‹ Traité de la paix intérieureChapitre 24 sur 93 · XXII · texte numérisé non relu

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Là soumission d’esprit que les scrupuleux doivent avoir pour leurs directeurs , doit aller, non-seulement jusqu’à croire qu’ils décident bien leurs doutes , mais encore jusqu’à se croire eux-mêmes capables de les décider dans les occasions où on leur ordonnera de le faire , et sur les principes qu’on leur prescrira. C’est un moyen d’abréger beaucoup le travail des confesseurs, de ménager un temps précieux que bien des pénitens réclament, tandis qu’un seul le leur ravit ; et de soulager beaucoup le malade , et en même temps de le conduire bientôt à une entière guérison , s’il continue l’usage du remède , malgré les répugnances et les dégoûts. Pour abréger louiours davantage le travail . oi

pour parvenir à une plus prompte guérison , on pourroit défendre aux scrupuleux de porter jamais en confession aucune des peines qu’ils auroient décidées eux-mêmes, même en leur faveur, par soumission aux ordres de leurs confesseurs , et conformément aux maximes qu’ils leur auroient données. Ceux-ci savent assez quand il sera temps d’exiger de leurs pénitens une obéissance si pénible dans sa pratique, mais si utile dans ses effets , après qu’ils les auront fait passer par des épreuves moins fortes , qu’ils les auront bien connus , et qu’ils se seront bien fait connoître eux-mêmes.

§. XXill.

Pour vous rendre l’obéissance toujours plus consolante et plus utile , persuadezvous fortement qu’elle vous est nécessaire , que Dieu veut que vous vous y assujettissiez , et que par une conséquence nécessaire il ne vous imputera jamais à blâme ce que vous aurez fait par une obéissance toute chrétienne à un sage directeur. Développons cette maxime qui est fondamentale en celte matière. Le -sertie pule est un mal, et un grand mal. C’est le vôtre : Dieu veut que vous en guérissiez ,

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et l’obéissance en est le plus sûr remède Ces principes sont incontestablement établis par tous les auteurs qui ont traité celte matière , dont plusieurs sont reconnus pour saints , et ils ne demandent plus aucune discussion. De là je raisonne ainsi : Si Dieu veut que vous guérissiez du scrupule ; et si l’obéissance en est le plus sûr moyen , Dieu veut que vous vous y assujettissiez ; et tout ce que vous ferez par obéissance à vos confesseurs éclairés , sera un accomplissement de sa volonté; par conséquent, quand vos confesseurs , par une méprise personnelle, erreroient dans la décision de vos doutes, vous n’erreriez pas; et il est de la bonté de Dieu , et même de sa souveraine équité, de ne pas vous imputer les méprises où pourroit vous induire cette religieuse déférence à leur autorité, puisque ce seroit en vous une erreur bien innocente, et non une malice; qu’en le faisant , vous auriez suivi l’ordre que Dieu a établi , et qu’ainsi vous n’auriez pas fait votre volonté propre , en quoi consiste le péché , mais la sienne qui est la règle souveraine de toute justice ; que ce ne seroit pas votre penchant que vous auriez suivi , mais la raison et la prudence ; qu’il vous en auroi* bien moins coûté de suivre vos scru-

DE LA PAIX INTERIEURE* jh

pules , que de leur résister ; et que ce n'est pas pour vous flatter, que vous auriez obéi, mais pour vous vaincre.

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