QUATRIÈME PARTIE
TB^raUW SB MJk HENflTmVATMM ET LBOK imARBHBNT.
Grflce à la méthode que nous avons adoptée dans ce traité d'Eroménologie, nos lecteurs ont déjà appris à connaître la plupart des troubles de la menstruation, quoique nous ne nous en soyons pas encore occupé d'une manière spéciale, il y a mieux, ayant envisagé la menstruation dans son ensemble, aussi bien dans ses relations intimes avec l'ovulation que daqs ses rapports avec les maladies, nous les avons déjà initiés à rétiologie de ses troubles^ et nous les avons mis à même de juger de Topportuniié des indications thérapeutiques, voire même de Futilité de certains agents médicamenteux.
Nous n'avons qu'à nous féliciter d'avoir introduit cette modification, d'avoir fait pénétrer ainsi un peu d'esprit philosophique au milieu de nombreux détails mal coordonnés et mal appréciés, qu'on trouve pour ainsi dire copiés les uns sur les autres dans la plupart des traités de gynécologie.
Actuellement, nous allons procéder à l'examen de chaque trouble de la menstruation en particulier^ que nous diviserons en plusieurs groupes, en nous conformant, en cela, aux habitudes reçues. Nous ne voyons aucun inconvénient à conserver à ces troubles les dénominations consacrées par le temps, pourvu qu'elles se contentent de désigner le fait par lui-même et n'afQchent point la prétention d'en déterminer la nature.
Dans ces derniers temps, on avait beaucoup agité la question de savoir si les troubles de la menstruation étaient des maladies ou si c'étaient tout bonnement des symptômes. Pour quelquesuns, ils pouvaient être l'un ou l'autre; de là la division des
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troubles menstruels en idiopathiques^i symptamatiques ; pour d'autres, ils étaient toujours syroptoroatiques d'autres affections. Au dire de M.Nonat, par exemple, tous ceux qui admettent les troubles idiopathiques de la menstruation oublient que les règles peuvent être encore troublées ou supprimées sous rinfluence de toutes les nombreuses affections des annexes de la matrice. Assurément, il serait difficile de s'y prendre plus habilement, voulant rehausser l'intérêt de certaines inflammations chroniques péri-utérines, à l'histoire desquelles M. Nonat (1) a rattaché très-honorablement son nom. Mais nous ferons remarquer à cette occasion, qu'on ne saurait se méûer trop de l'exagération, toutes les fois qu'il s'agit d'un objet favori de nos études. Broussais voyait la gastrite partout; un médecin dont nous déplorons tous la perte récente, n'étaitil pas visiblement contrarié, chaque fois qu'il ne pouvait pas arriver à avoir de quoi composer une dyspepsie chez un des malades qu'il interrogeait 7 Lisfranc avait eu également sa marotte : c'était de voir partout des engorgements du col; heureux encore quand ils ne portaient pas sur le museau de tanche : bon à amputer. Nous ne pensons pas non plus que les inflammations chroniques des annexes de la matrice soient aussi communes que semble le croire M. Nonat. A notre avis, ce médecin distingué pourrait en abandonner une bonne part aux troubles idiopathiques de la menstruation sans nuire en rien à l'importance de ses intéressants travaux. Nous laisserons donc de côté toutes ces discussions scolastiques; leurs termes n'étant pas assez bien définis, cela pourrait nous mener à une dispute de mots sans aucun profit pour la science et pour les malades. Voici l'analyse des troubles menstruels que nous croyons pouvoir donner comme étant la plus conforme à Tétat actuel de la science.
La menstruation est une fonction dont l'exercice repose sur deux principaux organes : les ovaires et la matrice. Cette der^
(1) Nonat, Traité f^ro^igiM dot malod^ de Vulérm. Parii. 4860, p. 56S.
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nière étant surtout l'organe du flux menstruel^ on comprend très-bien que ses états morbides doivent influer sur les règles. Mais ce n'est pas là la seule source des perturbations menstruelles. Il y a aussi certains états des ovaires qui ne sont pas compatibles avec Tovulation et dont la conséquence la plus naturelle est l'absence plus ou moins prolongée des règles. A côté de cela il faut tenir compte des états généraux de l'économie, soit primitifs » soit consécutifs aux différentes maladies hyposihénisantes, lesquels, par leur influence sur l'ovulation, ouvrent une source de plus aux troubles menstruels.
D'un autre côté, le concours physiologique de l'utérus et des ovaires dans la menstruation s'opère dans certaines conditions de rinnervation qui ne peuvent pas être changées, sans que l'exhalation sanguine qui constitue les règles ne le soit en même temps. Que, par exemple, l'impressionnabilité du sujet augmente, que Tirratibilité de l'utérus ou des ovaires soit excitée d'une manière anormale, et l'orgasme menstruel même le plus naturel pourra sufGre pour provoquer des souffrances, des contractions spasmodiques, le sfiasme des vaisseaux, et gêner l'évacuation menstruelle.
Enfin, en dehors de toutes ces causes, il y a encore certains ' états de l'utérus et des ovaires, qui aux yeux de beaucoup de praticiens éclairés semblent tenir à des conditions essentieUement vitales de ces organes et troubler également la menstruation. De ce nombre sont, par exemple, les états qu'on a désignés sous le nom de torpeur et d^asthénie.
Je sais bien qu'il ne faut pas abuser de cet attribut vital, que souvent il ne constitue en quelque sorte qu'une pierre d'attente, qu'un autre terme, pris dans le domaine de l'anatomie pathologique ou dans l'histologie, pourra ensuite remplacer définitivement. Mais enfin, tant que ce provisoire existe et qu'on n'a rien de mieux à mettre à sa place, il faut en tenir compte, ne serait-ce que pour le distinguer de ce qu'on connaît déjà bien. Ainsi, pour ne parler que de la torpeur et de Y asthénie^
dont il a été question tout à l'heure, leur attribut vitales dont on se servait généralement pour les désigner pourrait déjà être remplacé, aujourd'hui, du moins en partie, par le terme musculaires. Nous savons très-bien que l'utérus renferme des appareils érectiles composés d'éléments vasculaires et musculaires, dont on ne se doutait pas autrefois ; nous savons également que toute la coque extérieure des ovaires, ainsi que la portion bulbeuse, sont composées de fibres musculaires tenant dans leurs mailles des follicules de de Graaf les plus avancés. La torpeur de ces fibres, leur atonie, de même que leur état spasmodique, ne peuvent-ils pas rendre compte de bien des troubles de l'ovulation et de la menstruation qui étaient considérés autrefois comme essentiels 7 Je crois qu'il est impossible d'en douter. Cette affection musculaire peut être, la plupart du temps, dynamique, et mériter encore à cause de cela, nonobstant sa localisation, le nom de vitale y pour être distinguée des altérations matérielles qui frappent les yeux. Ainsi la classe des troubles menstruels dynamiques ou vitaux, ou, si l'on aime mieux, idiopathiqueSy doit être encore maintenue. Enfin, l'ovulation envisagée dans son ensemble se rapproche des autres fonctions sécrctoires, en ce que, comme elles, elle possède, outre l'organe destiné à sécréter les œufs et celui destiné à favoriser leur développement après la conception, un conduit excréteur chargé de faire passer au dehors le résultat devenu inutile. Il est constitué par la portion des organes sexuels comprise entre le col de Tulérus et l'entrée du vagin. Gomme partout ailleurs, l'excrétion peut être ici empêchée par quelque obstacle mécanique. Voilà encore une nouvelle source des perturbations des règles. Nous allons commencer la description des troubles de la menstruation par cette catégorie comme étant la plus simple de toutes. Ici, en efiet, les principaux éléments de l'ovulation : la sécrétion des œufs et leur déhiscence spontanée, ainsi que l'hémorrhagie utérine, continuent, seulement le sang, dont l'écoulement est empêché par une atrésie, s'accumule derrière l'obstacle et devient la
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cause de désordres dans réconomie. Nous distinguerons ce premier groupe sous le titre de Rétention du sang menstruel par suite de l'atrésie des voies sexuelles.
Dans le deuxième groupe, que nous désignerons sous l'ancienne dénomination de dysménorrhée^ nous placerons les troubles caractérisés par une excrétion douloureuse du flux menstruel, accompagnée souvent de caillots sanguins d'aspect membraneux et quelquefois même de l'exfoliation de la tunique interne.
Le troisième groupe comprendra les troubles caractérisés jpar une absence plus ou moins prolongée des règles. Nous lui conserverons le nom consacré depuis des siècles, celui à* aménorrhée y en nous réservant la faculté d'y établir quel* ques variétés dictées par des considérations pratiques.
Le quatrième groupe renfermera les troubles caractérisés par l'abondance du flux menstruel, que nous désignerons sous le nom usité de ménorrhagie.
Le cinquième et le dernier groupe sera représenté par ce que nous avons appelé : ataocie menstruelle.