‹ Traité de la moelle épinière et de ses maladies, [electronic resource]Chapitre 11 sur 84 · I.T JÉPANÇHEMENS RACHIDIENS · texte numérisé non relu

I.T JÉPANÇHEMENS RACHIDIENS

Les médecins appelés ont trouvé le pouls à l’état normal, la langue non déviée lors de sa sortie. L’appétit était conservé; la digestion s’opérait facilement. Cependant le malade ne pouvait remuer ni les bras ni les jambes; très- sensible au chatouillement dans l’état naturel , il l’était encore malgré l’état du système musculaire; mais ni le chatouillement, ni le pincement ne provoquaient la contraction des membres, quoique l’un et l’autre modes d’investigation missent en jeu la sensibilité. Le toucher avait conservé son intégrité. Les membres n’étaient pas douloureux spontanément, ni lors des mouvemens qui leur étaient imprimés, seulement le mollet gauche était sensible à la pression. (On ordonne une tisane pectorale, des frictions avec le baume nerval.)

Dans la nuit du 28 au 39, insomnie; douleurs dans la région lombaire et dans différentes articulations ; mais quand on imprimait des mouvemens aux membres, on n’augmentait pas la douleur; toujours absence de fièvre. Le 29 (saignée de deux palettes à neuf heures du matin, continuation de la boisson précédente), l’état du malade reste le même pendant toute la journée; la saignée n’a pas soulagé sensiblement. La nuit se passe comme la précédente. Le 3o, aucun changement. (Deux bains, lavemens adoucissans.) Les six jours suivans , et les nuits intermédiaires, il n’y a eu aucune variation dans la position du malade. Quelques tisanes laxatives, des lavemens ayant la même propriété ont été mis en usage.

Le 7 janvier, réunion de plusieurs médecins. On près-

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crit un demi-lavement avec un gros de coloquinte, ce qui a occasionné quelques coliques et quelques selles. Le 9 janvier, les articulations scapulo-humérales sont susceptibles de quelques légers mouvemens. Le lendemain, l’avant-bras peut se mouvoir faiblement sur le bras; mais les phalanges de la main , de même que l’articulation radio-carpienne restent encore presque immobiles.

Le 10, moutarde aux pieds, ce qui ranime un peu l’exercice de la contractilité dans les cuisses et les jambes. Le 11, moutarde aux genoux; l’effet en est très-prompt; le malade a supporté l’application pendant une heure, et éprouve ensuite plus de facilité à remuer ses membres.

Le 1 2 , taffetas végéto-épispastique aux lombes , qui détermine une rubéfaction. Le i3, deux vésicatoires aux lombes, au-dessous du point où l’on a appliqué le taffetas ; phlyctènes à la suite de ces applications. Le 1 4 ■) diminution de la douleur lombaire; mouvemens plus faciles aux membres thoraciques et abdominaux. Le 1 5, frictions le long du dos et des lombes avec la pommade d’Autenrieth , ce qui produit l’effet local ordinaire. Le même jour, lavement purgatif. Depuis l’application des rubéfians au dos, le sommeil a eu lieu plus facilement. Jusqu’au 16 , le membre thoracique gauche a paru plus fort que le droit. Dès-lors, celui-ci a peu à peu repris le dessus sur le gauche pour la force. La jambe droite a toujours paru plus faible que la gauche, à dater de l’époque où les mouvemens ont commencé ; elle a même conservé son infériorité jusqu’au moment (3o jan-

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vier) où M. Fouiihoux commença à observer le malade.

Les trois jours suivans, amélioration progressive, mais très-peu marquée. Les 1 8, 19 et 20, frictions avec le baume opodeldoch, ce qui a coïncidé avec un amandement dans l’état du malade. Le 21 , lavement purgatif avec le séné, et addition de plantes carminatives. Le 22, bain aromatique. Le 23, un lavement purgatif et carminatif. Le 24, nouveau bain aromatique. Pendant tout l’intervalle qui s’est écoulé depuis le 20, frictions avec le baume opodeldoch , et infusion de feuilles d’oranger. Depuis que les mouvemens ont commencé, le malade a déjeuné chaque jour avec du café, et a dîné presque comme à son ordinaire. Arrivé à Paris le 3o janvier, M.E. fît appeler M. le docteur Fouiihoux qui s’assura qu’il n’existait aucune altération des organes intérieurs; le pouls était naturel, les mouvemens plus faciles dans les articulations humérales et cubitales que dans les articulations carpiennes et phalangiennes. La station debout ne pouvait encore avoir lieu. Depuis cinq jours seulement, il remuait les orteils. La flexion de la main gauche et de ses parties était plus bornée que celle de la droite. Celle-ci, au contraire, jouissait davantage de la faculté de s’étendre. La jambe gauche pouvait croiser la droite, mais le genou ne pouvait se porter sur l’autre. Il existait un sentiment de chaleur à la région lombaire. Le 3 février , M. E. a pu commencer à porter le genou gauche sur le droit. Les membres supérieurs qui avaient devancé les inférieurs dans l’exercice de leurs fonctions, jouissaient d’une prédominance d’action sur ces derniers. Le malade a dès-lors fait un

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usage journalier de bains de vapeur aromatique (1), et, au bout de trois semaines, il avait recouvré l’usage de ses membres, à cela près d’une légère faiblesse dans la jambe droite. Un voyage aux eaux d’Aix, en Savoie, l'été suivant, a consolidé l’état du système musculaire; maintenant, novembre 1825, M. E. est en parfaite santé.

Les symptômes offerts par ce malade sont remarquables par leur analogie avec ceux dont je viens de parler, et par la cause première qui parait les avoir déterminés; nous verrons tout à l’heure des exemples de l’influence très-grande qu’exerce sur la production de pareils phénomènes la suppression d’une évacuation habituelle. Ont-ils résulté ici de la cessation de la transpiration cutanée? M. Lobstein a publié récemment (2) diverses observations sur les accidens qui peuvent survenir à la suite d’une suppression de la sueur des pieds , et ce fait semblerait propre à appuyer quelquesunes des remarques du savant professeur de l’école de

(1) Les bains de vapeui' étaient administrés de la manière suivante : on faisait bouillir de la racine de valériane ; sur la fin de l’ébullition, on ajoutait de la graine de moutarde et des fleurs d’hÿpericum. La chaudière était placée dans une boîte non fermée inférieurement. La planche qui fermait supérieurement cette boîte était trouée comme une planche à bouteilles. Le malade, assis sur un siège au-dessus de cette boîte , et de manière à ce que ses pieds fussent un peu élevés audessus de la planche trouée , le malade , dis-je , était entouré par d’épaisses couvertures. Ce bain durait une demi-heure. M. E. était ensuite placé dans un lit bien bassiné.

Le régime était le même que dans l’état de santé. Une infusion d’arnica secondait les effets de ces moyens.

(9.) Bullet. delà Soc. méd. d’Emul. , novembre et décembre 1S25.

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Strasbourg. Je tâcherai d’expliquer tout à l’heure comment la paralysie du mouvement peut avoir lieu alors sans altération de la sensibilité. Ajoutons que la douleur légère qui exista dès le principe dans la région lombaire sans mouvement fébrile, la diminution de la paralysie à la suite de l’application de topiques irritans sur cette région , sa disparition dans les membres supérieurs d’abord , puis dans les inférieurs , sont autant de circonstances qui rapprochent ce fait de ceux qui précèdent, et qui me semblent résulter d’une simple congestion sanguine accompagnée d’une exhalation plus abondante de sérosité, sans aucun phénomène inflammatoire.

Tous les observateurs ont signalé l’influence nuisible que les excès de l’onanisme produisent sur le système nerveux en général. L’abus des plaisirs vénériens cause aussi quelquefois des effets analogues; et si l’on examine avec attention les phénomènes qui se manifestent pendant le coït, on ne tarde pas à reconnaître qu’indépendamment de l’excitation réelle du centre cérébrospinal, les appareils respiratoire et circulatoire sont le siège d’une congestion plus ou moins forte. N’observet-on pas chez quelques individus , durant l’acte de la copulation, et au moment de l’éjaculation spermatique, des mouvemens épileptiformes, le gonflement de la face, l’accélération de la.respiration, des secousses convulsives dans les membres, phénomènes pendant la durée desquels le sang est accumulé dans la poitrine , et se trouve chassé avec force par le cœur, soit dans les poumons, soit vers la tête, où quelquefois il a déterminé une hémorragie cérébrale mortelle? Ces congestions

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tics organes respiratoires pendant le coït, dont les auteurs ont cité plus d’un exemple, ne peuvent pas se renouveler fréquemment sans produire des effets analogues sur les parties liées intimement avec eux, et spécialement sur le système cérébro-spinal qui est déjà lui-même directement influencé dans cette circonstance. A la suite de ces congestions sanguines répétées, les vaisseaux dilatés favorisent la stagnation et l’accumulation du sang dans les parties déclives; l’exhalation de la sérosité est augmentée, et l’on voit survenir progressivement tous les accidens que j’ai déjà décrits. L’observation suivante , recueillie par M. Ed. Gendron , médecin à Château-Renault , va nous en offrir un exemple remarquable (i).

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