‹ Traité de la menstruation; ses rapports avec l'ovulation, le fécondation, l'hygiène de la puberté et de l'âge critique, son rôle dans les différentes maladies, ses troubles et leur traitementChapitre 15 sur 38 · CE Q · texte numérisé non relu

CE Q

AGE DB LA PDBftATi

12 ans

LATrruoi

cibORAPBQm

Pour faire mieux ressortir le rapport entre la température,

d'après 600 observations. La moyenne de la puberté correspond, diaprés ces faits, à l'âge de 12 ans, 11 mois et 21 jours. Toutefois, comme MM. P. Dubois et P^jot ne donnent aucun renseignement sur la provenance de leurs documenta, cniati d'un double emploi, nous ne tiendrons pas compte de leurs 600 faits dana notn tableau.

irOQUB DE LA PUBERTÉ EN GÊflÊRAL. i89

ge de la puberté et la latitude, nous avons rangé toutes les »lîtés comprises dans ce tableau par l'ordre de leur leinpétore annuelle, en commençant par la température la plus !Yée. Ensuite nous avons fait précéder chacune des trois Incipales colonnes par des numéros d'ordre en rapport avec lévation du chiffre représentant chacun de ces trois éléments. cette manière, en comparant ces numéros entre eux, on lit tout de. suite voir quelles sont les localités où la proporn entre la température, Tâge de la puberté et la latitude est servée et quelles sont celles où elle est rompue par quelques loences locales.

Les renseignements sur Corfou ont été pris dans le travail jà cité de Roberton, mais ils ne reposent que sur 3S cas •serves par Tariziano.

Montpellier a eu pour interprète M. le professeur Gourty qui iris 509 notes relatives à la première éruption des règles ns cette ville.

Noos devons les observations de Florence, au nombre de 5, à Tobligeance de M. le docteur Raffaello Levi, médecin sidant dans cette ville.

De Marseille, nous ne possédions que le tableau basé sur I observations de Marc d'Espine, donnant pour moyenne de puberté Fâge de treize ans 0,9&0, ou treize ans onze mois huit jours. M. le docteur Bernard, un des praticiens trèspandus dans cette ville, a bien voulu nous adresser, au derer moment, des notes sur Tâge de la première éruption des ^les chez 106 femmes, nées pour la plupart à Marseille» ce H porte le premier chiffre à 131 (1).

La moyenne de Toulon est basée sur 1&& observations dues MM. les docteurs Puech et Gourty. Celle de Nîmes s'appuie irOil observations recueillies par le docteur Puech, cité par

(i) La moyenne générale de ces faiU additionnés, correspond à treise ans, pi mois et vingt -quatre jours. La difTérence qu'elle présente avec celle de ire d'Espine pourrait tenir à ce que, sur 106 noies qui nous furent adressées f M. le docteur Bernard, il y en avait 58 appartensnt a la classe aisée.

La moyenne de la ville de Strasbourg est déduite de 6i9 observations recueillies sur les femmes nées dans cette ville, par M. le docteur Levy, cité par M. Lagneau. Nous avons eu soin de séparer ces femmes de 600 autres observées par M. le docteur Stoltz, parce que celles-ci étaient nées, pour la plupart, dam les campagnes des environs de Strasbourg et pas dans la ville même.

La moyenne deGœttingue est le résultat de 136 obserations d'Osiander. Celle de Varsovie est déduite de lOOobsenralions que M. le docteur A. Lebrun, un des médecins les plos distingués de cette ville, a eu l'obligeance de recueillir pour nous en 1838.

La moyenne de Manchester, due aux recherches statistiques de Roberton, est fondée sur l'observation de A50 femmes de cette ville.

La moyenne de Copenhague ressort des documents stati^ tiques des docteurs Rawn et Lévy, cités par Tilt; elle résulte des notes prises sur 883& femmes.

La moyenne de Berlin est le résultat des notes particulières prises sur A 2&8 femmes de cette ville par M. le docteur Loois Mayer, de Berlin.

La moyenne de Christiania est déduite des observatioos prises sur 372 femmes par MM. les docteurs Faye, Vogt et Frugel. Dans ce nombre se trouvent compris les 100 faits sur lesquels M. le docteur Paye a euTobligeance de nous adresser des notes directement, pour notre travail adressé au concours de l'Académie de médecine, en 1839.

Enfin, la moyenne de l'époque de la puberté, en Laponie, ressort des observations recueillies au nombre de 116 par MM. les docteurs Faye et Vogt, et adressées au Congrès international de Paris.

Lorsqu'on procède à l'eiamen du tableau n* 1 , on est d'abord frappé de cette particularité, que les numéros de h dernière petite colonne ne correspondent pas exactement aux numéros d'ordre de la première petite colonne, ce qui proore

ÉPOQUE DE Là PUBERTÉ EN GÉNÉRAL. 193

qti*il n'y a pas de rapport parfait entre les degrés de lalitade fèographique et ceux de température. Ce fait ne présente rien de nouveau ; il y a longtemps déjà qu'il a été reconnu par tous les météorologistes, quoiqu'il soit encore peut-être ignoré de beaucoup de médecins, c Si nous choisissons, dit Kaemtz, une série de lieux situés tous sous le même méridien , mais trèséloignés les uns des autres en latitude, nous trouverons que la diminution de la température n'est pas proportionnelle à la différence en latitude et qu'il serait impossible de déduire le cUmat thermométrique d'un lieu quelconque de ce seul élément (1). »

Différentes causes physiques, qui ne sont pas encore toutes connues, peuvent produire cette inégalité dans la répartition delà température. Ce sont particulièrement des vents, des chaînes de hautes montagnes intermédiaires entre les localités que l'on examine, leur situation respective par rapport à la mer, etc. Sans l'intervention de tous ces éléments, si la surface de la terre était composée uniquement de terre ferme ou entourée de toutes parts par un immense océan, il est trèsprobable, comme le fait observerle savant que nous venons de citer , qu'à latitude égale correspondrait toujours la même température. Hais s'il y a de la discordance dans les détails^ le fait, envisagé dans l'ensemble, n'offre pas moins la plus grande constance, et l'on peut toujours admettre comme parfaitement démontré que, règle générale, la température est en raison inverse de la latitude.

Y a-t-il plus de rapports entre la latitude et l'époque de la pnberté ? Les chiffres placés à côté des colonnes qui représen-^ tent ces deux éléments de comparaison répondent tout de suite que ce rapport n'existe pas davantage. A part quelques rares exemples où ces chiffres concordent assez, la plupart du temps, on ne voit que le désaccord. Ainsi, & répond au 8;

(!) KMmti, Cwrt cùmplet de météorologie, traduit par Ch. MariiAi. Pwit, i849, p. 188.

lAOBOMfcl. 13

19ft PHYSIOLOGIE DE LA MENSTEUATIOV.

8 au 5; 5 au 3; 13 au 8; 8 au 6; 15 au 11. Madrid, qui est le troisième du tableau sous le rapport de la latitude» n'est que le treizième dans l'ordre des âges correspondant à l'époque de la puberté. Cependant, aussitôt que l'on abandonne les petites distances et que l'on compare, sous ce double point de vue, les contrées plus éloignées Tune de l'autre, ce rapport reparaît tout de suite; ce ne sera jamais, bien entendu, une proportion strictement mathématique, mais assez régulière toutefois pour qu'on ne puisse pas la mettre en doute. Il suffit, pour s'en convaincre, de mettre en parallèle la latitude de deux points extrêmes dn tableau n* 1, avec Tàge correspondant, dans ces parages, à l'époque de la puberté. Ainsi, l'extrémité tropicale de ce tableau répond de 20'* à 26'' de latitude et l'extrémité nord à 68*, ce qui constitue un écart de hS° à bO\ Soiis la première de cet latitudes, l'époque de la puberté correspond à douze ans dix mois et vingt-sept jours ; sous la seconde, au contraire» à seixe ans sept mois et vingt-sept jours. Il y a donc, entre ces dein points du globe, séparés par quarante-huit degrés de latitude, trois ans dix mois et treize jours de différence quant à l'âge correspondant à la puberté. Si l'on coupe cette distance par moitié , on tombe à^ peu près sur la latitude de Paris, qui est de A8* 60' 1 A*'. La moyenne de la puberté correspondant, & Paris, à quatorze ans sept mois, se trouve de vingt et un mois et seize jours plus élevée que celle des Indes et de vingt-trois mois et trois jours moins élevée que celle de la Laponie. La moitié da trois ans dix mois et treize jours étant do vingt-trois mois ei six jours, il est facile de s'apercevoir qu'il y a encore pas mal de rapport entre les degrés de latitude et l'âge de la puberté. Le rapport n'est plus aussi régulier à des distances moios grandes ; choisissons, par exemple, une ville du midi de la France, Toulon, et comparons -la à une ville du nord de l'Europe, Christiania. La latitude de la première de ces villes est de 43% celle de la seconde est de 59% ce qui donne 16' de différence. L'âge de la première éruption des règles i Toulon est de quatorze ans; à Christiania, il est environ de seize ans,

e qui donne deux ans de diiïérencc pour 16% ou un an pour * de latitude.

D'un autre côté, entre la même ville de Toulon et Varsovie, l y a 9° de différence dan» la latitude géographique (43* et 52°). /âge moyen de la première éruption des règles ne présente, u contraire, dans ces deux villes, qu'un an de différence (quaorze et quinze ans), ce qui fait un an pour 9*" de latitude.

Entre Toulon et Gœttingue, il y a S"" de différence dans la atitude (&3* et 51«) ; la différence dans l'âge correspondant à a puberté étant de deux ans (quatorze et seize ans), il en résulte une proportion d'un an pour à"" de latitude.

Un an de différence dans Tâge de la puberté, correspon- Irait donc à une différence tantôt de 8% tantôt de 9^ et tantôt de à"" de latitude. Ainsi, encore une fois, on peut admettre comme certain qu'en général l'âge correspondant à la puberté e8t en raison directe de la latitude géographique, mais il ne faut pas s'attendre à trouver un rapport exactement proportionné entre les degrés de latitude et l'âge représentant l'époque de la puberté.

Ce que nous venons de dire de la latitude s'applique également à rinfluencede la température.

Quand on compare différentes localités sous le rapport de leur température avec les chiffres représentant l'âge de la première éruption des régies, on trouve que la proportion n'est pas non plus observée très- exactement. Montpellier, par exemple, qui occupe le numéro à , dans le tableau , comme ten^érature, n'est que le septième dans la colonne destinée à Tâge de la puberté ; le n"* 0 comme température correspond au n* 3 comme puberté; le n*" 8 au 13 ^ 9 au lA; 15 au 0; 21 au H, etc. Ainsi on ne peut guère plus fixer l'époque de la puberté d'un pays, d'après le degré de sa température moyenne, que d'après sa latitude. Cette disproportion peut tenir à plusieurs circonstances dont quelques-unes, quoique physiques, ne peuvent pas toujours être appréciées; d'autres sont <lu domaine social et d'hygiène, publique. Rien de plus curieux

196 PHYSIOLOGIE DE LA MENSTRDATIOff.

que (les saccades que l'on aperçoit ainsi quelquefois dans la moyenne de la puberté, sans que des variations climatériques puissent en rendre compte. Madrid, par exemple, vient en huitième lieu pour la température, immédiatement après Nimes; mais tandis qu'à Nimes les jeunes filles deviennent pubères à quatorze ans trois mois et deux jours, la puberté n'arrive en moyenne, à Madrid, qu'à quinze ans passés. Ce qu*il y a de remarquable, c'est qu'aussiôt ce saut effectué, la moyenne de la puberté reprend tout de suite sa marche à peu près régulièrement progressive. Ainsi, aux Sables-d'Olonne, qui sont même séparés par Lyon de Madrid, dans l'ordre de la température, on voit l'âge de la puberté rattraper son rang et descendre à quatorze ans huit mois et onze jours. Quelle peut être la cause d'un pareil soubresaut? Ne serait-ce pas l'altitude géographique qui produirait pour Madrid quelque chose de semblable à l'abaissement proportionnel de la température? Cela ne serait pas impossible.

Copenhague a 8'',02 de température moyenne et occupe à ce point de vue la dix-huitième place dans le tableau. Or, d'après les recherches statistiques des docteurs Rawn et Lévy, basées sur 383A observations, la moyenne de l'époque de la puberté y serait au moins aussi élevée qu'en Laponie, où la température moyenne est voisine de zéro. Cette particularité tiendrait-elle à la situation de cette ville, placée, comme on sait, dans une ile. C'est un point que des études ultérieures pourront peot^ être éclaircir un jour. Lyon, qui occupe par sa température la neuvième place dans le tableau n*" 1, n'en occupe que la quatorzième par l'âge de la puberté chez les Lyonnaises. Sablesd'Olonne, qui le suit et qui a la température presque aussi élevée que Lyon, a pour l'âge moyen de la puberté quatone ans huit mois et onze jours, tandis qu'à Lyon cette moyenne correspond à quinze ans et demi. Ici, c'est un autre ordre de causes, qui semble mettre obstacle aux tendances naturelles delà latitude et de la température. Lyon est une grande cité industrielle où, à côté de magnifiques fabriques et des fortunes

ÊPOQU£ DB LA FUBEBTÂ £M GÉMÉBAL. 197

considérables dans la classe aisée, il y a beaucoup de privations et même de misère dans la population ouvrière qui en fait la dasse dominante. Cette condition , comme nous le verrons dans le prochain paragraphe, exerce une immense influence sur répoque de la puberté, et c'est précisément dans cette classe de société qu'ont été recueillies, pour la plupart, les observations qui ont servi de base à notre statistique.

Il n'est donc pas étonnant que lorsqu'on examine l'influence de la température sur l'époque de la puberté, les résultats partiels ne répondent pas toujours aux présomptions fondées sur la température thermométrique d'un lieu. C'est que le mode d'action de cet élément peut être modifié à chaque instant par des conditions particulières du sol qui agissent en même temps sur l'économie, comme aussi il peut être transformé par des conditions sociales au milieu desquelles on vit.

Ce serait une erreur de croire que les déviations de cette espèce soient particulières à l'Europe ; il n'est pas rare de les rencontrer également dans les pays chauds. Là aussi, l'âge de la puberté dépasse quelquefois sensiblement le chiffre auquel il correspond dans les pays limitrophes, sans que la température thermométrique puisse rendre compte de cette particularité.

D'après le docteur Dyster (1), qui a pris des notes sur 2i2 femmes de Madère, l'âge moyen de la puberté correspond, dans ce pays, à quinze ans cinq mois et dix jours. Or, Madère est située sous 88* de latitude, et sa température moyenne est de l^fS'; égale, par conséquent, à celle de plusieurs provinces de l'Asie méridionale où les femmes sont réglées à douze ans neuf mob et quatorze jours. Le plus grand nombre des femmes de Madère sont réglées à quinze ans ; viennent ensuite dans l'ordre de leur fréquence les âges de seize, dix- sept, quatorze, U*eize et dix-huit ans, etc. La raison de cette exception n'est pas encore bien connue.

(1) Cité par RoberUm.

200 PHYSIOLOGIE DE Lk MENSTRUâTlOII.

Varsovie ni à Gœttingue; 1 sur 1000 seulement à Bei que nous en voyons déjà 17 sur 1000 à Londres, 25 mt, Rouen, 9 sur 1000 à Madrid, et autant dans les provû tentrionales de l'Espagne ; 18 sur 1000 à Paris, 5 sm] Strasbourg, 35 à Toulon, etc. Si nous remontons y< méridionale où la température est à 25 et 26% nous tioÉil^ déjà 97 jeunes filles sur 1000 réglées à l'âge de dix aoL --'

A Tâge de onze ans, on commence à en rencontrer qi unes dans les pays froids du nord de l'Europe. A Chi on en compte déjà 13 sur 1000 ; à Manchester, 22 snxt.i à Copenhague, 1 seulement sur 1000; mais, à Paris^rlVl trouve déjà 55 ; 69 sur 1000 dans les provinces sepbpiî nales de l'Espagne ; 57 sur 1000 à Florence ; 75 i l|i 88 à Marseille, et, si l'on remonte aux Indes, on en trcmM par 1000. ^r

Le résultat sera inverse si l'on examine les meni

tardives. C'est à peine si l'on rencontre 7 sur 1000 jei

sonnes, dans l'Asie méridionale, qui ne soient réglées

huit ans, tandis qu'on en trouve encore 49 à Toulon, 67j

rence, 67 dans le nord de TEspagne et à Madrid, 6& à

120 à Berlin et 208 sur 1000 en Laponie. j

Dans rindostan , on ne trouve que 2 filles sur 1000 tt

soient réglées qu'à vingt ans, tandis qu'à Toulon on en

déjà 7 ; à Montpellier, 6; à Lyon, 20; à Paris, 2& ; et eu\

nie, SA sur 1000. D'un autre côté, en Laponie, en Noi

Stockholm, à Manchester, à Copenhague, à Berlin» à

et à Gœttingue on ne voit pas, d'après le tableau n"" 2,

cas de première éruption des règles à huit ou neuf

commencent à peine à paraître, dans la proportion de 1

1000, pour neuf ans, et de 1 à3 sur 1000, pour huit

les pays plus tempérés de l'Europe. Dans l'Asie méridioi

contraire, leur proportion s'élève à 14 sur 1000 pour

et à 6 sur 1000 pour huit ans.

Telle est l'influence réelle delà latitude et de la teni[ sur l'époque de la puberté. Nos résultats peuvent difié

TARTIES DE L'EUROPE,

Page 1