‹ Traité de la paralysie générale des aliénésChapitre 46 sur 126 · LÉSIONS SPINALES DANS LA PARALYSIE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LÉSIONS SPINALES DANS LA PARALYSIE GÉNÉRALE

état congestif diffus de la moelle et des méninges spinales; la diffusion de la lésion rend compte de la variabilité des symptômes. L'anesthésie en particulier parait aussi reconnaître pour aw une sorte d' œdème aigu de la moelle en provoquant rhyperlrophie momentanée et la compression ; c'est ce qui ressort des recherches de M. Bouillaud.

Il y a enfin une classe de paralysies générales que ron peul dire suraiguës et dans lesquelles les lésions de la moelle et du ceiTcau sont simultanées. Elles consistent alors dans un ramollissement diffus et presque généralisé de l'axe cérébro-spinal et se manifestent par un coUapsus des membres presque complet, par la paralysie des sphincters, par des eschares humides ec même temps que par la suspension graduelle et rapide des facultés intellectuelles et par un délire dépressif, le plus souveni hypocondriaque; dans ces cas, la maladie a une évolutiun extrêmement rapide ; aussi peut-on dire que chaque fois qu il survient simultanément du collapsus, du délire hypocondriaque et de la fièvre, le pronostic est excessivement grave et la mur imminente.

Nous avons donné dans notre mémoire (i) des obsenalion^ qui le démontrent.

DEUXIÈME SÉRIE Cas où les troubles médullaires sont antérieurs aux troubles encéphaliques.

La deuxième série de faits que nous avons à exposer a été plu^ étudiée'; elle est relative aux cas où les symptômes médullaire? ont été observés longtemps avant l'apparition des symplùni^ encéphaliques chez les paralysés généraux.

Les matériaux sont si nombreux, que nous allons être fori> d'établir des subdivisions basées cette fois sur Tanatomie pathologique.

Premier groupe de faits. — Les lésions médullaires et k lésions encéphaliques n'ont entre elles aucune relation, maisiH surviennent successivement sur un terrain préparé à l'avance: en d'autres termes, la même cause qui produira plus tard laM'^

(1) A. Voisin et Burhireaux, De la mélan'^oUe dans ses rapports avec la panlif^?' fiéraUf 1875.

ANTÉRIORITÉ DES TROUBLES CÉRÉBRAUX. Ul

paralytique produit d'abord la myélite diffuse circonscrite ou généralisée.

Deuxième groupe défaits. — Il est logique d'admettre qu'un certain nombre de périencéphalites chroniques ou aiguës sont dues à des lésions médullaires préexistantes. Il y aurait dans ces cas un rapport de causalité entre la lésion de la moelle et la lésion du cerveau, et la lésion encéphalique s'opérerait par voie réflexe ; cette hypothèse n'a rien d'inadmissible, si l'on tient compte de l'influence de la moelle sur les phénomènes vaso-^moteurs et du rôle des vaso-moteurs dans les congestions des oi^anes.

TROISIKME SÉRIE Cas où les troubles médullaires sont postérieurs aux troubles cérébraui.

Les lésions médullaires, en se propageant à l'encéphale, amènent par continuité de tissu les lésions caractéristiques de la périencéphalite diff^use chronique, et aux symptômes de la myélite diffuse s'ajoutent ceux de la folie paralytique. A cet ordre de faits appartiennent : les cas de périencéphalite consécutive aux lésions des cordons postérieurs, à la sclérose en plaques, à la paralysie ascendante, à la méningite spinale postérieure, à la paralysie générale spinale subaiguë de Duchenne. On peut faire rentrer dans ce troisième groupe les paralysies générales consécutives aux lésions des nerfs encéphaliques décrites par Foville, sous le titre de paralysies générales par propagation.

Nous allons étudier successivement les trois groupes.

a. Simultanéité des troubles médullaires et cérébraux. — Les lésions médullaires et les lésions encéphaliques surviennent successivement sur un terrain préparé à l'avance, sans qu'il y ait entre les deux ordres un rapport de contiguïté ou de causalité.

Ces cas sont nombreux ; si l'on interroge avec soin les antécédents des fous paralytiques, on se rend compte de la fréquence de troubles médullaires essentiellement variés et variables, précédant de cinq ans, de dix ans même, l'apparition des troubles psychiques.

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