‹ Traité de la paix intérieureChapitre 36 sur 93 · PRIERES · texte numérisé non relu

PRIERES

pour tes personnes peinées par des trouâtes intérieurs .

Dieu d’amour, Dieu de paix, qui prenez plaisir à vous communiquer à des âmes paisibles et tranquilles qui vous écoutent dans le silence, et non leur foible imagination ; qui se livrent à l’attrait de votre amour , et non à leur penchant pour le scrupule ; qui suivent vos inspirations toujours douces, et non celles de leurs ennemis toujours turbulentes; qui sont remplies de confiance en votre bonté paternelle, et non d’excessives frayeurs dont elle se tient offensée : mon Seigneur et mon Diçu , qui voyez combien le démon ennemi de mon bouheur, et plus encore de votre gloire , réussit maintenant à me troubler, et à vous contrister vous-même

Vous gagnerez sur le scrupule autant que vous perdrez de la bonne idée de vousmême ; accoutumé 9 considérer la corruption de votre cœur, son infection ne vous donnera plus celte agitation qui trouble. Ne cherchant point a briller à vos propres yeux ni à ceux d uurui , 1 obscurité de votre ame ne vous causera point cette horreur qui saisit , ni ctite confusion qui chagrine. Les incertitudes de ^otre état présent, dès que vous les accepterez comme une juste punition de vos désordres passés , ne vous jetteront plus dans de tristes alarmes. Vous ne serez plus effrayé de votre petitesse , dès que vous ne voudrez plus vous mesurer avec personne , vous regardant comme inférieur à tous. Laissant aux autres les faveurs signalées du Ciel , les vertus héroïques, les grandes consolations; alors la médiocrité de votre grâce, la multitude de vos défauts , l’aridité de votre ame ne vous donneront point ce chagrin qui naît de l’ambition , et qui produit la tristesse. Sans avoir ces grandes grâces , dont vous vous estimerez indigne, vous posséderez un des plus grands biens qu’elles puissent produire , la paix du cœur ; et vous ne vous exposerez pas à un grand mal qui en résulte souvent par votre perversité , la pré-

lOf REMEDES AUX OBSTACLES lomptîon de Pâme. Vous jouirez sans trouble et vous vous enrichirez sans risque de votre pauvreté , non avec le paresseux qui hait le travail , mais avec Phumble qui craint le faste.

Peut-être ne pensez- vous pas que ce remède soit celui qu’il vous faut , ni que votre mal soit celui qu’il attaque : mais outre que cela même prouve qu’il vous est nécessaire , ce qui doit vous donner un grand désir d’en user , c’est qu’il ne peut jamais que vous être utile. Les regards de Dieu s’arrêtent sur Phumble , et ccs regards tout lumineux dissipent nos ténèbres 9 et avec elles disparoissent nos doutes et nos perplexités.

§. xxxvm.

Quand le démon seroit Punique cause de vos scrupules, (et je crois que du moins il y entre toujours pour beaucoup), le remède dont nous venons de parler seroit encore très-salutaire. Les principales forces que nous devons opposer au prince de9 orgueilleux, sont l’humilité qui le confond , l’obéissance qui le déconcerte, et la prière qui le met en fuite. Et puisqu'il a beaucoup de part, à toutes les différentes espèces de scrupules qu’il excite ou qn’il fo-

DE LA PAIX INTÉRIEURE. loh

dar s mon cœur , autant qu’il le peut , par mes vaines alarmes , par mes débats intérieurs , par mon activité effrénée : faites , Dieu tout-puissant, que le calme succède en moi à l'agitation, la lumière aux ténèbres , et la paix au trouble. Commandez maintenant aux démons comme vous leur commandiez autrefois, en les chassant des corps des énergumènes avec un empire absolu : commandez à mon imagination et à toutes les puissances de mon ame ou’ils soulèvent , comme vous commandiez aux vents déchaînés et à la mer agitée. Paroissez , Seigneur , au milieu de moi , et que tous mes ennemis soient dissipés comme la fumée. Que l’éclat de votre divine présence , perçant le nuage qui m’environne, porte en moi la sérénité de ’ame, et cette paix intime qui surpasse tout sentiment. Je la désire, ô mon Dieu, cette paix, non pour mon plaisir, mais pour votre gloire , non pour me complaire en moi-même par vanité , mais pour vous contempler, vous adorer, vous louer sans obstacles; afin que vous régniez tranquillement en moi durant cette vie*, et que vouf me fassiez régner heureusement avec *out pendant l’éternité de l’autre.

H0TEN3 d’àCQUÊRIR

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