CHAPITRE XI
La fréquente communion.
La sainte Communion est une source de paix , puisqu’elle nous unit à celui qui désire ardemment qu’elle règne en nous , et qui seul peut nous donner le bien qu’il nous demande. Il est rare que l’on n’y ressente pas le calme intérieur , et que l’on n’en rapporte pas une délicatesse de sentiment qui nous avertit des mouvemens de nos passions dès leur naissance , et une force sensible pour les réprimer. Les douceurs spirituelles qu’on y goûte dans leur source , adoucissent l’amertume du cœur , et en émoussent les désirs. Rarement on voit des personnes qui communient fréquemment, dominées par leurs passions, et sujettes au caprice et à l’humeur: elles sont ordinairement paisibles et maîtresses d’elles-mêmes , du moins jusqu’à un certain point; et , s’il en étoit qui ne vissent point dans leur conduite ce fruit ordinaire
LA PAIX INTÉRIEURE. l5g
des fréquentes communions , du moins dans une habitude de réprimer les saillies considérables du naturel, qu’elles rentrent en elles-mêmes, pour reconnoître ce qui empêche le sacrement divin d’opérer son effet (1). Nous avons dit ailleurs que la paix intérieure est une disposition àla communion , et nous disons ici qu’elle en est l’effet ; ce qui ne doit point paroître un cercle vicieux , puisqu’il en est de même delà pureté du cœur, de l’amour de Dieu, et de toutes les autres bonnes dispositions que la communion exige et qu’elle augmente. C’est ainsi qu’une bonne communion est une préparation à l’autre , parce qu’elle dispose encore mieux les cœurs bien disposés , et qu’elle fait éclore en nous toutes les semences de vertu qu’elle y trouve.
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