‹ Traité de la paralysie générale des aliénésChapitre 52 sur 126 · MÉNINGITE SPINALE POSTÉRIEURE · texte numérisé non relu

MÉNINGITE SPINALE POSTÉRIEURE

de la parole qui en résulte, reconnaissent également pour cause une lésion des éléments nerveux qui siègent à la partie postérieure de Taxe rachidien, au niveau de l'origine du facial et de l'hypoglosse (A. Voisin, Arch. de médecine, janvier 1876).

Quant à la méningite spinale postérieure, elle accompagne constamment la sclérose des cordons ; elle revêt le plus souvent la forme chronique ; mais elle est susceptible d'avoir de véritables poussées aiguës.

Nous allons l'étudier à ces deux points de vue.

La méningite chronique se manifeste par des douleurs plus ou moins vives, par des sensations indescriptibles qui pourraient bien donner lieu à certaines idées hypocondriaques; c'est sans doute à elles qu'il faut rapporter les douleurs en ceinture qu'on observe quelquefois dans la paralysie générale, comme dans l'ataxie locomotrice.

Elle se démontre à l'autopsie par les lésions suivantes :

A un premier degré : vascularisation de la pie-mère et de l'arachnoïde qui recouvi'ent la face postérieure de l'axe médullaire ; ces membranes sont parsemées de granulations miliaires transparentes, constituées par une enveloppe fine de tissu conjonctif, par des vaisseaux à parois épaisses, et par des noyaux ovoïdes de tissu conjonctif.

A un deuxième degré il y a épaississement des méninges, adhérences de l'arachnoïde et de la pie-mère ; les méninges forment une sorte de manchon, non-seulement autour de l'axe spinal, mais encore autour des nerfs qui émergent; ces manchons résistants pénètrent même à travers les trous de conjugaison, et c'est sans doute en comprenant les nerfs sensitifs qu'ils donnent lieu à ces douleurs dont nous avons parlé.

La pie-mère épaissie envoie dans la moelle des tractus plus volumineux, plus serrés qu'à l'état normal. Elle arrive même à contracter des adhérences avec les cordons postérieurs.

A une période plus avancée, on peut voir dans l'épaisseur de l'arachnoïde, à sa face viscérale, de petits corps étoiles, blanchâtres, ayant la consistance et l'aspect de fibro-cartilages lisses sur leur face postérieure et rugueux sur leur face antérieure; ces c orps étoiles sont formés par de nombreuses couches de tissu conjouctif et ont une sU'ucture fibrillaire; ils sont susceptibles à

iôTÎ LÉSIONS SPINALES DANS LA PARALYSIE GÉNÉRALE.

la longue de s'incruster de matières calcaires, ordinaireraeiii empruntées aux sels de chaux que renferme le liquide céphakH rachidien et même de corpuscules qui ressemblent à s'y méprendre à des ostéoplastes. Ces tumeurs arachnoïdiennes sont en somme comparables aux plaques que Ton rencontre dans la plèvre et dans le péritoine à la suite d'inflammation lente de à^ séreuses. Leur nombre est parfois considérable; on peut eu compter jusqu'à cinquante ; mais ils sont petits, et leur surfa(> dentelée dépasse rarement celle d'une lentille. Ces lésion^ suffisent pour expliquer les symptômes variables de la inéningii' spinale postérieure chronique.

Quant à la méningite spinale aiguë ^ elle survient d' habitude chu des fous paralytiques offrant depuis quelque temps des symplôra^'ï de méningite chronique. Elle débute brusquement, souvent piir un frisson, presque toujours par une grande agitation et par dc> vomissements. L'intelligence en éprouve un contre coup fàcheui; le délire s'accentue et atteint parfois les proportions d'un véritable accès maniaque ; il existe une douleur très-vive à unrégion de la colonne vertébrale, douleur que la pression digiuli ou l'impression du froid exagère. La fièvre est Viine des manifestations les plus importfintcs de cette complication. En effet, même si la méningite est localisée à une partie limitée, la tempt»rature atteint 39 à 40 degrés.

Cette méningite spinale annonce le plus souvent une complication d'origine cérébrale. C'est ainsi que des attaques épilepliformes peuvent suivre de près les accidents spinaux.

La méningite spinale aiguë est une complication, qui donn^ de la gravité au pronostic : elle n'entraîne la mort immédialt* qu'exceptionnellement.

Mais après que les accidents aigus ont disparu, on peut toujours noter une aggravation de l'état morbide antérieur. La démence s'accentue, la parole est plus anonnée et plus tremblée; l'ataxie est plus forte, bref, cette complication, comme les complications d'origine cérébrale, semble donner un coup de fouet à la maladie et précipiter l'issue fatale.

Lésions des cellules des cornes antérieures de la nioelle.Airophi'^ musculaire aiguë. — On devine de suite qu'il s'agit d'atrophie musculaire, car les travaux de Duchennc, Charcot et Vul-

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