‹ Traité de la paralysie générale des aliénésChapitre 85 sur 126 · ÉTIOLOGIE · texte numérisé non relu

ÉTIOLOGIE

ment désarmée ; mais nous avons pu lulter avec succès contre le processus qui menaçait l'intégrité de Tencéphale, parce que nous Tavons attaqué alors qu'il n'était encore qu'à la période fluxionnaire (il ne datait que d'environ neuf jours), et parce que nous l'avons attaqué vigoureusement. La guérison se maintient.

Dans des cas semblables, il n'y a pas à hésiter, et bien que le traitement par les bains froids et par les vésicatoires sur la tète soit rigoureux et pénible, la grandeur du résultat à attendre eu légitime absolument l'emploi. Ce n'est que quand la fièvre a définitivement disparu qu'il faut recourir au traitement antispasmodique ; dans ce cas comme dans d'autres, le traitement par la morphine a amené une guérison complète au bout de trois mois.

Observation XLIII. — Folie puerpérale. Hyperthermie crânienne. — Début par folie inflammatoire, traitement antipblogistique, une fois l'état inflammatoire dissipé, traitement antispasmodique, guérison complète au bout de cinq mois de traitement. La guérison se maintient depuis trois ans et demi.

M"* H... 21 ans, accouchée le 2 mai 1875, nourrissait son enfant et paraissait en voie de rétablissement, lorsque tout à coup, le 18, elle dit à son mari que son enfant n'avait plus besoin de manger et elle cessa de lui donner le sein, elle avait cependant du lait en abondance. Deux jours après, elle commença à s*agiter, à devenir très- verbeuse, puis à avoir des idées délirantes; elle se mit à parler de bonheur futur, de richesses, c nous sommes riches, disait-elle, nous n'avons plus besoin de travailler, je rendrai tout le monde heureux. » Puis elle a cru qu'elle était la sainte Vierge, se mit à parler de religion, de la Trinité. Le mari la garda dans cet état pendant trois jours au bout desquels il se décida à la placer.

Quand nous vîmes cette femme, le 26 mai, elle était très-agitée, incohérente ; tout, dans sa tenue, dans ses propos, dans ses gestes, dans sa physionomie, se rapportait à ce qu'on décrit sous le nom de délire maniaque. Les idées ambitieuses signalées par le mari n'existaient plus, il n'y avait aucun des symptômes somatiques propres à la paralysie générale comaiençante : c'est-à-dire pas d'ataxie des lèvres et de la langue, pas de tremblement de la parole, pas d'inégalité pupillaire ; nous soupçonnâmes cependant chex celte malade un état inflammatoire de l'encéphale de causer ce délire si violent, et ce qui nous autorisait encore à le penser, c'est que cette malade avait accoa< ché récemment. Or, nous savons que la folie des nouvelles accouchées et des nourrices, au début de l'allaitement, est presque toujours liée à un état inflammatoire, tandis que la folie des femmes grosses et celle des nourrices à la fin de l'allaitement ou à la suite d'un allaitement trop prolongé, est de nature diflérente; nous primes donc la température axillaire qui était de 38%4; dès lors nous nous efl'orçàmes, au moyen d'un purgatif Tiolent (4 gouttes d'huile de croton) et d'un vésicatoire sur l'occiput, de combattre cet état inflammatoire.

Le surlendemain, la fièvre était tombée, température axillaire â7*,6, je crus pouvoir commencer les injections de morphine, mais je dus cesser

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au bout de trois jours, parce que la fièvre avait reparu .(38%4). Nous n'étions pas dans de bonnes conditions pour entreprendre le traitement par la morphine ; ce retour de la fièvre, bien que passager, l'état général de la malade, qui se refusait à manger et qu'on était obligé de.nourrirà la sonde, nous imposaient une grande réserve. Cependant le 7 juin, nous reprîmes k très-petites doses le traitement antispasmodique; le 5 juillet, nous ne pouvions encore donner que 6 centigrammes par jour. Mais le 12 juillet, la malade était plus calme, mangeait seule, la dose de morphine fut portée à 9 centigrammes; en août, la dose quotidienne était de 24 centigrammes, l'état général était meilleur, mais il y avait encore beaucoup d'incohérence. A la fin d'août, elle reconnut avoir été malade, dit qu'elle c voyait des morts qui chantaient i, qu'elle se rappellait tout ce qui lui était arrive depuis son accouchement : diminution de la dose de morphine. En septembre, elle allait de mieux en mieux, je lui laissai voir son enfant qu'elle embrassa comme une mère raisonnable. A la fin de septembre, cessation du traitement, sortie Gn d'octobre. J'ai revu cette femme en janvier 1875, bien portante; elle est revenue me voir tout récemment, février 1877 et juillet 1878, elle a pu avoir un autre enfant sans accidents.

Réflexions. — Il est certain que cette femme, lors de son entrée, avait une folie inflammatoire; l'inflammation encéphalique s'observe assez fréquemment en effet, à la suite des couches, tout comme la pneumonie, la néphrite, etc. D'ailleurs son délire se rapprochait beaucoup du délire qu'on rencontre plus spécialement dans la paralysie générale. Il est infiniment probable que si cet état inflammatoire n'avait pas été combattu et des le début, cette folie inflammatoire aurait abouti à la folie paralytique. Il s'agissait dans ce cas de folie puerpérale inflammatoire.

Un certain nombre d'auteurs considèrent la folie des nouvelles accouchées comme liée à Tanémie qu'entraîne nécessairement la gestation, quelques autres font de la folie des nouvelles accouchées une forme spéciale d'aliénation mentale; je crois que ces auteurs sont dans Terreur (.je ne parle ici que de la folie des nouvelles accouchées, je ne parle pas de celle des femmes en gestation). Pour être conséquents avec euxmêmes, les accoucheurs qui considèrent la folie des nouvelles accouchées comme due à l'anémie cérébrale, s'empressent de donner de l'opium à hautes doses; ils ont absolument tort, aussi il faut bien dire qu'ils perdent beaucoup de malades. Ce qui convient, dans ces cas de folie inflammatoire puerpérale, c'est tout d'abord un traitement antiphlogistique, les émissions sanguines doivent être faites avec beaucoup de réserve, à cause de l'état général, mais il faut employer le bromure de potassium, les purgatifs, l'ergotine et les révulsifs locaux. Ce n'est que lorsque tout état inflammatoire est dissipé qu'il faut s'adresser h la médication antispasmodique.

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Observation XLIV.— Fo/i> avec délire général, idée^ religietLses. Hyperthermie crânienne f guérison par V application de résicatoires et par la morphine.

La née D..., âgée de trente-trois ans, est entrée dans mon service le 15 mai 1875, dans un état de manie aiguë survenue sans cause connue. Il t a quinze ans, accès de folie semblable.

Au début, survenu il y a quinze jours, elle dit à sou mari qu^elle avait de Tennui : elle s* est perdue dans Paris ; le lendemain, elle s'est exaltée sans raison et dit qu'elle allait mourir, a voulu se couper les cheveux.

Ses conversations roulaient sur la religion, les sœurs, la communion.

A son entrée je constatai une exaltation excessive, une incohérence extrême d'actes, de paroles : elle parlait de Jeanne d*Arc, de fantômes, de momies d'Kgypte, etc. Température axillaire, 37%8. Aucun signe somatique de paralysie générale; je fais appliquer à Tocciput rasé un vésicatoire volant. Trois jours après, la température élait descendue à 37 degrés, et l'agitation était la même.

20 mai. — Commencement des injections sous-cutanées de chlorhydrate de morphine, 3 milligrammes (matin et soir]. — 23 mai. Dose, 12 milligrammes (matin et soir). — 24 mai. Calme depuis hier; elle se rappelle avoir été agitée, avoir entendu des voix qui lui parlaient distinctement, qui lai disaient qu elle était heureuse d'avoir un mari comme le sien : dose, 18 milligrammes (matin et soir).

8 juin. — Dose, 3 centigrammes (matin et soir).

A la fin de juin j'ai suspendu les injections de morphine, parce que la température de la tête m'indiquait Timminence d'une nouvelle poussée congeslive; la température prise derrière l'oreille a, en effet, été pendant plusieurs 'jours de 37^,4 alors que la température axillaire n'était qup de 37%7.

Cette sorte de fièvre locale céda à l'emploi d'un autre vésicatoire et du seigle ergoté. Quand la température derrière l'oreille fut revenue à son chiffre normal, 32 degrés et quelques dixièmes, c'est-à-dire au commencement de juillet, je pus reprendre le traitement par la morphine, et la dose fut monU^ progressivement à 13 centigrammes (matin et soir).

7 août. — Les injections déterminent de l'assoupissement et ont amené un calme complet. N'a plus d'hallucinations; peut être considérée comme guérie.

La dose est abaissée peu à peu à partir du 8 septembre, et la malade sort le 20 octobre, reconnaissant bien qu'elle a été malade, et racontant toutes les particularités de son délire. Elle nous remercie de nos soins et sort le 27. Jf la revois bien portante le 17 avril 1876 et en février 1877.

Observation XLV. — Folie générale, hallucinations ^ délire de riche%se%, dt satisfaction, caractères de la démence aiguë. Phénomènes congestifs compliquant Vétat névropathique. Traitement initial par les révulsifs ei les anùphlogistiques ; médication secondaire par la morphine. Guérison. Dou maximum, 2 i centigrammes par jour. Scarification des conjonctives.

La nommée R..., âgée de vingt ans, journalière, est entrée le 10 avril i87i. dans mon service, dans un état de manie aiguë. Pas d'antécédents héréditaires. La maladie date de quinze jours et paraît être le résultat d'un cha^n de cœur. Pas d'attaques convulsives antérieures ; elle a commencé à dire qu'elle élait riche, qu'elle voulait se marier avec un homme riche, qu'elle n'avait plus besoin do travailler, et qu'elle pouvait passer son temps à hrt

CONGESTION CÉRÉBRAIJ5 DANS LA FOIJE VÉSANIQUE. 375

des journaux, des livres. Puis elle est tombée dans une vive agitation, elle s'est mise à casser les meubles, les vitres.

A son entrée, je la trouve très-agitée ^ parlant avec une grande incohérence. Les pupilles sont égales. Les conjonctives sont fortement injectées. L'injection s'arrête à S millimètres du bord de la cornée. Les papilles sont normales; pas de flexuosités des artères centrales; pas de turgescence des veines centrales. La vue paraît normale.

Pas d'ataxie de la langue, ni des lèvres, ni des mains.

Souffle continu, musical, dans les vaisseaux du cou; enrouement consécutif à ses cris ; parole facile.

Pas de r^les en ce moment.

La malade ne sait pas où elle est, ne peut dire les jours de la semaine, du mois.

Elle parle d'une foule de choses qu'elle a dû voir ou entendre.

Elle dit qu'elle est la plus belle de France, qu'elle a vu tous les soldats gardes nationaux du monde. Voici une partie de son récit raconté sans interruption :

€ J'étais vivante, j'ai passé les trois jours, on a dit: il y a une sainte mère ; une disait : J'étais la plus belle, elle était dans le jardin ; je dirais tout ce que j'ai vu, le printemps va arriver. L'œil m'a fait voir M. Léon, on a donné le Journal illustré^ il y avait là les plus belles parures de tout Paris. » Elle se retourne brusquement en arrière avec l'apparence de la frayeur, puis fixe le parquet comme si elle entendait parler sous elle. Température axillaire, 36^,2.

L'état de ses yeux et la forme ambitieuse de son délire me paraissant indiquer qu'il existe un état congeslif cérébral, je fais appliquer pendant quarante-huit heures un grand vésicatoire volant à l'occiput préalablement rasé.

15 avril. — Est calme, me dit qu'elle a été très-effrayée dans la maison qu'elle habitait, qu'elle y voyait tout dérangé.

Elle ne se rappelle pas m'avoir dit qu'elle était la plus belle de France.

22 avril. — Un peu d'agitation, récits décousus. Elle ne se rappelle pas avoir parlé de richesse; n'a plus d'idées de richesse, mais elle entremêle Geneviève de Brabant, Robert le Diable et les trois anges de Bondy.

Elle ne sait depuis quand elle est ici, ne se rappelle pas que sa mère est morte en couches.

Pas de fièvre le soir ni le matin : nouveau vésicatoire à l'occiput.

8 mai. — Elle manifeste beaucoup d'enfantillage.

Même état des yeux ; vésicatoires permanents en arrière des oreilles.

4 juin. — Vésicatoire à l'occiput.

4 juillet. — Vésicatoire à l'occiput.

13 juillet. — La malade est toujours sous Tinfluence d'hallucinations de Toule; elle passe ses journées immobile, a montré beaucoup d'enfantillage. Température axillaire, 38 degrés : vésicatoire à l'occiput.

4 août. — Température axillaire : 37 degrés et demi.

La congestion des yeux a presque disparu sous l'influence de scarifications répétées des vaisseaux sous-conjonctivaux que je lui ai faites, depuis deux mois, tous les trois jours; elle me disait voir comme de la fumée, elle a maintenant la vue nette. Chaque scarification a du reste fait disparaître pendant quelques jours la vue de fumée. Les phénomènes congestifs me paraissant dominés, je commence le traitement des injections sous-cutanées de morphine.

4 août. — 6 milligrammes l'impressionnent fortement : somnolence, fatigue, abattement.

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15 août. — Calme. Dose quotidienne, 13 milligrammes en deux fois, matin et soir.

21 août. — La physionomie est éveillée; elle vient d'elle-même receroir l'injection et me remercie de la soigner.

N'est plus désordonnée dans ses actes ni dans sa tenue : IG miUigrammos par jour.

!•' septembre. — Elle a été reprise d'un peu d'agitation.

La dose est portée en peu de jours à 12 centigrammes par jour.

8 septembre. — Le calme est revenu.

La dose est arrivée à 18 centigrammes par jour.

8 octobre. — Retour d'hallucinations et de rougeur des conjoDclives. Scarifications des vaisseaux de l'œil, vésicaloire à l'occiput rasé. Cet accès ne dure que quinze jours.

La dose de morphine, qui avait été abaissée, est de nouveau progressivement portée à 6 centigrammes.

4 novembre. — Le calme et la raison sont revenus.

9 novembre. — Menstruation. A partir du mois de décembre la malade n a pas cessé d'être bien. La dose de morphine quotidienne est de \î cenligrammes (2 fois par jour), et est maintenue pendant quatre mois. La malade sort en juin 1875 : elle se rappelle précisément tout ce qui s'est passé, a conscience de son état de maladie grave; elle travaille régulièrement.

^ Elle me remercie de l'avoir guérie. Je l'ai revue en juin 1878.

Cette observation est intéressante parce qu'elle montre que le délire des grandeurs joint à l'agitation et à la diminution de la mémoire n'indique pas une lésion irrémédiable.

Je suis persuadé que chez cette jeune malade l'état mental était prifflilivement en rapport avec un élat congestif de l'encéphale.

La rougeur des conjonctives, la forme ambitieuse du délire, me permireni tout d'abord de le penser ; plus tard, la constatation de la fièvre vint m'en fournir une nouvelle preuve et m'engagea à poursuivre le traitement antiphlogislique et révulsif institué dès le début de la maladie.

Il est bien possible que, si je n'étais pas arrivé à me rendre maître de la fluxion encéphalique, la paralysie générale serait survenue chez celte malade, bien que son âge ne soit pas l'âge d'élection; fort heureusement, après trois mois et demi, l'état congestif me parut èti*e dominé, et le traitement anlispasmodique put être employé avec chances de succès. Pendant les trois mois que dura ce traitement antispasmodique, la malade éprouva un acct-s aigu de quinze jours de durée qui me força à diminuer la dose de morphine, et qui m'aurait même forcé à la suspendre s'il avait persisté plus longtemps.

4*" De la folie congestive considérée comme catise de ta folie paralytiqm. Caractères de la folie congestive. — Nous nous sommes efforcé, au chdipiivedn diagnostic différentiel^ de séparer l'une de l'autre la folie paralytique et la folie congestive ; nous avons dit que, pour nous, la folie congestive était une maladie rare, se traduisant par un délire qu'on peut très-bien différencier du délire paralytique, même s'il présente le caractère ambitieux:

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que dans la folie congeslive, telle que nous V entendons, il n'y a pas de troubles somaliques ; qu'enfin cette maladie peut durer trèslongtemps; elle se termine tout comme la folie vésanique, par la folie systématisée, c'est le cas le plus fréquent, les malades finissant par avoir un certain nombre limité de conceptions délirantes en dehors desquelles ils ont le raisonnement à peu près normal; ils consentent la mémoire, la vivacité de leurs sentimonts, surtout de leurs sentiments haineux et vindicatifs.

La folie congestive se termine quelquefois, mais très-exceptionnellement, par laguérison. Les malades sont si difficiles à soigner, qu'il faut peu compter sur l'intervention thérapeutique pour améliorer leur situation: c'est une des causes de la gravité de cette forme de folie.

Elle se termine parfois par la démence, c'est-à-dire par l'afTaiblissement progressif des facultés, mais cette démence ressemble à la démence consécutive, aux folies vésaniques chroniques; elle peut ne revêtir aucun des caractères de la folie paralytique.

Enfin on la voit parfois donner lieu à la folie paralytique^ tout comme nous avons vu que la folie vésanique pouvait amener la folie paralytique. C'est surtout sur ce dernier sujet que nous avons à insister ici. Ces cas se présentent rarement, et par une excellente raison, c'est que la folie congestive est rare. Nous en avons observé * tout au plus une vingtaine de cas ; à l'heure qu'il est, sur 200 malades, nous n'en avons que deux atteintes de folie congestive ; l'une de ces femmes (la née P. , .) est malade depuis six ans, ses concepions délirantes n'ont pas changé depuis le début, elles revotent le caractère ambitieux. Elles sont le résultat d'hallucinations de l'ouïe, mais la malade n'a aucun signe somatique de paralysie générale , et tout porte à croire qu'elle vivra encore fort longtemps. Il est extrêmement difficile de la soigner; il faudrait, pour lui imposer un traitement, des luttes quotidiennes qui ne pourraient que lui être nuisibles. Cette malade a de mauvais sentiments, des paroles d'injures pour les filles de service, mordantes pour les médecins qui lui demandent de ses nouvelles. Elle passe toute la journée à travailler sans mot dire, avec un maintien hautain en rapport avec les éminentes qualités qu'elle s'attribue. Son délire est d'ailleurs très- bien coordonné, et elle discute d'une façon sensée les objections des médecins. Nous avons trouvé

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dans le livre d'Haslam cinq cas se rapportant absolument à ce que nous appelons la folie congestive.

Dans l'appendice au Traité de Griesinger, sur 48 observations que Baillarger rapporte, soit au groupe des folies congestives, soit au groupe des faits difficiles à classer, nous n'en avons trouvé qu'une qui rentre absolument dans notre cadre des folies congestives. C'est l'observation 25 à laquelle nous renvoyons le lecteur.

Dans le livre de Parchappe , nous n'avons également trouvé qu'une observation de folie (1) méritant le nom de folie congestiTe.

Nous regrettons d'avoir à introduire une confusion apparenk dans l'histoire déjà si compliquée de la folie. Mais la chose nous semble nécessaire, parce qu'au point de vue du pronostic, il est très-important de pouvoir reconnaître ce que aous appelons la folie congestive.

^ Ce n'est ni la folie simple ou vésanique, ni la première période de la paralysie générale : c'est une forme mentale toute spéciale et assez rare, caractérisée le plus souvent par des conceptions ambitieuses, et d'autres fois par des conceptions lypèmaniaques procédant dans les deux cas d'hallucinations de l'ouïe (2),quie5l compatible avec une très-longue existence et qui le plus souvent est difficilement curable. »

Eh bien ! il faut savoir que cette forme de folie peut, comme toutes les autres, mais exceptionnellement, aboutir à la folie paralytique. Le malade de M. Baillarger, cité plus haut, devint paralytique après avoir été pendant quatre ans atteint de folie congestive.

Cette assertion n'est pas faite pour simplifier la question; mal^ l'avenir arrivera peut-être à la résoudre. En tout cas, ce n'est pâ> en cachant les difficultés qu'on arrive à faire avancer la science.

L'avenir expliquera peut-être aussi les cas où, chez certains aliénés franchement névropathiques et depuis longtemps malades, on observe par intervalles de l'inégalité pupillaire (3). Nous en avons observé quelques-uns; c'étaient des malades hallucinés depuis cinq à huit ans, dont la maladie avait résisté à Tusage, même prolongé, des antispasmodiques, et qui ont fini par pré- Ci) C'est robservation 65.

(2) Voisin, Uçx)m cliniques, 1868-1876.

(3) 13 malades atteintes de folie simple, acluellemenl dans notre service, ontlespopiil^ inégales; 9 sont hallucinées do 1*oiiïp et de la vue.

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senior de Tincohérence et de raffaiblissement de la mémoire.

Doit-on dire que chez ces malades la folie simple avait fini par déterminer des lésions dans les nerfs ou les noyaux d'origine de la troisième paire, ou dans la partie supérieure des couches opti* ques (4)? C'est possible, mais nous n'osons pas l'affirmer, et ce problème n'est pas encore résolu dans notre esprit, parce que nous n'avons pas encore eu occasion de faire assez d'autopsies de semblables malades.

Nous allons relater, pour finir ce chapitre, l'observation d'une malade atteinte de ce que nous appelons la folie congestive, et dont la maladie était en voie de passer à l'état paralytique, lorsque la mort survint accidentellement.

Cette malade a été l'objet d'une expertise médico-légale confiée à Blanche et Motet, une partie de son observation a été publiée par Legrand du Saulle (2). Lorsque la malade eut été internée à la Salpêtrière, l'observation fut continuée par moi, et la dernière partie ainsi que l'autopsie sont consignées dans la thèse de Burlureaux (3) ; plus tard, enfin, cette observation fut reprise par Ach. Foville (4) : on peut donc la considérer comme complète. C'est de tous ces documents que nous extrayons le résumé suivant :

Observation XL VI. — G..., âgée de cinquante-cinq ans, née en Belgique, est venue de bonne heure à Paris ; elle y a subi une condamnation pour vol et est restée cinq ans en prison. A sa sortie, elle a voulu faire tout ce qui dépendait d'elle pour racheter son passé à force de régularité dans sa vie, d'honnêteté, d'assiduité au travail et de piété ; elle tenait surtout à laisser ignorer ses antécédents. Hais elle ne tarda pas à croire que tous ses efforts de discrétion étaient déjoués par des révélations sans cesse commises contre elle ; tout pour elle devint illusion de Touie ; elle croyait sans cesse que ceux qu'elle voyait parler s'occupaient d'elle, la dénonçaient ; elle était un peu sourde, et cette circonstance ne faisait que la rendre plus ingénieuse à deviner, sur les lèvres, les propos dirigés contre elle.

Elle était très-pieuse et fréquentait beaucoup l'église de Montmartre, sa paroisse ; elle ne tarda pas à reconnaître que c'était le clergé qui était à la tête du complot de divulgation tramé contre elle. Le curé de Montmartre, surtout, était son ennemi acharné. Il l'injuriait dans Téglise, la faisait dénoncer en] chaire par les prédicateurs,^ la] tournait] en ridicule, et transformait tous les prêtres, toutes les religieuses, tous les frères, en espions de sa personne. Elle lui écrivitjplusieurs lettres de plaintes, mais rien ne changea.

(1) Consultez Lussana, Archives de physiologie, 1877.

(i) Legrand du Saulle, Délire des persécutionsy p. 213.

^3) Burlureaux, thèse. Paris, 1874

(4) FoviHe, Les aliénés migrateurs, ohs. \II (Ann. mô/.-pn/r/i., juillet 1875)

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. En 1870, elle se décida à quitter Paris, surtout dans le bat d'échapperà ses persécutions. On la vit dans les ambulances à Reichshoffen ; puis elle se réfugia en Savoie, vint se fixer à Lyon, arriva enfin à Marseille. Partout elle fut victime des mémos illusions ; partout elle crut être poursuivie par les mêmes ennemis ; partout Tanimosité des prêtres, des frères, des sœurs, lui rendit Texistence impossible et l'empêcha de gagner sa vie.

A Marseille, elle a essayé de se faire marchande ambulante, mais cdms la banlieue, elle a vu des gens qui chuchotaient et qui disaient : La voilà, il ne faut rien lui acheter. » Elle a reconnu, à ces propos, l'acharnement du curé de Montmartre, qu'elle qualiQe de surGne canaille pétrie de perfidie, el elle s'est dit que puisque, même en fuyant, elle ne pouvait échapper à son animosilé, elle devait se défendre autrement ; d'ailleurs un éclat aurait Ymtitage de lui fournir une occasion publique de proclamer ses griefs et d'obtenir justice. Elle part tout de suite pour Paris et y arrive le 5 août 1871. Le lendemain éLiit un dimanche : à 11 heures et demie, vers la fîn delà messe, le curé de Montmartre quêtait dans son église. Trois coups de pistolet retentissent; les deux premières balles avaient frêle H. le curé; la troisième avait frappé la voûte, parce que le suisse avait pu relever le canon de l'arme; c'est G... qui venait d'accomplir celle tentative d'assassinat.

Quand elle fut interrogée sur cet acte, elle répondit : « Je ne voulais pas le tuer, je voulais simplement le blesser. Je voulais tirer dans les fesses, parce que j'ai entendu dire que dans les chairs ce n'est pas mortel. Je savais qu'on m'arrêterait et que je passerais aux assises. C'est là ce que je cherchais, parce qu'il y aurait eu des journaux, la presse, et que j'aurais pu faire connaître que si j'étais venue une seconde fois en prison, c'était leur faute, aux curés. »

Après cette tentative d'assassinat. G... fut conduite à Saint-Lazare, puis à Sainte-Anne; elle y resta sans subir de traitement, c Tout traitement est inutile, disail-elle, puisque je ne suis pas malade. » Le 20 avril 187i,eile fut internée à la Salpêtrière, dans mon service.

Voici les différents diagnostics portés, lors de son entrée à la Salpêtrière, par les médecins de la préfecture de police, par ceux de Tasile Sainte-Ânne, etdans mes certificats immédiats et de quinzaine :

1« Délire de persécution avec surdité et hallucinations de Touïe, actes de violence (docteur Legrand du Saulle).

S"" Délire de persécutions avec illusions et hallucinations de la vue et de l'ouje, tentative de meurtre (certificat de l'asile Sainte* Anne).

3^ Délire de persécutions avec illusions de la vue et de Toule, surdité ancienne mais incomplète, accès de fureur et de violence qu'elle clierdie ensuite à légitimer.

4"* Actes de violence provoqués par des hallucinations ; très-calme daii> l'intervalle des accès.

5<> Folie lypémaniaque avec stupeur en rapport avec des ballucinalioni de l'ouïe ; violences.

Getle femme est arrivée depuis 1870 k la ménopause ; ses fonctions (ligestives sont parfaites ; sa force est considérable ; elle a une diminution notable de l'acuité de l'ouïe qui date de très-loin, déjà en 1867 elle avait des tinlcmenls d'oreille ; l'odorat est conservé.

Après avoir étudié la malade et employé quelques dérivatifs (cautère^

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mastoïdiens^ sinapismes, bains de pieds sinapisés tous les jours, elc.)i on inslitue le traitement par les injections sous-cutanées de morphine ; la malade les refuse d'abord, disant qu'il fallait préalablement en référer à l'ambassade belge.

Elle n'admet pas qu'elle ait la moindre maladie mentale : « On veut me faire passer pour malade, dit-elle, parce que ce nest pas seulement le clergé qui y est intéressé, mais encore la magistrature, gravement compromise, quand on saura ce que j'ai eu à endurer. >

Du 14 mai au i4juillcl,lamorphineest portée à des doses croissantes, sans avoir produit d'eiïets physiologiques marqués; parfois un peu de somnolence, deux fois des vomissements. Le 25 juillet, la morphine avait pour effet de congestionner la face, de faire vomir et saliver la malade, de lui donner de la somnolence, de la diarrhée.

La malade se trouva les jours suivants dans un état de calme très-satisfaisant. Elle était douce et polie, ne résistait plus lorsqu'il s'agissait de lui faire l'injection de morphine, et disait : « Il faut prendre patience et courage, un temps meilleur viendra. » La morphine produisit encore des effets physiologiques : diarrhée alternant avec constipation, vomissements, douleurs de ventre; mais peu à peu la tolérance s'établit; le médicament était alors porté à la dose de 8 centigrammes. A la lin de septembre 1872. la malade était agitée, elle chantait, dansait, avait par instant, le rire niais et saccadé. La physionomie exprimait souvent l'hésitation d'une personne qui cherche; à celte hésitation succédait un éclat de rire; la malade abordait souvent le médecin en se moquant de lui. Un jour, il octobre 1872, entrant dans la salle des malades, je trouvai C... riant aux éclats d'une façon convulsive ; je lui demandai pourquoi, et j'obtins la réponse suivante : « Il faudrait qu'une femme, en France, ait le courage de faire ce qu'a fait le rapporteur d'un journal anglais, qui s'est fait passer pour fou, pour voir ce qu'on fait dans les asiles d'aliénés; de même devrait faire une femme pour bien voir qu'on y retient des femmes qui ne sont pas folles, moi entre autres. »

Je porte, pendant le mois d'octobre, la dose de morphine à 10 centigrammes par jour.

4 septembre. — La malade est très-excitée; elle nous dit que nous sommes des menteurs, qu'elle nous exècre autant que nous exécrons les Prussiens.

Les jours suivants, l'état ne s'améliore pas ; la malade a un caractère atroce, elle ricane, elle insulte grossièrement, elle croit, vu sa surdité, que toutes les paroles qu'on dit devant elle sont des injures à son adresse. Le 18, elle eut ses règles, qui n'avaient pas paru depuis dix mois. Le 27, dans un mouvement de colère, la malade a frappé avec une chaise une malade inoffensive avec qui elle avait eu une discussion auparavant ; plus tard elle déclara qu'elle me tuerait un jour ou l'autre.

J'ai augmenté la dose de morphine et la portai à 13 centigrammes pendant tout le mois de janvier et de février 1873; la malade avait toujours mauvais caractère, mais elle était calme, elle tricotait toute la journée ; en mars, je diminuai la dose du médicament.

En avril, le caractère était plus violent que jamais ; la malade était exallée, arrivait vers moi la tête droite, le port méprisant. La moindre observation, le

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moindre froissement l'irritaient, et dans les accès de colère ses yeux flamboyaient, son visage rougissait. Elle menaçait et même frappait les personnes du service et les autres malades. Un jour elle blessa grièvement une autre malade, si bien qu'on dut l'isoler. Elle devint alors de moins en moins sociable, passant toutes les journées à se promener de long en laj^ avec une grande précipitation. Elle chantait une espèce d'hymne à la liberté, ramassant tout ce qu'elle rencontrait en fait de chiffons, de bouchons, de morceaux de papier, etc., et cachant soigneusement ses trouvailles dans uo petit sac qu'elle plaçait sous son matelas.

Elle écrivait tous les jours une lettre à l'ambassade belge; toutes ces lettres étaient exactement semblables ; la malade y réclamait sa mise en liberté ou bien son jugement. Dans les dernières, elle disait que si au !22 juillet prochain elle n'était pas sortie, elle se tuerait. Elle n'attendit pas au %2 juillet, elle se pendit le 19 avril 1872.

 l'autopsie on trouva, en décortiquant l'encéphale, un épaississement notable des méninges, épaississement marqué surtout dans les régions pariétales.

A ce niveau, une sorte d'exsudat jaunâtre, comme pultacé, existait dans l'épaisseur des méninges, surtout à la face interne de la pie-mère, mais était distincte de la substance cérébrale, dont elle ne provenait certainement pas par déchirure. On trouve une plaque semblable sur la deuxième circonvolution occipitale droite. En quelques endroits, cette couche exsudaliîe présente de petits pertuis qui lui donnent un aspect chagriné.

Elle n'est pas adhérente à la surface corticale. Examiné à Télat frais, cet exsudât présente au microscope : 1"* un subslratum granuleux, amorphe, renfermant des leucocytes en assez grande quantité ; 2<* un lacis de vaisseaux incolores, dont les plus gros ont 4 millimètres) : ces vaisseaux renferment des noyaux fusiformes, mais aucune trace de globules sanguins ; 3"* un faisceau de fibres lamineuses entre lesquelles on voit de la graisse, des amas d'hématosine, des globules décolorés, des cristaux d'hématine.

La coupe des circonvolutions pariétales fait voir, surtout au niveau delà deuxième pariétale droite, une décoloration manifeste de la substance corticale, et par places un piqueté jaunâtre. Les circonvolutions voisines ont leur substance grise normale; la substance blanche est injectée. On ne rencontre pas de granulations dans les ventricules.

Examinée au microscope, à l'état frais, la deuxième pariétale droite présente, dans l'épaisseur de la zone moyenne, de nombreuses cellules infiltrées de granulations graisseuses. D'autres cellules sont arrivées au deuxième degré de la dégénérescence ; les vaisseaux ne sont pas altérés dans une des préparations, mais dans une autre on trouve une houppe de vaisseaux dont plusieurs sont altérés, leurs parois renferment des amas granulo-graisseux, surtout apparents aux points de bifurcation des vaisseaux ; ces amas rétrécissent la lumière du vaisseau.

A la zone supérieure, c'est-à-dire à cette partie de la circonvolution qni est en rapport avec l'exsudat décrit plus haut, on trouve un grand nombre de cellules altérées au premier degré, graisseuses, pigmentées en tout ou en partie; la préparation apparaît comme tigrée ; tous les vaisseaux y sont malades.

La deuxième circonvolution occipitale droite, sur laquelle on trouve une petite plaque d'exsudat, présente quelques vaisseaux altérés comme cidessus, mais aucune cellule malade.

FOLIE CONGESTIVE. 383

Sur une préparation conservée par l'acide chroniique, puis par l'alcool, puis par l'essence de térébenthine et coloriée par le carmin, appartenant à cette circonvolution pariétale dont on avait constaté à l'œil nu la décoloralion, on trouve qu'il n'y a pas d'hypertrophie de tissu conjonctif, mais qu'un certain nombre de cellules ont un aspect granuleux, opaque, que leur noyau est difficile ou impossible à voir; d'autres cellules sont parfaitement saines, les vaisseaux ne présentent pas d'épaississement, les amas granulo-graisseux constatés à l'état frais ont disparu.

Les cellules malades ont un contour irrégulier, on n'y distingue qu'un tronçon de cylindre-axe, mais aucune trace de prolongement secondaire, même aux endroits oà le contour est granuleux.

Les coupes perpendiculaires montrent que les vaisseaux ne présentent pas de lésions inOammatoires. Les tubes nerveux que l'on aperçoit en assez grand nombre ne présentent pas de lésions.

Une portion des méninges traitée par l'alcool et le carmin ne présente pas trace de prolifération de noyaux ; on voit seulement sur la préparation quatre ou cinq masses d'hématosine, les parois des vaisseaux ne sont pas épaissies. Les nerfs de la base sont sains.

La moelle est ramollie à la région cervicale. Les deux poumons sont, par suite de la pendaison, petits, légers, crépitants sous tes doigts, couleur lie de vin, on y remarque des points bleuâtres, sous-pleurauX| gros comme des têtes d'épingle.

Cœur de volume normal, chargé de graisse.

Tous les diagnostics portés sur l'état mental de M"" C... au début de la maladie (août 1871) indiquent qu'il s'agissait d'une folie simple, sans tendance à la paralysie générale. Le traitement institué et les bons effets qu'on a obtenus pendant un certain temps confirment le diagnostic. Cependant il faut remarquer que la morphine n'a produit que pendant quelques jours ses effets physiologiques, et, comme je l'ai souvent remarqué, cette tolérance invincible est d'un pronostic fâcheux. Dix-huit mois après, la maladie avait nettement les caractères d'une folie congestive : colères violentes, regard hautain, excitabilité, agitation; c'est dans cet état que C... mit fin à ses jours, et les lésions qu'on trouva dans les méninges et dans son cerveau (épaississement des méninges, exsudai) permettent de croire qu'une paralysie générale était en train d'évoluer. Nous prenons donc là, sur le fait, la transformation d'une folie, simple d'abord, puis congestive, en paralysie générale.

381 ÉTlOLOGiE.

RÉSUMÉ

Étiologic. — Influence de Thérédité. Mauvaise hygiène morale. Influences evpansives et dépressives, de longue durée. Ambition. Evénements politiques. Dissensions intestines. Malheurs domestiques. — Ces influences amènent, soit la folie simple, soit la folie paralytique, suivant Tàge, le sexe et le tempérament ; elles seront d^autant moins pernicieuses que Tindividu ([u'elles atteindront sera mieux préparé pour la lutte, c'est-à-dire qu'il aura reçu une meilleure éducation.

Influence du travail intellectuel exagéré, des phénomènes propres à avertir que la limite physiologique a été dépassée.

Abus de régime, de tabac.

Du milieu social.

De la folie paralytique dans Tarniée. Influence du milieu cosmique.

Coups et chutes sur la tète. Insolation. Pellagre. Diabète. Épilepsie.

Influence des maladies aiguës, de la suppression de la sueur, de la menstruation, de Tallaitement. — Influence des névralgies généralisées de longue durée.

La folie simple et la folie congestite peuvent encore amener la folie paralytique.

Il existe en efl^et, entre la folie simple et la folie paralytique, un haut degré de parenté ; c'est tellement vrai, qu'on voit les deux maladies être amenées par les mêmes causes. Il est très-difficile quelquefois de les différencier au début. A chaque pas, en pathologie, on est arrêté par des difficultés de même ordre, quand il s'agit de différencier Tune de l'autre deux maladies à leur début, surtout si ces deux maladies évoluent en prenant pour siège le même organe; il n'est donc pas étonnant que la folie simple puisse amener la folie paralytique.

Ce que j'appelle la folie congestive peut également aboutir à la paralysie générale.

Pathogénie. — La paralysie générale est une maladie inflammatoire : l'anatomie pathologique, la symptomatologie, le prouvent; cette origine inflammatoire est d'ailleurs acceptée par les meilleurs esprits.

Le processus inflammatoire est soumis, dans l'encéphale, aux mêmes lois que dans les divers organes ; il s'opère au moyen de paralysies vaso-motrices et par le fait de la dilatation active des vaisseaux capillaires. * Ces phénomènes vaso-moteurs peuvent se rencontrer dans un organe i l'exclusion des autres; et quant aux causes de ces phénomènes vaso-moteurs, souvent elles nous échappent, d'autres fois nous pouvons les trouver dans l'irritation de l'organe congestionné, d'autres fois enfin dans l'irritation d'un organe éloigné.

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