VII
L’amour de Dieu surtout est propre à ramener la paix dans une ame agitée de ces sortes de tentations , parce qu’il dilate le cœur, qu’il fortifie, qu’il inspire des sentimens généreux, et qu’il bannit cette espèce de crainte qui fait des malheureux , et qui ne convient qu’à des esclaves.
Voyons-le dans un exemple connu, de saint François de Sales. Le démon , jaloux de la paix de son ame , et des progrès qu’il fait dans la vertu par ce moyen , lui met dans l’esprit qu’en vain il gêne ses inclinations et mortifie ses sens, puisqu’il n’est pas du nombre des prédestinés. Idée bien affligeante pour un saint. Celui-ci en est accablé. En vain il cherche du soulage-
(i) Tu peecatorem quantùmlibet fetidum non hor-
res , non despicis , si ad te suspiraverit Tu ilium à
desperationis barathro piâ manu retrahis, spei medicamen aspiras , foves.... quousque horrendo Judici miserum reconcilies. Famosum hujus tuæ benignilatis îestimonium est per le Theophilus restauratus gratiæ. Bernard, in deprec. et laude Mariœ. Si quid spei in nobis est , si quid gratiæ , si quid salutis, ab eâ ( Marii) Doverimui redundare. Id ierm. de Àqua duclu .
désespérerai jamais ni de votre grâce pour me convertir , ni de votre miséricorde pour me pardonner .... Qu'il est doux d'espérer au Seigneur ! V enfer même ne seroit plus ce qu'il est 9 si ta moindre tueur de cette espérance pourvoit percer ses ténèbres . Lui seul peut m9 envier un si grand bien , et le nuage du désespoir ne peut s'élever que de ser abîmes ,