OBSERVATION LXXXIX
Ramollissement de la portion lombaire de la moelle sans
paralysie (2).
Une jeune fdle de treize ans mourut à la suite d’une gibbosité de la région dorsale inférieure. A l’autopsie, nous trouvâmes deux vertèbres cariées, un aplatissement considérable de la moelle dans l’étendue de cinq pouces, ses membranes phlogosées; et, au bas de la
(0 v°y- plus haut, pag. 3g8 , les obs. deM. Brachet.
(2) Obs. de M. Janson, chirurgien en chef du grand Hôtel-Dieu de Lyon. Compte rendu, etc. , année 1822.
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MYÉLITE OU INFLAMMATION
région dorsale, la pulpe nerveuse réduite en putrilage, convertie en matière pultacée, et manquant dans l’étendue de quatre à cinq lignes. Ce qu’il y a de plus étonnant, c’est que trois ou quatre jours avantsamort, la malade avait pu mouvoir les jambes et les cuisses, était même sortie de son lit, et que les fonctions des viscères du bas-ventre et du bassin n’avaient éprouvé aucun dérangement.
J’ai dit que ce fait paraissait peut-être d’une explication plus difficile qu’il ne l’est réellement, et cette réflexion me semble d’autant plus fondée, que des exemples analogues m’ont déjà fourni l’occasion d’examiner la cause de la persistance du mouvement dans les parties inférieures à la portion de la moelle qui est altérée ou détruite. Ici, le ramollissement du renflement lombaire existait dans un point très-inférieur ; de sorte qu’un plus grand nombre de nerfs pouvaient encore se porter de la partie supérieure à la gibbosité aux membres inférieurs. Remarquons encore que l’affection était ancienne, comme dans tous les cas où l’on a observé de semblables phénomènes.
Les faits que j’ai rapportés ont montré que l’endurcissement du tissu de la moelle épinière était rarement l’altération qu’on observe après une myélite aiguë; car, à l’exception du sujet de l’observation lxxxii, chez tous les autres, on a trouvé la substance médullaire ramollie et plus ou moins diffluente. Mais cette induration est moins rare à la suite d’une myélite chro-
nique.