OBSERVATION XCI
Fourmillenieus dans la main droite, puis dans le pied droit, qui se propagent successivement à la totalité des membres correspondans ; atrophie. Mêmes phénomènes ail bout d’un an dans le côté opposé ; paralysie complète du tronc et des membres. Endurcissement de la portion cervicale de la moelle épinière; inflammation de scs membranes dans la région correspondante (i).
M. de Causan , d’un tempérament sec et très-sensible , éprouva d’abord des fourmilleniens dans les doigts de. la paaiii droite, ensuite dans ceux du pied du meme côté. Ces doigts devenaient moins sensibles, et conservaient pourtant leur mouvement. L’insensibilité se prolongea à la main et au pied; ces parties maigrirent et se refroidirent : le mal augmenta graduellement de la main à l’avant-bras, du pied à la jambe; cependant le malade marchait encore : le bras et la cuisse de ce côté s’atrophièrent h leur tour, et le malade resta plus d’un an dans cet état, marchant encore à l’aide d’une béquille qu’il plaçait sous l’aisselle du côté malade : les mêmes parties du côté gauche présentèrent bientôt des phénomènes semblables, et qui suivirent une marche analogue, de sorte que le malade fut forcé de rester dans son lit, privé de toute espèce de mouvement dans le tronc et les membres : la respiration et la déglutition étaient faciles; les autres lonctions continuèrent pendant quelque temps, sans paraître altérées ; mais peu à peu la vue s’affaiblit et
(i) Portai; loc, cit. , tom. 4, pag. 1 17.
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s’éteignit; l’ouïe devint dure d’abord, puis complètement nulle; le pouls était fort lent, assez dur, un peu inégal; la respiration était libre, mais insensiblement elle s’affaiblit; la déglutition ne pouvait plus s’opérer; le pouls devint très -lent; on ne comptait plus que quarante, trente, et môme dix pulsations par minute : enfin le malade s’éteignit. A l’ouverture du corps, nous trouvâmes toutes les parties du corps , même le cerveau, dans l’état naturel; mais la portion de la moelle épinière contenue dans les vertèbres cervicales était très - endurcie , ayant une consistance cartilagineuse: les membranes qui la revêtent en cet endroit étaient très-rouges et comme enllammées.
Ici l’altération de la substance médullaire est bien plus prononcée; sa densité et sa consistance sont celles du cartilage : aussi la paralysie était -elle complète. Comme chez le sujet de l’observation précédente, les symptômes se sont d’abord développés d’un côté, puis de l’autre, et se sont manifestés aussi de haut en bas. La nature de l’endurcissement était plus évidemment inflammatoire, ainsi que l’annonçait la rougeur intense des méninges. En outre, les symptômes qui ont annoncé et suivi le développement de cette altération , sont, comme on le voit, ceux de la myélite. Nous allons voir dans l’exemple suivant, rapporté par le docteur Sonnenkalb (i), un tableau plus détaillé des phénomènes qu’on observe dans cette. circonstance.
(i) Carus, Zeitschrift fur natur-und heilkunde, etc., troisième année, tom. i-5, pag. 65. Leipsick..