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Os ne vous permet pas de répéter des confessions passées , ni de vous étendre à votre gré dans les présentes : on ne fait qu’abréger vos peines ; et on vous offre autant de sûreté de conscience que de repos d’esprit. Quand il en seroit de ces confessions tout ce que vous vous figurez» et que vous tâchez en vain de persuader à votre confesseur; quand elles seraient nulles, dès lors que vous souhaitez sincèrement et même ardemment de les renouve; 1er , et que c'est par une religieuse déférence à un confesseur éclairé que vous ne les renouvelez pas » celle que vous faites maintenant, fût-elle encore mutilée par la même autorité, les renferme toutes, et est un renouvellement virtuel, quoique vous ne vous y accusiez que de quelques fautes vénielles ; et tous vos péchés vous sont remis. Tout bon théologien en sait la raison : c’est que l’intégrité nécessaire à une confession ne consiste pas à s’accuser dans le plus exact détail de tous ses péchés , mais seulement de ceux dont la discrétion et la prudence, desquelles les confesseurs éclairés commissent l’étendue > nous permettent de nous confesser. Tous le9 autres sont vir-
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tnellement renfermés dans la confession qu’on fait de ceux-ci , et sont remis en même temps. Or la discrétion et la prudence vous disent surtout d’obéir, et de ne point passer les bornes qu’une autorité légitime a mise à vos inquiètes recherches, et à vos pénibles déclarations.
§. XXVIII
J b porte encore la chose plus loin , et je suppose qu’après une confession ordinaire, où vous ne vous reconnoissez coupable depuis la dernière que de quelques péché* véniels, mais où, sans rappeler bien clairement de vrais péchés omis, vous déclarez votre peine sur les précédentes , votre confesseur vous envoie communier sans absolution ; vous voilà extrêmement combattu par la nécessité de l’obéissance et par la crainte du sacrilège. Mais quel seroit votre embarras et votre trouble , si vous vou9 trouviez dans cette conjoncture à l’heure de la mort , si dans les transes de l’agonie vous voyiez refuser la ressoutee de l’absolution à vos plus tristes perplexités ? Ce coup terrible seroit capable de hâter votre dernière heure., et peut-être de vous jeter dans le désespoir ; mais ce ne sêroit que votr* timidité , et peut-être un défaut d'ins-
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truction qui feroit voir votre peine. Celui qui uniroit le courage avec le savoir, recevroit avec confiance le sacrement des mourans , et passeroit confidemment au jugement de Dieu sans y être préparé par l’absolution du prêtre ; sachant que le sacrement de l’Extrême-Onction, dans cette cir constance , opère le même effet que celui de la pénitence. Ce que je dis du sacrement de l’Extrême-Onction, plusieurs graves théologiens le disent aussi de celui de l’Eucharistie d’après saint Thomas (îj. Ainsi , quoiqu’ordinairement ce sacrement suppose l’état de grâce en celui qui le reçoit , il le pro duit cependant quelquefois , et il efface h péché mortel en celui qui ne s'en croyant pas coupable, le reçoit dans la bonne foi. Oi il ne paroît pas y avoir de plus grande bonne foi, que celle que forme dans une ame scrupuleuse la décision de son confesseur. C’est donc à tort qu’elle se tourmente par la crainte de faire des sacrilèges , lorsque par son ordre, et sans cerlitude de son mauvais état, elle communie sans absolution ; puisque dans la bonne foi, où la mettent la décision du confesseur et sa propre déférence , le sacrement qu’elle reçoit, bien loin d’être un nouveau péché lui efface (i) Part, çuëst , 79, art. 4
tous ceux, même mortels, dont elle pourroit être coupable.