SYMPTOMES DE LA DEUXIEME PERIODE
rencontre à peu près sous le même aspect dans d'autres maladies. Comme le dit si bien Trousseau (1), c c'est une erreur souverainement préjudiciable que d'envisager isolément un phénomène pathologique avec la confiance qu'il va suffire à asseoir un diagnostic ; je veux bien qu'il existe un tremblement sénile, un tremblement mercuriel, et combien d'autres! Mais classer ainsi les tremblements comme autant d'unités pathologiques, c'est être plus près de l'ontologie que de la réalité. » Or on peut appliqueraux troubles ataxiques de la parole ce que Trousseau dit du tremblement en général : ces troubles ataxiques revêtent le même caractère dans toutes les maladies où ils existent. Ainsi dans la sclérose en plaques, la parole est lente et scandée, chaque syllabe est prononcée lentement el suc-ces-si-ve-ment ; les syllabes sont séparées par des intervalle.^ plus ou moins longs ; en outre, l'articulation des mots peut être imparfaite, comme empâtée, analogue à celle qu'on obsene dans la paralysie générale (Fernet, thèse de concours, 1872).
Dans l'alcoolisme, le tremblement de la parole ressemble a s'y méprendre k celui de la paralysie générale; c'est ce qui nous faisait dire que le tremblement de la parole, envisagé seul, n'a pas une valeur diagnostique absolue au point de vue du pronostic; il n'indique non plus rien de précis, car le pronostic emprunte sa gravité à la maladie dont le tremblement est le symptôme.
C. — Le hégayemenl est ce trouble de la parole constitué par la répétition successive des mêmes syllabes et des mêmes mois, accompagnée d'un effort pénible de la phonation et de Tarticulation des mots. Il n'a pas non plus d'importance au point de vue du pronostic; et, pour le diagnostic, il ne peut pas beaucoup éclairer l'observateur, carie bégayement se peut rencontrer dans une foule de cas : il peut être congénital, il peut en outre survenir sous l'influence de causes inconnues dans leur essence et tout à fait étrangères à la périencéphalite diffuse. Ainsi nous connaissons un jeune homme, névropathique, musicien éraérite, qui est devenu bègue peu à peu vers l'âge de dix ans, sans cause connue, et qui, à l'heure qu'il est, n'est pas le moins du monde menacé de paralysie générale.
(1) Trousseau, Clinique médicaUj t. II, p. 301.