RESPONSABILITÉ DES PARALYSES GÉNÉRAUX
des aliénés paralytiques. Le malade se figure que tout ce qu'il voit lui appartient, il ne se fait aucun scrupule de prendre ce qui lui convient à un moment donné. Le docteur Wilkie Burman, de Tasile de West Riding(l), cite le cas d'un paralytique à la première période qui avait jeté bas le mur de son voisin, persuadé sous l'influence de ses conceptions maladives, qu'on avait empiété sur sa propriété.
Relativement aux vols commis par les malades, le docteur Burmann montre qu'il est parfois évident que la matière de Tobjet dérobé est en intime relation avec l'idée délirante dominante; cette opinion est aussi partagée par ÂudifTrent (2).
Les vols opérés dans ces circonstances fournissent aux médecins légistes et aux magistrats des données importantes d'appréciation. Mais il faut bien dire qu'ils n'ont pas toujoui^s ce caractère d'absurdité et d'imprévoyance. Il arrive en effet que des fous paralytiques ne peuvent pas remplir les engagements onéreux qu'ils ont contractés quelque temps avant; engagements qui n'étaient pas encore mai*qués au sceau d'une notable débilité intellectuelle. On en voit d'autres qui se ruinent dans des spéculations hasardeuses, et qui font des banqueroutes frauduleuses ; on en voit qui font des faux en écriture.
Relativement aux homicides, les aliénés paralytiques en commettent rarement ; ils sont en effet le plus souvent contents d'eux et des autres; et d'ailleurs, quand ils veulent accomplir un homicide, ils s'y prennent si mal que fort heureusement leui*$ tentatives avortent le plus souvent. Ils ne combinent pas convenablement leurs moyens d'action. Darde (3) rapporte dans sa thèse (observation XXII) l'histoire d'un malade à la première période, qui, prétendant avoir contre M. D., chirurgien des hôpitaux, des griefs suffisants, voulait aller tuer ce médecin; il prend alors une canne et un poignard, et, ces armes à la main, il demande à deux sergents de ville l'adresse de D., qu'il veut dit-il, c aller tuer». — On observe des cas où les fous paralytiques commettent des incendies sans avoir la cou* science de ce qu'ils font. Tel est le ca? d'un ouvrier qui a récem-
{\) MeHUa Science iBld.
(i) AudilTrcnt, Mai du cerveau H de l'innervation. lH7(î.
(3) Darde, Du délire des actes dans Ui paralysie générale {Vm-hf 1871}.
A. VOISIN. Parai v8io. 30