‹ Traité de la menstruation; ses rapports avec l'ovulation, le fécondation, l'hygiène de la puberté et de l'âge critique, son rôle dans les différentes maladies, ses troubles et leur traitementChapitre 21 sur 38 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

IVIE^STRUATIOIV AU POIIVT DE VUE DE TA PATDOIXK3IB ET DE LA TBÉRAPEI7TIQUE «ÉNÉRAIiES.

Avant de passer aux troubles de la menstruation, que nous réservons pour la quatrième partie de cet ouvrage, nous avons cru devoir consacrer une place spéciale à Texamen de celle fonction, au point de vue de la pathologie et de la thérapeutique générales.

La menstruation était considérée pendant longtemps comme une fonction analogue à la transpiration, c'est-à-dire comme étant destinée à l'excrétion ou l'élimination des substances qu'il eût été dangereux, pour l'économie, de garder. Seulement, le flux menstruel n'était chargé, d'après cette doctrine, d'emporter que le trop-plein du sang, et pas d'éléments hétérogènes. C'était une fonction destinée spécialement par la nature à exercer une espèce de pondération, par Tintermédiaifc du système circulatoire, une véritable soupape de sûreté On avait dit plus lard quelque chose de semblable, à l'égard du fluxhémorrhoïdal; mais l'hémorrhagie périodique des femmes le surpassait nécessairement en importance, puisque c'était une fonction que l'on croyait établie exprès pour cela par la nature.

La pathologie et la thérapeutique générales ont dû nécessairement se ressentir de cette physiologie. Aussi, jusqu'à ces derniers temps, n'a-t-on pas cessé un instant de professer une espèce de culte pour cette bienfaisante évacuation. Aujour-

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(l'hui encore, on redoute de voir se déranger, même légèrement, ce prétendu régulateur de la santé, et, au moindre retard, on s'efforce de ramener les choses à l'état normal, crainte que l'économie n'en souffre. On est allé jusqu'à composer une liste de médicaments spéciaux, dits emménagogxœs^ destinés à rappeler les règles absentes.

Depuis assez longtemps déjà, on s'était permis d'émettre des doutes sur certains points de cette doctrine que l'on a trouvés en contradiction avec l'expérîence ; cependant, ces doutes mêmes n'ont pas été complètement justifiés, et personne, avant nos travaux là-dessus, n'avait soumis l'ensemble de ces questions au contrôle de l'observation clinique. Nous l'avons fait pour la première fois dans noire mémoire adressé au concours de l'Académie de médecine en 1839. Plus tard nous avons reproduit ce travail en 1856, dans un mémoire intitulé : Du 7'ûle de la menstruation dans la pathologie et la thérapeutique.

Dans l'intervalle de ces deux époques, la physiologie de la menstruation avait complètement changé de face, ce qui ne pouvait qu'augmenter encore les doutes à l'égard dés anciennes doctrines sur le rôle du flux menstruel en pathologie et en thérapeutique générales. 11 n'était guère possible de continuer à considérer Thémorrhagie périodique des femmes comme une évacuation instituée spécialement pour maintenir un certain équilibre dans l'économie, dés qu'il a été démontré, à n'en pas douter, qu'elle n'était en quelque sorte qu'un incident dii V ovulation, fonction chargée de préparer les germes, et les mettre successivement aptes à la reproduction.

Cha(|uo mois, un ovule au moins arrive ainsi à la maturité chez la lemmc, et tous les œufs devenus mûrs, qui n'ont pas été fécondés, disparaissent dans le sang exhalé à la fin du dernier acte de cette fonction périodique, par la membrane iiilome (les folhcuies de lîraaf, et celle de l'utérus. Le flux menstruel n'est autre chose <iue le produit de cette exhalation.

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Si l'on avait connu autrefois, comme nous connaissons aujourd'hui, le véritable caractère de la menstruation dans l'économie, on ne se serait pas laissé entraîner à inventer toutes les hypothèses que nous savons. Mais aujourd'hui, nous sommes obligés de compter avec le passé. Les données physiologiques ont beau nous présenter la menstruation comme une fonction rattachée à la reproduction de l'espèce, nous ne pouvons pas nous dispenser de chercher à démontrer qu'elle n'est pas ce que l'on croyait jadis, pour en finir, une fois pour toutes, avec les anciens errements. Il faut donc nous arrêter un instant sur ces anciennes doctrines, pour les soumettre au contrôle de l'observation clinique. C'est le meilleur moyen de se débarrasser d'idées préconçues là-dessus, et d'apprécier les rapports entre le flux menstruel et les différents états morbides. Si, parmi eux, il y en a qui soient la conséquence de l'exercice irrégulier de la menstruation, l'observation clinique ne manquera pas de nous le démontrer, comme elle nous apprendra aussi si l'on peut réellement compter sur quelques ressources thérapeutiques de la part de la menstruation. En cas où cette espèce d'enquête ne nous conduirait qu'à la négation, nous débarrasserons au moins la science d'une foule de préjugés qui gênent le progrès, et nous donnerons même une nouvelle force aux arguments qu'on pouvait déjà tirer contre cette doctrine surannée des découvertes modernes on physiologie.

Pour procéder avec méthode, et introduire plus de clarté dans rétudc de cette intéressante question, nous allons diviser ce travail, comme nous l'avons fait dans nos publications anliîrieurcs, en deux parties. Dans le premier chapitre, nous chercherons si l'établissement de la menstruation a réellement, comme on le croyait autrefois, une certaine influence sur les états morbides antérieurs à cette époque. Dans le second, nous étudierons Tinfluencc réciproque de la menstruation et des maladies pendant toute la durée de la période menstruelle.

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