CHAPITRE Y
La violence des tentations et de la résistance.
JLes efforts excessifs avec lesquels on repousse les tentations, altèrent beaucoup la paix de l’ame. Dans ces occasions on s’agite , on se débat , on se tourmente , et l’on entre dans une espèce de fureur. Tout est alors en mouvement et en combustion dans celui que le démon tente f et que sa pro- (x) La pare Surm
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pre activité tente peut-être encore plus. Son esprit est fortement appliqué , son sang est dans une agitation violente , son pouls est convulsif, sa respiration est forte et précipitée , son imagination s’enflamme, sa tète s’échauffe , sa poitrine s’épuise. La tranquillité et le silence régneroient aussitôt sur une brèche où l’assaut est donné et repoussé avec une égale vivacité. Ce n’est pas là sans doute une bonne manière de rejeter les tentations : ces violens efforts ne font souvent qu’augmenter le danger , et toujours ils produisent le trouble.
Je ne dis pas qu’il faille rester dans l’inaction , lors même qu’on est vivement tenté; c’est l’excès opposé à celui que je combats, et infiniment plus condamnable : il vaut mieux sans doute se défendre en furieux , lorsqu’on est attaqué de même, que de rester dans l’état passif des sectateurs de Molinos. Entre ces deux extrémités , la résistance forte et résolue, mais ferme et tranquille , tient le juste milieu ; et c’est celle-là que je vous conseille. Sans elle vous seriez facile à déconcerter : il vous faudroit du temps pour vous remettre , et le démon auroit toujours dans la tentation une ressource assurée pour vous faire perdre la paix du cœur, le recueillement de Taine et Tonc*
tion de la piété. La patience, la vigilance, la prière, la confiance en Dieu , la défiance de vous-mêmes, l'éloignement des occasions du péché , le désaveu des impressions de la tentation , quand elle vient , l’oubli quand elle a disparu , doivent être alors toute votre ressource.
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