XXVI
Soyez donc obéissant : mais ce n’est pas tout, c’est même peu, si vous n’êtes encore tranquille sur votre obéissance , si vous n’obéissez autant de l’esprit que de la volonté, si vous n’oubliez vos doutes en les soumettant, si vous ne les laissez aux pieds du confesseur. Mais si vous les emportez avec vous , pour les lui présenter aux confessions suivantes , ou si , sans les porter de nouveau au sacré tribunal , parce qu’on ne veut point les y écouter, vous les écoutez vous-même, et soupirez en secret après
(i) Domine, num gentem ignorantem et jusiam in* terficies? Genes . ao. v. 4.
une certitude de lumière , tandis que le Seigneur vous présente celle de l’autorité qui est bien plus assurée ; enfin si vous obéissez en esclave , moins par goût que par nécessité , moins par déférence et par acquiescement à l'autorité sacrée qui vous décide, que par crainte des derniers excès du scrupule qui vous tourmente ; outre que vous n’obéissez que très- imparfaitement , vous nourrissez de toutes vos réflexions le ver qui vous dévore, et vous restez toujours dans une disposition prochaine à tomber dans les tristes excès du scrupule le plus outré. Soyez donc d’une soumission tranquille , et non d’un assujettissement inquiet. Oubliez ces doutes qui dessèchent votre ame , et qui troublent tout l’esprit intérieur. N’examinez plus ce qui a été décidé par une prudence éclairée.
Marchez toujours devant vous . Revenir sans cesse sur ses pas , c’est le moyen de ne jamais avancer; se renfermer dans un cercle de perplexités , c’est renoncera toute issue , et augmenter toujours ses peines. Reposez-vous paisiblement en celui qui vous offre tant de confiance et de sûreté sous la conduite de ses fidèles ministres.
DI LÀ PAIX ISîTfiïlIEURK*