OBSERVATION LXXXVII
Convulsions dans te membre inférieur gauche à chaque menstruation , suivies de paralysie lors de la cessation des règles ; ramollissement et injection du côté droit seulement de la portion lombaire de la moelle.
Une femme éprouvait depuis long-temps de vives convulsions dans tout le membre inférieur, gauche au
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moment d’être réglée : elles ne cessaient que lorsque les règles avaient coulé assez abondamment. A quarante ans elles furent supprimées : alors le membre devint entièrement paralysé. Les saignées, les vésicatoires etautres remèdes furent inutiles. Quelque temps après, elle éprouva des convulsions dans le bras du même côté, et mourut d’une affection comateuse. A l’ouverture du cadavre, on trouva la membrane arachnoïde et la pie-mère enflammées vers les dernières vertèbres dorsales et les premières lombaires. La moelle était très-rouge, ramollie du côté droit; mais elle paraissait saine du côté gauche, dans toute son étexidue.
S’il est un faitbien prouvé anatomiquement et physiologiquement, c’est que les symptômes des lésions d’une moitié de la moelle existent constamment du même côté que cette lésion ; et il en doit être ainsi , puisque les fibres de chaque cordon latéral de ce centre nerveux ne s’entre-croisent avec celles du cordon opposé que dans le bulbe rachidien. Aussi, quoique l’auteur de cette observation soit une autorité dont le nom suffit pour en garantir l’authenticité, j’avoue que j’ai peine à croire qu’il n’y ait pas eu erreur dans la désignation de l’une et l’autre moitiés du renflement lombaire de la moelle. En outre, la répétition des mêmes phénomènes dans le bras du même côté, ne porterait-elle pas à penser que le cerveau n’était point étranger à ces accidens, quoiqu’on ne fasse pas mention de son état sain ou morbide?
Je ferai remarquer ici que les mouvemeps convulsifs du membre inférieur se renouvelaient surtout à l’épo-
«jue des règles, coïncidence qui prouve les connexions sympathiques de l’utérus et de la moelle épinière, et dont j’ai donné plus d’un exemple en traitant des congestions sanguines rachidiennes. Cependant, il faut noter que les règles peuvent paraître également, malgré l’existence d’une paraplégie, et que leur écoulement a lieu à l’insçu des malades ( observation xvm ). Mais l’influence de la moelle épinière sur l’action contractile de l’utérus, lors de l’accouchement (i), est au contraire bien plus marquée, puisqu’on a vu alors l’inertie complète de cet organe ; tandis qu’une irritation mécanique du renflement lombaire, chez des femelles pleines, détermine l’avortement.
Nous allons voir dans l’observation suivante un autre fait qui semble plus en contradiction avec les fonctions connues de la moelle épinière, qu’il ne l’est peut-être réellement.