‹ Traité de la moelle épinière et de ses maladies, [electronic resource]Chapitre 65 sur 84 · OBSERVATION CVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION CVI

Légers mouvemens convulsifs des membres trois jours avant la mort, et plus marqués du côté droit ; contracture des deux membres thoraciques; conservation de la sensibilité. Tubercule dans la moitié gauche du bulbe rachidien.

M.*** , âgé de vingt- quatre ans, succomba à une phthisie tuberculeuse. Trois jours avant sa mort, on avait remarqué des soubresauts continuels dans les tendons des poignets, surtout ceux du côté droit; l’évacuation de l’urine et des matières fécales était involontaire. Les mouvemens du bras droit devinrent un peu gênés. Douze heures avant la mort , le malade se contractait un peu lorsqu’on le pinçait même légèrement, ce qui annonçait la conservation de la sensibilité. Les avant-bras étaient fléchis sur les bras, les mains sur les avant-bras, et les doigts vers la paume des mains. Cette flexion était un spasme tonique bien plus marqué au bras droit qu’au gauche. Il y avait cjes mouvemens convulsifs partiels de la face qui était un peu décomposée ; évacuations involontaires. Quelques heu-

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res avant de succomber , le bras droit du malade était presque paralysé, le gauche encore un peu contracté.

Le cerveau et le cervelet n’offrirent aucune altération dans leur substance. La moelle alongée parut beaucoup plus ferme que dans l’état naturel. On trouva, presque dans son centre , mais à gauche, un peu au-dessus des éminences pyramidales et olivaires de ce côté, un corps presque rond, de la grosseur d’un petit pois, isolé, contigu, et non continu à la substance médullaire qui l’environnait de toutes parts. Ce corps était d’un blanc jaunâtre, et un peu luisant à son extérieur. C’était un kyste à parois très-épaisses, qui contenait dans son intérieur un petit noyau tuberculeux, opaque, d’un blanc terne et jaunâtre, qui contrastait fortement avec la couleur des parois du kyste.

Il est difficile d’expliquer pourquoi un tubercule ainsi développé au centre du bulbe céphalique de la moelle épinière n’a donné lieu à quelques symptômes que dans les derniers jours de la vie du malade ; mais ce qu’on doit noter, c’est la paralysie du bras droit, précédée de contractions spasmodiques bien plus fortes que dans le bras gauche, preuve évidente du croisement des cordons antérieurs de la moelle dans le bulbe rachidien : ces faisceaux nerveux étaient particulièrement le siège du tubercule, aussi la sensibilité était intacte. Nousallons voir encore des mouvemens spasmodiques et involontaires produits par la présence d’un tubercule au milieu de la protubérance cérébrale et des fibres des pédoncules.

OBSERVATION CVIï.

Symptômes de congestion cérébrale ; mouvemens spasmodiques et involontaires. Tubercule au centre des fibres des pédoncules et de la protubérance.

Une malade avait présenté pendant les huit derniers jours seulement tous les symptômes d’une Compression cérébrale assez forte, tels que suspension dans l’exercice des facultés intellectuelles, respiration stertoreuse, gémissemens profonds par intervalle, légers mouvemens spasmodiques et involontaires, etc. A l’ouverture du cadavre, on ne trouva aucune altération dans le cerveau et le cervelet. La protubérance annulaire avait à peu près le double de son volume ordinaire. Elle contenait dans son épaisseur un tubercule bien circonscrit, à surface lisse, peu adhérent à la substance cérébrale. Ce tubercule , environné d’un kyste , avait à peu près le volume d’une grosse noix; incisé dans toute son étendue, il offrit une substance grisâtre assez dense et comme lardacée à la circonférence, plus molle et pultacée au centre. Le kyste présentait une couleur légèrement rougeâtre à sa face interne (i).

Des mouvemens spasmodiques ne sont pas les seuls phénomènes causés par des tubercules développés dans la portion supérieure de la moelle épinière : ils donnent lieu quelquefois à des accidens très-analogues à l’épilepsie, comme le prouvent les trois exemples suivans, qui m’ont été communiqués par M. le docteur Gendrin.

(0 Lepelletier , Traité de la maladie scrofuleuse, page 129.

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