‹ Traité de la moelle épinière et de ses maladies, [electronic resource]Chapitre 8 sur 84 · OBSERVATION LV · texte numérisé non relu

OBSERVATION LV

Engourdissement des membres inférieurs ; paraplégie incomplète bornée d’abord à la moitié inférieure du tronc , et s’étendant progressivement au reste du tronc et aux membres supérieurs , accompagnée de douleur dorsale; absence de symptômes cérébraux; disparition successive des accidens. Guérison.

Desurmont (Adolphe-Eugène), âgé de vingt ans, serrurier, entra à l’hôpital Necker le 1 1 octobre 1822, offrant tous les symptômes d’une irritation gastro-intestinale avec fièvre continue : il eut successivement quatre hémorragies nasales abondantes, aux septième, quatorzième , vingt-unième et vingt-huitième jours, sans qu’il en résultât aucun changement favorable. Les accidens n’en augmentèrent pas moins d’intensité jusqu’au trentième jour. Depuis cette époque, ils diminuèrent graduellement jusqu’au soixantième. La convalescence n’avait été traversée que par quelques récidives momentanées de la phlegmasie des intestins. La guérison paraissait complète, et le malade ne se plaignait plus que de la faiblesse générale qui résultait de son traitement, lorsqu’un soir, après être descendu de son lit et avoir fait quelques pas (dans le courant de février), il sent tout à coup un engourdissement très-marqué dans les membres inférieurs qui fléchissent sous lui, et il tombe. Â peine transporté dans son lit, il rend à plu-

ET ÉPANCHEMENS RACHIDIENS'. 4^3

sieurs reprises et par régurgitation une quantité assez abondante de bile jaunâtre très-liquide : la peau était chaude, le pouls fréquent 5 nul trouble des facultés intellectuelles ; le malade ne put dormir.

Le lendemain, cet état était à peu près le même que la veille. La paraplégie était incomplète, et la peau était le siège d’un fourmillement continuel qui en rendait la sensibilité obtuse. Je remarquai que cet engourdissement ne dépassait pas la hauteur de l’épigastre. Une douleur assez vive existait le long du rachis jusqu’au milieu de la région dorsale : elle augmentait par les mouvemens. Les membres supérieurs étaient complètement libres. (Frictions ammoniacales sur le trajet de la douleur dorsale, vésicatoire volant aux lombes.) Les jours suivans, l’état du malade fut à peu près le même; mais le quatrième jour, les douleurs du dos avaient augmenté, elles s’étendaient jusqu’au cou , et les deux membres supérieurs étaient plus faibles et engourdis. Le malade ne pouvait rien serrer avec force dans les mains. La peau était toujours chaude et sèche, le pouls fréquent. Un vésicatoire volant fut appliqué à la nuque : le cinquième jour, la stupeur des membres supérieurs avait un peu augmenté, de même que les douleurs dorsales. 11 était survenu, dès le troisième jour, une petite escarre au sacrum, large comme une pièce de 20 sous, ce qui n’avait pas eu lieu pendant toute la maladie qui avait été très-longue, quoiqu’il fût constamment couché sur le dos, et que son corps fût très-amaigri.

Le sixième jour, les accidens commencèrent à diminuer d’intensité. L’engourdissement des bras 11’était

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