EXAMEN DES ANCIENNES THÉORIES DE LA MENSTRUATION
Comme nous le verrons plus tard, quelques femelles des . aammifères doraesli(jues , telles que : des génisses , des ;hiennes, des truies, etc., sont également sujettes, du moins lertaines races plus distinguées, à riiémorrhagie vulvaire aux îpoques de rut; elle y est, la plupart du temps, moins aboulaute que chez la femme et les quadrumanes, mais on ne peut )as la mettre en doute. 11 ne pouvait guère en être autrement; :ar, comme nous allons le voir dans le chapitre suivant, les ipuques menstruelles et les époques de rut se ressemblent .out à fait au point de vue analomo-physiologique ; Thémorrhagie menstruelle, quoique moins marquée chez les animaux, ne fait que compléter cette analogie; dans les deux cas, elle tient aux conditions anatomiques inhérentes à la nature, qu'on peut quelquefois faire disparaître, mais jamais acquérir. Sans doute, on peut à la rigueur supposer une jeune fille qui puisse devenir grosse à la suite de rapports sexuels avant d'avoir été réglée; une fois accouchée, elle pourrait redevenir enceinte avant le retour des règles ; on peut môme supposer que, par une série de calculs et de hasards, le même état de choses puisse continuer pendant toute la période de la vie destinée à la reproduction. Il en résulterait que, la durée de cette période étant d'environ trente-quatre ans, la femme, ainsi imaginée, pourrait ne pas avoir du tout de règles de sa vie, et donner le jour à une quarantaine d'enfants. Voilà ce qui en résulterait de plus clair, si les idées d'Auber étaient tant soit peu fondées. Voilà ce que gagnerait la société et en particulier la femme, pour avoir réussi, àTaide de rapports sexuels trés-rapprochés et féconds, à empêcher l'ovulation spontanée et, par la même 'raison, l'hémorrhagie menstruelle, qui n'en font qu'un. Il est bien évident que la plupart de ces enfants ne tarderaient pas à succomber, faute de soins indispensables au développement de l'enfance. Bien peu de mères auraient pu, d'ailleurs, résister
un nux sanguin abondant, dont la durée était de trois jours environ, pendant lesquels ranimai donnait les signes dune excessive lubricité. (Traité de physiologie, l. \i, p. 723.)
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aux fatigues de grossesses aussi rapprochées et aussi nombreuses. Un pareil état de choses n'aurait certes pas été favorable à la conservation et, à plus forte raison, à la multiplication de Tespèce qui était dans les desseins du Créateur. Noos ferons observer, en terminant, que si Ton peut former dans rimagination un modèle semblable à celui que nous venons de supposer, où tout est arrangé dans un but déterminé d'avance artificiellement, ce modèle ne pourrait être reproduit qne dans quelques rares individualités ; il est impossible que tout marche avec la même concordance dans une agglomération d'individus telle faible qu'elle soit. Généralement, on se fait une trés-fauesc idée de l'état primitif de l'homme en se le figurant à Télat voisin des animaux. Sans doute, ondoit'beaucoup à la civilisalion; mais, en prenant l'homme, même à une époque la plus reculée, il devait déjà occuper une position relativement supérieure, car il était en possession des facultés intellectuelles qui, peu à peu, s'élevèrent jusqu'au génie. Grâce à cet avantage, la raison devait, presque toujours, dominer chez lui les penchants instinctifs; même alors, il devait savoir comprimer ses désirs quand il s*apercevait que le contraire devait être nuisible à la santé de la femme qu'il avait préférée entre beaucoup d'autres. Quant à la femme, la voix de l'instinct de la reproduction est généralement moins impérieuse chez elle, et il a dû en être de même de tout temps. Si, de nos jours, on voit la femme prendre quelquefois l'air provocateur, c'est plutôt la conséquence de la civilisation que Texpression des sentiments naturels. Parmi les prostituées mêmes, on en rencontre fort peu qui soient poussées au libertinage par l'ardeur génésique; bien plus souvent, elles s'y trouvent entraînées par le sentiment de coquetterie, le goût de l'oisiveté et le besoin des émotions variées, quoique futiles.
La société primitive rèvéc par Auber n'a dû jamais exister. Si nous nous sommes étendu là-dessus plus que cela n'aurait paru d'abord nécessaire, c'est qu'à côté de son caractère paradoxal, cette théorie n*a pas moins l'apparence de reposer sur
leux fails de la physiologie de la reproduction bien avérés, à avoir : l*" que la menstruation termine la marche de Tovulaîon vers la reproduction et coïncide avec 1* ovulation spon talée; 2* que lorsque la fécondation a eu lieu dans un moment pportun de cette période» l'hémorrhagie menstruelle n'ayant ilussaraisond*étrenesereprésen(eplusordinairementqu'aprés 5 retour de l'orgasme ovarien, après Taccouchement.