‹ Traité de la moelle épinière et de ses maladies, [electronic resource]Chapitre 41 sur 84 · OBSERVATION LXXXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION LXXXIV

Douleurs dorsales accompagnées de difficulté dans les mouvemens des membres inférieurs; rétention d’urine ; évacuation involontaire des fèces. ]VIort au bout de plusieurs mois. Ramollissement de la partie inférieure de la moelle.

Un jeune soldat, récemment guéri d’une fièvre pétéchiale, se plaignait de douleurs dans les vertèbres dorsales, de difficulté de mouvoir les membres inférieurs, de suppression d’urine, d’excrétion involontaire des fèces, de débilité générale et d’émaciation. On employa un grand nombre de moyens thérapeutiques pendant plusieurs mois, mais sans succès. La faiblesse des membres abdominaux s’accrut jusqu’à paralysie complète; bientôt après les membres thoraciques furent également affectés : dès-lors, perte de la parole. Quinze jours après d’un état d’immobilité, et entièrement privé de la parole, mais conservant toute l’intégrité de ses facultés intellectuelles, il mourut subitement.

Autopsie cadavérique.

On ne trouva aucune trace d’altération dans le cerveau, le thorax et l’abdomen; mais la moelle épinière était plongée au milieu d’une grande quantité de fluide sanieux; elle était en suppuration, et désorganisée à la partie inférieure de la région dorsale, sans pourtant avoir perdu sa forme naturelle. Ses membranes et le périoste du canal vertébral étaient détruits dans le point

MYÉLITE OU INFLAMMATION

où le tissu de la moelle avait éprouvé une désorganisation plus profonde. Les vertèbres et leurs ligamens étaient sains (i).

On a pu voir dans les diverses observations qui précèdent que la myélite aiguë est quelquefois accompagnée de symptômes qui ne sont pas tout-à-fait en rapport avec l’altération existante, et qu’on observe des phénomènes qui sont opposés à ce que les expériences physiologiques nous ont appris sur les fonctions de la moelle épinière : telle est la persistance du mouvement dans les membres inférieurs quand les supérieurs sont paralysés par suite d’un ramollissement qui envahit toute l’épaisseur du renflement brachial (observation lxxvji), ou bien celle de la sensibilité quand le mouvement est anéanti, dans des cas où l’on trouve les cordons postérieurs et antérieurs également altérés. Ces phénomènes se représentent également dans la myélite chronique, qui est le pins souvent accompagnée d’une contracture plus ou moins douloureuse des membres paralysés.

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