‹ Traité de la moelle épinière et de ses maladies, [electronic resource]Chapitre 20 sur 84 · ET É PAN C II EM ENS RACHIDIENS. 5 I · texte numérisé non relu

ET É PAN C II EM ENS RACHIDIENS. 5 I

Quand l’épanchement sanguin est le résultat d’une hémorragie spontanée dont l’irruption déchire les fibres médullaires, si la continuité de ces fibres est interrompue dans toute l’épaisseur de la moelle ou de l’une de ses moitiés seulement, elle doit causer aussitôt la paralysie du sentiment et du mouvement dans toute la partie inférieure du corps, ou seulement dans le côté correspondant à l’épanchement, s’il n’a lieu que dans une moitié de la moelle; en outre, la lésion de la sensibilité et du mouvement est variable , suivant que les faisceaux antérieurs et postérieurs sont plus ou moins intéressés. Comme il n’existe jusqu’à présent aucun exemple, du moins que je sache, d’hémorragies semblables et aussi circonscrites dans l’épaisseur de la moelle sans une lésion concomitante du cerveau, on ne peut raisonner ici que par analogie sur les accidens qui pourraient alors survenir.

Quoi qu’il en soit, l’effet de ces épanchemens circonscrits dans la substance médullaire du cordon rachidien doit être le même que celui qui résulte d’une section partielle ou totale rie ses fibres, puisqu’il y a dans l’un et l’autre cas solution de continuité de la moelle. C’est surtout dans l’épaisseur de la protubérance annulaire , et dans les fibres correspondantes des prolongemens crâniens de la moelle, qu’on observe le plus fréquemment cette altération : tantôt elle est bornée à une petite étendue; tantôt elle produit une déchirure complète de toute la protubérance, et détermine alors la paralysie des membres thoraciques et abdominaux. Il existe certainement quelque ressemblance entre l’hé-

CONGESTIONS SANGUINES

morragie dont il s’agit, et la section qu’on peut opérer à l’aide de l’instrument tranchant, puisqu’il existe ainsi solution de continuité des fibres médullaires. Cependant c’est ici qu’on peut reconnaître que, quelle que soit l’analogie qu’il y ait entre la lésion spontanée d’un organe, et celle qu’on peut produire artificiellement, les effets sont très-différens les uns des autres dans les deux cas. En effet, dès qu’on opère la section complète de la moelle épinière dans quelque point de sa longueur que ce soit, on voit aussitôt la paralysie survenir dans les parties inférieures à la section, mais sans autres phénomènes antécédens, comme des convulsions, par exemple. Au contraire , dans le genre d'apoplexie dont ' nous nous occupons, on observe souvent une série de symptômes précurseurs de la paralysie qui ne se manifeste que plusieurs heures après le début de l’attaque, sans doute parce que l’épanchement n’a lieu primitive-, ment alors que dans la protubérance annulaire, et que les fibres de la moelle sont intéressées les dernières.

Je vais rapporter un exemple remarquable d’épanchement dans cette portion crânienne du centre nerveux rachidien. Les détails qu’il renferme suffiront pour donner les notions les plus positives sur les symptômes qui caractérisent cette hémorragie à son début.

ET ÉPANCHEMENS RACHIDIENS.

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