‹ Traité de la maladie vénérienneChapitre 7 sur 84 · DB LA · texte numérisé non relu

DB LA

MALADIE VENERIENNE.

Deyx moi\h m'ont conduit a publier le traité suivant: )f premier, c'est que j'ai Tespoir que plasÎBurs faits nouveaux qui y sont consigne^ seront jugés dignes de l'attention publique ; le second, c'est que je ne suis pas fâché d'avoir une occasion ée faire connaître la véritable source de quelques opinions qui ont cours actuellement dans le monde médical.

La plupart des idées théoriques sur lesquelles je m'appuie dans le cours de cet ouvrage m'étant personnelles , je crois devoir, avant d'entrer en matière, donner quelques explications à oe sujet, afin que mes lecteurs comprennent plus facilement les expressions que j'ai adoptées.

$ !•'. Se la sympathie.

Je divise la sympathie en sympathie générale et en sympathie locah.

La sympathie générale est une o^^c^/on dans laquelle l'en* semble de l'économie sympathise avec une sensation ou une action quelconque. La sympathie locale est une affection dans laquelle une ou plusieurs parties distinctes sympathisent avec unesen>ation ou une action locale.

Lasym)pathie générale varie dans les différentes maladies; mais, dans la maladie vénérienne, elle se présente sous deux fnrmes principales, \9l fièvre sympiomatifjve et la /lèvre hecHr fv#. La A^re symptomatique ej«t IVffet immédiat d'une lésion

locale ; elle se manifeste rarement à un haut degré dans la maladie vénérienne, sous quelque forme que celle-ci se présente, excepté dans le cas de gonflement du testicule, maladie qui est elle-même un exemple de sympathie locale ; dans ce dernier cas, la fièvre symptomatique est une sympathie générale provenant d'une sympathie locale. La fièvre hectique est une sympathie de l'ensemble de la constitution avec une maladie locale dont la constitution ne peut effectuer la guérison. On l'observe dans la syphilis constitutionnelle plus souvent et à un plus haut degré que dans toute autre forme de la maladie vénérienne.

Je divise la sympathie locale en trois espèces : la sympathie éloignée^ la sympathie de corUiguité^ et la sympathie de con/tnuité. La sympathie éloignée est celle qui a lieu entre des parties qui n'ont aucune connexion visible au moyen de laquelle on puisse expliquer les effets sympathiques, comme dans les cas où l'épaule est le siège d'une douleur sympathique d'une inflammation du foie. La sympathie de contiguïté s'exerce entre des parties distinctes qui n'ont d'autres connexions que celles qui naissent de la proximité ou du contact ; on en trouve on exemple dans la sympathie de l'estomac et des intestins avec les téguments de l'abdomen. La sympathie de continuité est celle dans laquelle il y a continuité des parties , et où l'affection sympathique gagne de proche en proche, à partir du point irrité comme d'un centre ; elle est la plus commune de toutes : nous en avons un exemple dans la manière dont l'inflammation s'accroit en étendue.

$ n. X^ l'ineompatibilité dcf AOlioos morbidei entre elles.

Non seulement on soupçonne l'existence de la maladie véné* rienne dans beaucoup de cas où la nature des symptômes n'est pas bien caractérisée, mais même on suppose qu'elle peut se trouver combinée avec d'autres maladies , telles que la gale et les dartres: ainsi, on parle de gale vénérienne, du mélange de la maladie vénérienne avec les dartres. Cette hypothèse meparait fondée sur une erreur. Je n'ai jamais vu aucun cas de cette nature, et ces faits me semblent incompatibles avec les lois qui président à la manifestation des actions morbides dans l'économie animale. Il est hors de doute, pour moi, que deux actions

ne peuvent a\oir lieu simultanément dans la même constitution oa dans la même partie. Deux fièvres différentes ne peuvent aliter dans la même constitution, ni deux maladies locales dans il même partie, en mèroe temps. Comme les symptômes delà * maladie vénérienne^ lorsqu'elle attaque la peau, offrent de la ressemblance avec les symptômes vulgairement appelés dartreax » on croit souvent que ces deux affections sont unies et qu'elles existent dans la même partie.

Ce qu*on appelle une constitution dartreuse n*est autre chose qu'une constitution douée d'une très grande susceptibilité pour une action qui détermine des éruptions à la peau et qui se produit dès qu'une cause immédiate vient à exercer son influence. Parmi les diverses parties du corps, il en est qui sont plus susceptibles de cette action que les autres; aussi suffit-il d'une cause immédiate plus légère pour y exciter l'action. Mais, de ce qu'une constitution est très susceptible d'une maladie, il n'en résulte pas que cette constitution ne soit pas également sus* ceptible de contracter d'autres maladies, l.'n homme peut avoir en même temps la syphilis et la petite vérole ; c'est-à-dire que, certaines parties de son corps ayant été infectées par le poison vénérien, la petite vérole peut se manifester chez lui, et que les deux maladies peuvent se montrer ensemble ; mais ce n'est point dans les mêmes parties. Si ces deux maladies étaient la conséquence d'une fièvre, et que chacune succédât à la fièvre qui la produit à peu près à la même distance du début, il serait impossible que les deux éruptions particulières se dévelop* passent en même temps , même dans des parties différentes. Deux fièvres, que l'on supposerait précéder ces deux maladies différentes, ne pourraient exister simultanément (1).

(f ) Hanter ne croit pas à la possibilité de l'existence simultanée de deux actions morbides différentes dans les mêmes parties. La doctrine de Hunier, prise à la lettre, constituerait une erreur fort grave. Non seulement la pratique montre tous les jours des individus ayant en même temps la gale et la syphilis primitive ou constitutionnelle, le scorbut ou les scrofoies avec les mêmes accidents syphilitiques; cas dans lesquels il n*y a pas gaie vénérienne proprement dite, ni scorbut ou scrofules sy philitiquiw, mais oomplicatMm de deux affeaions concomitantes qui s'aggravent 'mUmmi oa à la Ma; mais encore on rencontre des cas asses nombrwx dans lesquels les scrofules, le vice herpétique ou dartreox, lesoor-

10 FNTRODUCnON.

D* après ce principe, je crois pouvoir poser les questions irai van tes. S'il arrive souvent que l'inoculation n'est suivie 8'aucun résultat, et que beaucoup de personnes bravent impunément différentes causes d'infection, cola ne peut- il pas quelquefois dépendre de ce que les sujets qui se trouvent soumis à ces influences sont déjà atteints de quelque autre maladie » et sont par conséquent incapables de contracter une nouvelle action morbide! Ne peut-on pas rattacher à la même loi, dans beaucoup de cas, les différences si nombreuses que l'on observe dans l'espace de temps qui s'écoule entre l'application de la cause et l'apparition de l'effet! Dans les cas où la piqûre faite au bras n'a donné des signes d'inflammation que quatorze jours après l'application du poison ▼arioleux, n'existait-il pas une autre maladie dans la constitution au moment de l'inoculation! La guérison de quelques maladies ne repose-t-ellepas sur le même principe! La suspension ou la cure d'une gonorrhée déterminée par une fièvre peut offrir rni exemple de cette dernière circonstance.

A l'appui de ces idées, je rapporterai le cas suivant que je i4ioisis parmi les faits nonibreux qui oTit étn soumis à mon observation. Le jeudi 16 mars 1775 . j'inoculai un enfant, au bras duquel je fis de larges piqûres. Le dimanche suivant , il se manifesta des symptômes qui étaient de nature à faire croire que l'enfant avait reçu l'infection : ainsi, un peu d'inflammation ou de rougeur entourait chaque piqûre, et l'on remarquait un peu de tuméfaction à la surface de la peau. Le 20 et le 21, l'enfant eut de la fièvre ; mais je déclarai que ce n'était point la

but. impriment aux accidents syphilitiques un cachet particulier dans lequel on est forcé de reconnaître une combinaison de ces causes Morbides agissant ensemble sur les mêmes régions , sur les mêmes

nftMs.

Si la doctrine de Hunier peut être soiitenne dans les cas d'afl^cttons ■i|rnë.4 et siirlotit fébriles, où. |»ar les lois de la révulsi<in, le mal le plus fbrt peut enrayer on su.epen'lre le mal aciuetiemt^nl le pluH fHihIa, dans les mnliidies analogues à la 9yf>luli.<e!ie est souvent fausse. Il n'est pas de maladie qui empêche, d'une manière absolue, de contrarier la syphilis: celle ci, à son tour, ne saurait, pen tant sa durée, garantir d*aoevne autre . si ce n'est d'une nouvelle syphilis consiilutionnello.

P. Ricotn.

UinODUCTIOK . 11

bèvie variolique , car l'inflammation locale n'avait fait wcf/cxixi progrès depuis le 19. Le 22, il se manifesta une éruption conndéreble, qui était évidemment la rougeole; alors les plaies des bui pArurent rétrograder et se montrèrent moins enflammées. Le23, Venfant était entièrement couvert par l'éruption rubéoliqoe, et les piqûres des bras étaient dans le même éiat que le jour précédent. Le 25, la rougeole commença à disparaître. Le 2Setle 27, les piqûres redevinrent un peu rouges. Le !29, l'inflammation augmenta, et il se forma un peu de pus. Le 80, l'enfant fut pris de fièvre. La petite vérole parut à l'époqiw habituelle, suivit son cours ordinaire et se termina favorablement (1).

On observe de même que la maladie vénérienne fait sen apparition à différentes époques après l'infection ; ne peut-on pas expliquer oe fait par la même loi pathologique!

il] J'ai pensé qu*il serait curieux de rapprocher de ce fait l'observatKm suivante que je trouve dans le journal allemand Zeitschrifl fUr die getammte Mediein ( novembre 1 836 ) , et qui a été consignée par le docteur Glehn dans les Tratiêactionê de la Société de médecine de SahU^Péleribaurg, sous le iilre de Combat entre ta $carlatine et ta petite térot€.

Le 35 novembre 1834, dans un moment où la scarlaline et la petite vérole régnaient épidémiquement, un jeune offîcier de marine fut pris de fomitsements sans cause apparente. Il se sentit mieux le Î6: mais le 27 il éprouva de la céphalalgie, des vertiges et de l'accablement : md pools était fréquent, sa langue était blanche et ses yeux étaient injectés. 11 avait tantôt des frissons et tantôt des bouffées de chaleur. Ces symptômes 8*élevèrent à une violence extrême le 28, et le 29 une éruption narbrée de scarlatine, d'une couleur rouge sombre, apparut sur le viâage, le cou, la poitrine et les membres supérieurs. En même temps, on observait quelques pustules isolées sur le front et sur la face. Le voile du palais et la luette étaient enflammés, et la déglutition était très difficiii. Le lendemain, l'éruption scarlatineose polit et disparut, tandis que. d'm autre côté, les pustules devinrent de plus en plus nombreuses et nettement dessinées, et furent promptement reconnues comme appartenant à la forme de petite vérole désignée par le nom de variololde. L*émplion varioleuse s'étendit ensuite à tout le corps. Pés le moment où la scarlaliae disparut, tous les symptômes alarmants se dissipèrent , et la quiladie parcourut ses périodes avec une grande bénignité.

Qufeland raconte un fait semblable dans sei^ Obset-vations mrla petite vérole H la vaccine à Weimar, en 1798. Dans ce cas, la petite vérole eut igliuwuai te ésisos. G. Hichklot.

S m. 9% U foTM relative det dîfféreBlet parlias d« eerpt , faivasl

lc«r ntMlion et levr ttnMtore.

Ainsi que nous aurons occasion de l'observer, les parties affectées contractent les actions morbides plus facilement, et leur font parcourir leurs périodes plus rapidement lorsqu'elles sont situées près du centre de la circulation, que lorsqu'elles en sont éloignées ; car le cœur exerce son influence sur les diffé* rentes parties du corps en proportion de la proximité où elles sont de lui, et plus les parties sont éloignées de cet organe, moins elles ont d'énergie vitale.

C'est un fait qui est mieux démontré par la maladie que par aucune des actions qui s'accomplissent dans l'état de santé. En effet, dans l'état de santé nous ne pouvons faire d'épreuves comparatives , car deux parties de la machine animale situées à des distances inégales du cœur ne peuvent être amenées à une action égale, et par conséquent on ne peut tirer aucune conclusion. Il est à remarquer que toutes les parties vitales sont situées dans le voisinage du cœur.

Dans l'état morbide, on voit la faiblesse produire la mortification aux extrémités plus souvent que dans les autres parties, surtout chez les sujets de haute taille, parce que le cœur ne pousse pas le sang vers ces parties éloignées avec autant de force que dans les autres. Lorsque la constitution est affaiblie, les malades qui sont atteints d'hémiplégie finissent souvent par succomber à la gangrène des extrémités du côté paralysé. Dans quelques uns de ces cas, les artères se rompent, ce qui donne lieu à une extravasation du sang. On peut donc raisonnablement supposer que ces vaisseaux sont relativement plus faibles que les autres dans l'état de santé. Nous voyons aussi que les ex* travasations de cette espèce commencent ordinairement dans les extrémités.

Cette loi devient évidente, non seulement dans ces deux maladies , mais aussi dans toutes celles qui peuvent affecter le corps vivant. Elle est démontrée par la facilité avec laquelle les maladies se développent et s'accroissent dans les parties éloignées du centre de la circulation , ainsi que par la manière dont elles marchent vers la guérison.

La farce vitale des parties ne varie pas seulement en raison de lenr distance plus ou moins grande du cœur , mais encore en raison de leur structure particulière ; ce qui fait qu'elles difftrent entre elles autant par la marche des actions morbides qui s y manifestent que par les phénomènes naturels qui s'y accomplissent dans l'état de santé.

Le corps vivant se compose de tissus divers , comme les musdes, les tendons, le tissu cellulaire, les ligaments , les os, lea nerb, etc. Nous pouvons étudier comparativement la marche des maladies dans chacun de ces tissus, et par conséquent connaître leur force relative de restauration : or cette étude nous apprend que ces diverses parties diffèrent beaucoup les unes des autres sous ce rapport. Je n'ai pas pu déterminer jusqu'à quel point ces différences se manifestent dans toutes les maladies; je suis porté à croire que pour certaines maladies spécifiques, comme les scrofules et le cancer, le mode d'action morbide ne diffère pas , en général , dans les divers tissus (1), et que ces maladies produisent les mêmes effets spécifiques dans toutes les parties qui sont susceptibles d'en être affectées. Mais pour les maladies causées par des lésions extérieures , il n'en est plus ainsi ; on observe une grande différence dans l'intensité de l'action , car les parties soumises à une telle influence agissent suivant leur nature spéciale ; cette remarque s'applique également à la maladie vénérienne. Cette différence paraît consister principalement dans le degré plus ou moins grand de force de résistance à l'action morbide. Les tissus ont d'autant moins de force pour résister aux maladies , que leurs pouvoirs vitaux sont moins énergiques. C'est pour cette raison que les actions morbides ont une évolution beaucoup plus lente dans les os , dans les tendons, dans les ligaments et dans le tissu cellulaire, que dans les muscles ou la peau. Ce principe trouve son application entière dans la maladie vénérienne (2).

(I) Il est bieo entendu que je fois ici exception des parties qui ont plus de tendance que les autres pour certaines maladies spécifiqaes , comme les ganglions lymphatiques pour les scrofules, la glande mam« maire pour le cancer. J . Hmcrsa.

(S) Pour les maladies vénériennes , il faut cependant faire quelques exceptions: après les membranes muqueuses et la peau, le tissu celln-

14 nfTneotffmvfi.

$ XT. 0ef partiel iuso«ptîblés de maladies

Il est des parties qui se mont rent beaucoup plus susceptibles que les autres de certaines maladies spécifiques. Les poisons morbides ont un siège d'élection dans le corps vivant, comme si des tissus déterminés leur étaient assignés. Ainsi, la peau est le siège de ce que l'on appelle vulgairement des éruptions dartreuses . et de diverses autres maladies î elle est aussi le siège de la petite vérole et de la rougeole. La gorge est le siège de rhydro|Aobie et de la coqueluche. Les scrofules attaquent le système ab* sorbant , et principalement les glandes. Les mamelles, les testicules et les glandes conglomérées sont le siège du cancer. La peau,lagorge et le nez sont plus susceptibles d'être affeetésparla syphilis constitutionnelle que les os et le périoste ; et ces derniers en sont plus promptement atteints que plusieurs autres parties, notamment les parties vitales , qui peut-être ne sont pas du tout susceptibles de cette maladie (1).

S ▼. X^ riaflaiiiBiatioo,

Je considère Y inflammation commune comme un accroissement d'action des capillaires , qui , en même temps, sont le siège d'un mode particulier d'action, sous l'influence duiiuel ils produisent les effets suivants : l'adhérence des parties , la for nation du pus , et la destruction d'une portion plus ou moins grande des solides. Ces effets ne dépendent pas d'un simf^Ie accroissement d'action ou d'une simple dilatation des vaisseaui, mais d'une action spéciale qui , jusqu'à présent, ne me panut pas avoir été comprise.

J'ai envisagé ces trois effets de l'inflammation comme trois espèces distinctes, et j'ai appelé inflammation ad hésite, celle

Isire est incontestablement le plus propre aux évolutions des actions morbides sypbiliiiques. et, de tous les tissus, celui des séreuses est celai qui leur résisie le plus. P. Hicoio.

(4) J'ai montré à l'Académie de médecine des lobereutes syphilitiques du cerveau, coïncidant avec des nodus (tubercules do lissa eells- Isire), chez un individu affecté des symptômes tertiaires ds II Sfpbllis. Mon collègue, M. Cullerier, eo a présenté uo nouvel exemple 1 Ni oième Sodèié ÉAvaote, psa ds tsœps après. F. Ricoas.

qoi détermine l'adhérence des parties; inflammation $vppu: roiite , celle qui est caractérisée par la formation du pus , et mfiammaiion ulcéraiive , ,celle qui s'accompagne d'une perte de substance.

Dnns l'inflammation adhésive , les artères versent de la lymphe coagulable qui devient le moyen d'union. Cette ljrm|die n'est point simplement épanchée « mais elle a subi une modification avant d'abandonner la cavité des artères , car on en trouve dans les veines enflammées qui forme un coagulum étendu en couche à la surface interne de ces vaisseaux, ce qui se pourrait avoir lieu si elle était simplement extravasée. Dans rinflaiiimation suppurative, le sang, avant d'être versé par les artères, subit une modification encore plus profonde, en vertu de laquelle il est transformé en pus : ce changement est, sans doute, l'effet d'un travail semblable à celui des sécrétions. Dans rinflammation ulcérative , ce ne sont point les artères qui em-' portent les tissus ; cette fonction appartient aux vaisseaux absorbants, qui entrent en action.

La di>position et le mode d'action des artères doivent être différents dans les deux premières espèces d'inflammation. En eû'et, rinflammation suppurative ne peut point être considérée comme un simple accroissement de l'action qui constitue l'inflammation adbésîve, car ses effets diff'èrent complètement de ceux de cette dernière. Mais dans la troisième espèce, il est probable que l'action des artères reste telle qu'elle était dans la seconde espèce , et qu'à celte action s'ajoute seulement celle des vaisseaux absorbants, qui a pour effet la destruction des parties solides , et , par conséquent, des artères ellesmêmes.

$ TZ. Se 1* gangrène.

La gangrène est de deux espèces , suivant qu'elle est précédée par l'inflammation ou qu'elle en est indépendante. Je ne m'occuperai ici que de la première, car c'est à cette espèce qu'appartiennent les cas de gangrène qui seront cités dans le cours de cet ouvrage.

L'inflammation est un accroissement de l'action qui s'accom* (dit sous l'influence de la force vitale dont chaque partie eal

doaée naturellement. Cet accroissement d'action, au moins dans les inflammations saines, s'accompagpie probablement d'une augmentation de force ; mais cette augmentation de force n'a pas lieu dans les inflammations qui se terminent par gangrène. Au contraire, il y a alors diminution de Ténergie vitale, etc'est cette diminution qui, unie à une action trop intense, devient la cause de la gangrène, en faisant cesser l'équilibre qui doit exister dans toute partie entre la force vitale et l'action.

Si cette manière d'envisager la gangrène eât exacte, il ne sera pas difficile de poser les règles d'une pratique rationnelle. Examinons d'abord le traitement qui a été recommandé jusqu'à présent, et cherchons jusqu'à quel pomt il peut s'accorder avec la doctrine que je viens d'exposer.

Il est évident que, dans la pratique ordinaire, on a pris en considération la faiblesse ; mais il est clair également qu'on n'a tenu aucun compte de l'accroissement d'action, de sorte qu'on s'est proposé pour but unique d'augmenter l'intensité de l'action, dans l'intention de faire disparaître la faiblesse. Le quinquina, la confection cardiaque, la serpentaire, etc., ont été administrés à aussi haute dose que le cas paraissait l'exiger, ou que la constitution pouvait le supporter. Par ces moyens, on a produit une apparence de force artificielle ou temporaire , qui n'était en réalité qu'un accroissement d'action. L'emploi des cordiaux et du vin, d'après les principes qui ont conduit à leur administration, est rationnel; mais il y a de fortes raisons pour en proscrire l'usage, et ces raisons sont fondées sur l'effet général de tous les cordiaux , qui est d augmenter l'action sans donner un accroissement réel de force ; de sorte que les forces vitales s'affaissent ensuite d'autant plus qu'elles ont été plus stimulées. Par une telle pratique , on ne peut rien gagner, et l'on peut perdre beaucoup; car, dans tous les cas, lorsqu'on a laissé les forces s'abaisser au-dessous d'une certaine limite, il n'est plus possible de les relever.

Le traitement local n'est pas moins absurde que le traitement constitutionnel. On a pratiqué des scarifications s'étendant jusqu'aux tissus vivants, afin d'appliquer sur eux des substances stimulantes et antiseptiques, telles que la térébenthine, les baumes, et quelquefois les huiles essentielles. On a

eu recours aussi aux fomentations chaudes, parce qu*on a considéré la chaleur comme une des causes de la vie. Mais la chaleur augmente toujours l'action , et les stimulants ne peuvent amvenir là où les actions sont déjà trop intenses.

D'aprës les principes que je viens de poser» le quinquina est le seul médicament qui puisse être utile, car il accroît les forces et diminue l'action. Dans beaucoup de cas, l'usage de l'opium peut être très avantageux, bien qu'il ne donne aucune force réelle y parce qu'il diminue l'action. Je l'ai vu produire de bons effets, soit appliqué localement, soit donné à l'intérieur i hautes doses. Il convient de maintenir les parties malades dans un état de fraîcheur ; tous les topiques doivent être froids.

Ces règles de pratique doivent être suivies dans les cas où la maladie vénérienne s'accompagne de gangrène.

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