, et même cela est très probable, que l'action ne puisse avoir lieu tant que dure la présence du médicament; de sorte qu'aucun symptôme vénérien ne pourrait se manifester pendant la durée d'un traitement mercuriel, bien que les parties fussent infectées.

Cela n'est point propre seulement à la maladie vénérienne ; plusieurs autres maladies présentent la même circonstance. Dans quelques affections morbides, les choses sont renversées, car il en est dont la disposition peut être guérie et dont l'action se trouve prévenue par des agents thérapeutiques qui accroîtraient cette même action a'ils étaient administrés lorsqu'elle est une fois développée.

Conformément à ma doctrine, les parties qui sont affectées les premières sont plus faciles à guérir que celles du second ordre. Une partie qui a été parfaitement guérie ne peut plus jamais être irritée de nouveau par la même source d'infection, bien qu'il y ait dans la constitution quelques autres parties qui sont probablement encore sous l'influence de l'irritation vénérienne. Si les faits que je viens d'établir sont exacts, il est facile de s^expliqner les cas oà la syphilis eonstitationoAllA

596 SYPHILIS CONSTITfTIOSNRLLE.

paraît abandonner les parties qu'elle a attaquées d'abord pour envahir les parties secondaires; c'est tout simplement ipieles premières parties sont guéries tandis que les parties secondaires ne le sont point; de sorte que celles-ci deviennent le siège de la maladie et que les autres restent dans leur état d'intégrité.

Si cette théorie est exacte, elle prouve deux choses : 1" ce que j'ai «vancé précédemment, savoir, que la maladie vénérienne, souâ la forme de syphilis constitutionnelle, n'a pas la puissance d'infecter les parties qui ne sont pas déjà sous son influence, même dans la même constitution ; 2' que le pobon vénérien n'est pas en circulation dans le sang tout le temps que la maladie existe dans la constitution ; de sorte qu'il est trèa probable que ce poison n'irrite que lorsqu'il est récemment absorbé, et qu'il ne tarde pas à être rejeté au dehors par l'intermédiaire de quelque sécrétion.

Les considérations générales qu'on vient de lire sur la syphilis constitutionnelle peuvent se résumer dans les propositions suivantes :

1" Lo plus grand nombre des parties qui sont affectées dans la syphilis constitutionnelle , sinon toutes , sont atteintes de l'irritation vénérienne, ou infectées, en même temps.

2* Les parties exposées au froid sont celles qui contractent Xaction vénérienne les premières ; viennent ensuite les parties situées plus profondément, suivant leur susceptibilité pour cette ac^on.

3° La (^«/josi/ion vénérienne, une fois formée dans une partie, persiste nécessairement pour donner naissance à l'action vénérienne.

4° Toutes les parties du corps, sous l'influence de la disposition syphilitique, ne contractent pas l'action également vite ; les unes exigent un intervalle de six ouhuit semaines, les autres de six ou huit mois.

5" Dans les parties qui contractent l'action les premières, la maladie continue en s'accroissant et sans s'user, pendant que, dans celles qui sont les secondes pour l'époque d'apparition, la maladie prend naissance et suit la même marche.

C* Le mercure empêche la disposition syphilitique de ae former, ou, en d'autres termes, il prévient l'infection.

7* Le mercure ne détruit point la disposition syphilitique une fois formée.

8^ Le mercure empêche Taction de prendre naissance, bien que la disposition existe.

9* Le mercure guérit l'action syphilitique.

Ces principes étant établis, il est facile de se rendre compte des faits qui sont relatifs au traitement de la syphilis constitutionnelle.

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