‹ Traité de la menstruation; ses rapports avec l'ovulation, le fécondation, l'hygiène de la puberté et de l'âge critique, son rôle dans les différentes maladies, ses troubles et leur traitementChapitre 31 sur 38 · DE L'ATAXIE MENSTRUELLE · texte numérisé non relu

DE L'ATAXIE MENSTRUELLE

Nous allons terminer la pathologie de la menstruation par Vûiaxie menstrtielle. Nous appelons ainsi (comme nous Tavons déjà dit k la page A83) ce trouble de la menstruation dont les effets ont quelque chose de bizarre dans leur aspect, où Ton voit le flux menstruel, au lieu de s'effectuer comme d'habitude, par la tunique interne de l'utérus, s'opérer par les différentes parties du corps plus ou moins éloignées des ovaires, tandis que ces organes continuent toujours néaqfdoins à fonctionner et à préparer périodiquement, chaque mois, une vési* cule de Graaf à la déhiscence spontanée. Nous ne reviendrons pas dans ce moment sur tout ce que nous avons déjà dit dans nos considérations de pathologie générale, pour justifier notre manière de voir sur la nature de cette perturbation, que nous considérons comme une névrose. Ce chapitre n'a pour ainsi dire d'autre but que de marquer à l'ataxie menstruelle sa place parmi les troubles dont nous nous sommes occupé jusqu'à présent, et nous donner en même temps l'occasion de nous livrer à quelques considérations thérapeutiques sur cette affection.

S'il était vrai que cette espèce de déviation des règles n'est due, comme le pense M. Scanzoni etaprés lui M. Nonat (2), qu'à une anomaUe de structure dans les organes où le sang se porte ; s'il était prouvé que toute la raison de cette migration consiste en ce que toutes les parties vers lesquelles le sang se dirige offraient une ténuité insolite et une grande fragilité des vaisseaux^ la thérapeutique de l'ataxie menstruelle serait on

(1) Auguste VoUîn, De Vhéfnalocèle rétro-utérinê. Paris, 1860, p. 63. (2} Ifonat, Traité pratique des maladies de rtêUrus, p. 587.

ne peul plus simple ; il faudrait nécessairement avant tout chercher à restituer à la tunique interne de Tutérus la ténuité et la fragilité qu'on lui supposait avant la manifestation du trouble. Ce serait alors le cas de prescrire des émollients appliqués directement sous forme de fumigations ou de bains. Mais, à notre avis, ce n'est point dans les organes vers lesquels se dirige le sang, qu'il faut chercher la cause de ces désordres. Dans notre conviction, ils sont tout à fait innocents du fait ; toute la responsabilité doit retomber sur le vis a tergo qui siège dans les ovaires et qui, par suite d*une perturbation nerveuse spéciale, que réveille chaque orgasme menstruel, produit des congestions dans les différentes parties du corps. Quant au choix des organes, il semble être subordonné au hasard ou à quelques sympathies cachées, méconnues, dont le secret se perd dans les conditions de l'innervation créées accidentellement. 11 se passe ici, comme nous l'avons dit déjà ailleurs, pour le sang, ce qui a lieu dans certaines névroses pour la douleur, quand par exemple les malades éprouvent des pointes aiguës dans les différentes parties, sans qu'on puisse donner une raison satisfaisante de leur préférence pour tel ou tel autre organe, sans qu'on puisse expliquer pourquoi elles abandonnent une région pour se faire sentir plus loin.

Ce qui semble démontrer encore davantage qu'il s'agit dans ce cas réellement d'une névrose, c'est la coïncidence fréquente de ces troubles avec l'état chloro-anémique. Enfin, si l'on demandait à la thérapeutique d'apporter sa pierre de touche pour juger cette question, elle ne manquerait pas de se prononcer également dans le même sens. Quelque gênante que puisse être une hémorrhagie de cette espèce, il faut se garder de la supprimer avant qu'il soit démontré, par le retour du flux menstruel complet, que l'économie est rentrée dans des conditions normales.

Foreslus cite l'observation d'une fille de vingt ans, chez qui la suppression des règles fut suivie delà formation d'un ulcère

DE l'ataxië Menstruelle. 621

sur la cuisse, par lequel suintait tous les mois une forte quantité de sang. La malade, ainsi que ses parents, ayant demandé avec instance la cicatrisation de cet ulcère, Forestus s'y refusa. Cependant, un autre chirurgien fut moins scrupuleux, et accepta la proposition. Bientôt l'ulcère se cicatrisa, mais immédiatement après, la jeune fille offrit tous les signes d'aliénation mentale, accompagnée de nymphomanie. Ces accidents n'ont disparu qu'après le retour des règles par les voies naturelles (1) .

Chauffe, de Besançon, cite un exemple analogue. Une dame, ayant eu ses règles supprimées, il lui survint une petite tumeur entre l'os de la pommette et celui du nez. Ennuyée de la voir saigner à certaines époques, elle prit la résolution de s'en débarrasser. Le chirurgien appelé dans cette intention, en fit la ligature. L'opération réussit, mais elle fut suivie de différents désordres des facultés intellectuelles, et plus tard, d'une apoplexie mortelle (2).

Nous croyons, d'après ce qui précède, que la principale indication thérapeutique, en cas iHataxie menstruelle, doit consister dans l'emploi des toniques. On prescrira aux malades, les préparations de quinquina, du fer, l'hydrothérapie, des bains de mer, des voyages, l'air de la campagne, des viandes rôties ou grillées. II ne faudra s'occuper en rien de la partie par laquelle le sang a pris l'habitude de couler; mais, tout en persévérant dans l'emploi du régime que nous venons d'indiquer, chercher à exciter un peu, surtout aux approches des époques menstruelles, les organes sexuels, à l'aide de petites doses de sabinc, dont l'action excitante sur la matrice est incontestable, par des lavements aloétiques de Schœnlein, conseilles dans l'aménorrhée, par les ventouses Junod, ou la ventouse sur le col de la matrice du docteur Andrieux (de Brioude), etc. Enfin, s'il s'agissait d'une jeune fille, qui n'a pas encore été réglée, avant de chercher à favoriser l'établissement du flux

(1) Forestus, Dt cerebri marhOj obs. 24.

(2) Des accidents et des maladies qui surviennent à la cessation de la menstruatioH, Uièse de Paris, an X.

menstrael par les voies normales, il serait bon de s'assurer si ces Toies sont tout à fait libres, et s'il n'y a aucune airésie qui pourrait plus tard exposer aux accidents de rétention des règles. Il est bien évident que, dans un cas pareil, il vaudrait mieux laisser le sang se diriger vers un autre organe que Ttiténis, surtout si Théniarrhagie n'avait d'autre inconvénient que celui d'être plus ou moins désagréable, et qu'elle ne serait pas dan-gereuse (voyes page hhb) .

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EXPUGATION DES PLANCHES.

Pl. I. -* OWLATlOfl SPOFITAlfÉS CRIZ LES WMBFtRSS DOmSTIQUES.

iG . 4 . A, A, A, védcoles de Graaf (période ascendante) ches la truia* — a^a^a^ d'autres vésicules plus petites destinées à l'époque suiiante de rut.

FiG. 2. 6, B» les mêmes vésiculea devenues déjà plus grosaea et moins transparentes à cause de Thypertrophie de la tunûiue prapre. — - b, une des plus fortes vésicules ouverte, alla de montrer la tunique propre hypertrophiée, ayant l'aspect plissé, rappelant les cifcanvokUions cérébrales.

FiG. 3* Les mêmes vésiculea distendues par du san^ , presque aconinées et prêtes à s'ouvrir.

FiG. 4. L'ovaire de truie incisé pour laisser voir l'intérieur des follicules de Graaf après la ponte spontanée. — C, C, G, tunique propre des vésicules, d'un jaune fauve, hypertrophiée, entourant complètement le caillot situé au centre. — c, c, vésicules appartenant à l'ovulation plus ancienne. La tunique propre est déjà tellement hypertrophiée qu'elle remplit presque entièrement la cavité; c'est à peine s'il reste quelques traces d'anciens caillots.

Fio. 5. Même état de l'ovaire à un degré encore plus avancé de la période descendante. — D, D, la tunique interne hypertrophiée de plus en plus, laisse à peine un peu de place au milieu, pour le caillot, qui diminue progressivement. — E, l'hypertrophie de la tunique propre forme déjà un bouchon complet. — e, noyau fibrineux central, résultat de la transformation ûnale du caillot.

FiG. 6. L'uvaire de la vache coupé perpendiculairement pour laisser voir le métoarion, — F, F, F, F, deux moitiés d'un métoarion coupé, d'un jaune très-marqué. — > /*,/*, cicatrice linéaire blanchâtre, partant du centre à la périphérie, rappelant le trajet qu'a dû suivre l'ovule pour abandonner la vésicule.

FiG. 7. Métoarion de la vache coupé perpendiculairement, comme dans la ligure précédente. L'hypertrophie de la tunique propre de la vésicule

62a EXPLICATION DE LA PLANCHE I.

poussée cette fois avec moins de vigueur que dans la figure précédente, laisse voir une cavité centrale : G, G, et une autre, plus petite, de côté : 2/, 9. Ces deux cavités proviennent uniquement du défaut de contact des parois opposées de la tunique hypertrophiée.

FiG. 8. Ovulation spontanée chez une lapine de forte taille. — A, A, l'ovaire, au lieu d'être lisse, comme il est chez ces animaux dans Tintervalle des époques de rut, est surmonté d'une douzaine de vésicules de Graaf, rouges et remplies d'un liquide sanguinolent. — B, B, B, trompe utérine fortement injectée de sang. — C, pavillon de la trompe, dans l'ouverture duquel on a introduit un stjrlet.

FiG. 9. Ovulation chez la chienne pendant le rut. — A, A, ovaire renfermé dans son sac, recouvert de graisse. — B, une portion du sac dépourvue de graisse et demi-transparente. — C,C,C trois vésicules de Graaf. d'un rouge livide, formant une espèce de grappe â la surface de l'ovaire qui est tout à fait unie dans l'intervalle des époques de rut. — G', vésicule déjà ouverte et uu peu affaissée sur elle-même. On aperçoit au sommet, à l'endroit D, la trace de l'ouverture. — T, T, T, cornes et corps de la matrice ouverts jusqu'au col V. On voit que la muqueuse est d'un rouge très-prononcé dans toute cette étendue, et qu'il y a même du sang lihre à la surface, qu'on peut ramasser avec le dos d'un scalpel. — X, X, X, memhrane muqueuse du vagin, très-injectée, formant de nombreuses circonvolutions à l'intérieur.

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