DES TROUBLES DE LA PAROLE
Le tremblement de la parole est, comme nous Tavons dit, un irouble d'ordre ataxique ; il consiste en l'émission de mots dont les syllabes sont séparées les unes des autres par des intervalles aoû isochrones. C'est le balbutiement de l'homme en colère et ie l'ivrogne. Il diffère de la parole scandée par le non-isochroaisme des intervalles. Il a une grande valeur au point de vue du diagnostic de la paralysie générale, parce qu'il apparaît le plus souvent tout à fait au début de la maladie. Dans le cours ' l'une périencéphalite diffiise, on peut observer tous les degrés iu tremblement de la parole ; au début, il est quelquefois si peu ippréciable, qu'il peut échapper à l'attention des observateurs ; •1 faut alors le rechercher avec le plus grand soin. Ce qui rend m outre l'observation si difficile, c'est que le léger tremblement ie la parole est inconstant : il est perceptible un jour et le lendemain il ne l'est plus, aussi faut-il étudier les malades plusieurs jours de suite, quand on soupçonne chez eux la possibilité de la paralysie générale et ne jamais s'en rapporter à un seul examen quand il a été négatif.
Le tremblement de la parole, si peu accentué qu'il soit, est le plus souvent accompagné d'autres signes qui aideront au diagnostic. Signalons, entre autres, le tremblement des muscles des membres supérieurs, le tremblement fibrillaire des muscles de la face et de la langue tirée hors de la bouche, l'inégalité des pupilles, sans parler des signes fournis par le délire, quand il existe, par l'excitation cérébrale et par la débilité intellectuelle. Mais nous devons dire que parfois le diagnostic est difficile, même quand il existe du tremblement de la parole.
Le tremblement peut atteindre un degré tel que l'articulation des sons devient presque impossible ; en même temps, la langue sortie hors de la bouche, est agitée de mouvements qui ne sont plus vermiculaires, mais qui ressemblent plutôt à des secousses : la pointe de la langue peut arriver jusqu'auprès du bout du nez des malades, sans qu'ils puissent réprimer ces mouvements désordonnés. Ce trouble aussi étendu ne survient, en général, qu'à la deuxième et à la troisième période, alors que le diagnostic est facile à porter; donc, arrivé à ce degré, le tremblement de la parole n'a qu'une valeur tout à fait secondaire au point de vue du diagnostic, d'autant plus qu'il se