CHAPITRE XI
Fidélité à suivre l'attrait intérieur.
L ok n’aura jamais de véritable paix tant que l’on résistera à Dieu; et malheur à qui trouveroit quelque tranquillité dans cette opposition à ce que Dieu demande de lui, puisque ne cédant pas à l’impression de l’Esprit saint, ce seroit l’Esprit saint qui céderoit à sa résistance ! Et quel malheur n’est-ce pas que Dieu nous traite comme ces nations auxquelles il ne manifeste plus la sainteté de ses voies et les desseins de sa sagesse ! Allez donc, comme les animaux mystérieux d’Ezéchiel , partout où le mouvement de l’esprit de Dieu vous porte (1), et, comme eux* marchez toujours devant vous, sans demander où il mène , et sans revenir sur vos pas (2). Vous craindrez souvent qu’il ne vous conduise
(x) Ubi crat impetus spiritûs , illuc gradiebantur. Etech. x. y. 1 3.
(a) Unumquodque eorum coràm facie suâ ambuUb*! ; aec revertebantur oùm ambularent. Ibid.
trop loin; mais lorsque le mouvement est conforme aux maximes de la perfection , et qu’il n’est point opposé aux règles de la prudence, et qu’au contraire la crainte qui vous retient est favorable à l’indolence , à l’amour-propre ou à la cupidité , il est facile de reconnoître de quel principe part celte certitude , et le seul doute doit vous déterminer. Ne regardez point les autres. L’esprit de Dieu souffle où il veut. Personne ne voit ce qui se passe et ce que Dieu opère dans le cœur de l’homme , que l’esprit de l’homme même. Et après tout, quels que puissent être les desseins de Dieu sur les autres , et leur manière d’y répondre, vous serez toujours comptable des mouvemens de sa grâce ; et il vous sera dur et funeste de regimber contre son aiguillon qui vous piquera sans cesse (1). Mais parce que la paresse et le démon vous font souvent craindre lorsqu’il n’y a aucun sujet de crainte, voici les marques auxquelles vous pourrez discerner le véritable attrait d’avec le faux.
(z) Durnm est tibi contra Uimulum calcitrare. Aci. «à.