MALADIES AIGUËS
ruiiioii du bulbe et de la protubérance, il existe presque constamment un demi-collier jaunâtre; que le cervelet a des méninges épaissies, opalines, quelquefois adhérentes ; que les corps rhomboïdaux présentent des dilatations vasculaires avec épanchements d'hématosine; que le cerveau lui-même n'est pas épargné; que la substance grise présente tantôt des taches jaunâtres ambrées, tantôt des adhérences avec les méninges, adhérences nettement localisées; que la corne d'Âmmon est malade une fois sur deux (Charcot) ; que le corps strié est trèssouvent atteint des mêmes altérations que le cervelet.
Des troubles si importants de la circulation capillaire dans Tencéphale doivent produire, dans de certaines conditions, la paralysie générale, et c'est ce qui a lieu. La plupart des épileptiques, au contraire, pourront avoir des accès nombreux pendant un temps fort long, sans avoir de troubles intellectuels qui ressemblent à ceux de la paralysie générale.
Maladies aiguës. Influence réflexe. — Abordons enlin un autre groupe de causes : celles qui, par voie réflexe^ amènent la folie paralytique. A ce groupe appartiennent : 1** les divei^ses maladies aiguës qui, se compliquant de troubles cérébraux, donnent lieu à la périencéphalite soit aiguë, soit chronique; 2" les abus de coït; S"" les diverses affections chroniques qui donnent la périencéphalite chronique : ce sont surtout les douleurs névralgiques prolongées, qu'elles soient ou non symptomatiques d'une lésion des centres nerveux. Nous étudierons seulement ici celles qui ne paraissent pas être symptomatiques d'une lésion des centres nerveux et qui sont justifiables du traitement par la morphine.
i° Paralysie générale consécutive aux maladies aiguës.
La folie paralytique due k la congestion chronique ou à l'inilammation cérébrale reconnaît encore pour causes diverses maladies aiguës, telles que l'érysipèle, la pneumonie, la fièvi*e typhoïde. L'état puerpéral, la suppression de la sueur, de la menstruation, de l'allaitement, rentrent dans cet ordre de causes.
Toutes ces maladies aiguës peuvent donner naissance à la
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folie, mais a diveises espèces de folies; voilà ce qu'il ne faut pas perdre de vue.
En prennier lieu, toutes ces maladies laissent à leur suite um' anémie notable; elles produisent une détérioration considérable qui peut retentir sur le fonctionnement cérébral ; c'e>l cette partie de la question que Gubler (1) a si bien étudiée. Nous n'avons pas à nous en occuper, rappelons seulement que c'est à la fin de la maladie que se produisent ces troubles nerveux, que ces troubles nerveux sont le plus souvent passagers et qu'ils cèdent à l'usage d'une alimentation réparatrice, enfin qu'ils ne s'accompagnent pas de fièvre.
C'est à cette anémie cérébrale que se rapporte la folie do nourrices à la fin de la lactation, comme d'ailleurs bon nombre de folies survenant jpendant le cours de la grossesse; c'est encoiv a cette origine qu'il faut rapporter bon nombre de manies rhumatismales, ainsi que nous le dirons plus loin.
Les li'oubles cérébraux que nous avons à étudier ici sont ab>ulumcnt difïérents par leur cause; ils tiennent à un proce>su> congestif résultant de la fièvre. La fièvre donne lieu à des pliéu^»mènes vasculaires que tout le monde connaît; ces I)héIlomèu«^ vasculaires sont transitoires ou permanents : de là deux graijde> catégories. Ils troublent d'une façon plus ou moins duralil»' le fonctionnement de l'organe qu'ils atteignent, suivant saii> doute que le terrain est ou n'est pas prédisposé. Pour preiidn' un exemple dans la pathologie ordinaire , examinons ce i|iii peut se présenter du côté de la poitrine dans le coui's et àli' suite des maladies aiguës. Il est beaucoup plus fréquent quoi) m* le croit de rencontrer des signes de congestion pulmonaire daih la fièvre typhoïde, même au début; heureusement le plus souvent ces congestions se dissipent sans laisser de traces; d'autres loi^ elles persistent et donnent lieu à la formation de produits hêlt*rogènes dans le poumon, de telle façon qu'au bout d'un certain nombre de mois le malade, guéri depuis longtemps de la fièvir typhoïde, finit par mourir phthisique. De même dans d'auliv* maladies aiguës, dans la rougeole par exemple, chacun sai' qu'une des suites les plus graves de la maladie est l'évoluto
(\) Gublcr, Arch. de méd.y t. XV, p. 257 et suiv., 5' série.
1»NEUM0NIK. :);{5
d'une maladie de poitrine qui linit par emporter les malades devenus phthisiques au bout d'un certain temps.
Le même ordre de faits s'observe lorsque la fluxion due a la lièvre envahit le cerveau; elle donne lieu alors à un délire qui est le plus ordinairement passager, mais qui peut aussi devenir persistant. La fluxion le plus souvent se dissipe lorsque la fièvre a ce^sc, mais d'autres fois elle persiste et devient inflammatoire. De même que le travail pathologique a pu amener la phtliisie quand c'était le poumon qui était en cause, de même il peut amener la méningo-encéphalite quand c'est le cerveau qui est en jeu. Dans l'un comme dans l'autre cas il est permis de penser que la prédisposition joue un rôle, et qu'il fiiut compter avec la partie douée de moins de résistance {pars minoris resistenliœ) ou habituée à l'excitation.
Cette influence est généralement admise lorsqu'il s'agit de maladies cérébrales. C'est ainsi que Trousseau prétendait que le rhumatisme ne portait son action sur le cerveau que lorsque l'individu était prédisposé à la folie soit par l'hérédité, soit par des habitudes d'alcoolisme. Quoiqu'il en soit, les faits prouvent de la façon la plus incontestable que le processus inflammatoire ameiiaiit la folie paralytique est parfois le résultat d'une affection aiguë. (Nous n'admettons, bien entendu, comme fohes paralytiques reconnaissant pour cause une maladie aiguë, que celles qui sui*viennent immédiatement après la guérison de la maladie aiguë ou même pendant son cours, de telle façon que les relations de cause à effet soient indiscutables.)
Êrijsipèle. — Parmi les causes déterminantes de la paralysie générale il faut citer, d'après Baillarger (4), l'érysipèlede la face et du cuir chevelu. Cette affection agirait en produisant de la congestion cérébrale. Baillarger cite à l'appui de son assertion trois observations concluantes. J'ai un cas analogue dans mon sei-vice. La forme de la maladie chez cette dernière aliénée est la démence paralytique.
Pneumonie. — La pneumonie se complique quelquefois de mcningo-encéphalite. Parent-Duchàtelet et Martinet (2), An-
(1) Baillarger, Annales méd.-psychol.y 18'i9, p. 477.
i2) l*areii(-Dudiàlelct cl Martinet, Hecherclteê sw CinfiammaliondeCarachnoidecérélrrale et finale. Paris, 1821.
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dral (4), Choinel (2), Briquet (3), Grisolle (4),Re(iuiii (5),Bouillaud (6), Verneuil (7), ont signalé ce fait. Vaillard (8) a cité une observation très-concluante de pneumonie compliquée de d»':lire : le sujet avait perdu la conscience de sa persoanalilé, et présentait d'autres troubles intellectuels qu'on rencontre dau> la paralysie générale aiguë. L'autopsie montra que, pendant les douze jours qu'avait duré la maladie, les méninges céivbrales avaient eu le temps de s'épaissir, de s'opacifier, de contracter des adhérences à certains points avec la subslauiv grise sous-jacente; cette dernière était ramollie, plus rouge qu'à l'état normal. Pour l'interprétation de ces phénomènes congcîitifs, portant sur la périphérie de l'encéphale, nous adoptons les idées de Vaillard, c'est-à-dire que nous les attribuons à une modification réflexe du jeu des vaso-moteurs. C'est de la même façon qu'on peut se rendre compte de la rougeur, avec élévation de la température locale, que Gubler a signalée sur la joue, du côté correspondant à la pneumonie; c'est de la mm manière qu'on peut expliquer la différence de température entre les deux côtés du corps chez les pneumoniques (Lépine) (9). 1/ trouble d'innervation est quelquefois même assez prononcé, du côté correspondant à la pneumonie, pour qu'on voie survenir de> abcès (Lépine) (40). C'est k des troubles réflexes, modifiajitla circulation encéphalique, que de très-bons esprits ont attribu») la mort subite à la suite de la thoracocentèse, les attaques d'épilepsie à la suite des injections faites dans la poitrine (Wi L'analogie permet donc d'admettre l'hyperhémie encéphalique réflexe, à la suite de la pneumonie. Cette hyperhémie peut disparaître rapidement; le délire, dans ces cas, disparaît égaleni^ni vite. Elle peut être tellement intense, qu'elle cause une mûri très-rapide. D'autres fois elle pourra n'amener la mort qu'an
(i) Ândral, Climque, t. III, p. 444; t. V, p. 18.
(2) Cliomcl, Leçons de clinique med., t. 111, p. 327.
(3) Briquet, Ardi. gén. deméd,, 1S40, t. El, p. 25. M) Grisolle, Traité de la pneumonie, 1845.
(5) Requin, Traité de pathologie, 1846, t. Il, p. 152.
(6) Bouillaud, Nosographie méd., 1846, t. U, p. 37.
(7) Verneuil, Thèse de Paris, 1847.
(8) Vaillard, Recueil de mém, de méd. et de chir. mil., juillet 1876.
(9) Lépine, Mém. de la Soc. de biologie, 1867.
(10) Lépine, Union m«rf.,févr. 1876.
(11) Union méd., 1875 (juin, juill., oct., nov. 1876).