‹ Traité de la paix intérieureChapitre 76 sur 93 · ARTICLE · texte numérisé non relu

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Détachement des amis.

Détichez-vous des amis de votre ancienne dissipation , qui la feroient bientôt revenir, et avec qui l’époux sacré ne veut point partager votre cœur. Sainte Thérèse fut long-temps retardée dans son avancement spirituel par un attachement trop naturel pour une amie qui n’étoit pas selon Dieu. Ceux mêmes qui sont les plus parfaits ne vous conduiront à la perfection qu’autant que vous en serez détaché jusqu’il vous en séparer ng peine et sa us

DE LA PAIX INTÉRIEURE. /*o5

/lélaî , pour toute votre vie , au premier signe de la volonté de Dieu. Plus l’attachement à un ami paroît innocent, plus il faut s’en méfier. De meme qu’il n’est rien de comparable à un bon ami, selon le Sage (i), aussi rien ne vous sera si nuisible qu’un ami dissipé ou tiède qui ne connoîtra point votre attrait, ou qui voudra le gêner. Vous ne sauriez conserver la paix avec lui et avec Dieu. Les entretiens avec les amis pieux sont utiles; mais ils peuvent facilement dégénérer en amusement et en dissipation : souvent après avoir ranimé la ferveur dans le premier quart d’heure , ils la refroidissent dans le second, et l’éteignent dans le troisième. Ecoutez ici le sage auteur de l’Imitation de Jésus-Christ (2). « Cherchez la retraite. Aimez à demeurer » seul avec vous-même. Ne désirez la cou- » versation de qui que ce soit, mais ap- » pliquez-vous plutôt à prier avec ferveur, » afin de vous conserver dans la componc- » tion du cœur et dans *a pureté de la » conscience. Regardez comme un néant » toutes les créatures : car tandis que vous • chercherez de la consolation en quel-

(1) Àmico fideli nul la e*t comparatio. Eccli. 6. v. i5.

(a) lÀv, 3. cfiap. 53

4o4 PRATIQUE

» qu’une , vous ne pourrez en goûter dans

* l’entretien avec Dieu. Vous devez donc » vous éloigner de vos amis et de vos con- » noissances , et vous interdire générale-

* ment toute satisfaction naturelle. Un es- » prit encore foible et infirme ne com- » prend pas ce que c’est que d’avoir ainsi » le cœur dégagé de toutes choses, et » l’homme animal ne connoît pas la li- » berté de l’homme intérieur : cependant » s’il veut devenir véritablement spirituel, » il faut qu’il renonce tant à ses proches

* qu’aux étrangers. » L’on rapporte de ce pieux auteur, que lorsque l’on vouloit l’engager dans de trop longs entretiens, il avoit accoutumé de dire : On m’attend dans notre cellule (1). L’on entendoit son langage, et on respectoit son attrait. Suivez le vôtre, et rendez-vous à Dieu, qui vous attend au fond de votre cœur.

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