CHAPITRE m
DE L*ÉP0Q!]E DE LA PUBERTÉ EN GÉNÉRAL ET DE DIFFÉRENTES CAUSES ORGANIQUES ET EXTÉRIEURES QUI INFLliniT SUR L'AGE DE LA PREMIÈRE ÉRUPTION DES RÈGLES.
L'homme n'est pas fait pour rester toujours dans Tenfance, comme l'a dit Jean-Jacques Rousseau; il en sort au terme déterminé d'avance par la nature. Ce terme correspond à répoque connue ordinairement sous le nom de puberté. C'est alors qu'on aperçoit pour la première fois des changements notables qui constituent le sexe. Cette nouvelle ère s'annonce, chez la femme, de loin, comme nous l'avons vu dans le précédent chapitre, par un grand nombre de phénomènes dont chacun exprime quelque modification importante dans son organisation. Ce n'est qu'après avoir accumulé peu à peu toutes les richesses anatomiques et physiologiques dont la reproduction de l'espèce a besoin, cen*est qu'après avoir tout disposé pour assurer le développement du nouvel être dans le sein maternel et son existence après la naissance, que la nalure couronne son œuvre en donnant à la femme la faculté de se reproduire. C*est alors aussi que l'on voit paraître la menstruation, un des caractères extérieurs les plus constants de cette faculté, un des attributs les plus significatifs de la puberté.
Si Ton excepte les animaux qui occupent les plus bas degrés
) l'échelle zoologique, tels que les infusoires et les polypes li peuvent faire des petits immédiatement après être arrivés I monde, chez tous les autres, la faculté de la reproduction ) s'annonce, dans les deux sexes, que plus ou moins longmps après la naissance, lorsque le corps a pu acquérir un hreloppement suffisant.
U n'y a même qu'un petit nombre d'animaux qui se repro* lisent la première année de leur vie. La plupart des mamifères domestiques, comme les brebis, les chèvres, les iches, les chattes, les chiennes, les truies, etc., etc., ne >mmencent à faire des petits qu'à l'âge de deux ans; d'au- *es, comme la jument, l'flnesse, etc., etc., attendent même acore plus longtemps, et il est généralement fort rare de Dir chez elles la moindre manifestation de l'instinct de la sproduction avant quatre ans.
Partout, comme on le voit, un intervalle plus ou moins mg sépare la puberté ou la maturité procréatrice, du moment e la naissance.
Si l'on réfléchit à l'extrême complication de l'organisation amaine et à la grande centraUsation, qui fait que toutes ses arties restent sous la dépendance d'un petit nombre de prinipaux organes, on est déjà naturellement porté à croire [ue cet intervalle devait être nécessairement plus long chez i femme que partout ailleurs. En effet, comme le fait oberver Burdach, < la maturité procréatrice étant un point ulminant du développement, elle apparaît d'autant plus tôt [ue la marche de la vie est plus simple, l'individualité moins prononcée, l'organisation plus simple, le corps plus petit et la ie en général plus pauvre. »
L'intervalle qui sépare la puberté de la naissance est effecivement plus long chez la femme que tout autour d'elle, fais par la même raison que la maturité procréatrice tient à 'organisation et qu'elle peut être, d'après cela, plus ou moins >récoce chez les différents êtres, elle doit nécessairement offrir assez d'uniformité chez des sujets appartenant au
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même genre^ toujours liés entre eux par quelques liens fondamentaux, malgré les divergences apparentes qui les divisent. Ceci pourrait déjà faire présumer qu'il ne doit pas y avoir énormément de différence entre Tâge correspondant à la pu* berté chez les femmes de différents pays, les lois qui régissent la reproduction dans notre espèce étant communes à toutes les femmes du globe.
L'opinion générale n'est pas encore, il est vrai, suffisamment préparée à cette conclusion, mais cela tient évidemment à ce que la théorie de la menstruation basée sur l'ovulation est encore nouvelle et qu'on n'a pas assez réfléchi sur ses conséquences physiologiques. II n'y a pas le moindre doute que, la menstruation étant si étroitement liée à l'état des œufs qni constituent Vorgane du sens génital de la femme, c'est, avant tout, au développement de ces organes que l'époque de la puberté doit être subordonnée. Dans un des paragraphes suivants, nous aurons Toccasion d'examiner un grand nombre de documents statistiques relatifs à l'âge correspondant à la première éruption des régies chez les femmes de différentes contrées du globe. Le résultat de cette enquête sera tout à fait conforme aux prévisions de la science, et parfaitement en accord avec ce que nous savons déjà des différentes phases de l'ovulation et de leurs rapports avec la menstruation. Cela ne pouvait guère être autrement, car, comme le dit fort bien Prichard , < devant les grandes lois de l'économie animale, tous les membres de la famille humaine sont égaux ; tous les hommes, les blancs et les noirs, se trouvent placés par la nature, pour ainsi dire, sur le pied d*une égalité parfaite. La durée de la vie entière et celle du temps nécessaire pour arriver à l'état adulte étant reconnues, à très-peu près, les mêmes, on ne pouvait guère supposer sans invraisemblance qu*il existât des différences bien marquées pour aucune fonction particulière ou pour un ordre particulier de fonctions (1).»
(1) Prichard^ Histoire naturelle de Vhomme^ e<c., traduit parle docteur Roalin. 1843, p. 253.
ÉPOQUE DE LA PUBERTÉ EN GÊNÈBAt.. 169
Trois à quatre années de différence que présentent, sous ce rapport, entre elles, les femmes des points les plus opposés du g^obe, n'attaquent en rien cette loi fondamentale qui est un des caractères génériques de la femme, et se laissent facilement justifier par l'influence incontestable du climat ou plutôt par la différence dans la température moyenne de Tannée. L'aisance oa la pauvreté, le régime alimentaire, Féducation, etc., etc., peuvent ensuite influer sur les tendances organiques et modi* fier le résultat définitif. Avant de passer à l'examen de ces modificateurs, arrêtons-nous un moment pour étudier plus à fond le rôle du sens génital au milieu de tous ces agents extérieurs qui, seuls, préoccupaient les observateurs, jusqu'à ces derniers temps.
§ I. — ^ 9« MBS (iéBiCal éÊÈeu la feamie et «e nmm lail«eBee «m
Pépeyw «• la poteerlé.
En étudiant les modifications éprouvées par les ovaires aux approches de la puberté, nous avons vu que, régie générale, le nombre des ovisacs, visibles à l'œil nu , augmentait pro* gressivement et que leur volume augmentait en proportion, à mesure qu'on approchait davantage de l'époque de la première éruption des règles. Ce n'est que lorsque tout est arrivé au degré voulu, d'après les lois fondamentales de la reproduction, que h ponte spontanée commence son exercice, pour se continuer ensiiite périodiquement pendant toute la durée de la période menstruelle. Ce degré peut être atteint plus ou moins vite, selon la puissance du sens génital. Différentes conditions morbides peuvent également déranger les tendances naturelles de l'économie et retarder ou avancer ce degré de développement. Cependant, toutes choses étant égales d'ailleurs, le plus grand nombre de femmes du globe arrivent à la maturité entre treize et seize ans. Cette uniformité du résultat, au milieu de conditions extérieures souvent opposées, est une preuve des plus concluantes qu'elle doit dépendre de
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certaines conditions tenant à l'organisation même, par conséquent moins accessibles aax influences du dehors. L'action de ces conditions anatomo-physiologiques est si paissante, que les agents extérieurs ne pourront jamais lui enlever ce qu'elle ne voudra pas céder; elle peut fléchir quelquefois, mais rien ne peut Tanéantir complètement. On peut, jusqu'à un certain point, comparer les évolutions successives de l'ovulation en vue de la menstruation à la dentition ; ce parallèle peut même servir à nous faire mieux comprendre ce que nous allons dire tout à l'heure de la puissance génitale. Tout le monde sait que la dentition marche plus ou moins vite, qu'il y a des enfants qoi, à l'âge de trois ou quatre ans, n'ont encore aucune dent oni peine deux ou quatre ; que d'autres les ont souvent toutes avant la fin de la seconde année; que d'autres, enfin, en apportent déjà en venant au monde. Ces exceptions individuelles peuvent tenir à plusieurs causes constitutionnelles ou pathologiques; qui sait même si des agents extérieurs ne peuvent pas également avoir quelque prise là-dessus? Ce serait réellement u& objet d'étude fort intéressant pour les amateurs de statistiques. Cependant, au milieu de tous ces écarts, il y a toujours ui point central vers lequel tout se dirige, d'après les lois fondar mentales de la dentition qui constituent le caractère générique de l'espèce humaine, et qui font que, nonobstant certaines variations, règle générale, telles dents poussent à tel âge, telles autres à tel autre âge, et ainsi de suite.
On peut immédiatement reconnaître les effets du sens génital dans un tableau statistique relatif à la première menstruation. Il suffit que ce tableau soit divisé en autant de colonnes perpendiculaires qu'il y a de variétés dans l'âge correspondant à la première éruption des règles, et que chaque colonne sdt destinée à un autre âge. On verra immédiatement que les plus gros chiffres de ceux qui représentent l'âge de puberté seront placés dans les colonnes correspondant à Tàge de 18, li, Ifi, et 16 ans. Ils vont ensuite en décroissant à droite comme i gauche ; de telle sorte que, si l'on fait des colonnes horiiontaks
destinées à rindication de différentes localités, on verra que chacune d'elles représentera en chiffres une espèce de double échelle, dont le sommet correspond aux âges que nous venons d*indiquer. On peut constater cela dans notre grand tableau n* 2 (voyez à la un du volume).
Un fait qui se reproduit aussi constammment ne peut tenir qu'à des causes fixes, à des impulsions internes tenant à Torganisation même de la femme. Les différentes nuances dans la puissance du sens génital contribuent ensuite, avec des in< fluences du dehors, à former d'autres groupes de chiffres qui s'éloignent progressivement des colonnes représentant Tâge de la puberté chez Timmense majorité des femmes. Ce sont ces groupes secondaires qui constituent des exemples de menstruations relativement précoces et tardives.
Quand on étudie attentivement le jeu des différents appareils de l'économie, on ne tarde pas à s'apercevoir que tous ne sont pas montés au même diapason chez les mêmes individus. Chez les uns, ce seront les organes respiratoires et ceux de l'appareil circulatoire qui se distingueront par leur activité ; chez d'autres« ce sera le cerveau qui semblera le plus richement doté ; chez d'autres, ce sera l'appareil locomotif ou le système sensorial, etc.; c'est ce qui constitue la puissance relative de chaque système de l'économie ou le véritable tempérament. Parmi les femmes, il y en a qui, dès leur naissance, se distinguent par la puissance génitale plus élevée que d'autres; ces femmes, toutes choses étant égales d'ailleurs, seront réglées de meilleure heure.
C'est dans les ovaires que se trouve, chez les jeunes filles, le titre de la puissance génitale, et, particulièrement, en ce qui est relatif à la première menstruation. En ne tenant compte, bien entendu, que des enfants qui ont paru jouir d'une bonne santé avant de succomber de quelque maladie aiguë, on trouve à cet égard de très-grandes différences dans leurs ovaires. Il y a des enfants chez qui, dès la première année de leur vie, on peut déjà apercevoir quelques vésicules à
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l'œil nu, et d'autres où, à Tâge de six ans, on en trouve à peine autant. Chez une petite fille, fortement constituée, morte de la variole à l'âge de quatre ans, nous pûmes compter, i l'œil nu, quin2e follicules de 2 à S millimètres et même au-dessus. Chez une autre petite fille plus âgée de deux ans, mais d'une apparence plus chétive, nous ne rencontrâmes en tout, dans les deux ovaires, que huit à dix ovisacs apparents, dont un seul avait 2 millimètres; trois ou quatre n'avaient qu'un millimètre ; les autres étaient à peine marqués. Voilà comment se traduit, dès les premières années de la vie, la puissance génitale et, en particulier, la puissance emménique.
A mesure qu'on avance dans la carrière, cette disproportion devient de plus en plus marquée et la puissance emménique s'accentue encore davantage. Chez une fille âgée de quatorze ans, d'une apparence assez délicate, n'ayant pas encore les seins développés et pas de poils au pubis, nous ne trouvâmes que vingt ovisacs visibles à l'œil nu dans les deux ovaires, dont la plupart n'avaient que 2 millimètres de diamètre ; quatre follicules seulement avaient 3 millimètres. Si cette jeune fille, qui a succombé à la suite de fièvre typhoïde, avait continué à vivre, il est très-probable qu'il lui eût fallu an moins deux ans de temps pour arriver au développement compatible avec la menstruation. Chez une autre jeune fille, au contraire, qui avait un an de moins que la précédente, mais qui était d'une bonne constitution apparente et qui avait succombé en peu de jours à une pneumonie aiguë, nous avons compté au delà de vingt-quatre ovisacs dans les deux ovaires ayant, pour la plupart, déjà A à 7 millimètres de diamètre (1). Il est évident que la puissance génitale était
(1) Nous recommandons toujours à ceux qui voudraient se livrer à ce fanra d'étude, de tremper les ovaires pendant quelques jours dans l'esprit-de^via, ou mieux encore de les faire bouillir avant de les ouvrir. Dans ce cas oif enlève fteilement le milieu formé par le coagulum ; les parois de ces ovisacs coupés en travers restent béantes, et l'on peut aisément mesurer les diamètres âfiê poebes.
ci bien plus énergique que chez la précédente jeune fille ; iussï avait-elle déjà, quoique plus jeune que l'autre, les seins ûen formés et le pubis abondamment ombré. Si elle avait 'écu, elle n'aurait pas tardé à être réglée.
Nous aurons l'occasion de citer, dans un paragraphe spécial, m grand nombre d'exemples de menstruation trés-précoce, hez de petites filles de trois ans, de deux ans, d'un an, même loins. Ce sont autant d'exemples de puissance génitale exagé* ée, poussée, en quelque sorte, jusqu'au degré de monstruosité. A plupart de ces faits ne furent considérés que comme une spëce de curiosité au point de vue emménologique. On a eu arement l'occasion de suivre ces petites filles pendant assez 3ngtemps pour qu'on pût savoir ce qu'elles étaient devenues. Cependant, dans un cas dont parle Descuret (1), une jeune ille chez qui la menstruation avait commencé à deux ans, 'était mariée à vingt-sept ans et avait eu plusieurs enfants. fais ce qui nous intéresse le plus chez elle, au point de vue [ui nous occupe dans ce moment, c'est qu'elle ne cessa d'être églée qu'à cinquante- trois ans. Voilà, on peut le dire, le type l'une forte puissance génitale. C'est qu'il ne faut pas supposer ue tout se borne, dans ce cas, à hâter la première éruption es règles; la puissance génitale imprime son cachet sur tous 38 actes qui se rattachent à la reproduction de l'espèce ; < son nfluence se continue, disions-nous déjà en 18AA, pendant tout 3 cours de la vie destiné à la génération et elle traduit sa 3rce sur tous les phénomènes qui s'y rattachent. Abstraction lite de quelques cas exceptionnels, on peut établir d'une ma* ière générale que : plus une fille est précoce sous le rapport e la première éruption des règles, plus elle aura, en même 3mp8, de disposition à avoir beaucoup d'enfants et que la lénopause arrivera chez elle à un âge plus avancé; tout cela, cause de l'élévation du degré de la puissance vitale dévolue
la faculté de la reproduction (2).^>
(1) Nouveau jawmal de miâecine^ chirurgie et phamuuie^ U Vit. {%) De ta fv^berêietdêVâgeeriUjue, 1844, p. 830.
17& PHYSIOLOGIE DE LA IfENSTEUATION.
. Depuis vingt-trois ans que ces choses ont été publiées, nous avons été à même souvent de voir se confirmer cette manière d'envisager la puissance génitale. Plusieurs auteurs l'avaient même trouvée si naturelle» qu'ils se l'ont, pour ainsi dire, assimilée, car ils en parlent sans indiquer la source à laquelle ils ont dû probablement l'emprunter, puisque c'est pour la première fois que cette opinion a été émise dans le passage que nous venons de rapporter ; elle n'était, d'ailleurs, qu'une conséquence de la théorie anatomo-physiologique de la menstnur tion basée sur l'ovulation.
Quoi qu'il en soit, le nombre d'enfants étant subordonné, à part les dispositions du sens génital, à plusieurs autres influences ; les maladies, et quelquefois même la volonté, poa^ quoi ne pas l'avouer? pouvant contrarier les dispositions naturelles vers la reproduction, la statistique ne pourrait pas nous être d'un grand secours pour éclairer ces questions. Dans le temps, nous avons fait quelques tentatives dans cette voie , qui nous avaient paru amener des résultats assez favorables i cette manière d'envisager la puissance génitale ; mais par lei considérations que nous venons de faire connaître, nous préférons y renoncer. Nous pouvons en dire à peu près autant des rapports de l'âge de la première éruption des règles avec celui de la ménopause. Sans doute, on peut trouver par hasard une série d'observations où ce rapport sera évident, où à chaque première menstruation précoce correspondra la ménopause relativement tardive, mais il s'en faut que ce rapport soit tou« jours aussi facile à constater. Combien n'y a-t-il pas de femmes qui présentent toutes les apparences du sens génital bien développé, qui ont été réglées de bonne heure, et chez qui la menstruation s'arrête néanmoins à trente, trente-six ou quarante ans 1 Le plus souvent même cela arrive à la suite de la dernière couche qui, par ses conséquences de nature inflammatoireiE dû occasionner la désorganisation des ovaires. Ciomment ftireetttrer des éléments aussi dissemblables dans un tableau statistique, sans s'exposer à des résultats contradictoires? GontfintojOH^^
inc, pour le moment, de déclarer que bon nombre de feits mblent donner raison à cette manière d'envisager la puisnce du sens génital, mais ne la posons pas encore comme 16 loi fondée sur la démonstration.
Le sens génital étant susceptible de varier d'énergie, aassi en dans les pays chauds que dans les pays froids, amène souint des résultats emméniques qui , pris isolément, peuvent iraitre en opposition avec le climat. Ainsi, on peut trouver » exemples de menstruation très-précoce dans les pays froids . des menstruations tardives dans les pays chauds. C'est que \ sens génital, encore une fois, est le premier mobile de Tovu- Liion. Dans ses limites normales, il agit de telle sorte que la Inpart des femmes du globe entier sont réglées entre treize t seize ans. Le degré de sa vigueur avance ou retarde plus u moins ce moment , quelquefois même au delà des limites ue nous venons d'indiquer, ce qui n'exclue pas pour cela la art de l'influence incontestable du climat, de l'éducation, du égime alimentaire, en un mot, de la position sociale, dont lOQS allons étudier les effets dans des paragraphes spéciaux, leulement on a eu tort d'attacher à ces influences et, en pariculier, au climat, une importance par trop exclusive. Le sens ^nital accepte le concours de tous ces modiGcateurs quand la lui sont favorables; comme aussi il sait se roidir contre »ax qui n'agissent pas dans son sens, tout en subissant leur Murt d'action.
Ainsi, toutes les jeunes filles qui par la nature de leur sens génital étaient destinées à une maturité précoce, seront réglées Tautant plus tdt, qu'elles auront habité des pays situés dans Ein climat chaud et qu'elles auront appartenu à la classe aisée le la société. Celles, au contraire, chez qui l'apathie du sens génital ne promettait déjà qu'une maturité lente et tardive, pourront trouver leur puberté reculée encore davantage par un climat très-froid, la misère, le travail trop pénible, l'air malsain. C'est à la synergie de cette double action qu'il faut attribuer la proportion» relativement plus grande, des mens*
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truations exceptionnellement précoces dans les pays trèschauds, ainsi que le nombre infiniment plus grand de menstruations tardives dans les pays plus rapprochés des pôles.
Enfin, comme le sens génital tient à l'organisation de li femme, rien ne semble plus naturel que la transmission de son titre par voie héréditaire. Le professeur Courty (de Montpellier) dit avoir connu une famille composée d*une mère et de huit filles ; toutes ces femmes étaient réglées à onze ans (1). Le gouvernement anglais eut l'heureuse idée de fonder à Calcutta une grande maison d'éducation pour deux cents jeunes filles anglo - indiennes nées aux Indes de parents anglais. D'après le docteur Webb, la plupart de ces jeunes personnes continuent d'être réglées à quinze et seize ans, comme si elles étaient nées en Angleterre, tandis que la première éruption des règles chez les jeunes filles originaires de Calcutta a lien, terme moyen, entre douze et treize ans (2).
Ce n'est également que par la transmission héréditaire da titre du sens génital, qu'on peut se rendre compte de Tinfluence des races sur la première éruption des règles, dont nous allons nous occuper prochainement. Maintenant que nous comprenons bien l'importance des dispositions innées au point de vue de la précocité relative de la menstruation, nous pouvons aborder franchement l'étude de Tinfluence du climat, du régime alimentaire, etc., etc.; nous sommes suffisamment préparés pour comprendre la possibilité de certaines exceptions individuelles à la loi commune.
I II. — lle« rapporta de la latttiUle sé«srAphi4«e et Ae I* toa moyenae de l'uuaée mwee l'épo^ae ëe la pakerté.
La nature fait passer à chaque instant sous nos yeux des preuves de l'intluence favorable de la chaleur sur la génération, dans tout le règne organique ; qu'il s'agisse des végétaux ou
(1) Traité pratique dei maiadiet de Vutérut^ p. 323.
(2) Pathologieaindicay part. 2, p. 261. Citation prisé dânslemantiserit dadoe* leur Tilt, adreaié au Congrès médical international de Paris.
ÉPOQUE DE Lh PUBERTÉ BN GÉNÉRAL. 177
ss animaux Inférieurs, la chaleur, maintenue toute Tannée à ae température assez élevée; favorise la reproduction et la laturité. Il y a des contrées privilégiées sous ce rapport, où végétation esl tellement active que les fleurs, comme les fruits, »nt en permanence, comme on le voit par exemple dans les lys voisins des tropiques. Dans les latitudes géographiques os rapprochées des pôles, la floraison est au contraire beaump plus pauvre, la reproduction peu active, les fruits sont ires et mûrissent difficilement. La même chose a lieu dans le bgne animal. Les animaux inférieurs se multiplient à Tinfini ans les pays chauds. Parmi les animaux plus élevés, comme ïs oiseaux ou les mammifères, il y en a beaucoup, qui dès u'ils quittent les pays chauds, perdent aussitôt la faculté e pondre et de se reproduire. L'art n'a pas manqué de profi- (r de cet enseignement de Texpérience, et nous mit en possesion des serres chaudes pour avoir des fleurs et des fruits ians la saison froide, pour conserver les plantes et même les niroaux qui ne supportent pas la température basse, inventa es couveuses mécaniques pour faciliter Téclosion des mfs, etc., etc.
Tout ceci avait porté les esprits à supposer qu'il devait se tasser également quelque chose d'analogue dans l'économie mmaine, et l'on n'a rien trouvé que de fort naturel que les emmes fleurissent également plus tôt et mûrissent plus vite Ians les pays chauds que dans les pays froids.
L'observation donne jusquà un certain point raison à ces )révisions; seulement le fait, parfaitement vrai au fond, a été iingulièrement exagéré. Il est certain que dans les pays chauds, 'influence de la température élevée s'ajoutant à celle du sens {énital, lorsque celui-ci est déjà naturellement assez vigoureux, doit produire relativement beaucoup plus d'exemples de nenstruation précoce que dans nos pays. Il n'est pas étonnant ilors que des voyageurs, frappés de cette particularité dont ils De pouvaient pas comprendre la vraie raison, aient pris ces exceptions pour la règle. Telle est, je crois, la véritable origine
RACIBORSIU. 12
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de tous ces récits sur la précocité de la menstruation dans lei pays chauds, d après lesquels les femmes arabes et turques auraient été réglées habituellement à huit où neuf ans. On disait à l'appui de cela que Mahomet avait épousé Kadisja a Tâge de cinq ans, et qu'il l'avait admise dans son lit à l'âge de huit ans* Les hommes les plus sérieux croyaient à l'exactitude de ces faits; c'est Ualler surtout qui, par sa grande autorité, avait contribué le plus à les accréditer (1). Montesquieu y croyait également si bien, que cela lui avait fait dire que dans ces pays la raison ne se trouve jamais avec la beauté ; quand la beauté demande l'empire, disait-il, la raison le fait refuser; quand la raison pourrait Tobtenir, la beauté n'existe plus.
D'un autre côté, on racontait également, mais c'est plutôt d'après une simple induction que d'après l'obsei^vation de quelques faits, que les femmes de la Laponie n'étaient habituellement réglées qu'une ou deux fois par an pendant l'été, et qu'elles perdaient à peine quelques gouttes de sang. On est allé même juqu'à rêver des espèces de serres chaudes pour l'espèce humaine, destinées à hâter la maturité des femmes habitant les pays froids. Cabanis du moins ne craignait pas d'affirmer que dans certaines contrées très*froides de la Russie septentrionale, où les enfants ont l'habitude de se tenir constamment auprès de poêles très-chauds, la première éruption des règles est aussi prématurée que sur les bords du Gange (2).
Quant aux femmes d'Arabie, la question aurait dû être fixée par l'autorité de Mahomet lui-même et celle des commentateurs du Coran. Comme le fait très-bien observer Prichard (3) , d'après M. Sale, un des commentateurs de Mahomet,.râge de mariage ou de maturité était fixé chez les Arabes à quinze ans. Cette détermination est appuyée sur la tradition du prophète, bien
(1) HaUer, Elément, physiolog,, etc.
(2) Cabanis, Influence du régime sur les habitudes morales.
(3) Prichard, Histoire naturelle de V homme ^ par Prichard, docteur en médecine et «nenibre de la Société toyuXe de Londres, etc., traduit par le docteur Roulin, i^AS, ^ H, p. 251.
lu'Abu Hannifah pensait que Tâge de dix-huit ans eût été *époque plus convenable. On peut juger d'après cela de Texa^ j[ératioa de tout ce qu'on avait dit de la précocité des femmes irabes, lesquelles, en réalité, ne semblent pas différer beaucoup tous ce rapport des Européennei3.
On avait dit encore que les femmes arabes, comme en génértl toutes les femmes des pays chauds, perdaient leurs règles fit leur fécondité de bonne heure. On trouve également un démenti positif à cette assertion dans le Coran, qui ne regarde comme trop vieilles pour avoir des enfants que les femmes de cinquante-cinq années lunaires ou cinquante-trois années solaires, c Nous voyons donc, dit avec beaucoup de justesse Pricbard, que les époques des principales révolutions physiques sont exactement les mêmes parmi les Arabes que parmi les Européennes. Ainsi toute Targumentation à l'aide de la-* quelle on a cherché à excuser la morale dépravée des nations orientales, en s'appuyant sur l'époque prématurée du développement et de la vieillesse, s'écroule faute de fondement. »
Nous ne savons pas au juste où Cabanis avait puisé ses renseignements sur la précocité de la puberté et sur la principale cause de ce phénomène, chez le peuple de la Russie septentrionale ; mais , ce qu'il y a de certain , c'est que l'opinion émise par ce célèbre auteur est très-accréditée, même dans les contrées dont il est question. Tout récemment, nous avons eu Toccasion de voir un médecin fort distingué de Kazan, ville située à bb'' A8' de latitude géographique, et dont la température moyenne de l'année n'a que 2%2. L'ayant questionné sur l'époque de la première éruption des règles dans ce pays, il nous a répondu que, dans les villes, la première éruption des règles avait lieu ordinairement à l'ftge de quinze ou seize ans, mais que , dans les campagnes, elle était généralement beaucoup plus précoce, les paysans ayant l'habitude de tenir presque constamment leurs enfants sur des suspensions en planches placées derrière d'énormes poêles chauffés sans in* terruption pendant une bonne partie de l'année. Sur l'obser^
iftO PHYSIOLOGIE DE LA MEKSrRCATiON.
valion que nous lui avons faite que cette opinion avait Vair d'être le résultat d'une croyance répandue au pays, mais que probablement il n*avait pas pris la peine de vérifler le fait par lui-même, son langage complètement aflGrmatif de tout i Fheure devint tout à coup infiniment moins convaincant; il nous avoua qu'il n'avait pas eflectivement vérifié ce fait, et noas promit de nous envoyer à cet égard des renseignements statistiques aussitôt après son retour à Kazan. Si nous sommes assez heureux de recevoir cet intéressant document dans le cours de l'impression de notre ouvrage, nous nous empresserons d'en rendre compte, ne serait-ce que dans une note ajoutée à Tintrodution.
Les statistiques bien faites peuvent seules éclairer , comme il convient, toutes ces questions ; ce n'est qu'ainsi que nous pourrons voir ce qu'il y a de vrai et ce qu'il y a d'exagéré on même de faux dans toutes ces croyances.
Beaucoup d'auteurs, même parmi ceux qui viennent d'adres» ser dernièrement des documents statistiques au Congrès médical, ont cru pouvoir apprécier suffisamment l'influence da climat sur l'époque de la puberté, en comparant entre eux les résultats des recherches statistiques faites dans quelques provinces contiguës, occupant en tout l'étendue de quelques degrés de latitude géographique. Sans doute, on peut se donner ainsi quelquefois une légère satisfaction, mais, en général, ce n'est pas en procédant de cette manière que l'on pourra aider (în quoi que ce soit à la solution du problème envisagé dans toute sa grandeur ; bien plus souvent, au contraire, on peut s'attendre à quelques mécomptes inespérés quoique faciles à justifier après un examen plus approfondi. C'est que les effets de la latitude géographique et même ceux de la température moyenne de l'année, quoiqu'ils soient incontestables, peuvent être souvent modifiés, dans une petite circonscription, par des conditions particuhères à une localité, telles que : sa situation par rapport à la mer, son altitude, la. nature et la direction des venls, etc., elc. Toutes ces influences, quoique en apparence
iondaires, produisent quelquefois des résultats qui peuvent "8 en opposition avec les prévisions basées sur les eiïets orlaires de la latitude. On ne peut espérer de voir s'effacer un a les différences qui en résultent qu'en comparant les pays liés à de grandes distances l'un de l'autre. Ce n'est pas en tenant en face d'une carte représentant une province, mais !n en face d'une sphère» qu'on doit faire des recherches de genre, si l'on veut trouver la solution du problème qui nous !upe.
Ze que nous venons de dire ne s'applique pas cependant it à fait à un pays grand comme l'est , par exemple , la mee, qui occupe un espace compris entre AS'' et 6V, de itude. Il n'y a pas de doute qu'en comparant nos départeints du sud avec ceux du nord, on peut déjà apercevoir des férences dans l'époque de la puberté, qu'on ne peut raisonnement expliquer que par la différence de latitude ou de npérature. Toutefois, il faudra toujours avoir présentes à iprit les considérations dans lesquelles nous sommes entré it à l'heure, et ne jamais s'attendre à rencontrer des raprts d'une exactitude mathématique entre les degrés de itude et l'âge correspondant à la première éruption des ^les. M. Edmond Becquerel, en traçant les lignes d'égale Qpérature en France, a eu bien soin de prévenir qu'il y rop peu de données positives pour que l'on puisse consirer ces lignes comme étant toujours à leur véritable place. 3n ne doit pas s'attendre, dit-il, à trouver dans les courbes, lies les anomalies résultant de la position des différentes loités, de la direction des vents , des abris, etc., c'est-à-dire s influences locales (1). »
Nous avons toujours pensé que, pour avoir une juste idée de ifluence du climat sur l'âge de la puberté, il fallait posséder Eucoup de tableaux statistiques basés sur des recherches
i) Ànnalêt d$ VlnttU^ êgronùmlquê de VênmUêi^ iSiS, Paris. Climai de •net, par Ed. BacqMral, p. ii7.
183 FHTSIOLOGIB DE LA IfBfISTRUATIOlf.
faites sous différentes latitudes, en commençant par les pays voisins des tropiques jusqu'aux contrées tout à fait froides..
Lorsque nous avons commencé nos investigations dans cette voie, c'était en 1839, à Tépoque où la question relative à la menstruation avait été donnée au concours par FAcadémie de médecine ; il y avait fort peu de tableaux statistiques sur répoque de la puberté chet les différents peuples de TEurope. Roberton avait cependant déjà publié, à cette époque, en Angleterre, ses recherches statistiques sur l'époque de la puberté chez les femmes de Manchester et dans les possessions anglaises aux Indes. L'auteur en a conclu que la plupart des femmes de Tunivers étaient réglées , sans distinction de latitude géographique, aux approches de quatorze ou quinze ans (1).
Ce résultat était si peu en rapport avec les idées qui étaient encore dominantes chez nous, à cette époque, qu'on n'en fit pas un grand cas. Dire que le climat n'exerçait aucune influence sur la puberté quand tout le monde lui faisait jouer là-dedans un grand râle, c'était effectivement trop compromettre l'avenir de la nouvelle doctrine. Roberton aurait certainement mieni réussi si , au lieu de s'occuper presque exclusivement de payi chauds, il avait été en mâme temps en possession de nombrem documents sur la menstruation dans les pays tempérés et froids ; il eût été indubitablement moins exclusif et plus convaincant. Mais, comme nous venons de le dire, lorsque nous avons commencé nos recherches là-dessus, en 1889, on ne connaissait guère que les tableaux statistiques de Marc d'Espine sur la menstruation à Paris et à Marseille (2), ceux d*Osiander sur la menstruation chez les femmes de Gœttingue et de ses environs (3) , le tableau statistique sur la première menstruation à Lyon par le docteur Pétrequin (i),'et la statistique recueillie
(1) Roberton, Inquiry to the naiural Hisfory of the MtnUruaX fonctkm (JM. anâ turgioài Edinburgh Journal, octobre iS82).
(2) Marc d*Espine, Recherches sur quelques-uneê des cautet qui hâient ou ntUff' dent la puberté (^Arch, génér, de méd,, 1835).
(3) Osiander. Disserîatio de fluxu mens^ruo, eto^, in-ft*. Gœttliifae, IMS.
(4) Pétrequin^ Recherches sur la menstruatiow, Tbèief dt Parit» f8Sl*
à la Maternité de Lyon ou aux environs, par le docteur fiouchacourt (1).
Tous ces éléments n'étaient guère suffisants pour qu'on pût se prononcer d'après eux sur le véritable rôle du climat parmi les causes qui influent sur la puberté. Aussi avons-nous jugé nécessaire de donner avant tout plus d'extension aux recherches statistiques.
Étant, à cette époque , chef de clinique de notre illustra maître, M. le professeur Bouillaud, nous eûmes l'idée d'orgam-» ser des cours de clinique médicale qui nous attiraient une foule de médecins étrangers, et nous avaient mis en relations avec plusieurs médecins distingués du nord de l'Europe. G'étaH H. le docteur Paye, de Christiania , aujourd'hui professeur de clinique d'accouchements et médecin en chef de la Mater» nité de cette ville; c'était M. le docteur Wistrand, de Stockholm; M. le docteur Wretholm, résidant en Laponie; M. la docteur Magnus Huss , médecin en chef de l'hôpital des Sé^ raphins , à Stockholm , etc. , etc. Tous ces honorables confrères ont bien voulu se charger de nous envoyer, après leur retour dans leurs foyers , des documents statistiques sur les différentes questions se rattachant à la menstruation, d'après le programme que nous leur avons préparé pour cela, et, disons-le hautement, tous ont parfaitement tenu leur parole Le résumé de toutes ces communications fut publié en ISA dans notre livre: De la puberté et de l'âge critique , etc. Plus tard, plusieurs auteurs publièrent également des recherches statistiques sur la première éruption des règles et sur la ménopause. Nous citerons particulièrement : le docteur Ménière et M. Brierre de Boismont, pour les femmes de Paris (2); MM. P. Dubois et Pajot, pour les femmes de Paris et celles de la Russie septentrionale (3). MM. Courty et Puech
(1) Bouehacourtf voyei rarticle Mkhstruàtion de Desormeaux et P. Duboii du Dicitonuairê de médecine eu 80 volumei. Paria, 1839, t. XIX.
(2) Brierre de Boismont, De la menstruation,
(8) TraUé d* accouchements. Paria, 1860. Il eit à rofretter qu'en donnant l'âfe de la prtmiiM éruption doarAglM en Ruuio septentrionale, MM. P.Du|>oUet P^ot
pour les Temmes de Montpellier et de Toulon (1); M* Marcel P.etiteau (2), pour les femmes de Sables-d'Olonne ; MM. Stoh et Lévy^ pour les femmes de Strasbourg (3) ; M. de Soyre (i), pour les femmes de Paris. A l'élranger, nous citerons particalièrement, en Angleterre^ les recherches statistiques des docteurs Guy, Lee etMurphy sur la menstruation des femmes de Londres (5); en Danemark ^ les statistiques publiées par lei docteurs Rawn et Lévy , d'après 38&0 observations recueillies au nom de la Société médico-chirurgicale de Copenhague (0); en Norwége, le rapport du docteur Frugel au gouvernement norwégien sur la menstruation des femmes de Christiania (7).
Tous ces travaux furent réunis à ceux de Roberton déjà connus depuis 1832^ et publiés dans un seul tableau, par le docteur Tilt, en Angleterre; Tau leur leur avait ajouté ses propres recherches statistiques sur l'époque de la première éruption des règles chez les femmes de Londres (8) .
En Autriche, nous citerons, avec beaucoup d'éloges, les recherches statistiques sur Tàge de la première éruption des régies, publiées par le docteur Szukitz. Toutes les provinces de l'empire autrichien : la Bohême, la Silésie, la Moravie, l'archiduché, la Hongrie, ont été l'objet d'études comparatives de
n*aient pas précisé davantage les localités. L'empire russe est tellement vaste que la contrée dite septentrionale occupe assez d'étendue pour qu'il y ait encore beaucoup de différence entre les femmes qui l'habitent, au point de vue de Vkgt correspondant à la première éruption des règles.
(1) Courty^ Traité pratique des maladies deVutérus, 1866.
(2) Marcel Petiteau, Bulletin de la Société de médecine de Poitiers, 1856.
(3) Travaux cités par M. Lagneau dans son intéressant mémoire poblié dtti b Bulletin de la Société d* anthropologie, U VI. 1865.
(à) De Soyre, Gazette des hôpitaux, 1863. — N<> III.
(5) Guy, Med, Times, vol. XII; Lee etMurphy, Dublin Med. Joum., i8â5.
(6) Rawn et Lévy, cités, de même que les travaux indiqués dans la note pré cédente, par Tilt, dans son ouvrage intitulé : On utérine and ovarian Inftammeh tion, and on the physiology and Diseasesof Menstruation j 3* édit. London«1862. Nous avons trouvé les mêmes citations reproduites dans la notice adressée par le docteur Tilt au Congrès international médical de Paris de cette année.
(7) Cité par Tilt.
(8) Tous ces travaux que nous venons de rappeler ont été reprodoitt, d« bmnm en grande partie, dans la plupart des traités d'accouchements «vee Tindieilm pies
ipOQUB DK lA PUBBETÊ EN GÊNÊAAL. !85
Il part de l'auteur, et nous aurons plus d'une fois Toccasion de citer cet intéressant travail (1). Le congrès médical international de Paris nous fournit l'occasion d'augmenter celte liste, déjà assez longue des travaux sur l'époque de la puberté, de quelques nouveaux tableaux statistiques concernant les pays qui n'avaient pas encore été explorés , et d'ajouter de nouveaux renseignements à ceux qui étaient déjà connus. C'est là que nous avons pris connaissance du travail de M. le docteur Leudet sur la menstruation à Rouen et dans les campagnes environnantes ; de celui du docteur Louis Mayer, de Berlin, sur la menstruation en Allemagne, entre 50° et ôô*" ; c'est là encore que nous avons trouvé des notes statistiques, sur différents points d'emménologie, des docteurs Paye et Vogt, de Christiania.
Pour compléter ces documents, nous nous sommes adressé à plusieurs médecins d'Italie et d'Espagne, deux pays dont nous regrettions beaucoup de ne posséder aucun renseignement authentique sur l'époque de la puberté. Nous saisissons cette occasion pour remercier publiquement M. le docteur Raffaello Levi, un des médecins les plus distingués de Florence, de l'obligeance qu'il a eue de nous envoyer des tableaux statistiques sur toutes les questions que nous lui avons posées.
Nous ne pourrons jamais oublier non plus l'empressement
oa moiof exacte de leur source. Par une singulière exception, les tableaux statistiques faits sur notre invitation par les docteurs Faye, de Christiania, et Lebrun, de Varsovie, et publiés pour la première fois dans notre livre : De la jmberté et de VAge criUquet se trouvent reproduits dans le Traité des accouchements de Cazeaux, sans aucune indication de leur source. Il en est résulté que M. Joulin, qui vient de publier tout récemment son Traité d'accouchements, en parlant de ces deux tableaux statistiques, dit les avoir empruntés à Gazeaux. Nous avons toujours été un d«s sincères appréciateurs du caractère loyal de Gazeaux. La maladie cruelle qui renleva sitdt à la science et à ses nombreux amis justiRe d'ailleurs complètement tout ce qui pourrait paraître tant soit peu répréhensible dans les derniers mots de son existence. Nous n'avons relevé cette petite irrégularité que dans la eraiote de nous voir adresser, à nous, le reproche que ceux qui connaissent la vérité n'ont pas manqué déjà d'adresser i notre si regrettable confrère et ami.
(1) Le travail du docteur Ssukitz a été publié dans le journal allemand Jahrb.fOr GebwrUhUlfe und veibUche KranlthMien.
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avec lequel M. le docteur Joseph Seco-Baldor, professeur de clinique médicale à Madrid, a bien voulu s'occuper des recherches du même genre dans la capitale de l'Espagne. Nom devons à ce savant confrère des notes précieuses, prises avao beaucoup de soins dans les hôpitaux de Madrid, sur 403 fem-t mes, dont 106 étaient nées à Madrid, et les autres dans les dif* férentes localités septentrionales, situées, la plupart, tout autour de Madrid, comme : Saragosse, Guadalajara, Tolède, Burgos, Lugo, Cuenca, Ciudad-real, Valadolide, Soria, 8egobie, Lagrono, Santander, Corogne, Zamora. Toutes cm villes sont placées entre SO'' et iiS^^de latitude et le plus grand nombre sont situées plus au nord que Madrid,
En réunissant tous ces éléments, nous espérons arriver à quelque résultat satisfaisant. Le tableau n'' 1 a pour uniqœ but de faire connaître, d'après tous ces documents, les effets les plus immédiats de la température et de la latitude géographique sur l'âge de la première éruption des règles. Il suffira pour cela de mettre en rapport Ja moyenne représentant cet âge, dans les différents pays, avec la moyenne de leur température et leur latitude. Le tableau n° 2 permettra d'apprécier da même coup d*œil les effets dont nous parlons et des effets ultérieurs qui se produisent simultanément sur d'autres âges.
Pour indiquer la température moyenne d'une localité, nous nous sommes servi, pour tous les pays étrangers, de l'ouvrage généralement estimé de L. F. Kaemtz où se trouve indiquée la température moyenne de 305 lieues d'après Mahlmann (1). Pour la France, nous avons consulté le travail de M. E. Becquerel sur le climat de France (2).
Nos deux tableaux statistiques comprennent l'Asie méridionale et une grande partie de l'Europe, depuis SQ"" jusqu'à 68 et 70° de latitude, c'est-à-dire l'espace compris entre 26* de
température et le zéro.
(1) Kaemtz^ Cours complet de météorologie ^ traduit de l'aUeinand par Ch. lll^ tins, avec un appendice parLalanne.ingénieurdesponts et chaussées. Parif,i8âS. '
(2) E. Becquerel, Climat de France dans les Annales de VlnstUui aginmomipiê de Versailles. Paris, 1852.
ÉM)Qt» M U FDKKRTl tN fitntUI. 187
Lai reiiMigiiemsnts sur l'époque de Ik pnbarté aux Indes ont éténcaeilliB par plusieurs observateurs et réunis par Roberton, en 18S2. Plus tard, ils ont été reproduits par le docteur Tilt, en Angleterre, et par plusieurs auteurs en France. Le petit labteao ci-dessous résume tes principaux Ages auxquels correspond, d'après ce que nous avons appris par cette voie, l'époque de la puberté dans ces pays cbauds :
MOU nés PAVS
lEE D> U PRUltnt! iRUFTiaX DIS niti-is IN t»n ■tnlBIDNtLB
e le IioImI 11 1 i3li4|iBlin|n|(8|io]îo|îi|î*|î3
Calenlliclittneni; «nsêignemetiti faut- Mip«rCoddi>a(l).
Uecaenel Bombay, par tlobBrton(a]...
Calcutta , par
No-Bn» »n «.
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B^nsale, par Ro-
La moyenne de l'époque de la puberté, d'après 239 cas observés par Goddève, était de douze nns, cinq mois, vingtneuf jours. Celle de Decaen et de Bombay, d'après 217 obser- TatioDs recueillies dans ces .pays par Roberton, était de treize ans, cinq mois et deux jours. La moyenne de Calcutta, d'après SAO faits observés par Webb, était de douze ans, onze mois, quatre jours. Enfin, la moyenne de Bengale, d'après 89 cas observés par Roberton, était de douze ans, trois moiset vingt jours (6). Comme la température moyenne de tous ces
(l) Citi par Roberton.
(3) Roberton, Sdklmrgh Merl. and lurg. /«tnwl. C'eit 1 Roberlm éftlenent que l'on dojl desnoUoni sur l'époque de II puberté k Corfau. (Tableau n° 3.}
(3) Webb, cité par Roberton, ibidem, t. WIV.
(à) Roberton, Paîhologieiï indka, part. II.
(5) Dans le Traité d'aceovchmwitieUS. P. Duboltel Pijot,oti trouve, outre Im rensei(neinenti reproduits d'après lei auteur* an[laif que noue avons cités, un tableau relatir i l'fpoque de la première éruption des règles en Asie méridionale.
pays ne parait pas varier sensiblement, nous avons réuni lai quatre colonnes ci-dessus en une seule, qui va nous donner l'idée générale de l'époque de la puberté aux Indes, et nom allons en former la tête du tableau n* 1. La moyenne générale de répoque de la puberté aui Indes sera représentée, d'après cela, par l'âge de douze ans, dix mois et vingt-sept jours.
TABLEAU NUlfÉRO 1
Représentent le rapport de la température moyenne de Vannée et de la latitnk géographique avec Vdge de la puberté, basé sur des observations prises dams te différentes parties de CAsie méridiontde et de V Europe, depuis 18*^ «f 20* j«f* qu*à 68» et 70* de latitude.