‹ Traité de la paralysie générale des aliénésChapitre 20 sur 126 · DES TROUBI^S DE LA PAROLE · texte numérisé non relu

DES TROUBI^S DE LA PAROLE

récriture a la même origine cérébrale que l'ânonnement. Il arrive souvent que les paralytiques généraux ne peuvent terminer une phrase qu'ils avaient commencée : l'idée élaborée leur échappe, et, après avoir balbutié quelques instants, ils terminent brusquement leur phrase par le mot chose... Ce mot se rencontre dans leur bouche dans bien d'autres circonstances encore; il est employé souvent pour remplacer un mot qui manque. Dans ces cas, le langage a un décousu qui frappe de prime abord les personnes même étrangères à l'étude de l'aliénation mentale.

Mais qu'on prenne bien garde ; il est incontestable que cet abus des mots chose^ machin^ machine^ tient le plus souvent à un manque de mémoire des mots, à une impotence dans l'association des idées, en somme à la débilité intellectuelle ; mais il s'observe dans la folie vésanique et tient alors à une suractivité de Tesprit, à une trop grande rapidité dans les associations d'idées, qui fait que l'idée primitive est brusquement interrompue par d'autres idées confuses qui se pressent, qui s'entre-choquenl ; de là résulte le décousu du discours et l'emploi fréquent du mot chose. C'est ainsi que, chez l'un de mes clients, j'avais tout d'abord pensé à l'existence d'un commencement de démence paralytique, à cause du décousu du discours, des phrases inachevées et de l'emploi fréquent du mot chose; tandis qu'un examen plus approfondi m'apprit bientôt que ce malade était en proie à des hallucinations de l'ouïe, et qu'il répondait soit verbalement soit mentalement, aux voix intérieures qui l'interpellaient, et que son attention, brusquement reportée sur ces voix intérieures, le forçait à interrompre la phrase commencée; quand, quelques instants après, il voulait ressaisir son idée, il n'était plus temps, et le mot chose venait tout naturellement terminer la phrase et lui ôter toute espèce de sens. Cet individu n'était pas paralysé général.

On observe encore des malades qui répètent comme un écho Jes derniers mots des phrases qu'on prononce devant eux ; ce fait coïncide souvent avec l'existence de l'ânonnement et est aussi un signe de démence.

Les paralysés généraux qui ânonnent ne s'en rendent pas compte, à cause précisément de leur débilité intellectuelle, et même. quand on appelle leur attention sur ce point, ils ne recon-

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naisiicnt pas cet eifiLarra- d- lu pdivte. sans doute iw ■ réflexion Jeur est trop {^i.îbl-^. j^ul-t-tre au^si à cau-r i optimisme, qui les emjtè'.ti-, l-i- d bfureuï«inenl pour :c rendre compte de l'*urêtat.

L'ânonnemeiii f;*ùbNene.t:'n ^^u^raJ. à une phase avan maladie. Dans Cf^ cas, 1-^ pn:>DC'Slic est toujours graie. e: rition de rânonoeiu^iti aijii<juce un état de dè>oi^aD!M parties aniérieui-es du vn^au.

Mais, dans c<^rtaiûs cas. ràu'-miement se remarjUr o début de la maladie; les inaia-it^ pas>ent alors peu a pru '-' état intellectuel normal à l'étal de d<>mence. Leur niveau tiù-tuel baisse insensiblement sans qu'aucun accident gr^ive. > qu'aucun trouble somatiqueap[iréciabIe pour les gens du m 'vienne révéler le danger. A ces cas convient, à proprenidU ;•: 1er, le nom de démence paraUiique.

Le pronostic est grave relativement à la vie iotelleciuÉi!' ' sujet, car il n'y a pas lieu d'espérer que la cause qui a amem' commencement de démence, et par suite rânonnemenl i' > parole, pourra rétrocéder spoulanéraent. Ce n'est aloi-s que[i!| une médication énergique, destinée à détourner de reiicéph; la congestion chronique qui cause la démence, ce n'est, dv-*'tnou3, que par une médication active qu'on poun'a ?>['■-■•' enrayer ce processus envahissant; mais, au point de vue àt ■• vie coi'porelle du sujet, l'apparition prématurée de l'ânonneiiH' indique que l'on a affaire à une forme lente, et que la vie nV pas immédiatement compromise. On a remarqué, en effet, qv> celte forme de paralysie générale est d'habitude compatible avf une existence relativement prolongée. Les malades alTcclèj J cette forme de paralysie générale ont rarement à redouter t'attaques de congestion cérébrale, les hémorrhagies méninge; les complications médullaires et, dans les cas où ils ont h W verser ces accidents, ils échappent le plus souvent à la mori <. seul leur état mental est sensiblement aggravé par ces atteiDie? En même temps que l'ânoimemcnt, on observe le plus souver que la parole est hésitante cl traînée; ces deux modes dVt barras de la parole reconnaissent les mômes causes que l'àiioi nemenl, c'est-à-dire un trouble intellectuel, unecertaineparesïinnnunité relative des fous paralytiques à forme démente.

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