CONSIDÉRATIONS MÉDICO-LÉGALES
menl mis le feu aux magasins de la maison Érai^d, fabricant de pianos, et d'un individu qui mit le feu k la maison de son père, et que j'eus à examiner comme expert.
Telles sont les principales circonstances dans lesquelles la société doit aux aliénés paralytiques sa protection contre les rigueurs du Code pénal.
Lorsqu'un médecin compétent formule des doutes sur l'existence d'une paralysie générale encore à la période intermédiaire, les magistrats usent aujourd'hui d'une grande résene dans leurs verdicts ; et lorsque les médecins affirment la paralysie générale, quand cette affirmation est basée sur la constatation de troubles somatiques, l'inculpé doit à notre avis être considéré comme absolument irresponsable, même si son état de démence ou de délire est peu marqué, même si la folie paralytique est tout à fait à soa début.
Cette proposition va sembler téméraire, mais nous pouvons la justifier sur les considérations suivantes. Et d'abord, il est certain que la périencéphalile diffuse entraîne un trouble général de l'intelligence qui porte sur les facultés supérieures, et en particulier sur le jugement et sur ie sens moral; le législateur doit tenir compte de cette perversion qui supprime la culpabilité de l'accusé, lequel se trouve aloi^ dans le cas de démence prévu par le Code. Mais ce n'est pas sur ce seul argument que nous nous appuyons; car nous sommes tout porté à admettre qu'au début de la folie paralytique, la liberté morale n'est pas abolie d'un jour à l'autre. Nous avons même longuement insisté sur ce fait dans nos considérations sur la pathogénie de la maladie ; nou> pensons que, comme les diverses facultés intellectuelles, la liberté morale ne subit que peu à peu la déchéance, et que l'aliéné paralytique, au début de sa maladie, pourrait être considéré comme coupable dans une certaine mesure ; théoriquement il y aurait donc lieu d'admettre pour lui la responsabilité partielle ; mai> pratiquement la chose est irrationnelle et impraticable.
Elle est irrationnelle, car enfin les peines que la société inflige doivent avoir pour but, non pas de châtier j mais plutôt de corriger. Or comment voudrait-on corriger un individu dont la déchéance intellectuelle et morale va faire tous les jours d»^ nouveaux progrès, par suite de la marche inexorable d'uoe